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DCE : un outil au service des établissements scolaires pour rendre la Transition Energétique concrète

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 avril 2018

Il se passe des choses sur nos territoires et ce serait dommage de ne pas les valoriser. Si des médias nouveaux comme DEMAIN VENDEE s’attèlent (fort bien d’ailleurs) à cette tâche, je prends la plume numérique pour mettre en valeur, sur deux posts distincts, deux initiatives de mon territoire qui méritent une attention (voir plus si affinité).

Ce premier post est consacré à une opération nommée DÉFI CLASS’ÉNERGIE,logo_e3 mis en œuvre par l’association ELISE au sein de laquelle je suis bénévole. Je suis donc d’une certaine manière « intéressé » à la réussite de cette initiative mais je me sens surtout suffisamment informé pour revendiquer sa pertinence. De quoi s’agit-il ?

Pour ceux qui connaissent, c’est une opération inspirée du DÉFI DES FAMILLES A ÉNERGIE POSITIVES (lien post précédent).

Sur une période donnée (ici l’année scolaire), un établissement engage, en cohérence avec le projet pédagogique de l’année, une campagne de suivi des consommations énergétiques de ses infrastructures et met en œuvre un plan d’actions d’économie d’énergie. L’idée est d’utiliser les bâtiments comme support pédagogique.

Pour conduire le projet, l’établissement est accompagné par des techniciens / animateurs de l’Association ELISE (en Vendée, mais le dispositif existe partout en France) qui vont faire une première visite technique, animer des actions avec le corps enseignants en utilisant les outils d’éducation à l’énergie pertinents (balades thermographiques, affichages…) et aider en cours d’année à suivre les évolutions des consommation (saisies, analyses…).

L’objectif est de baisser globalement de 8% la consommation d’énergie des bâtiments. Si ça marche, les charges de l’établissement vont donc baisser sur la période.

Sur l’année scolaire 2017-2018, l‘école du Donjon à Sigournais (85) a engagé un projet DCE. C’est le premier établissement vendéen à avoir testé le dispositif ! Ci-dessous le reportage de DEMAIN VENDEE sur cette opération (lien) et une communication sur le sujet ICI.

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Au delà des actions menées avec et par les élèves tout au long de cette année scolaire : balade thermographique, journée sans cartable, livre d’or, classe « empreinte écologique », classe « électricité »…

Au delà des messages passés à ce jeune public pour sensibiliser et permettre les transitions dans les années à venir…

Au delà des économies réalisées par l’école, qui dépassent largement les 8% visés sur les 3 paramètres : consommation d’eau, consommation d’électricité, consommation de fuel…

Au delà de tout ça donc, je retiens les partenariats qui ont permis la réalisation de ce projet.

Une Association comme ELISE n’a pas de financement public pour mettre en œuvre ce type d’actions. Elle doit donc financer ces 6 à 10 moments d’intervention au sein de l’établissement scolaire par une facture. Les écoles n’ont pas toutes les moyens d’investir sur ce type de projet. C’est là que des partenaires externes peuvent intervenir dans le dispositif. Dans le cas de Sigournais, trois structures ont participé au financement de l’opération : le SyDEV (Syndicat Départemental d’Energie et d’Equipement de la Vendée), Garczyinsky Traploir Vendée (entreprise locale) et le Crédit Agricole. Grâce à leur participation, le projet a pu voir le jour, qu’ils en soient ici remerciés !

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 La Transition Énergétique implique aussi des transitions dans les modèles de financement des missions d’intérêt collectif.

Publié dans A L'OUEST, CAS D'ENTREPRISES, ENERGIE, TRANSITION | Pas de Commentaires »

Chronique Ecolo-Buissonnière n°12 : La Finance Responsable (de quoi ?)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 avril 2018

L’émission est en ligne ICI. (nouveauté :une lecture dédiée de la chronique est maintenant possible).

DbnKDKIX0AA_nhIComme d’habitude le texte et les liens sont ci-dessous, au cas où ça intéresserait quelqu’un (on ne sait jamais !)

Tout d’abord Marie, je dois préciser que le mail reçu de votre part me précisant le sujet traité aujourd’hui n’était pas clair : allions nous parler de la finance « responsable » de nos maux ou de la finance « responsable » (dans ses pratiques) ? J’étais un peu en panique pour rédiger un truc alors dans le doute, j’ai traité les deux sujets.

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Sans l’identifier comme notre ennemie (ce qui serait pure sémantique électorale) il est difficile de nier que le secteur de la Finance n’ait pas un peu pourri quelques fruits. Tiens, le cas de la nourriture est explicite. Selon un rapport Oxfam de 2015 (lien), l’ultra-financiarisation des marchés agricoles est une cause première de la perturbation des prix alimentaires (cf crise de 2008). Comment ?

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Sachez qu’il existe des placements au doux petits noms de « fonds indiciels de matières premières » qui ont pour caractéristique de permettre aux opérateurs de parier à sens unique sur la hausse des prix. Ce faisant ils font augmenter de manière artificielle la demande en produits agricoles sur les marchés et dans la vraie vie ensuite les prix flambent.  Responsabilité pointée en 2008 et encore en 2015, nos banques « du bout de la rue » continuaient à spéculer sur les matières premières et donc sur la faim pour au moins 3 561 millions d’euros selon OXFAM.

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Ceux qui jouent à acheter – vendre devant un triptique d’écrans 50 pouces se doutent-ils qu’ils impactent sur la capacité d’une partie de la planète à manger le soir en rentrant à la maison ? c’est peu probable, l’homme n’est pas à ce point vénal… Si ?

Ah bon

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Comme le sujet que je maitrise le mieux c’est moi, je vais vous raconter la Finance Responsable vue de ma vie.

Il y a quelques années j’ai été invité à aller voir ma conseillère dans la banque qui gère mon compte courant. C’est une grande Banque de la place que nous appellerons le… Caution Agraire, histoire de garder l’anonymat.

Donc, ma conseillère du Caution Agraire, très réactive et pertinente dans son action du quotidien – je tiens à le préciser – avait souhaité me présenter, un samedi matin, la personne en charge des placements. Une Chance ! On m’a dit : « C’est bête M Dothée de faire dormir votre épargne, parlons-en ».

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Vous savez que le montant de l’épargne en France s’élève à 4.000 milliards d’euros? Bon, moi je ne représente pas grand-chose là-dedans mais à nous tous on pèse lourd ! vous imaginez ce qu’on peut faire avec 4.000 milliards d’euros ? L’association Négawatt a estimé la mise en œuvre de son ambitieux scénario de transition énergétique permettant de sortir du fossile et du fissile (Et comme chacun sait, sortir du fossile et du fissile c’est difficile :-) ) à 1.160 milliards d’euros d’ici à 2050. On peut donc financer près de 4 transitions énergétiques avec mon épargne !!

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Tu m’étonnes qu’on m’invite à parler de mes milliards…

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Donc, mes amis financiers de proximité, remplis de bon sens près de chez moi, ont voulu me montrer la voie de la raison. On m’a dit que je pouvais espérer des hauts rendements à risques maitrisés. C’est ce que leur demande la plupart de leurs clients, je ne leur en veux pas.08 Lucky Luke Tous a l'Ouest

Moi, j’ai expliqué que ma vision de la banque était celle de Lucky-Luke. Je vous confie de l’argent et vous me le rendez si j’en ai besoin. Vous le protégez quoi. Je trouve que c’est étrange cette habitude de penser que l’argent doit travailler… C’est les gens qui travaillent non ?

Mais moi n’y connais rien.

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« Alors admettons » j’ai dit. « Allons-y pour la multiplication de mes milliards. Mais Attention, je veux savoir exactement à quoi va servir mon argent ». Parce que j’en suis un peu responsable de ces sous, j’en ai la responsabilité. Je les adopté et je me sens redevable de leur devenir. Imaginez qu’ils soient utilisés, je ne sais pas moi, pour construire une usine à charbon en inde, à financer l’industrie des armes à feu américaine, ce serait ballot. Et pour tout dire IRRESPONSABLE !

Je dis donc à mon vendeur de rêve que je veux de préférence que mes milliards servent des intérêts locaux et/ou sociétaux. Je veux aussi qu’on me le prouve. Dans ces conditions OK, je vous les prête mes milliards !

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Un silence gêné se fit dans ce charmant bureau récemment rafraichit dans un esprit cosy, à même de créer de la confiance entre banquier et sociétaire. C’est vrai qu’on était bien assis.

« mais Monsieur DOTHEE, c’est pas comme ça que ça marche… regardez les belles performances de ces 3 dernières années sur notre assurance vie, on peut vous garantir 8%… et blabla».

J’ai alors parlé finance responsable, CIGALES, d’Energie Partagée, de la NEF, du classement des banques proposées par les Amis de la Terre, de leur mauvaise position…

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On ne se comprenait pas. Ils étaient des slovaques. J’étais un papou.

Ça ne matchait pas.

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Ma charmante conseillère m’a même demandé, la voix cassée, pourquoi j’étais insatisfait de ses services… J’avais envie de pleurer parce que je l’aimais bien, que j’avais pas envie qu’elle perde de la rémunération à cause des mes idées (perçues comme extra-terrestre) et en plus j’avais perdu 1 h de ma vie un samedi matin…

Rendez-vous bien compte que ma plus forte valorisation de cette expérience, c’est aujourd’hui à ce micro.

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Alors les mauvais jours, le duo de mots « finance responsable » me semble être un parfait oxymore, digne du clair-obscur, de la réalité-virtuelle, du Trump-président ou plus dans nos domaines de la voiture-propre …

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Les bons jours, je me dis qu’on ne peut pas se passer de la Finance pour financer les transitions.  Je me dis que pour qu’on se reconcilie, la première étape est de passer la barrière de la confiance et que les Banques arrêtent le green-washing. Et quand je vois comment cette autre grande institution de la place française (que nous appellerons la Structure Globale), quand je vois comment elle communique (lien) en affichant 46,4% de sources renouvelables dans les énergies et des projets d’électricité qu’elle finance… en comptabilisant l’énergie nucléaire comme une énergie «renouvelable»

…. Je me dis : c’est pas gagné…

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Mais ne regardons pas que le côté obscure de la force. Depuis ce rendez-vous manqué avec ma conseillère, beaucoup de choses ont changé.

Si ce rdv avait lieu aujourd’hui, j’aurais plein de bonnes nouvelles, glanées sur Novethic à partager avec elle et son expert en argent facile. Par exemple j’ai appris que notre golden président le 22 mars dernier (lien); à la Commission Européenne a affiché un volontarisme rare : je cite « nous pouvons imposer notre modèle de finance durable et devenir le leader mondial dans ce domaine »

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On est presque sauvé!

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Et blague à part, des choses concrètes semblent s’annoncer avec notamment un projet d’éco label européen pour les produits financiers. Histoire de freiner le Greenwashing effréné de certaines grandes banques comme la Structure Globale par exemple.

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La vraie bonne nouvelle c’est qu’avec nos milliards d’épargne, nous avons un pouvoir d’influence énorme, que les offres alternatives fleurissent (Nef, Cigales, Crowdfunding, Energie Partagée, Cowatt…) et que nous commençons seulement à le comprendre. Peut-être encore plus que nos modes de consommation matériels, nos arbitrages en termes d’épargne peuvent réellement influer les transitions. C’est peut-être ça la FINANCE RESPONSABLE.

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Petite réflexion sur une mobilisation « anti » projet éolien en Vendée

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 octobre 2017

Samedi dernier (7/10/17) à Chantonnay (Vendée), j’ai été le témoin direct d’une opposition frontale – et non violente,  précisons le – entre une collectivité qui s’engage dans un projet de transition énergétique sur son territoire et une association de riverains opposants à une partie du plan (le volet éolien bien-sur).

Le projet de la collectivité contient deux composantes majeures : une unité de biométhanisation (qui entrera en fonctionnement en 2018) et un projet de parc éolien (projetCaptureé aux alentours de 2020). Pierre Radanne, invité d’honneur de ce qui aurait du être une belle « Fête de l’énergie », y a reconnu un projet très pertinent de par le couplage d’une production d’énergie électrique intermittente renouvelable  (éolien) et l’injection dans le réseau de gaz d’origine non fossile. Le maire de la commune de Saint-Georges-sur-Arnon a quant à lui partager son expérience réussie d’investissement dans le renouvelable.

Dans le monde de Oui-Oui tout irait pour le mieux et on applaudirait des deux mains. Mais voilà…

…Voilà que la pertinence n’est pas partagée par les militants de l’association « Vent de colère » qui ont décidé de perturber cet évènement pour se faire entendre et le faire passer de festif à conflictuel. Dommage pour l’ambiance et la fréquentation, mais finalement pas pour l’échange car ces derniers ont eu un temps de parole en plénière pour exprimer leur position. Les choses complexes méritant mieux qu’un discours descendant et directif, je ne vois pas cette forme de « dialogue » d’un mauvais œil, bien que franchement les « Ouhhhhhh » peuvent globalement apparaitre d’une affligeante puérilité (je pense que mes enfants peuvent se tenir mieux en public).

Forme mise de côté donc, il me semble qu’il convient d’écouter les arguments, faire le tri et penser (panser) les maux. Cette « analyse » ne concerne que moi bien entendu et je ne représente personne.

La présidente de l’Association, lors de sa prise de parole, ne remettait pas en cause la pertinence d’une planification de la transition énergétique mais plutôt le dispositif choisi : l’électricité d’origine éolienne. Dans la salle, sa posture ne semblait pas partagée par mon voisin de derrière, clairement bloqué sur un raisonnement technophile pro-nucléaire, ITER, etc… L’expertise de Pierre Radanne sur les délais inadaptés, les coûts exorbitants et les risques exagérés n’a pas su convaincre cette personne. Le débat s’arrête quand les argumentations se font au nom de la croyance et non du savoir. Il ne me semble pas que les opposants soient cependant tous dans une logique conservatrice et centralisatrice de la production d’électricité type « EDF des années 50-60-70″.

Parmi les autres arguments énoncés, certains me sont apparus spécieux (béton dans le sol…) ou partiels (sans être faux) : intermittence….échec de l’Energiewende (lien pour nuancer)… Dans un monde complexe, je reconnais sans soucis qu’aucun moyen  de production d’électricité (y compris l’éolien) ne présente aucun défaut. Il n’est pas question de trouver une solution parfaite (qui n’existe pas) mais de concilier tous les enjeux pour choisir la solution la plus acceptable pour les décennies à venir.

Je n’ai entendu aucune proposition de limitation de la consommation d’électricité. La sobriété ne fait pas partie des hypothèses acceptables.

Ce qui me semble être LA vraie raison de ce « vent de colère » de la dizaine de riverains présents est celle du partage de la valeur entre les investisseurs et ceux qui vont « subir » le plus directement la présence des générateurs électriques à 500 ou 600 mètres devant leurs fenêtres. Car, il ne faut pas nier qu’un élément nouveau s’imposera dans le paysage, que des nuisances inexistantes aujourd’hui pourront perturber la qualité de vie perçue par les habitants concernés et ne l’oublions pas, que la crainte de perte de valeur foncière peut être vécue comme une profonde injustice. Un projet exogène sur lequel je ne récolterais que les passifs et pas les actifs ne me satisferait peut-être pas, malgré « mon engagement » personnel sur ces sujets.

Pour dépasser le simplisme du raisonnement « NIMBY » (Not In My Backyard) qui laisse penser à un égoïsme-individualisme pur jus, il faut se poser, de mon point de vue, la question du partage de la valeur produite. Contrairement à une approche capitaliste « pure », ce type de projet aurait intérêt à proposer des modèles de partage de la valeur avec les investisseurs ET les riverains. Plus facile à dire qu’à faire bien sur. Des pistes existent avec le financement participatif qui je l’espère trouvera une place dans le projet de Chantonnay (lien). Est-il possible d’aller plus loin que d’offrir la possibilité de l’investissement (et donc du retour sur investissement) ? Pourquoi ne serait-il pas envisageable de reconnaitre la nuisance par une rémunération directe / indirecte ? Si cette « rémunération » de la nuisance peut paraitre dérangeante, demandez-vous comment les centrales thermiques ou nucléaires ont procédé ces dernières décennies avec les communes d’accueil. Pour moi, ce serait une reconnaissance, pas l’achat du silence.

La recherche de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif doivent-ils systématiquement être opposés ?

Au delà de ma proposition, il est claire que la sociologique (lien) a autant apporter aux réussites des projets de ce type que la technologie et la technique de l’environnement qui nous emprisonne trop souvent.

Une dernière chose, pour être transparent : je suis clairement favorable à décentralisation de la production d’électricité, à l’investissement dans l’énergie renouvelable (de préférence par le citoyen et pas que par le privé) et à une approche raisonnée de la réponse technologique au même titre que le travail sur les usages. Je pense que l’intégration du triptyque Sobriété-Efficacité-Renouvelable promu par l’Association Négawatt (Lien) est la réponse acceptable pour notre avenir.

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CoWatt : le cotoiturage solaire

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 mars 2017

Je faisais référence, à la fin de ma dernière chronique pour l’Ecolobuissonière (lien), à l’initiative locale CoWatt. 16649377_580072532183516_2273845702526726158_n

Ce post décrit le projet… et mieux, vous propose d’y participer et/ou de contribuer au financement de son lancement ! Pour en savoir un peu plus, cliquez ICI.

CoWatt est une coopérative dont l’objectif est d’accélérer la transition énergétique en multipliant les installations de panneaux solaires sur les toits des particuliers. CoWatt veut  :

  • associer des citoyens qui souhaitent investir et soutenir des projets d’énergie solaire en valorisant des toitures bien exposées dans la région Pays de la Loire.
  • prendre en charge les démarches administratives, techniques et juridiques nécessaires à la mise en place de telles installations.
  • mobiliser les citoyens et animer la dynamique collective autour du développement des énergies renouvelables.

Une démarche groupée est d’autant plus pertinente qu’en mutualisant les projets, les risques sont aussi partagés.

L’idée est que la production d’électricité, sur 20 ans, permette de dégager suffisamment de bénéfices pour financer les emprunts, rémunérer les investisseurs, financer les fonctionnement et investir dans des actions en faveurs de la transition énergétique sur les territoires où les centrales sont installées.

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Depuis un an, une quinzaine de bénévoles, appuyés par les associations Alisée et Elise, œuvrent à la création de CoWatt. Afin de lancer la structure définitive fin mai, il reste à mettre en place les statuts, mais aussi :
– le site internet
– les autres supports et moyens de communication (flyers, affiches, newsletters, photos & vidéos, événements..)

Pour cela 20.000€ sont nécessaires. CoWatt va donc faire un appel aux dons via la plateforme de crowdfounding « ZESTE » dès le 9 mars (LIEN).

Cette campagne fait également suite à la présence de CoWatt au grand débat de la transition énergétique porté par Nantes Métropole.

Le projet est à suivre sur Facebook !

CoWatt : la transition à portée de main

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière : Les paradoxes et enseignements de la transition énergétique allemande – ENERGIEWENDE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 mars 2017

Ma dernière chronique est à peine en ligne (LIEN) que le texte, les sources et graphiques sont déjà disponibles :

« Ma contribution à la coopération franco-allemande, puisque c’est le sujet du jour, s’est limitée dans toute ma vie à 2 voyages scolaires à la fin des années 80 à Wetzlar près de Franckfurt. J’en profite pour adresser d’ailleurs un amical salut à Uwe Keller, mon correspondant allemand. C’est quand même surprenant que je n’arrive pas à me rappeler du nom des gens que je croise au boulot et que je me rappelle d’Uwe Keller ! Hastag #dégénérescence.

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Les souvenirs de mes séjours sont ceux d’un énorme aéroport, d’une piscine publique à vague avec une partie extérieure chauffée en pleine hiver. Bref des souvenirs très peu en lien avec la transition énergétique que j’ai choisi de chroniquer aujourd’hui (en réponse à l’édito de Marie).

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L’actu en France, c’est la publication du scénario NEGAWATT (lien) qui dresse un scénario crédible d’une société française sobre en énergie, efficace, renouvelable et non accessoirement affranchie du nucléaire. Je rappelle que NEGAWATT est un néologisme créé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins. L’idée est qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que la produire.

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Il se trouve que l’Allemagne a des trucs à nous transmettre sur le sujet de l’ENERGIEWENDE. Dès les années 80 l’association allemande Öko-Institut a dressé des scénarios de transition énergétique et a ouvert la voie à la présence du gourou de la troisième révolution industrielle Jeremy Rifkin (lien) qui a su parlé à l’oreille des puissants en Germanie. Dès 2000 un plan de déploiement des énergies renouvelables, couplé à une sortie du nucléaire, s’est traduit en actes. La catastrophe de Fukushima n’a fait qu’accélérer le mouvement de la sortie totale du nucléaire, fixée à 2022.

Le paradoxe est que pour franchir le cap de la transition, l’Allemagne fait tourner des centrales charbon et gaz pour compenser la perte de production électrique due aux arrêts de centrales nucléaires. Le pays se trouve en France accusé de contribuer à la pollution française hivernale en particules fines quand les vents sont mal orientés (tout est relatif bien sûr, les vents d’Est sont surement une bonne nouvelle à Vilnius ou Minsk!).

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L’expert en énergie qu’est Eric Vidalenc a d’ailleurs titré un article dans alternative économique le 9 décembre : Les éoliennes allemandes qui polluent l’air de nos villes… (lien). Une provocation destinée à relativiser notre recherche de bouc-émissaire. Je vous propose de prendre un peu de recul sur la réalité du sujet. La mode est au fact-checking et pour une fois que la mode porte du sens, soyons moderne. Fact-checkons :

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OUI, L’Allemagne et la Pologne, sont responsables de 54% des émissions de GES issues des centrales à charbon en Europe…  et c’est un problème. Ces centrales sont très polluantes et incompatibles avec les engagements de la COP21 (ci-contre : illustration de la situation des centrales charbon en Europe).

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L’ironie : savez-vous qu’avec nos centrales nucléaires en arrêt cet hiver nous avons eu besoin d’acheter de l’électricité charbonnée à Allemagne ? Notre « responsabilité » de clients n’est donc pas absente.

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En 2016, la France a perdu sa place de premier exportateur européen d’électricité. Et qui passe devant nous ? notre cousin germain grâce à ces éoliennes qui produisent de l’électricité par chère.

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NON, les émissions de CO2 allemandes n’ont pas continué d’augmenter après 2011. Ce fut le cas en 2012 et 13, mais la diminution des émissions a repris en 2014 et 15. L’arrêt prématuré du nucléaire a freiné la décroissance des émissions de GES mais ne l’a pas stoppé.C3kKOn3XAAQELA3

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Ça veut dire quoi ?

La transition est un état provisoire. C’est un moment où on passe d’un point A à un point B. Alors OUI cet état provisoire présente des effets négatifs mais il ne doit pas cacher le but qui lui sera durable (plus de charbon maintenant pour moins demain).

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Et il se trouve que la croissance d’installation d’énergie renouvelable est plus rapide que prévue en Allemagne. Selon le site dédié à l’ENERGIEWENDE (animé notamment par Craig Morris) aujourd’hui 32% de la production d’électricité est d’origine renouvelable et le taux de croissance permettrait d’envisager les 50% en 2025. En 2010, l’Allemagne était à 17% (à peu près comme la France aujourd’hui). La tendance est bonne !

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L’Allemagne a ouvert la piste. Les énergies renouvelables peuvent pourvoir significativement et fiablement notre besoin en électricité. La Chine de serait pas aussi ambitieuse sans l’exemple allemand. On a connu des choix stratégiques plus dangereux que la recherche de l’indépendance énergétique !C4JljatXUAAlrA8

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Un autre enseignement de l’expérience allemande a été celui de la place du citoyen dans le déploiement des ENR. L’investissement citoyen représentait avant 2015 « quelques 50% de la puissance renouvelable installée » (petits investisseurs ou particuliers). Si la tendance est aujourd’hui à l’augmentation de la place des industriels, c’est encore une particularité allemande replicables en France.

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J’en profite pour faire la pub pour une initiative locale qui se nomme COWATT et qui a pour objectif de générer des projets citoyens de « co-toiturage » / co-financement photovoltaïque. Cette initiative, qui est en train de naitre, est portée par les associations ALIZEE (44) et ELISE (85). A suivre : LIEN

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Je ne sais pas ce que devient Uwe Keller mais je le vois bien bosser sur l’ENERGIEWENDE.

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Si j’avais une demande à faire à nos invités du jour, c’est d’organiser un petit voyage en Allemagne pour partager le meilleur de l’expérience allemande … et si possible retrouver Uwe Keller.« 

 

En complément de ce court texte, un article récent de Thibaut Laconde sur le même sujet LIEN

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Le négaWatt nouveau est arrivé !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 février 2017

Le scénario négaWatt, ça vous parle ?

A la base, le mot NégaWatt est un néologisme inventé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins pour exprimer qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que de la produire. En France, l’Association NégaWatt est devenue une référence dans la production de référence ! Régulièrement, ce regroupement d’experts produit des scénarios pour permettre d’envisager un avenir énergétique compatible avec les enjeux de la Transition Énergétique à l’échelle du territoire national (bientôt régional).

Déjà, en 2012, je présentais Négawatt sur ce blog (LIEN) et expliquais le très pédagogique triptyque négawatien : SOBRIÉTÉ – EFFICACITÉ – RENOUVELABLE. Depuis, je l’utilise à toutes les sauces dans de nombreux contextes !
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Pour comprendre le sérieux du boulot réalisé et les se faire expliquer les principales évolutions depuis le précédent scénario, je vous conseille de visionner la vidéo de présentation réalisée l’occasion des dernières Assises de l’Energie de Bordeaux (lien).

Sinon, pour les plus motivés, le rapport complet, sa synthèse et surtout tous les graphiques dynamiques sont disponibles en ligne ICI.

Si la prospective est forcement un exercice complexe où toutes les hypothèses peuvent être critiquées,  le travail proposé est solide et crédible. Il nous propose, comme l’ADEME en 2016, un avenir possible avec 100 % d’énergie renouvelables dès 2050. Mais cette perspective positive n’est accessible qu’au prix de changements et d’investissements lourds dès aujourd’hui.

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Les 12 points clefs du tout nouveau scénario sont repris ci-dessous :

  • La courbe de la consommation s’est inversée. La consommation d’énergie est orientée à la baisse depuis quelques années dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Pour la France la courbe de consommation rejoint de fait celle tracée par le scénario négaWatt dès 2003. Cette baisse affecte également les émissions de gaz à effet de serre, non seulement celles mesurées sur le territoire national mais aussi celles contenues dans nos importations : le phénomène n’est pas lié à la crise de 2008-2009 ni à un mouvement de délocalisation, il est bien structurel et non conjoncturel.

  • La sobriété et l’efficacité sont les clés de l’inflexion de la demande. Grâce aux actions de sobriété et d’efficacité qui se traduisent par la suppression des gaspillages, la consommation d’énergie finale en 2050, au terme du scénario négaWatt 2017, est réduite de moitié et l’énergie primaire de 63 %, tout en maintenant un haut niveau de services. Ce résultat est obtenu grâce à la maîtrise du dimensionnement, du nombre et de l’usage de nos appareils et équipements, au développement d’une mobilité “servicielle”, à un programme ambitieux de rénovation énergétique des bâtiments et à une occupation plus raisonnée de l’espace.

  • Une confirmation : le “100 % renouvelables” est possible dès 2050 Il est possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l’horizon 2050. La biomasse solide reste la première source de production d’énergie renouvelable, suivie de très près par l’éolien puis le photovoltaïque, lui-même suivi de très près par le biogaz. Les énergies fossiles importées ne servent plus qu’à des usages non énergétiques. Le fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires actuels n’étant pas prolongé au-delà de la quatrième visite décennale (environ 40 ans), le dernier d’entre eux est arrêté en 2035. Basée sur l’exploitation partout sur son territoire de ses ressources diversifiées, la France assure pleinement sa sécurité énergétique.

  • Zéro émissions nettes en 2050 : la France devient neutre en carbone. Le couplage des scénarios négaWatt et Afterres2050 montre que les émissions nettes de gaz à effet de serre, toutes sources confondues, deviennent nulles en 2050 : les « puits de carbone » agricoles et forestiers compensent alors les émissions résiduelles, principalement dues à l’agriculture. Par la suite, la quantité de carbone stockée finit par plafonner, et la fonction puits de carbone se réduit progressivement sur la période 2050-2100.

  • Gaz et électricité, une complémentarité incontournable Les vecteurs gaz et électricité voient leur part augmenter de manière concomitante, au détriment notamment des carburants liquides, pour représenter en 2050 plus de 70 % de la consommation d’énergie finale. Capables de couvrir une très grande part de nos usages, ces deux vecteurs sont d’évidence complémentaires et non concurrents. La valorisation et le stockage possible des excédents d’électricité renouvelable sous forme de méthane de synthèse (power-to-gas) est l’une des clés de voûte du système énergétique de 2050.

  • L’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur Couplé au scénario négaWatt, le scénario Afterres2050 montre également que l’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur sur le climat, à la croisée des enjeux climatiques et énergétiques, par la fourniture de ressources renouvelables, le stockage de carbone et la réduction des gaz à effet de serre. Le triptyque négaWatt appliqué au système alimentaire démontre ici aussi toute sa pertinence : sobriété dans la consommation, efficacité des modes de production, utilisation et production de ressources renouvelables.

  • L’économie circulaire, moteur du renouveau industriel Pour répondre à l’évolution des besoins, l’industrie doit réorienter ses productions vers des biens et équipements plus durables, loin de la surconsommation actuelle, et veiller au contenu de ses produits en énergie grise et en matériaux. En développant les filières de réparation, de recyclage et de récupération, il est possible de diviser par deux les quantités de matières minières consommées, y compris en prenant en compte le développement des énergies renouvelables qui offrent par ailleurs de nouvelles opportunités pour l’industrie.

  • Des bénéfices multiples pour la santé et l’environnement Le scénario négaWatt améliore très significativement la qualité de l’air, de l’eau et des sols ainsi que la biodiversité avec des conséquences positives majeures sur la santé publique. Il rend notre air bien plus sain par la quasi-suppression des particules émises par les combustibles et carburants (remplacés par du méthane), par l’utilisation d’équipements de combustion performants pour la biomasse et par une forte diminution des émissions d’ammoniac agricole.

  • La transition énergétique, un bienfait pour l’économie et l’emploi Le scénario négaWatt s’avère globalement moins coûteux que le scénario tendanciel, même en considérant un prix des énergies importées stable. Il est aussi nettement plus riche en emplois : la transition énergétique crée pas moins de 400 000 emplois nets d’ici 2030, confirmant les analyses antérieures. La société française devient ainsi plus résiliente face à d’éventuels chocs extérieurs tels que, par exemple, une crise géopolitique entraînant une rupture d’approvisionnement ou une hausse soudaine du prix du baril.

  • Une France plus solidaire et plus responsable. La mise en œuvre de la sobriété, de l’efficacité et du développement des énergies renouvelables apporte à tous les territoires, ruraux comme urbains, de l’activité et des richesses qui permettent de construire à terme un paysage énergétique réparti plus équitablement : elle permet notamment de réduire très fortement le nombre de personnes en situation de précarité énergétique. À l’international, la France envoie un triple message : de responsabilité en prenant toute sa part de l’effort climatique, d’exemplarité en contribuant à l’émergence d’un nouveau modèle de développement et enfin de solidarité vis-à-vis des pays où la croissance de la consommation d’énergie reste une nécessité.

  • Il n’y a plus de temps à perdre Il ne faut ni attendre de grand soir énergétique, ni se contenter de gadgets : la priorité pour les 5 ans à venir est à la mise en œuvre des lois et mesures décidées durant les deux quinquennats précédents, mais dont le rythme d’application est très insuffisant. Une réelle volonté d’agir doit se manifester clairement et à toutes les échelles, entre continuité des engagements et nouveaux trains de mesures. Le combat pour le climat n’est pas perdu, mais chaque année d’atermoiements obère notre avenir énergétique et climatique.

  • Le scénario négaWatt, une boussole et un tempo pour agir Partout dans les territoires, des acteurs de toutes natures, citoyens, entrepreneurs, élus se sont déjà engagés concrètement pour construire un nouveau paysage énergétique. À ceux-là et à tous les autres qui, toujours plus nombreux, leur emboîtent le pas, le scénario négaWatt offre une trajectoire et un rythme pour guider l’action : à tous, nous disons de s’en saisir pour réussir la transition énergétique, notre immense et vital chantier pour la première moitié de ce siècle.

La synthèse de 48 pages est disponible ICI.

 

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Chronique Ecolo-Buissonière : « souriez, vous êtes mouillés »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 novembre 2016

A la 16’50, ma petite chronique sur un très intéressant opus consacré à l’eau : LIEN

Quelques liens / référence issues de ce blog par ICI et le texte ci-dessous.

Il est question d’eau aujourd’hui, alors je m’y jette (à l’eau) pour vous proposer une chronique faite de jeux de mots foireux, d’informations très sérieuses et de chiffres écolo-solubles. Je vais essayer de ne pas trop vous souler mais vais quand même profiter de ce temps de parole pour corriger le snobisme ambiant sur notre relation à l’eau.

Le sujet aqueux mérite en effet un peu plus de temps que les 2 minutes météo matinales : « Fait pas beau hein ? », « Ya plus de saison !», « c’est triste ce temps gris…»…

Qui a conscience du luxe qu’est notre accès permanent et immédiat à l’eau potable ? Enfin, je parle de nous, les occidentaux auto-revendiquant en permanence notre propre décadence et déchéance, et non la mère de famille tchadienne qui passe la plus grosse partie de ses journées à marcher pour accéder aux litres d’eau potable nécessaires pour subvenir aux besoins vitaux de sa famille. Elle a du coup moins le temps de s’intéresser à la crise que traverse ITélé, le loisir vide morandinien ne lui étant pas proposé. Blague à part, 768 millions d’humains n’ont pas accès à l’eau potable. 1 personne sur 10 !

Car si nous SAVONS que l’eau est VITALE, nous rechignons à lui donner de la VALEUR.

Par habitude, par excès d’accès.

[petite parenthèse] en écrivant cette chronique je me suis rappelé avec émotion une de mes lectures favorite de mon adolescence. Il s’agit de DUNE de Franck Herbert (Sting avait joué dans les années 80 dans le médiocre film du même nom). DUNE trace une épopée à cheval entre science-fiction et prospectivisme sur une planète désertique et hostile. La civilisation du coin a du s’adapter à la contrainte du manque d’eau. Je me suis rappelé que pour survivre les hommes portaient un dispositif individuel, type scaphandre, récupérant les rejets aqueux corporels (oui oui tous) pour les recycler par ingestion directe. Une petite station d’épuration dans le sac à d’eau. Il faut que je relise, j’avais adoré ce bouquin…

Revenons à notre problème de reconnaissance de la VALEUR EAU et parlons tuyauterie. On en a en France 250 000 km sous nos pieds et c’est la preuve sans ironie d’une maturité importante de notre Société. Nous avons investi pour la collectivité sur un sujet vital qui permet un accès quasi universel à l’eau potable. Une forme de graal dans certains coins du Globe.

Et tout ça pour… pour… Tiens, connaissez-vous le prix de m3 d’eau au robinet ? 1€ 4€ 10€ 100€ ??? Environ 4 € pour 1000 L, c’est le prix de notre fluide vital (1.5 € à Antibes en 2005, 5.17 à Evreux). C’est pas cher (à 4 nous consommons 80m3/an). Du coup, tout le monde se moque bien des 1.3 milliard de m3 de bonne eau consommable perdues annuellement dans les fuites (L’équivalent de 430 000 piscines olympiques). Pas étonnant, aussi, que nous ayons organisé notre système de distribution d’eau POTABLE pour qu’il approvisionne sanitaires, nettoyage des voitures, arrosage des jardins… Et que dire dans ces conditions de l’impossible retour sur investissement de tout investissement de consommation d’eau… Vital mais sans valeur…

Mais la consommation directe d’eau n’est que goutte d’eau. Regardons de plus près le sujet énergie. Rien à voir ? Notre soif d’énergie assèche aussi nos ressources en eau. Il existe une concurrence cruelle et toxique entre les usages vitaux (consommations directes, agriculture, biodiersité) et la production d’énergie. De l’eau pour refroidir les réacteurs nucléaires, de l’eau pour extraire et raffiner le pétrole et extraire le charbon, de l’eau même pour l’hydroélectricité bien-sur !

Selon le dernier rapport « Eau et Energie » de l’ONU, pas moins de 15 % des eaux prélevées sur la planète servent à fournir de l’énergie. 50% en Europe et aux US. Une part qui devrait augmenter de 20 % d’ici à 2035, car les exclus de l’énergie et ceux de l’eau sont souvent les mêmes…« la demande d’énergie va croître de 70 % d’ici à vingt ans ».  J’ai été bouleversé il y a quelques semaines à Climate Chance en écoutant Jean-Louis Borloo et Hindu Oumarou Ibrahim. L’Afrique est LE défi des décennies à venir et les choix qui seront fait pour produire l’électricité des africains conditionneront aussi leur accès à l’eau. Tous les modes de production centralisés sont gourmands en eau.

La palme de l’irresponsabilité écologique est pour moi le dessalement d’eau de mer : on utilise (beaucoup) d’eau pour produire une énergie qui sert à produire (beaucoup moins) d’eau pour la consommation locale. Non mais ALLO quoi ! Cet usage doit se limiter à l’essentiel et non au confort… La bonne nouvelle est que la production d’électricité éolienne est (très) sobre en eau : 190 fois plus sobre que le Gaz Naturel à production d’énergie constante.  520 fois plus que le nucléaire.

Nous aurions aussi pu parler de la dépendance de l’agriculture à l’eau (toutes les productions ne sont pas égales), des nouvelles technologies de dessalement d’eau de mer qui se disent moins énergivores… Je n’ai pas vraiment de chute (d’eau) pour conclure ma chronique. Ne soyez plus triste quand il pleut, ce sont des briques de vie qui vous tombe sur le coin de la figure. Souriez, vous êtes mouillés !

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, H20 | Pas de Commentaires »

Que penser du compteur Linky ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 mars 2016

Il se passe un truc actuellement concernant le déploiement du compteur « intelligent » Linky : les communes reçoivent des injonctions à s’opposer à leur déploiement (certaines refusent leur mise en place : lien), celles qui s’y opposent disent recevoir des pressions, des associations « anti » font un important travail de présence sur le net et les réseaux sociaux…

Bref, la tendance du moment étant, reconnaissons le, à l’opposition systématique aux décisions de l’État centralisateur, j’ai eu envie de me faire une opinion par moi même, que j’ai décidé de partager ici. Il ne s’agit pas d’une vérité absolue, mais seulement d’un point personnel et pragmatique sur un sujet un peu technique. Je cite certaines de mes sources dans le texte, d’autres points viennent d’échanges avec des acteurs en qui j’ai confiance. Faites vous même vos recherches pour vous faire un avis le cas échéant.

Contexte : d’où vient ce truc ?

Une directive européenne de 2009 impose la mise en place de ce type nouveau de compteur. En France, c’est la loi de transition énergétique pour la croissance verte votée en août 2015 qui précise les conditions du déploiement en France. Le déploiement sera réalisé de 2015 à 2021 à hauteur de 4 à 8 millions de compteurs par an. 35 millions au total ! Il s’agit d’un projet industriel de grande ampleur.

Il est donc impropre de dire que ERDF « souhaite » mettre en place ces compteurs (lu dans la presse). Il s’agit du déploiement d’une disposition réglementaire dont ERDF a la charge.

Contexte : c’est quoi l’intérêt recherché ?

Je comprends qu’il se situe, d’un point de vue théorique, sur plusieurs plans :

  1. Organisationnel / serviciel pour ERDF qui aura plus facilement accès aux informations concernant notre point de connexion. Les délais d’intervention seraient divisés par 5.
  2. Services supplémentaires pour l’usager qui aura accès à des informations personnalisées sur sa consommation. L’idée étant de générer de l’économie par la connaissance (effet « suivi des consommations de carburant » dans les indicateurs du tableau de bord, on vous félicite quand vous anticipez les freinages…). Il est vrai que la première chose que l’on fait en entreprise pour générer une amélioration, c’est de mettre en place des outils de mesure. On parie ici sur le fait que l’usager sera intéressé au sujet.Capture
  3. A l’échelle du territoire, c’est un maillon des outils permettant d’envisager une gestion intelligente des consommations / productions d’électricité (notamment dispositifs diffus de production d’énergie renouvelable). C’est un maillon nécessaire à la généralisation de projets pilotes comme le SMART GRID VENDEE (lien) dont nous sommes si fiers sur notre territoire. La petite vidéo ci-contre de l’excellente émission Futuremag est éclairante sur le sujet.

Quel coût pour le particulier… pour la collectivité ?

La pose est entièrement gratuite, aucun paiement ne sera demandé aux particuliers lors de l’installation. Les anciens compteurs récupérés seront recyclés par des entreprises locales.

Un autre débat fait rage sur les coûts de mise en place et les gains attendus pour la collectivité. Allemagne et Belgique auraient choisi de ne pas déployer ce type de dispositif faute de pertinence en terme de rentabilité. Je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet. S’agit-il d’une dépense publique excessive ? Peut-être… mais je n’ai toujours pas digéré personnellement l’abandon des portiques Eco-taxes et je n’ai pas vu beaucoup d’associations se soulever pour exiger leur mise en place au titre des fonds publics déjà engagés…

De plus, le coup est parti avec plusieurs milliers de foyers déjà desservis. Ce n’est pas un point de blocage pour moi.

Quel risque sur la confidentialité des données collectées ?

Donc une « bébête connectée » va connaitre une partie de ce qui nous caractérise (nos usages électriques). Les données seront cryptées mais est-ce suffisant ? Quelle est la confidentialité de ces données ? Ne rentre-t-on pas dans le scénario 1984 d’Orwel avec un Big Brother qui prend pied insidieusement chez nous ?

Concrètement, à part savoir (en cas de piratage ou de mauvaise usage) si et quand nous sommes chez nous, le type d’information rendues accessibles me semble carrément sans intérêt et sans commune mesure avec ce que nombre de personnes choisissent volontairement de mettre en ligne sur FaceBook ou moins volontairement via les application de leurs smartphones.

Je n’ai surement pas compris le risque …

Quel risque sanitaire ?

C’est le sujet le plus fréquemment mis en avant. Le compteur génèrerait des ondes électromagnétiques dangereuses. En effet, la communication des données étant réalisées par « ondes », on retrouve les débats sur la nocivité des ondes électromagnétiques des téléphones portables, des bornes wifi… La question qu’il faut se poser, est celle des ordres de grandeurs.

Il ne faut pas ignorer qu’il existe des personnes ultra-sensibles aux ondes électromagnétiques, mais j’ai quand même envie de savoir, dans le cas non pathologique, dans quelle proportion Linky impacte l’environnement dans lequel nous vivons, c’est à dire en intégrant toutes les émissions d’ondes existantes.

Tout ce que j’ai trouvé m’est apparu rassurant pour l’usager connecté que je suis (et que sont la plupart d’entre nous). Le Linky a tellement peu d’information à transmettre qu’une seconde de dialogue par jour avec le concentrateur suffit. Ceci avec de la basse fréquence et des signaux à peine supérieur au bruit de fond.

Reste que les personnes ultra-sensibles devraient pouvoir bénéficier d’un traitement particulier.

lien vers l’article de Que Choisir – janvier 2016

Risque incendie et responsabilité ?

Franchement, c’est le sujet que je n’avais pas vu venir. Sur les milliers de compteurs Linky posés, très peu de problèmes d’incendie ont été notifiés (moins d’une dizaine) dont les causes ne semblent pas être l’usage mais un défaut dans la pose. Le soucis n’est pas l’augmentation du risque incendie mais plutôt la répartitions de responsabilités engagées en cas de dommage.

En effet, la formulation des conditions générales de ventes de Linky (EDF => ERDF) sont alambiquées et laissent penser que c’est la collectivité qui serait responsable des dommages en tant que propriétaire du dispositif. Les assurances ne couvriraient pas ce point.

De ce que j’ai lu, le concessionnaire (ERDF) reste responsable des problèmes éventuels en phase d’exploitation, et les syndicats territoriaux de gestion de l’électricité (AODE) des problèmes survenant à l’installation. Les collectivités doivent engager un échange avec leur AODE pour se rassurer sur ce point.

Conclusions

Risque sanitaire minime, risque incendie invariable par rapport aux dispositions en place, risque de vol de données personnelles peu préjudiciables VERSUS un potentiel de contribution (couteux il est vrai) à la transition énergétique; je ne vois pas pourquoi faire un combat de la non installation des compteurs Linky.

Indignons nous pour des trucs qui le méritent. Ils ne manquent pas en ce moment…

Publié dans ACTUALITE, ENERGIE, INNOVATION | 1 Commentaire »

Mon commentaire sur le Projet de décret relatif à la publicité extérieure

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 janvier 2016

Voici le court texte envoyé à l’adresse suivante : qv2.qv.dhup.dgaln@developpement-durable.gouv.fr pour contribuer au processus démocratique de consultation sur un texte que je trouve… « perfectible » :

Bonjour,

 

Ce court commentaire concerne le « Projet de décret relatif à la publicité extérieure, aux enseignes et pré-enseignes » mis en consultation jusqu’au 9 février 2016 (lien). Les mises en consultation contribuent à une forme de démocratie participative qu’il revient à tout personne intéressée d’utiliser. 

 

Avant de commenter, en quelques phrases les articles du projet de décret, je me permets une contextualisation du sujet.

 

Considérant (lien) le décret d’application de la loi Grenelle II publié le 31 janvier 2012, comprenant un ensemble de disposition de nature à :

  • supprimer le gaspillage énergétique et maîtriser la demande en électricité ;
  • réduire les nuisances lumineuses ;
  • améliorer la qualité du cadre de vie en diminuant l’impact paysager.
  • Les enjeux énergétiques associés aux extinctions sont significatifs. En effet, le parc d’enseignes lumineuses représente une puissance installée d’environ 750 MW soit plus de la moitié d’une tranche nucléaire récente à pleine charge. Les économies d’énergie attendues s’élèvent à environ 800 GWh annuels pour les enseignes et plus de 200 GWh pour les publicités, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle (hors chauffage et eau chaude) de plus de 370 000 ménages.
  • Combinées, ces deux dispositions permettront d’éviter le rejet chaque année de plus de 120 000 tonnes de CO2.
  • De plus, l’extinction génère des économies d’une part en réduisant la dépense d’électricité, d’autre part en augmentant la durée de vie des sources lumineuses et en réduisant les frais de maintenance.

 

Considérant que la consommation électrique moyenne d’un panneau publicitaire lumineux en fonctionnement permanent approche la consommation moyenne d’un ménage (hors chauffage) : autour de 3500 kWh / an

Considérant la Loi de transition énergétique (lien) en son article L102 « l’Etat […] veille en particulier à maitriser la demande d’énergie et favoriser l’efficacité et la sobriété énergétiques […]. »

Considérant que notre pays est au premier rang mondial pour la proportion des dépenses publicitaires liées à l’affichage (environ 12 %, soit 2,5 milliards d’euros) et que cette publicité est imposée à tous contrairement aux autres médias (télévision, internet…) – (lien)

Considérant que l’impact de la publicité a pour finalité : « Les consommateurs achètent les produits démarchés par la publicité alors qu’ils n’en ont pas forcément besoin. La publicité détient ainsi l’art d’acheter les consommateurs » (lien)

Considérant la baisse des financements publics des collectivités, qui inéluctablement encourage les élus à trouver d’autres sources de financement, yc par le biais de la publicité,

Considérant, plus subjectivement, l’impact visuel désastreux des publicités sur nos villes,

Considérant enfin les récents engagements internationaux et plus particulièrement français pris lors de la Cop21, visant à des objectifs de diminution des émissions de gaz à effet serre, étroitement associé à la sobriété de consommation énergétique.

Il me semble que les articles 2 et 5 notamment du projet mis en consultation encouragent la généralisation de dispositifs publicitaires (notamment lorsqu’ils sont consommateurs d’électricité) incohérents avec les engagements gouvernementaux récents et surtout contradictoires avec l’intérêt général.

Les encouragements à la croissance ne doivent pas être envisagés distinctement des sujets de transition.

Si cette possibilité de « ressource » financière offerte aux collectivités apparait malgré tout essentiel au législateur, je propose que les Kwh consommés à ces fins « inutiles » soient lourdement sur-taxés pour alimenter un fond de financement de la lutte contre la précarité énergétique.

 

Je vous remercie par avance de la prise en compte de ce point de vu citoyen.

Publié dans ENERGIE, HUMEURS | Pas de Commentaires »

Lu : Le Gang de la clef à molette

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 septembre 2015

Subversif, drôle, captivant, addictif, dérangeant : voici quelques mots pour caractériser mon état d’esprit à la sortie des 540 pagesCapture du « Gang de la Clef à molette ». A lire bien sûr (sauf si vous êtes concessionnaire de machinisme industriel).

 

Ce roman m’avait été présenté comme un road-movie d’activistes environnementaux. J’avais hâte, j’ai été surpris, un peu déçu au départ et en difficulté de conscience. En effet, ma nature légaliste a fait que j’ai eu un peu du mal à me détacher de ma réalité et à recevoir tous les évènements de sabotages qui jalonnent l’histoire. Les pollutions volontaires engendrées par le « gang » sont nombreuses : engins de chantier purgés de leurs fluides à même le sol, balancés dans des canyons, explosions en tout genre, arrachages et combustions de panneaux publicitaires dans le désert, ajout d’un peu de sucre dans les réservoirs de bulldozers et autres monstres jurassiques du développement industriel.

Puis, lecture faisant, derrière les actes illégaux, c’est la critique d’un monde fou que j’ai lu. Ce que l’auteur appelle la « machine énorme », ce n’est rien d’autre qu’un système fou qui s’auto-alimente : extraction de charbon (couteux en eau et destructeurs de paysages et d’hommes) pour faire tourner des usines thermiques qui produisent l’électricité dont a besoin notamment l’extracteur de charbon pour fonctionner ! Les routes, les ponts pour permettre l’extraction et au final alimenter une machine folle qui métastase et pourquoi ?

« Tout ça pourquoi ? voyons monsieur : pour éclairer les lampes de banlieues de Phoenix non encore construites, pour faire marcher tous les climatiseurs de San Diego et Los Angeles, pour noyer de lumière les parkings des centres commerciaux à 2 heures du matin […] »

Résumer l’histoire, ce serait dire que ces désastres ont trop titiller la « conscience » de quatre bougres au point qu’ils vont décider de mettre des bâtons dans les roues à la Machine.

Pour que ça marche il fallait des personnages haut en couleurs. Celui de Hayduke est exceptionnel. Un vétéran du Vietnam totalement desociabilisé, toujours fortement alcoolisé, vulgaire, sale, amoureux de la Nature, de ses paysages mais jetant par exemple ses canettes de bières par la fenêtre considérant que ce sont les routes qui sont ainsi salies et non la nature (et comme les routes sont des éléments à détruire dans son référentiel, cqfd).

Pour que ça marche, il fallait aussi un style, une écriture et franchement, ce bouquin, c’est du plaisir à tous les coins de phrases. Quelques citations valent mieux que des commentaires.

 

« Est-ce qu’on sait ce qu’on fait, et pourquoi ?
– Non.
– Est-ce que c’est gênant ?
– On élaborera ça au fur et à mesure. Laissons notre pratique informer la doctrine, cela garantira la précision de notre cohérence théorique. »

 « Nul ne peut dire avec précision si un pin est sensible ou non, ni jusqu’à quel degré un organisme de ce genre peut souffrir ou avoir peur. De toute façon, les constructeurs de route ont d’autres chats à fouetter, mais il est clairement et scientifiquement prouvé qu’un arbre vivant, déraciné, met plusieurs jours à mourir »

« Eh bien disons, chérie, que si Love était tout seul j’te dirais que non, l’en faudrait plus pour le leurrer. Mais avec son équipe les choses sont différentes. Un homme seul, ça peut être assez con, mais si tu veux de la vraie bonne grosse connerie, il y a rien de mieux que le travail en équipe. »

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