Chronique Ecolo-Buissonnière : n°9

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 novembre 2017

Déjà ma neuvième chronique pour l’Ecolo-Buissonière. Voici les sources et liens de l’émission de novembre.

 

Bienvenue à bord de mon rutilant véhicule virtuel pour un nouveau tour d’horizon européen de la question écologique et environnementale.

Un voyage de quelques minutes entre Bruxelles, Londres, Paris, Nantes et « ma » Vendée d’adoption bien entendu. Ce voyage est certifié sans émission de CO2.

Prenez place. Attachez vos ceintures. C’est parti.

 

BOUGE DE LA !

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Puisqu’il est question de mobilité aujourd’hui dans l’écolo-buissonnière, commençons notre voyage par un tir groupé au sein de 9 capitales européennes (lien) : en effet les maires de Paris, Rome, Amsterdam, Madrid, Copenhague, Bruxelles, Helsinki, Vienne et Sofia ont écrit aux instances européennes pour réclamer plus de volontarisme dans la lutte contre la pollution de l’air et les émissions de CO2 issues des transports publics et des véhicules particuliers. Ils rappellent que cette pollution de l’air serait responsable de 68 000 morts prématurées tous les ans.

Ces maires « volontaristes » [et non moins malmenés par les automobilistes de leurs territoires] font un certain nombre de demandes dont celle du verrouillage du dispositif d’approbation des déclarations d’émission. Si, vous savez, les déclarations foireuses d’émissions des véhicules sensées informer l’acheteur. #vwgate

J’ai une anecdote « amusante » sur ce sujet. On va se marrer. Elle est rapportée par le Conseil international pour des transports propres (ICCT) : les émissions moyennes de CO2 des voitures, mesurées en laboratoire, ont diminué de 30% depuis 2001… sur le papier……….mais mesurées sur route, elles ont augmenté de 42% ! Quand le mensonge devient système à ce point, nous atteignons le stade pathologique, car chez ces mêmes marques, on constate les mêmes exagérations sur les autonomies de véhicules électriques. Encore plus dingue, nous consommateurs, nous nous sommes habitués à l’idée que ce qui est écrit sur l’étiquette n’est pas la vérité.

Il faut repartir, on va être en retard. Partons direction Paris et l’Assemblée Nationale pour une « humeur ».

 

7,8

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Mobilité toujours. Avant de passer à de l’information positive (je l’ai promis à Marie), je voulais profiter du crachoir pour exprimer un regret récurrent, source d’aigreurs digestives, de sommeil perturbé et d’incompréhension m’incitant parfois à préférer lire un bon thriller suédois plutôt que de bouger le petit doigt pour tenter de changer ce monde bancal.

Ce sujet, royalement ignoré lors des récentes discussions sur le budget national, c’est celui des subventions aux énergies fossiles.

Un chiffre.

En 2017, l’état français a décidé d’offrir 7,8 MILLIARDS d’euros de niches fiscales pour les énergies fossiles. (source : Réseau Action Climat).

Je n’ai qu’un mot pour qualifier mon état d’esprit sur le sujet : POURQUOI ? WHY ? WARUM ? (vous noterez mes efforts pour européenniser mes chroniques)

Ne nous attardons pas plus à Paris et partons à Londres

 

 

« Chérie, EXHALE-MOI la salle à manger »

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Dans la famille « gadget à potentiel », je vous ai trouvé un chandelier “vivant” composé d’algues qui purifie l’air de votre maison (lien)

chandelier-vivant-algues-exhale-homeUn jeune designer et biotechnologiste a mis au point “Exhale”, un chandelier vivant qui purifierai l’intérieur des habitations. Cette création, visible au V&A Museum pendant le London Design Festival est composée de 70 feuilles de verre remplies d’algues vertes, qui ont pour fonction d’absorber le dioxyde de carbone de la pièce et relâcher de l’oxygène par le savant phénomène que l’homme n’arrive pas recréer : la photosynthèse.

Plus rationnellement le CO2 n’est pas toxique, l’intérêt serait de capter d’autres polluants mais je n’en ai pas trouvé trace de cette « nuance » dans l’article du site CREAPILLS. ²Info à prendre donc avec des pincettes… des palmes et un tuba.

Retournons en France

 

COMMOWN !

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WE DEMAIN (lien), m’a fait découvrir COMMOWN.

COMMOWN est une association en création qui propose pour 19 euros par mois, un smartphone éthique ou pour 29€ par mois un PC réparable et garantie, revendiquant l’éco-conception et visant les 10 ans de durée de vie pour le matériel mis à disposition. Une sorte anti-obsolescence programmée ou une obsolescence déprogrammée selon votre humeur.

En passant à un modèle monétaire vendant de l’usage plutôt que du bien de consommation, COMMOWN se rapproche de ce qu’on appelle l’économie de la fonctionnalité.

A ce stade, je ne peux que vous recommander de podcaster l’excellente émission ECOLOBUISONNIERE de 2015 avec pour invité l’excellent et modeste moi-même qui échangea fort pertinemment avec Marie sur le concept d’économie de la fonctionnalité. [Qu’elle est bien construite cette chronique !]

Revenons à nos doudous pour remarquer que chez COMMOWN, l’offre de smartphones éco-responsables est le seul produit du marché connu sur le sujet : le Fair Phone hollandais (aussi proposé depuis cette année dans les contrats conventionnels d’ORANGE).

Le site internet revendique 150 Fairphone et 200 PC loués. Bonne chance à l’asso.

 Bon, je vous redépose ?

Retournons dans notre belle région des Pays de la Loire après une page de pub locale

 

Page de Pubs à haute valeur écologique

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Avant de vous laisser, 2 initiatives qui méritent qu’on en parle.  Donc on en parle.

  • Je voulais absolument vous parler d’un programme génial porté par les associations ALISEE (44 et 49) et ELISE (85) à destination des établissements scolaires : le DEFI CLASS’ENERGIE. Le concept est de transcrire le principe des FAMILLES A ENERGIE POSITIVE à l’école :  accompagnement d’une équipe projet sur le thème de la maitrise des consommations d’énergie, surveillance des consommations et chiffrage des progrès sur la base des changements de comportements. Cerise sur le gâteau : le programme alimente le projet pédagogique. Enseignant, prenez contact avec les associations ELISE et ALISEE pour en savoir plus.

Tous les liens seront en ligne sur mon blog, accessible normalement via le site d’Euradionantes. Bonne journée.

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Le Compte-rendu de la dernière rencontre Carbon’at chez Yves Rocher est en ligne

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 octobre 2017

Le 20 octobre dernier, une dizaine d’adhérents/es et sympathisants/es se sont retrouvé sur le site Yves Rocher de la Gacilly pour échanger autour de la coopération entreprise / association.

Une bien belle journée dans un superbe cadre.

C’est ici : LIEN

 

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Chronique Ecolo-Buissonière : veille Ecolo-Européenne – octobre 2017

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 octobre 2017

Avant même la mise en ligne de l’émission, voici le texte de ma dernière chronique (à écouter ICI)

 

Marie, je vais me mettre en accord avec la ligne éditoriale de notre radio et m’exercer pour la première fois à une veille européenne de la question écologique et environnementale.

J’espère ainsi m’attirer les bonnes grâces de la Direction et multiplier par deux ou trois mon cachet virtuel.

Alors… en ce chaud automne 2017, je vous propose un tour d’Europe – sans émettre un gramme de CO2 – avec au programme une déclinaison VENTEUSE de l’actualité environnementale. C’est parti.

 

VENTS VIOLENTS

Pour commencer, revenons sur ce qui s’avère être LA BREAKING NEW de ces dernières semaines et qui n’a pourtant pas intéressé grand monde, occupés que nous étions à regarder les braguettes d’Hollywood, écouter les dernières trumpitudes américaines et boire des bières en terrasse des cafés sous 25°, il est vrai.

Cette info qui pourrait pourtant annoncer des changements majeurs pour l’Europe de l’Ouest avait un prénom : Ophélia.

Ophélia  est « le premier ouragan d’une telle puissance à évoluer aussi près des côtes européennes » selon météofrance (source : Le monde). Formé en dehors des zones tropicales, un cyclone sur l’Irlande, c’est du jamais vu.

Parmi les explications : une température de l’eau supérieure à 2°c par rapport à la normal dans la zone de formation. Avec le réchauffement climatique, nous pourrions dans les années à venir ne plus être que téléspectateurs des conséquences des phénomènes tropicaux.

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VENT D’ÉTAT (jeu de mot)

Partons en Espagne. On a beaucoup parler de la Catalogne où une partie des habitants souhaite quitter le statut d’autonomie pour une indépendance aux formes incertaines.

Parlons de l’autonomie de la Catalogne … l’autonomie en eau.  Et sur ce point REPORTERRE (lien) nous apprend qu’il n’est point besoin de référendum pour se rendre compte de la dépendance de cette région en matière d’eau. En 2008, à Barcelone, les autorités avaient fini par faire venir des bateaux remplis d’eau douce» » y compris de Marseille qui y avait acheminé l’équivalent de 44 piscines olympiques.

La construction à Barcelone de la plus grande usine de dessalement d’Europe ne résout rien car l’eau produite est très couteuse en euros et en énergie.

Cerise sur le gâteau, moule sur la paella : L’Ebre, fleuve espagnole qui passe en Catalogne, dessert avant, d’autres régions très agricoles qui pourraient très bien ne pas respecter les besoins avals.

Bref, l’eau est partout dans le monde, un sujet tension politique majeur sous-estimé et la Catalogne ferait bien de ne pas oublier qu’elle dépend elle aussi des autres.

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VENTS CONTRAIRES

Nous quittons maintenant L’Espagne pour partir faire un tour en Allemagne.

En février de cette année avec nos invités allemands du territoire ligérien, je vous avais dressé un tableau plutôt optimiste de l’ENERGIEWENDE.

MEA CULPA.

Selon LE MONDE (lien) il semble le pays pourrait ne pas atteindre la réduction de 40 % de ses gaz à effets de serre d’ici à 2020. En cause : le fonctionnement à plein régime des centrales à charbon et la pollution liée au transport. La baisse de puissance des écologistes allemands dans les rapports de force politique ne vont pas aider à passer ce cap difficile.

Mais rappelons-nous qu’Angella pas froid aux yeux.

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VENTS STÉRILES

Restons en Allemagne.

Une étude scientifique menée sur 27 ans observe de fortes chutes de population d’insectes. LIEN

« Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76 % en moyenne et jusqu’à 82 % au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes en seulement vingt-sept ans ».

Nous sommes à la radio mais je vais partager avec vous un dessin qui vaut cent mots :

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VENT TRI « loque » … le RONALD (jeu de mot capilarotracté)

1 kg d’emballage par seconde. 115 Tonnes par jour.

Voici ce qui est produit en France dans la chaine de Fast-Food américaine MacDonald selon une enquête de ZERO WASTE France reprise sur le site EURACTIV. Deuxième mauvaise nouvelle 96% de ces déchets ne sont pas triés, ce qui fait de Mac do LE contre-exemple national de l’effort de limitation de production déchet.

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VENTS D’OUESTCapture

Partons à l’Ouest, mais franchement ! dans ces terres d’Europe tellement éloignées de nos yeux, que ce qui s’y passe nous y parait étranger. Et pourtant.

En Guyane ; un projet de Mine d’or fait clignoter les yeux, façon picsou, d’un consortium russo-canadien en passe d’avoir l’autorisation de détruire une surface de forêt tropicale pour extraire de l’or (lien). La Commission nationale consultative des droits de l’homme vient d’alerter le gouvernement sur les risques environnementaux.

Perspective d’emplois contre risques de pollution au cyanure dans un environnement protégé. Voici un nouveau projet contesté (et contestable de mon point de vue).

Je me demande quelles seraient les unes de la presse si ce projet se trouvait au cœur du Parc des volcans d’Auvergne.

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VENT DE COLERE chez les VENT-R-A-CHOUX (dernier jeu de mot foireux)

Je termine en faisant le lien avec une actualité vécue et digérée par ma pomme (lien), elle aussi en lien avec une opposition locale à un projet. // Je me suis rendu, il y a deux semaines dans une petite ville vendéenne essayant de promotionner, à l’occasion d’une journée de l’énergie, des projets de transition énergétique, dont un parc éolien.

Et là, pour la première fois me voilà au contact de militants « anti-éoliens » de l’association « Vent de colère ». Je passe sur les arguments techniques, pour partager sur ce qui me semble être LA vraie raison de ce « vent de colère » de la poignée de riverains présents.

La crainte de perturbation la qualité de vie perçue et la crainte de perte de valeur foncière sont vécues comme une profonde injustice. Dépassons le simplisme du raisonnement « NIMBY » (Not In My Backyard) qui laisse penser à un égoïsme-individualisme pur jus, et posons-nous la question, de mon point de vue, majeure du partage de la valeur produite.

Contrairement à une approche capitaliste « pure », ce type de projet aurait intérêt à proposer des modèles de partage de la valeur entre investisseurs (souvent groupe privé exogène au territoire) ET les riverains. Des pistes existent avec le financement participatif en amont, le financement de travaux de transition énergétique en aval… Bref, jouer le gagnant-gagnant sans pudibonderie sur le sujet économique.

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Voilà c’est tout pour aujourd’hui.

Toutes les sources de cette chronique seront mises en lien sur mon blog accessible via le site d’Euradionantes.

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Petite réflexion sur une mobilisation « anti » projet éolien en Vendée

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 octobre 2017

Samedi dernier (7/10/17) à Chantonnay (Vendée), j’ai été le témoin direct d’une opposition frontale – et non violente,  précisons le – entre une collectivité qui s’engage dans un projet de transition énergétique sur son territoire et une association de riverains opposants à une partie du plan (le volet éolien bien-sur).

Le projet de la collectivité contient deux composantes majeures : une unité de biométhanisation (qui entrera en fonctionnement en 2018) et un projet de parc éolien (projetCaptureé aux alentours de 2020). Pierre Radanne, invité d’honneur de ce qui aurait du être une belle « Fête de l’énergie », y a reconnu un projet très pertinent de par le couplage d’une production d’énergie électrique intermittente renouvelable  (éolien) et l’injection dans le réseau de gaz d’origine non fossile. Le maire de la commune de Saint-Georges-sur-Arnon a quant à lui partager son expérience réussie d’investissement dans le renouvelable.

Dans le monde de Oui-Oui tout irait pour le mieux et on applaudirait des deux mains. Mais voilà…

…Voilà que la pertinence n’est pas partagée par les militants de l’association « Vent de colère » qui ont décidé de perturber cet évènement pour se faire entendre et le faire passer de festif à conflictuel. Dommage pour l’ambiance et la fréquentation, mais finalement pas pour l’échange car ces derniers ont eu un temps de parole en plénière pour exprimer leur position. Les choses complexes méritant mieux qu’un discours descendant et directif, je ne vois pas cette forme de « dialogue » d’un mauvais œil, bien que franchement les « Ouhhhhhh » peuvent globalement apparaitre d’une affligeante puérilité (je pense que mes enfants peuvent se tenir mieux en public).

Forme mise de côté donc, il me semble qu’il convient d’écouter les arguments, faire le tri et penser (panser) les maux. Cette « analyse » ne concerne que moi bien entendu et je ne représente personne.

La présidente de l’Association, lors de sa prise de parole, ne remettait pas en cause la pertinence d’une planification de la transition énergétique mais plutôt le dispositif choisi : l’électricité d’origine éolienne. Dans la salle, sa posture ne semblait pas partagée par mon voisin de derrière, clairement bloqué sur un raisonnement technophile pro-nucléaire, ITER, etc… L’expertise de Pierre Radanne sur les délais inadaptés, les coûts exorbitants et les risques exagérés n’a pas su convaincre cette personne. Le débat s’arrête quand les argumentations se font au nom de la croyance et non du savoir. Il ne me semble pas que les opposants soient cependant tous dans une logique conservatrice et centralisatrice de la production d’électricité type « EDF des années 50-60-70″.

Parmi les autres arguments énoncés, certains me sont apparus spécieux (béton dans le sol…) ou partiels (sans être faux) : intermittence….échec de l’Energiewende (lien pour nuancer)… Dans un monde complexe, je reconnais sans soucis qu’aucun moyen  de production d’électricité (y compris l’éolien) ne présente aucun défaut. Il n’est pas question de trouver une solution parfaite (qui n’existe pas) mais de concilier tous les enjeux pour choisir la solution la plus acceptable pour les décennies à venir.

Je n’ai entendu aucune proposition de limitation de la consommation d’électricité. La sobriété ne fait pas partie des hypothèses acceptables.

Ce qui me semble être LA vraie raison de ce « vent de colère » de la dizaine de riverains présents est celle du partage de la valeur entre les investisseurs et ceux qui vont « subir » le plus directement la présence des générateurs électriques à 500 ou 600 mètres devant leurs fenêtres. Car, il ne faut pas nier qu’un élément nouveau s’imposera dans le paysage, que des nuisances inexistantes aujourd’hui pourront perturber la qualité de vie perçue par les habitants concernés et ne l’oublions pas, que la crainte de perte de valeur foncière peut être vécue comme une profonde injustice. Un projet exogène sur lequel je ne récolterais que les passifs et pas les actifs ne me satisferait peut-être pas, malgré « mon engagement » personnel sur ces sujets.

Pour dépasser le simplisme du raisonnement « NIMBY » (Not In My Backyard) qui laisse penser à un égoïsme-individualisme pur jus, il faut se poser, de mon point de vue, la question du partage de la valeur produite. Contrairement à une approche capitaliste « pure », ce type de projet aurait intérêt à proposer des modèles de partage de la valeur avec les investisseurs ET les riverains. Plus facile à dire qu’à faire bien sur. Des pistes existent avec le financement participatif qui je l’espère trouvera une place dans le projet de Chantonnay (lien). Est-il possible d’aller plus loin que d’offrir la possibilité de l’investissement (et donc du retour sur investissement) ? Pourquoi ne serait-il pas envisageable de reconnaitre la nuisance par une rémunération directe / indirecte ? Si cette « rémunération » de la nuisance peut paraitre dérangeante, demandez-vous comment les centrales thermiques ou nucléaires ont procédé ces dernières décennies avec les communes d’accueil. Pour moi, ce serait une reconnaissance, pas l’achat du silence.

La recherche de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif doivent-ils systématiquement être opposés ?

Au delà de ma proposition, il est claire que la sociologique (lien) a autant apporter aux réussites des projets de ce type que la technologie et la technique de l’environnement qui nous emprisonne trop souvent.

Une dernière chose, pour être transparent : je suis clairement favorable à décentralisation de la production d’électricité, à l’investissement dans l’énergie renouvelable (de préférence par le citoyen et pas que par le privé) et à une approche raisonnée de la réponse technologique au même titre que le travail sur les usages. Je pense que l’intégration du triptyque Sobriété-Efficacité-Renouvelable promu par l’Association Négawatt (Lien) est la réponse acceptable pour notre avenir.

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Chronique Ecolo-Buisonnière

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 septembre 2017

En attendant la diffusion, le texte de ma dernière chronique avec les sources :

J’ai une pêche moi en ce moment ! la MEGA forme !

Je ne sais pas ce qui m’arrive … parce que ce n’est pas l’actu qui devrait me mettre dans un état pareil. Cette rentrée on a quand même eu droit à la pas très joyeuse perspective d’une guerre nucléaire au-dessus du pacifique  [entre les deux sales gosses les mieux armés du moment] et je ne vous parle pas du passage D’Irma et Harvey qui préfigure des décennies d’ouragans toujours plus violents.

Qu’est ce qui me rend si joyeux (en dehors de la joie de vous revoir) ?

Je crois que c’est une de mes lectures estivales qui m’a fait comprendre un truc important. Le bouquin s’appelle « le monde enfin » de JP Andrevon (éditions Fleuve Noir). A la base, ce n’est pas un bouquin où on est sensé se fendre la poire. Je vous fais le pitch : « une pandémie foudroyante mondiale fait disparaitre 95% de la population mondiale en quelques jours et les survivants deviennent stériles. Ils assistent donc à la disparition de l’Humanité, compté par l’auteur. On suit leur destinée sur ces ultimes décennies ». Sympa comme lecture de vacances pour décompresser, non ?

Ce qui ressemble de prime abord à une prospective apocalyptique (au sens premier) est en fait un joyeux voyage dans des écosystèmes en régénération, libérer de leur principal facteur limitant : nous. La posture de l’auteur est plutôt joyeuse vue sous l’angle d’un retour d’une certaine forme de vie sur Terre sans la contrainte oppressante de l’humanité. Surprenante gaité littéraire exprimant le croisement de deux destinées d’être vivants : certains s’en vont, d’autres arrivent (ou reviennent, c’est selon).

A cette lecture, j’ai compris une Erreur fondamentale. J’ai compris que nous nous sommes plantés quand nous avons acheté et porté nos tee-shirts « sans nature pas de futur » (moi je l’ai), quand nous sommes parties en guerre pacifique au repas de famille pour convaincre qu’il fallait « sauver notre planète ». Nous nous sommes plantés quand nous avons scandé que « mère nature était en danger », que nous l’avons dessiné avec des yeux et une bouche en train de souffrir sous les coups de butoir de la surexploitation des ressources et de la pollution. La Terre sera là quand l’espèce humaine aura fini son œuvre d’autodestruction. La vie, sous une autre forme, prendra le dessus. Le danger, il est pour nous, les Homos de tous poil : homo-sapiens, homo-Economicus, homo-beau-SUV

Et si ces temps si j’ai le sentiment que les homo sus cités se foutent un peu d’accélérer le mouvement de leur propre disparition [quelle meilleure preuve que notre insatiable énergie consacrée à l’innovation inutile voir toxique. Avons-nous vraiment besoin que des véhicules autonomes de près de deux tonnes nous livre une pizza ? de frigo qui parlent ? de robots qui dansent ? d’applications débilisantes ? ]

La bonne nouvelle donc, c’est que la Terre (et la vie sur Terre) nous survivra. Et c’est cool ça, NON ?  Nous sommes seulement dans un bus fonçant vers un ravin avec un chauffeur bourré. Ce n’est pas la fin du monde. C’est la fin de vie pour les passagers du Bus.

Allez, j’enlève mon masque. Je ne suis pas si content que ça de notre incapacité à intégrer nos connaissances dans notre modèle de développement. Je suis même au quotidien adepte du petit pas et de la modération, mais en écrivant ce post (humoristique à la base) j’ai découvert que cette posture provocatrice avait sérieusement ses adeptes : une association nommée Adrastia « a pour objectif [JE CITE] d’anticiper et préparer le déclin de la civilisation thermo-industrielle de façon honnête, responsable et digne ». Pour être honnête, j’ai un peu peur de leur plan d’action…Capture

J’ai découvert aussi des publications très sérieuses : récemment National Géographic (lien) a scénarisé un monde où l’humain disparaissait soudainement (genre des extraterrestres qui nous enlèveraient). En 15 ans la végétation recouvrerait toutes les routes, en 60 ans les dommages de la surpêche sont corrigés, en 200 ans le CO2 entropique s’effacerait, il fera plus froid….

plus froid… CAR

WINTER IS COMMING (et je ne dis pas ça parce que mon chat a grossi) mais pour faire le parallèle avec l’énorme succès qu’est la série GAME OF THRONE où certains voit dans le scénario barbare une lecture notre relation au changement climatique (lien). Les dirigeants de ce monde imaginaire, tendance médiévale, consacrent en effet leur énergie à étendre le périmètre de leur petit pouvoir et refusent – ne serait-ce que d’envisager – un risque plus grand qui ferait disparaitre tous les Hommes. Les morts aux yeux bleus de la série représenteraient le péril climatique dans notre vraie vie. Quelle union entre frères ennemis est possible pour combattre une cause commune ? Comment sortir des intérêts individuels pour sauver le collectif ? ça se tient. J’attends la dernière saison pour voir le dénouement de l’affaire, mais je ne suis pas très optimiste sur le happy-end.

En conclusion, si notre destin est celui des dinosaures, je suis partant de tout faire pour prolonger l’aventure de quelques générations et pour se faire, il nous faut convaincre de l’imminence des changements en cours, de proposer des solutions convaincantes, de valoriser les réussites des avant-gardistes. Et de préférence dans la bonne humeur. Au boulot Marie pour une saison des plus ambitieuses !

J’ai une pêche moi…

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Agenda : Carbon’at propose un évènement exceptionnel chez Yves Rocher

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 septembre 2017

Invitation Carbonat

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Agenda : l’Association ELISE fête ses 20 ans le 8 novembre !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 septembre 2017

Invitation 20ans ELISE

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Lu : « L’innovation ordinaire » de Norbert Alter

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 septembre 2017

Voici plusieurs mois que j’ai entamé la lecture de « L’innovation ordinaire » de Norbert Alter. La lecture par un sociologue du processus d’innovation est éclairante et permet de prendre un peu de hauteur sur une notion que nous avons un peu tendance à utiliser à toutes les sauces. Tout n’est pas innovation. Je vais essayer de partager ici quelques propositions de l’auteur, traitées avec ma grille de compréhension :

 

  • Tout d’abord, faisons une mise au point sémantique : nous confondons trop facilement les termes INNOVATION et INVENTION. Pour l’auteur, innover, c’est mettre en œuvre « l’invention », atteindre l’usager, lui faire au bout du compte, transgresser les règles établies. Beaucoup d’inventions (peut-être géniales) n’ont jamais trouvé leurs « clients ».

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  • « L’innovation bute toujours contre l’ordre établi », elle suppose une rupture, et celle-ci s’appuie sur une « déviance ».

 

  • L’innovation ne se décide pas. Les service RetD peuvent être pour les entreprises un investissement nécessaire pour créer le contexte favorable à l’innovation « souhaitée » mais ne sont pas à même de planifier l’innovation. « La RetD est en effet régie par la notion de risque, c’est-à-dire l’impossibilité de prévoir le résultat de l’action menée ainsi que la nature des sanctions positives ou négatives qui lui seront affectées. »

 

  • « L’innovation est une activité banale » (comprendre de non spécialistes). Le plus souvent, dans l’histoire industrielle, ce sont des ouvriers, confrontés à leurs problématiques opérationnelles du quotidien, qui ont contribué à innover sur leurs outils de production.

 

  • Le plus souvent, les dirigeants ne sont pas les innovateurs. Ils sont par contre ceux qui permettent de faire passer les idées / propositions des innovateurs au stade application. On a besoin de leur autorité pour légitimer auprès de la majorité la pratique « déviante » ! Paradoxalement, c’est par une logique managériale descendante que les innovations peuvent être appliquées. Les directions gouverneraient l’innovation plus en « aval » qu’en « amont ».

 

  • Nous classons souvent dans la catégorie « innovation » des inventions dogmatiques imposées par un management tout puissant (parfois à côté de la plaque). La relation du travailleur à la prescription, à l’absence de concertation, aux invectives managériales « command and control » est une composante très présente dans l’ouvrage. Avec mon passif de consultant « ISO » et mon actif de consultant « RSE », cette lecture me chatouille les neurones. Intéressant.

 

Bref, lisez l’ouvrage pour voir plus loin que ce mini post mais, un conseil au lecteur : prévoyez une disponibilité à 100% pour lire ce livre. Je me suis vu relire plusieurs fois des passages pour assimiler le message. C’est pas du Fred Vargas.

 

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Lu : Le Monde Enfin de Jean-Pierre ANDREVON

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 août 2017

Les vacances doivent en principe servir à se décontracter, à arrêter de se prendre la tête… J’ai fait un peu ça lors de cet été 2017 mais pas que…DGYEW5VXkAA_v2T

J’ai aussi lu un ouvrage de prospective apocalyptique qui m’a fait envisager certaines choses autrement, sans me rendre particulièrement déprimé d’ailleurs.

- je précise que ce post a été écrit avant toute éventuelle intervention nucléaire américaine en Corée du Nord qui aurait potentiellement déclenchée une guerre nucléaire en Asie. Yahou ! -

Souvent Hubert Reeves – et bien d’autres – tentent d’expliquer à leurs auditoires que les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés remettent plus en cause l’Humanité que la planète Terre à proprement parlé. Si nous aimons penser à « notre » planète bleue comme à un être souffrant sous nos coups de butoirs sans cesse répétés, nous oublions volontiers que la Terre existait avant l’Homme et existera probablement après la disparition de l’Humanité. La Vie sur Terre ne se résume pas à la vie des 7 milliards d’êtres humains.

Tel est le cadre de l’ouvrage de Jean-Pierre ANDREVON. Le roman part d’un évènement sanitaire : une mutation génétique, un prion mortel qui anéantit 98% de l’Humanité brutalement et qui rend stérile la majorité des survivants. Ce qui est surtout décrit dans ce livre, c’est comment la vie animale et végétale reprend le pouvoir après la parenthèse du passage de l’Homme sur Terre. En suivant les aventures de quelques survivants dans des décors urbains retournant progressivement à la vie sauvage, on redécouvre des équilibres naturels que la « civilisation » avait rendus inopérants.

Les tableaux ainsi décrits à force de détails rendent la perspective presque joyeuse ! Si le sujet traité est au sens premier du terme « catastrophique », la manière de le traiter ne l’est pas. L’Humanité s’éteint ? et alors ? L’Histoire de la planète Terre se poursuit, même si plus personne ne pourra bientôt l’écrire…

Le livre aurait probablement mérité, de mon point de vue, plus de concision et se serait bien passé des aspects surnaturels et extra-terrestres de la fin du roman, mais j’ai vraiment aimé ce voyage dans un (très lointain ?) futur pas si impossible que ça.

 

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CaptureTant que je suis dans les mondes parallèles, histoire de me rapprocher tout doucement du retour à la réalité que tout mois de septembre nous impose, j’ai beaucoup aimé le parallèle fait par VOX (lien) entre l’univers de Game of Thrones et le traitement de la menace du changement climatique sur notre époque.

Dans la fiction, le danger qui menace tous les humains  est une invasion de Morts vivants. Pour nous c’est un changement de composition de notre air influant sur le Climat. Dans les deux mondes, nombreux sont ceux qui ne « croient » pas à la réalité du danger car ils ne le voient pas. Idem, dans les deux mondes, ceux qui ont les manettes du pouvoir sont plus occupés à gérer les problématiques court-termistes qui n’auront bientôt plus de sens si le danger n’est pas jugulé. Bien vu.

La fiction peut servir notre réalité. Bonne rentrée !

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Numérique et robotique : la fin de l’emploi, le retour du travail ? (préparation de la soirée de cloture du CTS)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 juin 2017

Les auditeurs 2016-17 du Collège des Transitions Sociétales présentent leur soirée de clôture demain à Nantes (lien).

En préparation, un deux pages très bien construit sur le sujet de la « fin de l’emploi, le début du travail » a été mis en ligne. A lire

fichier pdf CTS2017 v72

Capture

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