Petite réflexion sur une mobilisation « anti » projet éolien en Vendée

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 octobre 2017

Samedi dernier (7/10/17) à Chantonnay (Vendée), j’ai été le témoin direct d’une opposition frontale – et non violente,  précisons le – entre une collectivité qui s’engage dans un projet de transition énergétique sur son territoire et une association de riverains opposants à une partie du plan (le volet éolien bien-sur).

Le projet de la collectivité contient deux composantes majeures : une unité de biométhanisation (qui entrera en fonctionnement en 2018) et un projet de parc éolien (projetCaptureé aux alentours de 2020). Pierre Radanne, invité d’honneur de ce qui aurait du être une belle « Fête de l’énergie », y a reconnu un projet très pertinent de par le couplage d’une production d’énergie électrique intermittente renouvelable  (éolien) et l’injection dans le réseau de gaz d’origine non fossile. Le maire de la commune de Saint-Georges-sur-Arnon a quant à lui partager son expérience réussie d’investissement dans le renouvelable.

Dans le monde de Oui-Oui tout irait pour le mieux et on applaudirait des deux mains. Mais voilà…

…Voilà que la pertinence n’est pas partagée par les militants de l’association « Vent de colère » qui ont décidé de perturber cet évènement pour se faire entendre et le faire passer de festif à conflictuel. Dommage pour l’ambiance et la fréquentation, mais finalement pas pour l’échange car ces derniers ont eu un temps de parole en plénière pour exprimer leur position. Les choses complexes méritant mieux qu’un discours descendant et directif, je ne vois pas cette forme de « dialogue » d’un mauvais œil, bien que franchement les « Ouhhhhhh » peuvent globalement apparaitre d’une affligeante puérilité (je pense que mes enfants peuvent se tenir mieux en public).

Forme mise de côté donc, il me semble qu’il convient d’écouter les arguments, faire le tri et penser (panser) les maux. Cette « analyse » ne concerne que moi bien entendu et je ne représente personne.

La présidente de l’Association, lors de sa prise de parole, ne remettait pas en cause la pertinence d’une planification de la transition énergétique mais plutôt le dispositif choisi : l’électricité d’origine éolienne. Dans la salle, sa posture ne semblait pas partagée par mon voisin de derrière, clairement bloqué sur un raisonnement technophile pro-nucléaire, ITER, etc… L’expertise de Pierre Radanne sur les délais inadaptés, les coûts exorbitants et les risques exagérés n’a pas su convaincre cette personne. Le débat s’arrête quand les argumentations se font au nom de la croyance et non du savoir. Il ne me semble pas que les opposants soient cependant tous dans une logique conservatrice et centralisatrice de la production d’électricité type « EDF des années 50-60-70″.

Parmi les autres arguments énoncés, certains me sont apparus spécieux (béton dans le sol…) ou partiels (sans être faux) : intermittence….échec de l’Energiewende (lien pour nuancer)… Dans un monde complexe, je reconnais sans soucis qu’aucun moyen  de production d’électricité (y compris l’éolien) ne présente aucun défaut. Il n’est pas question de trouver une solution parfaite (qui n’existe pas) mais de concilier tous les enjeux pour choisir la solution la plus acceptable pour les décennies à venir.

Je n’ai entendu aucune proposition de limitation de la consommation d’électricité. La sobriété ne fait pas partie des hypothèses acceptables.

Ce qui me semble être LA vraie raison de ce « vent de colère » de la dizaine de riverains présents est celle du partage de la valeur entre les investisseurs et ceux qui vont « subir » le plus directement la présence des générateurs électriques à 500 ou 600 mètres devant leurs fenêtres. Car, il ne faut pas nier qu’un élément nouveau s’imposera dans le paysage, que des nuisances inexistantes aujourd’hui pourront perturber la qualité de vie perçue par les habitants concernés et ne l’oublions pas, que la crainte de perte de valeur foncière peut être vécue comme une profonde injustice. Un projet exogène sur lequel je ne récolterais que les passifs et pas les actifs ne me satisferait peut-être pas, malgré « mon engagement » personnel sur ces sujets.

Pour dépasser le simplisme du raisonnement « NIMBY » (Not In My Backyard) qui laisse penser à un égoïsme-individualisme pur jus, il faut se poser, de mon point de vue, la question du partage de la valeur produite. Contrairement à une approche capitaliste « pure », ce type de projet aurait intérêt à proposer des modèles de partage de la valeur avec les investisseurs ET les riverains. Plus facile à dire qu’à faire bien sur. Des pistes existent avec le financement participatif qui je l’espère trouvera une place dans le projet de Chantonnay (lien). Est-il possible d’aller plus loin que d’offrir la possibilité de l’investissement (et donc du retour sur investissement) ? Pourquoi ne serait-il pas envisageable de reconnaitre la nuisance par une rémunération directe / indirecte ? Si cette « rémunération » de la nuisance peut paraitre dérangeante, demandez-vous comment les centrales thermiques ou nucléaires ont procédé ces dernières décennies avec les communes d’accueil. Pour moi, ce serait une reconnaissance, pas l’achat du silence.

La recherche de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif doivent-ils systématiquement être opposés ?

Au delà de ma proposition, il est claire que la sociologique (lien) a autant apporter aux réussites des projets de ce type que la technologie et la technique de l’environnement qui nous emprisonne trop souvent.

Une dernière chose, pour être transparent : je suis clairement favorable à décentralisation de la production d’électricité, à l’investissement dans l’énergie renouvelable (de préférence par le citoyen et pas que par le privé) et à une approche raisonnée de la réponse technologique au même titre que le travail sur les usages. Je pense que l’intégration du triptyque Sobriété-Efficacité-Renouvelable promu par l’Association Négawatt (Lien) est la réponse acceptable pour notre avenir.

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Agenda : l’Association ELISE fête ses 20 ans le 8 novembre !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 septembre 2017

Invitation 20ans ELISE

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CoWatt : le cotoiturage solaire

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 mars 2017

Je faisais référence, à la fin de ma dernière chronique pour l’Ecolobuissonière (lien), à l’initiative locale CoWatt. 16649377_580072532183516_2273845702526726158_n

Ce post décrit le projet… et mieux, vous propose d’y participer et/ou de contribuer au financement de son lancement ! Pour en savoir un peu plus, cliquez ICI.

CoWatt est une coopérative dont l’objectif est d’accélérer la transition énergétique en multipliant les installations de panneaux solaires sur les toits des particuliers. CoWatt veut  :

  • associer des citoyens qui souhaitent investir et soutenir des projets d’énergie solaire en valorisant des toitures bien exposées dans la région Pays de la Loire.
  • prendre en charge les démarches administratives, techniques et juridiques nécessaires à la mise en place de telles installations.
  • mobiliser les citoyens et animer la dynamique collective autour du développement des énergies renouvelables.

Une démarche groupée est d’autant plus pertinente qu’en mutualisant les projets, les risques sont aussi partagés.

L’idée est que la production d’électricité, sur 20 ans, permette de dégager suffisamment de bénéfices pour financer les emprunts, rémunérer les investisseurs, financer les fonctionnement et investir dans des actions en faveurs de la transition énergétique sur les territoires où les centrales sont installées.

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Depuis un an, une quinzaine de bénévoles, appuyés par les associations Alisée et Elise, œuvrent à la création de CoWatt. Afin de lancer la structure définitive fin mai, il reste à mettre en place les statuts, mais aussi :
– le site internet
– les autres supports et moyens de communication (flyers, affiches, newsletters, photos & vidéos, événements..)

Pour cela 20.000€ sont nécessaires. CoWatt va donc faire un appel aux dons via la plateforme de crowdfounding « ZESTE » dès le 9 mars (LIEN).

Cette campagne fait également suite à la présence de CoWatt au grand débat de la transition énergétique porté par Nantes Métropole.

Le projet est à suivre sur Facebook !

CoWatt : la transition à portée de main

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière : Les paradoxes et enseignements de la transition énergétique allemande – ENERGIEWENDE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 mars 2017

Ma dernière chronique est à peine en ligne (LIEN) que le texte, les sources et graphiques sont déjà disponibles :

« Ma contribution à la coopération franco-allemande, puisque c’est le sujet du jour, s’est limitée dans toute ma vie à 2 voyages scolaires à la fin des années 80 à Wetzlar près de Franckfurt. J’en profite pour adresser d’ailleurs un amical salut à Uwe Keller, mon correspondant allemand. C’est quand même surprenant que je n’arrive pas à me rappeler du nom des gens que je croise au boulot et que je me rappelle d’Uwe Keller ! Hastag #dégénérescence.

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Les souvenirs de mes séjours sont ceux d’un énorme aéroport, d’une piscine publique à vague avec une partie extérieure chauffée en pleine hiver. Bref des souvenirs très peu en lien avec la transition énergétique que j’ai choisi de chroniquer aujourd’hui (en réponse à l’édito de Marie).

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L’actu en France, c’est la publication du scénario NEGAWATT (lien) qui dresse un scénario crédible d’une société française sobre en énergie, efficace, renouvelable et non accessoirement affranchie du nucléaire. Je rappelle que NEGAWATT est un néologisme créé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins. L’idée est qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que la produire.

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Il se trouve que l’Allemagne a des trucs à nous transmettre sur le sujet de l’ENERGIEWENDE. Dès les années 80 l’association allemande Öko-Institut a dressé des scénarios de transition énergétique et a ouvert la voie à la présence du gourou de la troisième révolution industrielle Jeremy Rifkin (lien) qui a su parlé à l’oreille des puissants en Germanie. Dès 2000 un plan de déploiement des énergies renouvelables, couplé à une sortie du nucléaire, s’est traduit en actes. La catastrophe de Fukushima n’a fait qu’accélérer le mouvement de la sortie totale du nucléaire, fixée à 2022.

Le paradoxe est que pour franchir le cap de la transition, l’Allemagne fait tourner des centrales charbon et gaz pour compenser la perte de production électrique due aux arrêts de centrales nucléaires. Le pays se trouve en France accusé de contribuer à la pollution française hivernale en particules fines quand les vents sont mal orientés (tout est relatif bien sûr, les vents d’Est sont surement une bonne nouvelle à Vilnius ou Minsk!).

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L’expert en énergie qu’est Eric Vidalenc a d’ailleurs titré un article dans alternative économique le 9 décembre : Les éoliennes allemandes qui polluent l’air de nos villes… (lien). Une provocation destinée à relativiser notre recherche de bouc-émissaire. Je vous propose de prendre un peu de recul sur la réalité du sujet. La mode est au fact-checking et pour une fois que la mode porte du sens, soyons moderne. Fact-checkons :

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OUI, L’Allemagne et la Pologne, sont responsables de 54% des émissions de GES issues des centrales à charbon en Europe…  et c’est un problème. Ces centrales sont très polluantes et incompatibles avec les engagements de la COP21 (ci-contre : illustration de la situation des centrales charbon en Europe).

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L’ironie : savez-vous qu’avec nos centrales nucléaires en arrêt cet hiver nous avons eu besoin d’acheter de l’électricité charbonnée à Allemagne ? Notre « responsabilité » de clients n’est donc pas absente.

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En 2016, la France a perdu sa place de premier exportateur européen d’électricité. Et qui passe devant nous ? notre cousin germain grâce à ces éoliennes qui produisent de l’électricité par chère.

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NON, les émissions de CO2 allemandes n’ont pas continué d’augmenter après 2011. Ce fut le cas en 2012 et 13, mais la diminution des émissions a repris en 2014 et 15. L’arrêt prématuré du nucléaire a freiné la décroissance des émissions de GES mais ne l’a pas stoppé.C3kKOn3XAAQELA3

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Ça veut dire quoi ?

La transition est un état provisoire. C’est un moment où on passe d’un point A à un point B. Alors OUI cet état provisoire présente des effets négatifs mais il ne doit pas cacher le but qui lui sera durable (plus de charbon maintenant pour moins demain).

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Et il se trouve que la croissance d’installation d’énergie renouvelable est plus rapide que prévue en Allemagne. Selon le site dédié à l’ENERGIEWENDE (animé notamment par Craig Morris) aujourd’hui 32% de la production d’électricité est d’origine renouvelable et le taux de croissance permettrait d’envisager les 50% en 2025. En 2010, l’Allemagne était à 17% (à peu près comme la France aujourd’hui). La tendance est bonne !

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L’Allemagne a ouvert la piste. Les énergies renouvelables peuvent pourvoir significativement et fiablement notre besoin en électricité. La Chine de serait pas aussi ambitieuse sans l’exemple allemand. On a connu des choix stratégiques plus dangereux que la recherche de l’indépendance énergétique !C4JljatXUAAlrA8

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Un autre enseignement de l’expérience allemande a été celui de la place du citoyen dans le déploiement des ENR. L’investissement citoyen représentait avant 2015 « quelques 50% de la puissance renouvelable installée » (petits investisseurs ou particuliers). Si la tendance est aujourd’hui à l’augmentation de la place des industriels, c’est encore une particularité allemande replicables en France.

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J’en profite pour faire la pub pour une initiative locale qui se nomme COWATT et qui a pour objectif de générer des projets citoyens de « co-toiturage » / co-financement photovoltaïque. Cette initiative, qui est en train de naitre, est portée par les associations ALIZEE (44) et ELISE (85). A suivre : LIEN

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Je ne sais pas ce que devient Uwe Keller mais je le vois bien bosser sur l’ENERGIEWENDE.

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Si j’avais une demande à faire à nos invités du jour, c’est d’organiser un petit voyage en Allemagne pour partager le meilleur de l’expérience allemande … et si possible retrouver Uwe Keller.« 

 

En complément de ce court texte, un article récent de Thibaut Laconde sur le même sujet LIEN

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Le négaWatt nouveau est arrivé !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 février 2017

Le scénario négaWatt, ça vous parle ?

A la base, le mot NégaWatt est un néologisme inventé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins pour exprimer qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que de la produire. En France, l’Association NégaWatt est devenue une référence dans la production de référence ! Régulièrement, ce regroupement d’experts produit des scénarios pour permettre d’envisager un avenir énergétique compatible avec les enjeux de la Transition Énergétique à l’échelle du territoire national (bientôt régional).

Déjà, en 2012, je présentais Négawatt sur ce blog (LIEN) et expliquais le très pédagogique triptyque négawatien : SOBRIÉTÉ – EFFICACITÉ – RENOUVELABLE. Depuis, je l’utilise à toutes les sauces dans de nombreux contextes !
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Pour comprendre le sérieux du boulot réalisé et les se faire expliquer les principales évolutions depuis le précédent scénario, je vous conseille de visionner la vidéo de présentation réalisée l’occasion des dernières Assises de l’Energie de Bordeaux (lien).

Sinon, pour les plus motivés, le rapport complet, sa synthèse et surtout tous les graphiques dynamiques sont disponibles en ligne ICI.

Si la prospective est forcement un exercice complexe où toutes les hypothèses peuvent être critiquées,  le travail proposé est solide et crédible. Il nous propose, comme l’ADEME en 2016, un avenir possible avec 100 % d’énergie renouvelables dès 2050. Mais cette perspective positive n’est accessible qu’au prix de changements et d’investissements lourds dès aujourd’hui.

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Les 12 points clefs du tout nouveau scénario sont repris ci-dessous :

  • La courbe de la consommation s’est inversée. La consommation d’énergie est orientée à la baisse depuis quelques années dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Pour la France la courbe de consommation rejoint de fait celle tracée par le scénario négaWatt dès 2003. Cette baisse affecte également les émissions de gaz à effet de serre, non seulement celles mesurées sur le territoire national mais aussi celles contenues dans nos importations : le phénomène n’est pas lié à la crise de 2008-2009 ni à un mouvement de délocalisation, il est bien structurel et non conjoncturel.

  • La sobriété et l’efficacité sont les clés de l’inflexion de la demande. Grâce aux actions de sobriété et d’efficacité qui se traduisent par la suppression des gaspillages, la consommation d’énergie finale en 2050, au terme du scénario négaWatt 2017, est réduite de moitié et l’énergie primaire de 63 %, tout en maintenant un haut niveau de services. Ce résultat est obtenu grâce à la maîtrise du dimensionnement, du nombre et de l’usage de nos appareils et équipements, au développement d’une mobilité “servicielle”, à un programme ambitieux de rénovation énergétique des bâtiments et à une occupation plus raisonnée de l’espace.

  • Une confirmation : le “100 % renouvelables” est possible dès 2050 Il est possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l’horizon 2050. La biomasse solide reste la première source de production d’énergie renouvelable, suivie de très près par l’éolien puis le photovoltaïque, lui-même suivi de très près par le biogaz. Les énergies fossiles importées ne servent plus qu’à des usages non énergétiques. Le fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires actuels n’étant pas prolongé au-delà de la quatrième visite décennale (environ 40 ans), le dernier d’entre eux est arrêté en 2035. Basée sur l’exploitation partout sur son territoire de ses ressources diversifiées, la France assure pleinement sa sécurité énergétique.

  • Zéro émissions nettes en 2050 : la France devient neutre en carbone. Le couplage des scénarios négaWatt et Afterres2050 montre que les émissions nettes de gaz à effet de serre, toutes sources confondues, deviennent nulles en 2050 : les « puits de carbone » agricoles et forestiers compensent alors les émissions résiduelles, principalement dues à l’agriculture. Par la suite, la quantité de carbone stockée finit par plafonner, et la fonction puits de carbone se réduit progressivement sur la période 2050-2100.

  • Gaz et électricité, une complémentarité incontournable Les vecteurs gaz et électricité voient leur part augmenter de manière concomitante, au détriment notamment des carburants liquides, pour représenter en 2050 plus de 70 % de la consommation d’énergie finale. Capables de couvrir une très grande part de nos usages, ces deux vecteurs sont d’évidence complémentaires et non concurrents. La valorisation et le stockage possible des excédents d’électricité renouvelable sous forme de méthane de synthèse (power-to-gas) est l’une des clés de voûte du système énergétique de 2050.

  • L’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur Couplé au scénario négaWatt, le scénario Afterres2050 montre également que l’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur sur le climat, à la croisée des enjeux climatiques et énergétiques, par la fourniture de ressources renouvelables, le stockage de carbone et la réduction des gaz à effet de serre. Le triptyque négaWatt appliqué au système alimentaire démontre ici aussi toute sa pertinence : sobriété dans la consommation, efficacité des modes de production, utilisation et production de ressources renouvelables.

  • L’économie circulaire, moteur du renouveau industriel Pour répondre à l’évolution des besoins, l’industrie doit réorienter ses productions vers des biens et équipements plus durables, loin de la surconsommation actuelle, et veiller au contenu de ses produits en énergie grise et en matériaux. En développant les filières de réparation, de recyclage et de récupération, il est possible de diviser par deux les quantités de matières minières consommées, y compris en prenant en compte le développement des énergies renouvelables qui offrent par ailleurs de nouvelles opportunités pour l’industrie.

  • Des bénéfices multiples pour la santé et l’environnement Le scénario négaWatt améliore très significativement la qualité de l’air, de l’eau et des sols ainsi que la biodiversité avec des conséquences positives majeures sur la santé publique. Il rend notre air bien plus sain par la quasi-suppression des particules émises par les combustibles et carburants (remplacés par du méthane), par l’utilisation d’équipements de combustion performants pour la biomasse et par une forte diminution des émissions d’ammoniac agricole.

  • La transition énergétique, un bienfait pour l’économie et l’emploi Le scénario négaWatt s’avère globalement moins coûteux que le scénario tendanciel, même en considérant un prix des énergies importées stable. Il est aussi nettement plus riche en emplois : la transition énergétique crée pas moins de 400 000 emplois nets d’ici 2030, confirmant les analyses antérieures. La société française devient ainsi plus résiliente face à d’éventuels chocs extérieurs tels que, par exemple, une crise géopolitique entraînant une rupture d’approvisionnement ou une hausse soudaine du prix du baril.

  • Une France plus solidaire et plus responsable. La mise en œuvre de la sobriété, de l’efficacité et du développement des énergies renouvelables apporte à tous les territoires, ruraux comme urbains, de l’activité et des richesses qui permettent de construire à terme un paysage énergétique réparti plus équitablement : elle permet notamment de réduire très fortement le nombre de personnes en situation de précarité énergétique. À l’international, la France envoie un triple message : de responsabilité en prenant toute sa part de l’effort climatique, d’exemplarité en contribuant à l’émergence d’un nouveau modèle de développement et enfin de solidarité vis-à-vis des pays où la croissance de la consommation d’énergie reste une nécessité.

  • Il n’y a plus de temps à perdre Il ne faut ni attendre de grand soir énergétique, ni se contenter de gadgets : la priorité pour les 5 ans à venir est à la mise en œuvre des lois et mesures décidées durant les deux quinquennats précédents, mais dont le rythme d’application est très insuffisant. Une réelle volonté d’agir doit se manifester clairement et à toutes les échelles, entre continuité des engagements et nouveaux trains de mesures. Le combat pour le climat n’est pas perdu, mais chaque année d’atermoiements obère notre avenir énergétique et climatique.

  • Le scénario négaWatt, une boussole et un tempo pour agir Partout dans les territoires, des acteurs de toutes natures, citoyens, entrepreneurs, élus se sont déjà engagés concrètement pour construire un nouveau paysage énergétique. À ceux-là et à tous les autres qui, toujours plus nombreux, leur emboîtent le pas, le scénario négaWatt offre une trajectoire et un rythme pour guider l’action : à tous, nous disons de s’en saisir pour réussir la transition énergétique, notre immense et vital chantier pour la première moitié de ce siècle.

La synthèse de 48 pages est disponible ICI.

 

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Stockage d’énergie sous-marin à air comprimé

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 août 2016

Le site ENERGEEK a mis en ligne (LIEN) un article très intéressant sur l’entreprise canadienne HYDROSTOR qui propose un procédé innovant de stockage de l’énergie d’origine renouvelable « en surplus », sous l’eau, par de bêtes mouvements d’air : l’énergie disponible en période d’abondance sert à faire tourner des compresseurs pour envoyer l’air dans des ballons soumis à la pression des profondeurs et on récupère grâce à cette dernière l’air et l’energie qui va avec en cas de besoin par le chemin inverse.

Le stockage d’énergie renouvelable est un enjeu majeur. Il s’agit peut-être d’une parcelle de solution qui a de l’avenir.

Selon la start-up canadienne, ce dispositif permettrait de durer deux fois plus longtemps que les meilleures batteries de stockage disponibles sur le marché actuellement, et cela pour un coût inférieur.

Vidéo ci-dessous :

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Demain le train ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 avril 2016

Le train n’a pas la cote. Concurrence des Bus « Macron », prix en hausse, financement difficile des lignes régionales, surinvestissement dans les infrastructures routières qu’il faut maintenant amortir… Bref, on pourrait penser que les frais de structures ferroviaires deviennent trop importants dans un monde budgétairement contraint. Alors quoi ? le train est une technologie du passé ?  C’est fini ?

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Eh bien non ! Il existe encore des projets fous destinés ouvrir de nouvelles opportunités pour le mode de déplacement le moins impactant en terme de gaz à effet de serre (après la marche et le vélo !). Par exemple, en Chine on pense à mettre un train sous les océans ! (lien). 13000 km, sous l’eau. J’adore ! Pourquoi donc Jules Vernes n’a-t-il pas pensé à ça ?

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Les japonais veulent eux rendre leurs trains invisibles dès 2018 ! (LIEN). Je ne vois pas trop l’intérêt, mais c’est rigolo…

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Encore plus fun, le révolutionnaire Elon Musk (qui casse pour le moment le modèle économique de la commercialisation de voitures avec la Tesla), nous propose un Hyperloop capable de relier San Francisco à Los Angeles (616 km) en 35 minutes. Le machin irait à 1300 km/h ! La Slovaquie est sur les rangs pour investir ! LIEN.

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Le train n’est pas mort, puisque des projets -fous- sont encore dans les tiroirs; et moi, ça me fait rêver ces projets (bien plus qu’une course de Formules 1 Électriques en centre ville de Paris). 

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Que penser du compteur Linky ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 mars 2016

Il se passe un truc actuellement concernant le déploiement du compteur « intelligent » Linky : les communes reçoivent des injonctions à s’opposer à leur déploiement (certaines refusent leur mise en place : lien), celles qui s’y opposent disent recevoir des pressions, des associations « anti » font un important travail de présence sur le net et les réseaux sociaux…

Bref, la tendance du moment étant, reconnaissons le, à l’opposition systématique aux décisions de l’État centralisateur, j’ai eu envie de me faire une opinion par moi même, que j’ai décidé de partager ici. Il ne s’agit pas d’une vérité absolue, mais seulement d’un point personnel et pragmatique sur un sujet un peu technique. Je cite certaines de mes sources dans le texte, d’autres points viennent d’échanges avec des acteurs en qui j’ai confiance. Faites vous même vos recherches pour vous faire un avis le cas échéant.

Contexte : d’où vient ce truc ?

Une directive européenne de 2009 impose la mise en place de ce type nouveau de compteur. En France, c’est la loi de transition énergétique pour la croissance verte votée en août 2015 qui précise les conditions du déploiement en France. Le déploiement sera réalisé de 2015 à 2021 à hauteur de 4 à 8 millions de compteurs par an. 35 millions au total ! Il s’agit d’un projet industriel de grande ampleur.

Il est donc impropre de dire que ERDF « souhaite » mettre en place ces compteurs (lu dans la presse). Il s’agit du déploiement d’une disposition réglementaire dont ERDF a la charge.

Contexte : c’est quoi l’intérêt recherché ?

Je comprends qu’il se situe, d’un point de vue théorique, sur plusieurs plans :

  1. Organisationnel / serviciel pour ERDF qui aura plus facilement accès aux informations concernant notre point de connexion. Les délais d’intervention seraient divisés par 5.
  2. Services supplémentaires pour l’usager qui aura accès à des informations personnalisées sur sa consommation. L’idée étant de générer de l’économie par la connaissance (effet « suivi des consommations de carburant » dans les indicateurs du tableau de bord, on vous félicite quand vous anticipez les freinages…). Il est vrai que la première chose que l’on fait en entreprise pour générer une amélioration, c’est de mettre en place des outils de mesure. On parie ici sur le fait que l’usager sera intéressé au sujet.Capture
  3. A l’échelle du territoire, c’est un maillon des outils permettant d’envisager une gestion intelligente des consommations / productions d’électricité (notamment dispositifs diffus de production d’énergie renouvelable). C’est un maillon nécessaire à la généralisation de projets pilotes comme le SMART GRID VENDEE (lien) dont nous sommes si fiers sur notre territoire. La petite vidéo ci-contre de l’excellente émission Futuremag est éclairante sur le sujet.

Quel coût pour le particulier… pour la collectivité ?

La pose est entièrement gratuite, aucun paiement ne sera demandé aux particuliers lors de l’installation. Les anciens compteurs récupérés seront recyclés par des entreprises locales.

Un autre débat fait rage sur les coûts de mise en place et les gains attendus pour la collectivité. Allemagne et Belgique auraient choisi de ne pas déployer ce type de dispositif faute de pertinence en terme de rentabilité. Je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet. S’agit-il d’une dépense publique excessive ? Peut-être… mais je n’ai toujours pas digéré personnellement l’abandon des portiques Eco-taxes et je n’ai pas vu beaucoup d’associations se soulever pour exiger leur mise en place au titre des fonds publics déjà engagés…

De plus, le coup est parti avec plusieurs milliers de foyers déjà desservis. Ce n’est pas un point de blocage pour moi.

Quel risque sur la confidentialité des données collectées ?

Donc une « bébête connectée » va connaitre une partie de ce qui nous caractérise (nos usages électriques). Les données seront cryptées mais est-ce suffisant ? Quelle est la confidentialité de ces données ? Ne rentre-t-on pas dans le scénario 1984 d’Orwel avec un Big Brother qui prend pied insidieusement chez nous ?

Concrètement, à part savoir (en cas de piratage ou de mauvaise usage) si et quand nous sommes chez nous, le type d’information rendues accessibles me semble carrément sans intérêt et sans commune mesure avec ce que nombre de personnes choisissent volontairement de mettre en ligne sur FaceBook ou moins volontairement via les application de leurs smartphones.

Je n’ai surement pas compris le risque …

Quel risque sanitaire ?

C’est le sujet le plus fréquemment mis en avant. Le compteur génèrerait des ondes électromagnétiques dangereuses. En effet, la communication des données étant réalisées par « ondes », on retrouve les débats sur la nocivité des ondes électromagnétiques des téléphones portables, des bornes wifi… La question qu’il faut se poser, est celle des ordres de grandeurs.

Il ne faut pas ignorer qu’il existe des personnes ultra-sensibles aux ondes électromagnétiques, mais j’ai quand même envie de savoir, dans le cas non pathologique, dans quelle proportion Linky impacte l’environnement dans lequel nous vivons, c’est à dire en intégrant toutes les émissions d’ondes existantes.

Tout ce que j’ai trouvé m’est apparu rassurant pour l’usager connecté que je suis (et que sont la plupart d’entre nous). Le Linky a tellement peu d’information à transmettre qu’une seconde de dialogue par jour avec le concentrateur suffit. Ceci avec de la basse fréquence et des signaux à peine supérieur au bruit de fond.

Reste que les personnes ultra-sensibles devraient pouvoir bénéficier d’un traitement particulier.

lien vers l’article de Que Choisir – janvier 2016

Risque incendie et responsabilité ?

Franchement, c’est le sujet que je n’avais pas vu venir. Sur les milliers de compteurs Linky posés, très peu de problèmes d’incendie ont été notifiés (moins d’une dizaine) dont les causes ne semblent pas être l’usage mais un défaut dans la pose. Le soucis n’est pas l’augmentation du risque incendie mais plutôt la répartitions de responsabilités engagées en cas de dommage.

En effet, la formulation des conditions générales de ventes de Linky (EDF => ERDF) sont alambiquées et laissent penser que c’est la collectivité qui serait responsable des dommages en tant que propriétaire du dispositif. Les assurances ne couvriraient pas ce point.

De ce que j’ai lu, le concessionnaire (ERDF) reste responsable des problèmes éventuels en phase d’exploitation, et les syndicats territoriaux de gestion de l’électricité (AODE) des problèmes survenant à l’installation. Les collectivités doivent engager un échange avec leur AODE pour se rassurer sur ce point.

Conclusions

Risque sanitaire minime, risque incendie invariable par rapport aux dispositions en place, risque de vol de données personnelles peu préjudiciables VERSUS un potentiel de contribution (couteux il est vrai) à la transition énergétique; je ne vois pas pourquoi faire un combat de la non installation des compteurs Linky.

Indignons nous pour des trucs qui le méritent. Ils ne manquent pas en ce moment…

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Mon commentaire sur le Projet de décret relatif à la publicité extérieure

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 janvier 2016

Voici le court texte envoyé à l’adresse suivante : qv2.qv.dhup.dgaln@developpement-durable.gouv.fr pour contribuer au processus démocratique de consultation sur un texte que je trouve… « perfectible » :

Bonjour,

 

Ce court commentaire concerne le « Projet de décret relatif à la publicité extérieure, aux enseignes et pré-enseignes » mis en consultation jusqu’au 9 février 2016 (lien). Les mises en consultation contribuent à une forme de démocratie participative qu’il revient à tout personne intéressée d’utiliser. 

 

Avant de commenter, en quelques phrases les articles du projet de décret, je me permets une contextualisation du sujet.

 

Considérant (lien) le décret d’application de la loi Grenelle II publié le 31 janvier 2012, comprenant un ensemble de disposition de nature à :

  • supprimer le gaspillage énergétique et maîtriser la demande en électricité ;
  • réduire les nuisances lumineuses ;
  • améliorer la qualité du cadre de vie en diminuant l’impact paysager.
  • Les enjeux énergétiques associés aux extinctions sont significatifs. En effet, le parc d’enseignes lumineuses représente une puissance installée d’environ 750 MW soit plus de la moitié d’une tranche nucléaire récente à pleine charge. Les économies d’énergie attendues s’élèvent à environ 800 GWh annuels pour les enseignes et plus de 200 GWh pour les publicités, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle (hors chauffage et eau chaude) de plus de 370 000 ménages.
  • Combinées, ces deux dispositions permettront d’éviter le rejet chaque année de plus de 120 000 tonnes de CO2.
  • De plus, l’extinction génère des économies d’une part en réduisant la dépense d’électricité, d’autre part en augmentant la durée de vie des sources lumineuses et en réduisant les frais de maintenance.

 

Considérant que la consommation électrique moyenne d’un panneau publicitaire lumineux en fonctionnement permanent approche la consommation moyenne d’un ménage (hors chauffage) : autour de 3500 kWh / an

Considérant la Loi de transition énergétique (lien) en son article L102 « l’Etat […] veille en particulier à maitriser la demande d’énergie et favoriser l’efficacité et la sobriété énergétiques […]. »

Considérant que notre pays est au premier rang mondial pour la proportion des dépenses publicitaires liées à l’affichage (environ 12 %, soit 2,5 milliards d’euros) et que cette publicité est imposée à tous contrairement aux autres médias (télévision, internet…) – (lien)

Considérant que l’impact de la publicité a pour finalité : « Les consommateurs achètent les produits démarchés par la publicité alors qu’ils n’en ont pas forcément besoin. La publicité détient ainsi l’art d’acheter les consommateurs » (lien)

Considérant la baisse des financements publics des collectivités, qui inéluctablement encourage les élus à trouver d’autres sources de financement, yc par le biais de la publicité,

Considérant, plus subjectivement, l’impact visuel désastreux des publicités sur nos villes,

Considérant enfin les récents engagements internationaux et plus particulièrement français pris lors de la Cop21, visant à des objectifs de diminution des émissions de gaz à effet serre, étroitement associé à la sobriété de consommation énergétique.

Il me semble que les articles 2 et 5 notamment du projet mis en consultation encouragent la généralisation de dispositifs publicitaires (notamment lorsqu’ils sont consommateurs d’électricité) incohérents avec les engagements gouvernementaux récents et surtout contradictoires avec l’intérêt général.

Les encouragements à la croissance ne doivent pas être envisagés distinctement des sujets de transition.

Si cette possibilité de « ressource » financière offerte aux collectivités apparait malgré tout essentiel au législateur, je propose que les Kwh consommés à ces fins « inutiles » soient lourdement sur-taxés pour alimenter un fond de financement de la lutte contre la précarité énergétique.

 

Je vous remercie par avance de la prise en compte de ce point de vu citoyen.

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Lu : OR NOIR, LA GRANDE HISTOIRE DU PETROLE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 novembre 2015

S’engager dans la lecture de cet ouvrage monumental, c’est parcourir chronologiquement notre histoire contemporaine en suivant un fil directeur unique : « les HOMMES et le PÉTROLE« . Le pétrole, à la fois comme une « bénédiction » (car il a ouvert un champ des possibles gigantesque ayant permis une considérable amélioration des conditions de vie, pour certains en tout cas) et comme un « malheur » (car la dépendance acquise si vite a rendu nos sociétés vulnérables à sa raréfaction et surtout car il a été et reste la cause plus ou moins assumée des pires exactions que l’Homme est capable de réaliser sur son semblable).

CaptureOn se rend compte au fur et à mesure que l’on avance dans les pages, et donc dans les années, à quel point nos conditions de vie, la géopolitique, l’économie de marché et finalement tout ce qui caractérise notre existence d’humains de 2015, sont étroitement liés à ce liquide noire malodorant et tellement pratiques dans ces nombreux usages.

Tout commença vraiment en 1859, en Pennsylvanie, lorsqu’un certain « colonel Drake », donna le coup d’envoi de la première ruée sur l’or noir. En 1859, la ferme vendéenne dans laquelle je vis, était en train d’être construite, selon le cadastre. A ce moment, pour monter les murs pas d’engins de chantier utilisant du carburants, pas de transports de matériaux par la route, pas de sacs plastiques pour transporter son repas du midi, pas de chewing-gum pour passer le temps… 1859, ça parait loin, c’est hier au regard de notre courte présence humaine sur Terre. En si peu de temps, tout a changé.

Il est impossible de résumer le contenu de ce livre, tant il est riche de détails et éclairant sur les évènements qui ont abouti au Monde que l’on connait aujourd’hui. Le sort de la seconde guerre mondiale s’est joué en partie sur l’accès à la qualité/quantité de pétrole (l’indice d’octane des carburants alliés permettaient notamment aux aviateurs de disposer d’appareils bien plus performants), toute la richesse des « dominants » a été construite dans l’après-guerre sur l’énergie bon marché qu’est le pétrole (les coûts d’extractions étaient marginaux).Et que dire du plan Marshall qui a permis de reconstruire l’Europe ? 1/5 des $ de ce plan étaient consacrés à l’achat de pétrole aux grosses compagnies américaines, pétrole venant à 100% du Moyen Orient. Qui sait que nous devons ce que nous sommes aujourd’hui à l’exploitation de ressources naturelles des pays qui nous causent tant de soucis aujourd’hui ? États-Unis et Europe n’auraient pas pu construire une quelconque prospérité économique sans ce produit miracle, dont une partie significative sera extraite de pays qui ne profiteront pas de cette aubaine (hormis quelques privilégiés).

Et que dire des multinationales du pétrole, qui se sont construites en si peu de temps et qui vont devenir ultra-puissantes grâce notamment à leur organisation en cartel (avant les années 70) et aux liens constants avec le pouvoir (impressionnants comme on retrouve les mêmes noms en récurrence au fil du déroulé de la Grande histoire: Rockfeller, Bush…).  Les « 7 sœurs » (noms des grandes compagnies anglo-saxones qui se sont partagées le gâteau) vont ainsi contribuer largement à définir le cadre géopolitique de l’après-guerre : leur influence peut contribuer à définir des frontières dans les pays sortants de la colonisation (la relation US à la famille Saoud est éloquente et éclairante dans ces conséquences contemporaines), mais aussi carrément à ouvrir des conflits armés (Au delà de l’Irak, j’ai découvert la guerre de Chaco, 1932/35, qui produira 100 000 morts en Bolivie – Paraguay).

On comprend aussi que l’habitude prise dans la courte période d’abondance qui a courue dans les décennies passées, empêche cérébralement tout acceptation de la finitude de la ressource. Les années d’abondances ont créées du rêve, de la perspective de nouveauté matérielle permanente. Le bonheur est l’avoir. Le progrès c’est le toujours plus. On est encore en plein dedans.

Il me reste une centaine de pages à dévorer, mais je n’ai pas réussi à me retenir pour écrire ce post. En cette veille de COP21, il faut lire ce livre pour comprendre la mécanique dans laquelle nous nous trouvons. J’ai trouvé dans ce livre des explications à des situations géopolitiques inextricables, aux logiques qui engendrent le climatoscepticisme et j’ai conforté ma conviction que nous avons besoin d’une société civile très informée pour ne pas subir des décisions politiques, parfois « sous influences ». Notre force est d’avoir accès au savoir. Il faut le partager.

Citation de G.W. BUSH, 2000 devant un parterre d’entreprises pétrolières :

« certains vous appellent l’Elite, je vous appelle ma base »

 Citation de l’Amiral américain Hyman Rickover, 14 mai 1957 :

« depuis plus de cents ans, nous avons nourri un nombre sans cesse croissant de machines avec du charbon; depuis cinquante ans, nous avons pompés du gaz et du pétrole jusque dans nos usines, voitures, camions, tracteurs, navires, avions et maisons sans une pensée pour l’avenir. [...]. Les carburants fossiles sont comme un capital à la banque. Un parent prudent et responsable usera de ce capital avec parcimonie, afin de transmettre à ses enfants autant d’héritage que possible. Un parent irresponsable et égoïste dilapidera ce capital par une existence tapageuse, sans se soucier un brin de comment sa descendance s’en tirera. Je suggère que ceci  est le bon moment pour réfléchir sobrement à nos responsabilités vis-à-vis de nos descendants, ceux qui sonneront la fin de l’âge du carburant fossile »

 


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