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lu : Révolution comptable (pour une entreprise écologique et sociale)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 août 2020

Voici un livre fort recommandable, ouvrant des perspectives d’innovation sur un sujet difficile d’accès pour les non initiés et dont le titre reflète bien l’ambition des auteurs : il s’agit bien de proposer ici une révolution comptable, seule à même selon les auteurs toujours, de répondre aux enjeux de 2418872_mediumnotre temps.

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Si je me permettrai quelques réserves un peu plus loin, il faut reconnaitre que les deux premiers chapitres, en se positionnant sur le champ historique, démontrent de manière limpide comment nous en sommes arrivés « là ». Le « là » faisant référence à un système comptable international, érigé en norme incontournable et incontestée, ne regardant que la protection du capital financier au détriment de la protection des capitaux humains et naturels.

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Il est captivant de constater que ces 40 dernières années, les entreprises ont su s’entendre pour définir des règles « dures » applicables partout dans le monde sur le sujet de leur comptabilité (IFRS) alors qu’en 2020 il n’existe toujours aucune instance mondiale de protection du vivant et en conséquence qu’aucune exigence climatique, par exemple, ne soit applicable. C’est possible pourtant : sur la comptabilité, les entreprises sont surveillées, contrôlées, sanctionnées selon des normes supranationales sans rien trouver à y redire.

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Le soucis du soucis est que ces règles sont incompatibles avec les protections sociale et environnementale selon les auteurs, conscients de l’atteinte des limites de notre système. Ils proposent donc de tout revoir. Ce que l’on a fait, on doit pouvoir le modifier.

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Ne s’arrêtant pas au constat, une partie significative du livre (partie3) s’attelle à la description d’une proposition, qui n’est aujourd’hui qu’un modèle expérimental dont on commence à beaucoup parler (au sein de Ruptur par exemple): le modèle CARE-TDL (vidéo de présentation).

L’idée est bien de renverser la table des normes internationales existantes, de les substituer par une comptabilité triple capital permettant de définir les capitaux à conserver, dont les capitaux naturels et humains. Je ne rentrerai pas ici dans le l’explication technique, je résumerai avec mes mots :

  • les capitaux financiers, naturels et humains ont le même poids et ne se mélange pas. On doit les considérer comme des fins en soi et non comme des moyens pour l’entreprise. A la fin, les capitaux sont restitués. On  ne mélange pas les capitaux financiers, humains, naturels. Ils ne se compensent en aucun cas.
  • Ambitieux mais par réparateur. Sur le champ environnemental, l’enjeu est bien de conserver l’état de l’existant, pas de l’améliorer.
  • L’identification des capitaux à préserver doit faire l’objet d’une étude « ontologique » (étude de l’être) avec des parties prenantes expertes (je dois avouer que cette théorie m’a laissé un peu sur ma faim opérationnellement. Le choix des « bon enjeux » est un exercice en soi).
  • (…)

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Pour modérer mes critiques à suivre, je veux être clair sur le fait que cette proposition et la direction de la recherche vont dans le sens d’une correction d’un biais de fonctionnement évident empêchant les changements nécessaires en entreprise pour construire un système compatible avec nos systèmes planétaires. Mais…

L’approche comptablement-centrée, sans nuance, ne laissant aucune place aux autres ingrédients du changement que pourraient être l’engagement, l’innovation dans modèles économiques, la fiscalité (…); voir l’agressivité des auteurs envers toute action sortant de la sphère comptable (RSE, marché carbone, réglementation, attentes marché…) décrédibilise certains passages ou en tout cas ne fait pas œuvre de mobilisation. Comment croire que seul un changement de norme comptable changera le monde de l’entreprise ?

Dis autrement, pour voir émerger ces évolutions, il me semble qu’il faut s’appuyer sur les entreprises les plus engagées en matière de RSE, même si cette dernière est imparfaite et plus personnellement, la phase d’identification des enjeux et des critères mesurables me semble pouvoir être alimenter des méthodes utilisées depuis des années dans le cadre des démarches RSE.

 

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