CoWatt : le cotoiturage solaire

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 mars 2017

Je faisais référence, à la fin de ma dernière chronique pour l’Ecolobuissonière (lien), à l’initiative locale CoWatt. 16649377_580072532183516_2273845702526726158_n

Ce post décrit le projet… et mieux, vous propose d’y participer et/ou de contribuer au financement de son lancement ! Pour en savoir un peu plus, cliquez ICI.

CoWatt est une coopérative dont l’objectif est d’accélérer la transition énergétique en multipliant les installations de panneaux solaires sur les toits des particuliers. CoWatt veut  :

  • associer des citoyens qui souhaitent investir et soutenir des projets d’énergie solaire en valorisant des toitures bien exposées dans la région Pays de la Loire.
  • prendre en charge les démarches administratives, techniques et juridiques nécessaires à la mise en place de telles installations.
  • mobiliser les citoyens et animer la dynamique collective autour du développement des énergies renouvelables.

Une démarche groupée est d’autant plus pertinente qu’en mutualisant les projets, les risques sont aussi partagés.

L’idée est que la production d’électricité, sur 20 ans, permette de dégager suffisamment de bénéfices pour financer les emprunts, rémunérer les investisseurs, financer les fonctionnement et investir dans des actions en faveurs de la transition énergétique sur les territoires où les centrales sont installées.

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Depuis un an, une quinzaine de bénévoles, appuyés par les associations Alisée et Elise, œuvrent à la création de CoWatt. Afin de lancer la structure définitive fin mai, il reste à mettre en place les statuts, mais aussi :
– le site internet
– les autres supports et moyens de communication (flyers, affiches, newsletters, photos & vidéos, événements..)

Pour cela 20.000€ sont nécessaires. CoWatt va donc faire un appel aux dons via la plateforme de crowdfounding « ZESTE » dès le 9 mars (LIEN).

Cette campagne fait également suite à la présence de CoWatt au grand débat de la transition énergétique porté par Nantes Métropole.

Le projet est à suivre sur Facebook !

CoWatt : la transition à portée de main

 

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Invitation à la Conférence Débat Carbon’at – FRET IN TRANSITION – 12/1/17

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 novembre 2016

L’association Carbon’at vous invite à sa plénière le 12/1/2017 sur le site de l’École des Mines de Nantes

Inscription : http://web.emn.fr/x-dre/lsd/index.php?sid=77946&newtest=Y&lang=fr …

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Palmarès « LA VIE » de l’écologie 2016 en France : pourquoi donc la Vendée est elle 23ème ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 novembre 2016

Une fois par an, LA VIE propose un classement des départements français sur des critères écologiques (lien). En s’appuyant sur 8 critères mesurables, le magazine donne ainsi les bons et les mauvais points aux territoires pour flatter ou pointer du doigt la mauvaise performance environnementale selon les cas.

Le vendéen d’adoption que je suis a fait un peu la moue en voyant le classement médiocre de mon territoire : 23ème ! (alors que la Loire Atlantique voisine est première ! Grrr…). J’ai donc essayé de comprendre ce qui pêchait et au travers cet exemple d’évaluer l’outil d’évaluation. Un modeste crash-test.

 

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Transparence. Le site internet dédié au classement présente bien les sous-critères ayant permis la construction de ce classement d’initiative privé. L’effort de transparence sur les sous-critères permet de mieux comprendre l’agglomération des indicateurs ayant permis de construire le classement. La vraie limite est l’absence de mise en ligne des indicateurs de premier niveau permettant de composer les notes par sous-critères; ainsi que des résultats détaillés. Les sources sont citées mais non accessibles.

Les critères. Sont pris en compte : le nombre d’AGENDA 21 territoriaux, les engagements pour la TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, la santé de l’AGRICULTURE BIOLOGIQUE (surface, évolution), la protection de la BIODIVERSITÉ (sur des critères mesurables que je n’ai pas retrouvé), CONSOMMATION DURABLE (en intégrant que les circuits courts type AMAP et non les écolabels), la GESTION DES DECHETS (ratio par habitants mais aussi semble-t-il des éléments de pollution industriel ?), la QUALITE DE L’AIR (polluants de proximité), la QUALITE DE L’EAU (phyto, nitrates, eaux de baignade).

Ci-dessous sont repris 6 des 8 sous-critères retenus par LA VIE. Voyons les sujets qui handicapent ou favorisent les deux territoires que je connais le mieux :

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Un coup des indicateurs de moyens, un coup des indicateurs de résultats. Je ne trouve pas que les indicateurs de moyens soient les plus pertinents pour mesurer une performance. ça se discute.

Facteurs de pondération. La méthode de cotation (une moyenne des résultats obtenus sur les 8 critères détaillés plus loin avec un traitement particulier pour l’Ile de France) ne prévoit pas de pondération liée aux spécificités territoriales (territoire rural, urbain, riche, touristique…). C’est une première limite à la bonne compréhension de construction du classement. Un élément de réponse montre la prise en compte de cette limite dans « le question – réponse » du site :

Ainsi, nous avons déjà commencé à compenser nos chiffres par le nombre d’habitants de chaque département. Par exemple, lorsque nous rapportons le nombre d’Amap à la population de chaque département ou encore en rapportant les émissions industrielles polluantes et les surfaces cultivées en bio à la superficie de chaque département.

Autre postulat méthodologique : les 8 critères se valent. L’existence d’AGENDAS 21 au niveau des collectivités du territoire vaut autant que la qualité de l’air. La gestion des déchets autant que la Transition énergétique… Ce postulat est aussi selon moi discutable au regard des enjeux prioritaires auxquels nous sommes confrontés.

Plus globalement, je n’ai pas trouvé trace de description des modes de Gouvernance dans l’évolution de la méthode permettant de solliciter des tiers dans les choix méthodologiques. Pour permettre une plus grande crédibilité, un comité d’arbitrage pourrait être mis en place (ou existe déjà peut-être).

Les critères absents (selon moi). A mon humble avis les grands absents sont : PRODUCTION DURABLE (sur la base du nombre de pollutions accidentels, de procédures de mise en demeure ICPE, de certification ISO 14001, ISO 50001…), l’INNOVATION (projets type SMART GRID, partenariats de recherche collectivité / université / privé, habitats partagés, projets innovants…), DEPLACEMENTS DOUX (nombre de passagers TER, bus, place du vélo en villes…), au delà de la BIO la dépendance aux INTRANTS CHIMIQUES serait une donnée intéressante car concernant la masse des agriculteurs (donnée connue), la dépendance en EAU (au regard de la fragilité de la ressource locale), AUTONOMIE du territoire (énergétique notamment…).

Crash-Test. Regardons maintenant de plus près le cas vendéen comparé au voisin lauréat de l’année.

A défaut de connaitre les données chiffrées de pondération, j’ai fait la moyenne des 8 classements des deux départements Vendée et Loire-Atlantique. Pour voir… Surprise : à ce jeux, les deux départements sont presque à égalité !

Je ne trouve pas de cotation totalement déconnectée de « ma réalité perçue », même si je ne connais pas l’intimité des données prises en comptes. Je ne comprends cependant pas ce qui a été réellement différenciant entre les deux départements regardés pour l’exercice. Le choix des indicateurs et des critères de cotation est plus discutable selon moi (voir plus haut).

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Alors oui bien sur l’hebdomadaire LA VIE pourrait faire mieux en termes de choix de critères, de pondération, de gouvernance projet et de transparence… mais je suis conscient qu’aucune méthode d’évaluation compilant des données différentes peut aboutir à un résultat satisfaisant et irréprochable. Les travaux réalisés sur les nouveaux indicateurs de richesses en Pays de la Loire (lien) ou par la commission Stiglitz sont là pour en témoigner. Ce qui compte vraiment, c’est d’arriver à vulgariser des indicateurs autres que économiques pour aider à la prise de décisions. Encourager. Valoriser. En ça, le travail de LA VIE est salutaire.

J’ai relu le discours de Robert Kennedy (lien) suite à ce post. Discours qui se concluait par :

« En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue« 

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L’environnement en Pays de La Loire : BASEMIS et DROPEC

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 novembre 2016

Alors qu’à peine sortie d’une COP historique (la 21ème), nous rentrons dans la suivante; il semble malheureusement que les budgets environnementaux régionaux n’aient pas pris la mesure de l’enjeu des transitions que nos territoires doivent assurer : -4% en Pays de la Loire (-11% en Rhone-Alpes-Auvergne, -31% en Normandie, -33% en Ile-de-France…). Consolons nous en constatant qu’un budget important n’est pas représentatif d’une démarche de qualité :il y a qu’à voir le gâchis des 2,3 milliards de dollars « investis » dans les campagnes des deux candidats aux présidentielles US !

Les efforts hollywoodiens de Léonardo Di Caprio n’y font rien (lien)… nous avons eu du mal à passer des paroles aux engagements et avons encore du chemin pour passer des engagements aux actes.

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Ne soyons pas trop dur cependant. Il se passe quand même des choses dans notre belle région ligérienne. Ce jour même est signé entre l’ADEME et le Président du Conseil Régional un premier Contrat d’Objectifs pour une dynamique Régionale Déchets et Économie Circulaire.

En septembre de cette année la feuille de route énergétique était elle aussi présentée. On y parle toujours plus de technologie que de sobriété ou de comportement, mais on ne peut pas dire que le sujet soit ignoré. Le climato-scepticisme, de retour sur la scène nationale n’a pas contaminée les politiques locales.

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Si le sujet vous intéresse, je vous recommande vivement deux sites riches en informations.

1- Tout d’abord le DROPEC qui est une mine d’information sur l’énergie et le climat en Pays de la Loire

2- Le second site, BASEMIS, présente les évolutions de consommation et de production d’énergie, émissions de polluants et de gaz à effet de serre en Pays de la Loire (réalisé par Air Pays de la Loire).

Ci-dessous quelques infos à retenir :

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Le SAVOIR est en place. Reste pour l’essentiel le FAIRE maintenant…

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Lu : rapport d’activité 15/16 du programme de recherche action Transition Energétique et Sociétale

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 septembre 2016

Il se trouve que je suis avec une grande curiosité et beaucoup d’intérêt les travaux de recherche-action sur la Transition Énergétique et Sociétale conduits par un pool d’acteurs nantais motivés et motivants. Capture

J’avais très modestement contribué à l’animation de deux débats sur la transition énergétique en 2012-2013 (lien) dans ce qui était les prémices de ce programme de recherche-action sortant des approches conventionnelles de traitement du sujet « transition énergétique », très « techno-centrées » et oubliant les enjeux comportementaux qui conditionnent toutes les planifications théoriques.

Un premier rapport d’activité a été mis en ligne (lien) et il mérite notre attention, ne serait-ce qu’au regard de la pertinence et de l’ambition de ce programme protéiforme. La perspective de trouver des clefs permettant de passer du cas rare de transition réussie à celui d’un déploiement de masse à l’échelle de territoires est un Graal qui mérite en effet un peu de jus de neurones et d’implication. Il n’y a pas de route droite et pas de date prévisionnelle d’arrivée, bien-sur, mais il s’agit d’une contribution ambitieuse à l’accompagnement des changements qui nous font face (et que beaucoup refusent de voir).

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Les objectifs du programme à venir sont repris ci-contre :

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Au delà de la Gouvernance de ce programme multi-acteurs, je suis impressionné par la diversité des actions opérationnelles engagées en 2016 et qui doivent se poursuivre sur les années à venir.

Qu’il s’agisse du projet « Ile en Transition » sur l’ile d’Yeu (lien), des projets inter-entreprises de la Chantrerie (Nantes) ou l’Iepad à la Chevrolière… les champs d’expérimentation et d’observation sont nombreux et complémentaires. La place est donnée à ceux qui agissent à l’échelle de leur territoire, sans attendre une obligation réglementaire ou une initiative centralisée descendante; qui font surtout en acceptant de prendre le risque de faire avec les autres.

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Bon courage donc à ceux qui passent de leur énergie à autre chose qu’à constater l’ampleur de nos échecs collectifs !

 

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Ma contribution au débat sur l’Aéroport NDDL ou « Notre Dame du PIB »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 mai 2016

Je devais intervenir en chroniqueur radio sur le sujet « Notre Dame des Landes ». Comme la chronique est annulée et que ma bafouille est rédigée, plutôt que de la jeter, je l’ai recyclé en post. Vous remarquerez les notables efforts dans le vocabulaire pour coller au sujet.

Le thème de l’aéroport contesté est turbulent à traiter quand on n’est ni un « ANTI » ni un « PRO » déclaré. J’ai essayé de  prendre un peu de hauteur, sortir de l’émotion et poser la question suivante : Pourquoi les Grands Projets d’infrastructures ne nous font-ils plus rêver ? Cette question est applicable à NDDL mais c’est aussi le cas des éoliennes (anti-éoliens qui bloquent régulièrement des projets), des lignes LGV…

Je me rappelle, il y a 15 ans, un vieux monsieur en soutane nous a dit – à moi et à la jeune femme habillée en blanc qui se tenait à côté de moi – que dans la vie, pour avancer et ambitionner le bonheur, il nous faudrait avoir de nombreux projets. « projet », « entreprendre », « construire » sont autant de mots qui sont plutôt connotés positivement dans mon esprit. Alors qu’est-ce qui bloque ?

  • Une première piste à explorer m’a été inspirée par la Fabrique Spinoza (Think Tank du Bonheur citoyen) qui a produit pour la première fois il y a peu un indicateur semestriel du bonheur des français (lien). Un constat m’a marqué : nous (français) ne semblons pas être malheureux sur le champ temporel du passé et du présent mais exprimons une forme de désespoir sur le futur. Nous aurions une certaine difficulté à nous projeter dans un futur positif. Nous avons surement de très bonnes raisons pour cela, mais pas plus que les autres pays comparables. Alors, c’est pour ça que les grands projets nous inquiètent ? car ils contribuent à notre vision sombre de l’avenir ? Nous sommes ronchons et il ne faut pas chercher plus loin ?  Je ne le crois pas, mais suis quand même inquiet que les mobilisations « contre » soient légion et que les mobilisations « pour » soient bien rares…Capture
  • C’est la seconde piste qui me titille le plus la chose molle qui évolue derrière mes yeux. Le CERA a organisé hier soir un débat (que j’ai suivi par tweets à distance) entre PRO et ANTI NDDL. Je n’ai pas eu longtemps à attendre pour identifier très vite l’argument PRO qui me questionne. Celui ci est repris ci-contre. Il concerne la création de richesse pendant la phase travaux. C’est vrai, des emplois directs et indirects vont être créés et l’économie locale va être « irriguée » en argent publique. Imparable mais contestable. Lorsqu’un effet induit devient le principal objectif de l’investissement, il est légitime de se poser la question de la bonne compréhension des enjeux sociétaux qui nous font face. Notamment à cause de notre gourmandise et de l’entropie, les matières premières et l’énergie se font plus rares (c’est aussi le cas avec l’argent publique). Bref, nous avons de moins en moins de capacité d’agir etCapture chaque « macro-investissement » doit donc vraiment correspondre à un intérêt collectif répondant à nos enjeux prioritaires … sauf à considérer que l’on joue au Shadock pour créer du « mauvais PIB »: on fait creuser des trous par les uns et on les fait reboucher par d’autres !
  • Le débat devrait avant tout être conduit sur la pertinence de l’investissement dans un monde contraint, et non pas dans la recherche d’une activité économique temporaire. Honnêtement, je ne sais pas quelle est la pertinence de NDDL : les questions de sécurité de survol de l’agglomération nantaise sont audibles, les limites de gestion des flux sont peut-être aussi de bons arguments (??). Je me rends par contre bien compte que nos élus sont plus réceptifs à un projet d’infrastructure tout neuf qui se voit dans le paysage (avec une plaque, une date et tout et tout) qu’à des investissements d’avenir essentiels mais invisibles (ex : rénovation des bâtiments, réseaux intelligents, entretien des transports publiques…).

Bref, le vendéen que je suis n’ayant de toute façon pas le droit de vote (ce qui est aussi contestable), ces mots s’ajoutent à d’autres et n’empêcheront pas les humains que nous sommes de nous invectiver avec des noms d’oiseaux. Et tant pis si ça ne vole pas bien haut !

La température au sol va être très chaude

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L’agro-écologie « en vrai » au Gaec URSULE, Chantonnay (85)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 mai 2016

J’habite à la campagne.

Je vois ces jours-ci, dans le champ derrière la maison, les rampes de pulvérisateurs qui déversent régulièrement leurs traitements phytosanitaires. Parfois, je râle : « il y a beaucoup de vent là, il abuse !« . J’oublie… Je visionne ça (LIEN) et me dis qu’il y a un soucis que notre génération doit accepter de prendre en compte… Je passe à autre chose… Une partie de mon cerveau doit se dire « la technique n’est pas encore disponible pour faire autrement, les évolutions sont en route… C’est ainsi pour le moment« …

Et puis, aujourd’hui, dans le cadre du programme « Révolution Alimentaire » du Comité 21, j’ai eu la chance de voir, ailleurs que sur des plaquettes du ministère de l’Agriculture (lien), ce qu’est l’Agro-écologie « en vrai », sur le terrain. C’était à 10 km de chez moi, au Gaec URSULE et ça m’a redonné confiance dans notre capacité à faire « autrement ».

CaptureCe post n’est pas un compte-rendu, mais plutôt une sélection d’idées maitresses que je retiens de cette matinée, regroupées autour de quelques mots entendus de la bouche de notre hôte.

« Durable avant d’être Bio »

C’est une des premières phrases de Jacques Morineau qui nous accueillait sur sa ferme. Elle me semble bien traduire ce que j’ai ressenti : comme un engagement partagé des associés, dès la première heure : dernier insecticide de sol en 1988, traitements sélectifs (« à vue ») dès 1990, 0 intrant chimique dès 1996 !

Ici comme ailleurs chez d’autres précurseurs, il y a une forme de leadership assumé pour s’engager sur un chemin différent de la voie de production « conventionnelle ». Un jour, la finalité affichée de l’entreprise est devenue « l’autonomie productive ». Comme ça…

[Il faudra faire une thèse un jour sur ce moment où tout bascule et ou certains changent l’ordre établi des choses. Elle vient d’où cette énergie ?]

Loi de la « Biodiversité maximale »

110 vaches, des poulets élevés en plein air, 33 espèces végétales cultivées sur 170 ha, 110 ha en herbe (la prairie a ici autant, voir plus, d’attention que les cultures).

La ferme est un concentré de diversité. Un pied de nez à la spécialisation agricole. Il ne s’agit pas d’un choix arbitraire mais pour notre hôte, une condition de réussite dans la voie de l’indépendance en intrants chimiques. Varier les variétés ne suffit cependant pas. Pour réussir à mettre en œuvre ce système intelligent, il faut la jouer subtile. Comprendre les atouts de chaque culture pour « lutter » stratégiquement contre les ennemis naturels, anticiper les périodes de rotation en pluriannuel, avoir une approche globale, holistique, être à l’écoute au quotidien de la météo, de l’état des cultures… J’ai eu l’impression d’observer un joueur d’échec, trop fier du dernier coup qu’il a produit la veille.

« Un parcours gastronomique pour coccinelles »

La « Biodiversité maximale » concerne aussi les petites bêtes alliées de notre éleveur-cultivateur. Tout est pensé pour que le cycle de vie et de développement des auxiliaires de cultures soient en phase avec la « protection » des cultures. Notamment; des haies bocagères entourent les parcelles de la ferme, ainsi les coccinelles peuvent loger confortablement tous l’hiver. Surtout, là où en culture conventionnelle, le traitement chimique va tuer pucerons et coccinelles et laisser un vide de vie temporaire, que se chargeront bien vite de combler de nouveaux pucerons avec une force décuplée (car sans prédateurs ! cqfd), au Gaec URSULE, les coccinelles sont toujours là.

La philosophie est intéressante : ici on travaille pour nourrir le sol (et la vie du sol) qui nourrit la plante plutôt que pour nourrir la plante avec des intrants chimiques au fil de sa croissance. C’est un gage de résistance durable des cultures.

Un système de production efficace

Je n’ai pas vu ce matin un modèle de production théorique et utopique. Le système est efficace. Les rendements sont parfois meilleurs que les systèmes traditionnels mais surtout, ils sont envisagés de manière globale et non culture par culture. Exemple : en cultivant des associations de culture, par exemple Pois/Orge, le rendement en pois est équivalent au conventionnel. La production d’orge, c’est bonus !

De plus, en diversifiant les cultures, les risques climatiques et parasitaires (et de crise de filières) sont limités.

Enfin, l’exploitation est autonome (pas d’intrants chimiques, qui ont tendance à peser de plus en plus lourd dans les bilans comptables des exploitations conventionnels) et peut même se permettre de vendre des protéines végétales en plus de ses bêtes !

Une remise en question permanente, une posture de « Paysan-Chercheur », un investissement énorme dans les ressources immatérielles

C’est pour moi le principal enseignement de cette matinée. Si le modèle du GAEC URSULE fonctionne, ce n’est pas grâce à l’application d’une liste de recettes permettant d’obtenir le diplôme de la parfaite petite exploitation « agro-écologiquement-conforme ». C’est bien plus compliqué : les réajustements techniques sont permanents, les anticipations sont pluriannuelles et intègrent même les effets probables du réchauffement climatique (quelle entreprise peut en dire autant ?).

Les connaissances sont mouvantes. La présence permanente d’apprentis (plutôt non issus familialement du milieu agricole) et les participations académiques de Mr  Morineau sont autant d’investissements immatériels qui permettent à ce système apprenant de fonctionner. Captivant et frustrant car ce savoir n’est pas facilement transférable.

Enfin, la posture des membres du GAEC en termes d’ouverture au changement et à l’innovation est probablement la force la plus remarquable qui laisse entrevoir de beaux jours pour URSULE. En tout cas, je leur souhaite de poursuivre sur ce chemin.

Belle journée.

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Invitation soirée « Ecologie Industrielle et coopération inter-entreprise » – 14/01/2016

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 décembre 2015

Inscrivez-vous ! LIEN

 

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Retour sur la rencontre « Entreprises et Biodiversité » organisée par Carbon’at

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 décembre 2015

Dans le cadre hors norme du Carré Cointreau à Angers, Carbon’at a tenu une après-midi passionnante entre acteurs économiques et acteurs non économiques sur le sujet de la Biodiversité sur le territoire. Comme le précise l’hôte du jour, Christian Lafage (Directeur Développement Durable du groupe Remy-Cointreau), le traitement du sujet biodiversité a clairement évolué ces dernières années : de l’approche militante à la l’intégration dans les réflexions sur la responsabilité sociétale des organisations. film

Parmi les nombreux contributeurs à ce moment, Patrice VALANTIN (DERVENN), a repositionné le sujet : la notion de biodiversité ne doit pas être entendue comme la « protection des espèces » mais comme la prise en compte des systèmes vivants dans leur globalité et complexité. Pas de biodiversité sans traitement des interrelations entre tous les acteurs du vivant.  Il nous a présenté une initiative intéressante : le FIPAN (fond d’intervention du patrimoine naturel) qui est introduit dans le petit film ci-contre.

Partant du constat que 92% du territoire est privé en France, l’idée est de générer des partenariats sur certains territoires (3 pour le moment) en s’associant avec un portage local (création d’une association locale) et s’appuyant sur le financement volontaire de grands comptes type EIFFAGE ou YVES ROCHER. La logique du FIPAN est de parler et travailler avec les acteurs de la santé des territoires et créer une rémunération pour ceux qui sont dans l’action. Actuellement, le FIPAN est en phase développement et le modèle éfilmconomique n’est pas encore totalement éprouvé.

Parmi les autres intervenants de cette rencontre, Laurence DEBORDE (Chambre d’agriculture 44) m’a appris tout ce que je connais aujourd’hui sur les haies bocagères ! Vraiment captivant.

Enfin, je voulais revenir sur la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) qui est aussi une compétence disponible sur notre territoire pour s’intéresser au sujet Biodiversité en entreprise. Je m’étais déjà penché sur le sujet en 2011 déjà (lien) au travers des Refuges LPO (lien). Les entreprises s’engagent à respecter une Charte (protection de l’environnement, pas d’usages chimiques…) et la LPO met à disposition une expertise pour réaliser l’état des lieux des enjeux et des actions possibles à conduire. Au-delà des entreprises, à ce jour 19.000 Refuges LPO ont été créés, regroupant 30.000 Ha !

Le plus remarquable à l’issue de ces échanges est de voir toutes les opportunités de collaboration possibles avec le monde de l’entreprise. Sortons de nos murs !

Les autres compte-rendus sont disponibles sur le blog de Carbon’at.

 

 

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Eco-conception des logiciels : un enjeu majeur et peu connu

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 26 septembre 2015

Deux actualités me poussent à écrire un mot sur l’enjeu peu connu et pourtant significatif qu’est l’éco-conception des logiciels :

  • la sortie du nouvel I-Phone 6.
  • le lancement d’une opération collective d’éco-conception des logiciels le 29 septembre prochain à Nantes (inscription et détails en lien).

Le public commence à être sensibilisé à la notion d’obsolescence programmée des objets industriels (voir ou revoir cette petite vidéo sympa : lien). La loi, dite de « transition énergétique« , cite même cette notion pour punir les industriels mal-intentionnés en cas de constat de mauvaise pratique.

Cependant, peu de consommateurs du numérique, ont conscience que l’obsolescence se trouve aussi dans les logiciels. La toute nouvelle association « HOP » (Halte à l’Obsolescence Programmée), explique bien les tenants et aboutissants des enjeux sur ce lien. Extrait d’un post récent de HOP sur le sujet logiciel :

« Bien qu’ils ne s’usent pas, les logiciels sont utilisés, en moyenne, entre 2 et 5 ans[1] avant d’être remplacés par une version plus récente. Cette situation est due à la fois aux éditeurs et aux utilisateurs.Capture

Les éditeurs poursuivent deux objectifs :

  • réduire leurs coûts en limitant le nombre de versions à maintenir ;
  • vendre le plus possible de licences.

Il est donc logique qu’ils poussent le grand public comme les entreprises à utiliser systématiquement la dernière version de leur logiciel.

La plupart du temps, l’argument de la nouveauté suffit à séduire les utilisateurs qui « exigent » alors la dernière version du logiciel, souvent sans trop savoir pourquoi et sans mesurer l’impact environnemental associé.

Lorsque l’attrait de la nouveauté n’est pas suffisant, les éditeurs utilisent les leviers traditionnels de l’obsolescence programmée. »

Ce type de pratique est à positionner dans le contexte de la croissance des usages du numérique. Aujourd’hui les américains passeraient plus de temps sur les applications que devant la télévision. Selon l’université de Dresde, en 2030, l’internet consommera autant d’énergie que toute l’humanité en 2008.

L’application des logiques de l’Eco-conception au monde des logiciels est devenu une nécessité. Il est possible aujourd’hui de faire des applications moins gourmandes et donc moins coûteuses dans le datacenter. Mais qui s’en intéresse ?

L’initiative engagée par l’ADEME, ADN OUEST, KALITERRE est à ce titre ultra-pertinent. Il faut maintenant que des entreprises du numérique postulent et montent en compétence sur ce sujet. Les candidatures sont ouvertes, faites suivre l’information : lien.

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