Lus : « Zéro Pollution, un ultime défi pour l’Humanité » et « Le cantique de l’apocalypse joyeuse »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 novembre 2016

Je viens de m’offrir une jolie aventure lecture, en lisant en parallèle, deux ouvrages que rien ne destinait au rapprochement. Je dispose ici donc d’une exclusivité mondiale pour réaliser cet exercice et ne crains aucune concurrence ! Et en effet, mon cerveau tordu a trouvé matière à alimentation mutuelle dans ces deux livres, sur le sujet non dérisoire de l’avenir de l’Humanité.

CaptureEn ouvrant « Zéro Pollution – un ultime défi pour l’Humanité » de Yannick Roudaut, un vendredi soir de novembre, je ne pensais pas me faire recommander dès le lendemain matin, à la bibliothèque du village, un roman lapon improbable que j’ai eu une énorme envie de dévorer immédiatement : « le cantique de l’apocalypse joyeuse » de Arto Paasilinna.

Il est question de deux livres que je recommande sans réserve. Voici l’occasion de partager mes digressions, plus que de commenter ces lectures.

La Cata. Dans « Zéro Pollution » (0P dans la suite du texte), Yannick dénonce la défaillance de notre modèle de développement humain, destructeur de notre biosphère (notre unique et essentiel substrat) et incapable de penser long terme. Il y propose une perspective ambitieuse à même de nous sortir de l’ornière en développant le concept de « Zéro Pollution ». Dans le « Cantique de l’apocalypse joyeuse » (CAJ dans la suite du texte), l’auteur nous conte, avec un humour délectable, l’histoire d’une vie dans un monde qui s’effondre : crise économique, accident nucléaire, 3ème guerre mondiale, épuisement de la ressource pétrole… Cette vie est celle d’un homme qui passe au travers des gouttes en menant un projet personnel qui devient collectif, au sein d’une communauté écolo qu’il construit, hors du système, au fond d’une forêt finlandaise, à la frontière de la Russie. L’effondrement de notre Monde n’est qu’un arrière-plan lointain dans « CAJ« , quand « 0P » nous encourage à anticiper le pire pour qu’il n’arrive point.

« CAJ » a été écrit en imaginant un futur qui est notre présent, ce qui est forcément troublant pour le lecteur de 2016. Je reviendrai plus loin sur les raisons qui me fond rapprocher ce roman des perspectives proposées par Yannick Roudaut.

Zéro Pollution est composé de deux parties distinctes dans le style : une première sous forme d’essai pour caractériser l’impasse dans laquelle nous sommes engagés et pointer une sortie positive, une seconde partie sous forme de fiction, prospectiviste, imaginant « une » vie possible, en mai 2070, vécue par des personnages fictifs, dans un Paris bien différent de celui de 2016. Cette seconde partie, j’avais souhaité l’écrire il y a quelques années. J’avais même commencer à écrire quelques pages, bien plus sombres et moins bien documentées. Je suis heureux d’avoir laissé Yannick faire le job : question de talent et de courage.

Yannick Roudaut est un conférencier reconnu (lien), qui a appelé de ses vœux une seconde Renaissance dans son livre précédent (lien) pour dépasser le constat stérile des crises environnementales et pour ambitionner une vraie transition. Dans « 0P« , une fois la contextualisation réalisée, il propose une ambition nouvelle : il nous faut viser le « 0 Pollution » pour nous en sortir et arrêter de jouer « petit bras ». Inutile de revenir sur les constats, je les partage. Notre don de prédation, qui nous a permis de survivre ces 200 000 dernières années, pourrait signer notre arrêt de mort. Nous sommes trop doués pour détruire et notre comble ou peut-être ultime trophée, risque d’être notre auto-destruction.

Yannick nous offre ici une perspective positive, richement illustrée d’expériences contemporaines inspirantes. Il explique vouloir contribuer ainsi à l’ »over-view effect » que ressentent les rares humains qui ont pu voir la Terre de l’espace : une envie de protection de notre belle vieille Planète quand on en a perçu ses limites physiques.

Mon interprétation de la posture « Zéro pollution » fait échos aux démarches « Zéro accident » que je peux être amené à fréquenter en entreprise.  « Zéro accident », ça veut dire que l’accident corporel est intolérable et prioritaire sur tout autre impératif. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a jamais d’accident dans l’entreprise. J’envisage le « Zéro pollution » sous le même angle. Il faudrait qu’il ne soit plus acceptable (ce n’est pas le cas aujourd’hui) de contribuer à un dommage à notre éco-système et donc ambitionner de progresser perpétuellement vers la plus grande sobriété en terme de pollution sur toute sa sphère d’influence, par les arbitrages les plus favorables à notre biosphère. Il n’est d’ailleurs, pour moi, pas exclusivement question de pollution au sens rejet (sens commun) mais aussi de l’épuisement des ressources non renouvelables et renouvelables en « danger ». Toutes les externalités négatives en fait. Je pense que le « Zéro Pollution » est une posture et un but mais ne doit pas devenir un Graal déclaratif ouvrant la voie au simplisme. Quand on creuse, l’essentiel des activités humaines identifiées comme « vertueuses » présentent des impacts environnementaux.

Reste de mon point de vue la complexité pour transformer l’objectif lointain en cible et plans d’action : la gestion des paradoxes et des incohérences. Ne pas s’intéresser au détail mais influer significativement sur le global.

Quelques directions à explorer sont dessinées par Yannick et je signe des deux mains : low tech, sobriété, décentralisation des décisions, coopération, biomimétisme, permaculture, coopération, communauté, open-source…

Dans une forêt finlandaise, pendant ce temps là… C’est maintenant que Arto Paasilinna nous rejoint. Dans le « cantique de l’apocalypse heureuse » (mettons le réel plaisir de lecture de côté), l’auteur propose une interprétation de ce que pourrait être la réaction humaine dans un Monde qui s’effondre. Je le traduis ainsi : pour vivre (heureux) dans ce monde qui part en quenouille, qui devient hors de maitrise (et qu’il ne convient même plus d’essayer de changer), il faut créer une petite communauté détachée du système centralisé défaillant (décentralisé donc), y insuffler une solidarité et une coopération entre ses membres (coopération), vivre de peu (low tech, sobriété) avec une proximité retrouvée à la Nature nourricière (biomimétisme, permaculture) avec des compétences et savoir faire manuels ancestraux enrichis des connaissances modernes (open-source)…  une sorte de réponse par le petit bout du questionnement posé dans « 0P« , à une échelle très restreinte, plus proche de la résilience que de l’anticipation d’un nouveau modèle mondialisé compatible avec les limites physiques et biologiques de notre biosphère. Une réponse quand même.

Ni Yannick Roudaut dans son livre, ni moi par ailleurs, ne revendiquons le repli sur « sa » communauté ou tout autre forme d’isolationnisme, mais force est de constater que la dynamique du moment va dans ce sens. La majorité des peuples riches de cette planète se retrouve dans un objectif de défense contre les risques – perçus – comme externes.

Alors quoi ? On avance en grappes de faiseurs, en tribus de convaincus, en ignorant la majorité qui suit le logiciel de développement périmé ? au risque de se retrouver dans le scénario de la « communauté d’écolos dans une forêt finlandaise » (même si cette forêt est aujourd’hui virtuelle dans le monde d’internet). On s’isole pour démontrer ou on se confronte à la masse pour la faire bouger ? Comment changer d’échelle et sortir du petit cercle des convaincus ? Comment faire muer la chrysalide ?

Le triangle du feu (sacré). Je vois les choses à la manière du pédagogique triangle du feu caractérisant les conditions du début d’un incendie : pas d’incendie sans carburant (un truc qui peut bruler), comburant (Oxygène le plus souvent) et source d’inflammation (l’étincelle). Pour que l’incendie -vertueux- du changement vers le « Zéro pollution » se déclenche, il faut de mon point de vue :Capture

1 – que les crises environnementales soient visibles, que les limites impactent sur le système en place. On rentre dedans.

2 – que la conscience des autres voies et savoirs associés soient accessibles et partagés. C’est la vertu du livre de Yannick, du film « Demain », du Plan B

3 – enfin, qu’il se passe quelque chose pour booster le changement à une échelle significative. Initier le mouvement, rendre tout retour en arrière impossible. Et là on est bloqué pour le moment. Un leader ? une catastrophe ? une révolution ? Je ne suis sur de rien de ce que j’ai écrit dans ce post, sauf d’une chose : je ne connais pas la réponse à cette question.

Joyeux Noël.

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Invitation à la Conférence Débat Carbon’at – FRET IN TRANSITION – 12/1/17

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 novembre 2016

L’association Carbon’at vous invite à sa plénière le 12/1/2017 sur le site de l’École des Mines de Nantes

Inscription : http://web.emn.fr/x-dre/lsd/index.php?sid=77946&newtest=Y&lang=fr …

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Chronique Ecolo-buissonière : « la secte des mangeurs d’insectes »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 novembre 2016

Une nouvelle chronique, reprise ci-dessous avec des mots à lire.

Les mots à entendre sont là au deux tiers de l’émission après « The Bug » de Dire Straits : LIEN

Après le texte, une belle infographie, source d’inspiration.

Bonjour Marie, bonjour les invités de Marie. Je ne suis pas présent ce matin et … ce n’est pas un hasard…

Vous allez comprendre. Tout a commencé ce mardi 21 nov :  je reçois un message de Marie, un peu coupé, « sshhhht c’est… Arie…..pshht…à la bourre…. Shtttttttt…. Secte …mange… insecte…. Compte sur toi…. Sshttt… chronique… ». Je n’entends pas tout mais je comprends qu’il s’agit d’une histoire de Secte de mangeurs d’insectes.

J’ai trouvé ça bizarre… mais admettons. où trouver de l’inspiration ? c’est que j’y connais rien moi dans le secteur des sectes d’insectes. Par quel bout traiter ce sujet ultra confidentiel ? Une secte de mangeurs d’invertébrés ! bigre, ça chatouille les mandibules.

Bien sûr, je sais, par Bruno Parmentier (dont je recommande son excellent blog Nourrir – Manger - à consulter sans modération), que pour nourrir la planète en 2050 il nous faut augmenter la production agricole de 70%. La même source m’a enseigné que notre régime carné occidental composé sur une vie de 7 bœufs, 33 cochons, 9 chèvres, 1300 volailles est une impasse technico-environnementale à l’échelle planétaire.

Je sais aussi que de ce point de vue les « insectes-aliments ». Comment on dit ? : « aliquinsectes ? », « Food bugs » ? …. Ont plus d’un argument pour nous convaincre de les croquer :

  • massiquement 1 grillon est comestible à 80% alors qu’une vache ne l’est qu’40% : top de l’efficacité !
  • et que dire de la Sobriété en ressources : 1g de proteine insecte consomme 3L d’eau alors que la même quantité de proteine de vache en demande 60 litre. Sans parler que notre malheureux grillon consomme 12 fois moins de proteine végétale pour produire une masse équivalente. Le top de l’efficacité.

…Mais pourquoi donc Marie m’a-t-elle branchée sur cette histoire de secte ?

Il y a 2,5 milliards des humains sur terre qui mange des insectes ! 2.5 milliards d’entomophages. A ce niveau-là on ne parle plus de secte mais de pratique de masse. Ou alors peut-être s’agit-il d’un groupuscule, un essaim d’activistes, de lobbyistes de l’industries d’élevage et de transformation des insectes qui aurait pour ambition de nous cacher les conditions d’abattage infectes des insectes ou un truc comme ça… Y aurait-il une affaire « insectes » cachée au plus au niveau de l’Etat ?

J’ai creusé, j’ai consulté mes sources sures, j’ai visionné des dizaines « d’insectes tape » sur internet (ils ont au moins autant d’imagination que nous), j’ai fini par apprendre un truc EnOrme !. Il se trouve que vous (nous tous) consommons sans le savoir 1kg d’insecte par an cachés dans nos denrées alimentaires. Des mandibules dans les céréales, des pates dans les pattes, thorax dans le riz…

 On nous cacherait donc un élément essentiel : nous sommes déjà tous entomophages à l’insu de notre plein grès. Voilà peut-être l’objet de ce regroupement malfaisant : nous cacher, voir organiser, la progressive accoutumance en cours pour faire de nous des croqueurs de scolopendres ?

Il est 1 heure du mat et j’ai peur devant l’ampleur de ce que je viens de découvrir.

Le marché des bestioles à sang froid est juteux : Il y a 1,4 milliards d’insectes pour 1 habitant et 1900 espèces sont identifiées comestibles. Voilà donc le projet de la secte des mangeurs d’insectes : casser la barrière culturelle qui fait que nous, occidentaux sommes capables de manger Joly Jumper, un animal sur lequel on monte pour se balader en forêt dans une complicité coupable ET que nous n’acceptons pas d’envisager de gober un insecte. Nous, les français sommes même prêts à manger un gastéropode ou une grenouille plutôt que d’envisager de grignoter des sauterelles « sautées » à l’apéro.

Je suis tombé au cœur d’un projet mondial. J’en veux pour preuve le traitement du dossier insecte par Wall Disney. Car tout conditionnement de consommateur occidental commence là. Au plus jeune âge, avec les histoires pour enfants du géant de la propagande qu’est WD. Connaissez-vous un seul héro de WD qui soit destiné à notre frigo ? Une belle vache à viande, un cheval d’abattoir ? ben non, nous ne devons pas être pris d’empathie pour ce qui va devenir notre repas. C’est pareil pour les insectes : j’ai cherché et aucun insecte ne trouve grâce aux yeux des concepteurs des Disney stories. A part le vieux Jimily cricket, aucun insecte n’est rendu sympathique aux yeux des enfants futurs consommateurs… Le complot est mondial.

 Même si c’est peut-être un peu tirer par les antennes, j’en profite pour faire le lien avec les CIGALES. Pas celle qui chante et qui donc se mange mais les club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire. C’est le bon moment pour vous renseigner. Quand un Cigales cherche une fourmi, ce n’est pas pour la manger, pour lui permettre de réussir son projet.

Allez, sans rancune.

 

 

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Infographie : La bio en France

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 novembre 2016

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Chronique Ecolo-Buissonière : « souriez, vous êtes mouillés »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 novembre 2016

A la 16’50, ma petite chronique sur un très intéressant opus consacré à l’eau : LIEN

Quelques liens / référence issues de ce blog par ICI et le texte ci-dessous.

Il est question d’eau aujourd’hui, alors je m’y jette (à l’eau) pour vous proposer une chronique faite de jeux de mots foireux, d’informations très sérieuses et de chiffres écolo-solubles. Je vais essayer de ne pas trop vous souler mais vais quand même profiter de ce temps de parole pour corriger le snobisme ambiant sur notre relation à l’eau.

Le sujet aqueux mérite en effet un peu plus de temps que les 2 minutes météo matinales : « Fait pas beau hein ? », « Ya plus de saison !», « c’est triste ce temps gris…»…

Qui a conscience du luxe qu’est notre accès permanent et immédiat à l’eau potable ? Enfin, je parle de nous, les occidentaux auto-revendiquant en permanence notre propre décadence et déchéance, et non la mère de famille tchadienne qui passe la plus grosse partie de ses journées à marcher pour accéder aux litres d’eau potable nécessaires pour subvenir aux besoins vitaux de sa famille. Elle a du coup moins le temps de s’intéresser à la crise que traverse ITélé, le loisir vide morandinien ne lui étant pas proposé. Blague à part, 768 millions d’humains n’ont pas accès à l’eau potable. 1 personne sur 10 !

Car si nous SAVONS que l’eau est VITALE, nous rechignons à lui donner de la VALEUR.

Par habitude, par excès d’accès.

[petite parenthèse] en écrivant cette chronique je me suis rappelé avec émotion une de mes lectures favorite de mon adolescence. Il s’agit de DUNE de Franck Herbert (Sting avait joué dans les années 80 dans le médiocre film du même nom). DUNE trace une épopée à cheval entre science-fiction et prospectivisme sur une planète désertique et hostile. La civilisation du coin a du s’adapter à la contrainte du manque d’eau. Je me suis rappelé que pour survivre les hommes portaient un dispositif individuel, type scaphandre, récupérant les rejets aqueux corporels (oui oui tous) pour les recycler par ingestion directe. Une petite station d’épuration dans le sac à d’eau. Il faut que je relise, j’avais adoré ce bouquin…

Revenons à notre problème de reconnaissance de la VALEUR EAU et parlons tuyauterie. On en a en France 250 000 km sous nos pieds et c’est la preuve sans ironie d’une maturité importante de notre Société. Nous avons investi pour la collectivité sur un sujet vital qui permet un accès quasi universel à l’eau potable. Une forme de graal dans certains coins du Globe.

Et tout ça pour… pour… Tiens, connaissez-vous le prix de m3 d’eau au robinet ? 1€ 4€ 10€ 100€ ??? Environ 4 € pour 1000 L, c’est le prix de notre fluide vital (1.5 € à Antibes en 2005, 5.17 à Evreux). C’est pas cher (à 4 nous consommons 80m3/an). Du coup, tout le monde se moque bien des 1.3 milliard de m3 de bonne eau consommable perdues annuellement dans les fuites (L’équivalent de 430 000 piscines olympiques). Pas étonnant, aussi, que nous ayons organisé notre système de distribution d’eau POTABLE pour qu’il approvisionne sanitaires, nettoyage des voitures, arrosage des jardins… Et que dire dans ces conditions de l’impossible retour sur investissement de tout investissement de consommation d’eau… Vital mais sans valeur…

Mais la consommation directe d’eau n’est que goutte d’eau. Regardons de plus près le sujet énergie. Rien à voir ? Notre soif d’énergie assèche aussi nos ressources en eau. Il existe une concurrence cruelle et toxique entre les usages vitaux (consommations directes, agriculture, biodiersité) et la production d’énergie. De l’eau pour refroidir les réacteurs nucléaires, de l’eau pour extraire et raffiner le pétrole et extraire le charbon, de l’eau même pour l’hydroélectricité bien-sur !

Selon le dernier rapport « Eau et Energie » de l’ONU, pas moins de 15 % des eaux prélevées sur la planète servent à fournir de l’énergie. 50% en Europe et aux US. Une part qui devrait augmenter de 20 % d’ici à 2035, car les exclus de l’énergie et ceux de l’eau sont souvent les mêmes…« la demande d’énergie va croître de 70 % d’ici à vingt ans ».  J’ai été bouleversé il y a quelques semaines à Climate Chance en écoutant Jean-Louis Borloo et Hindu Oumarou Ibrahim. L’Afrique est LE défi des décennies à venir et les choix qui seront fait pour produire l’électricité des africains conditionneront aussi leur accès à l’eau. Tous les modes de production centralisés sont gourmands en eau.

La palme de l’irresponsabilité écologique est pour moi le dessalement d’eau de mer : on utilise (beaucoup) d’eau pour produire une énergie qui sert à produire (beaucoup moins) d’eau pour la consommation locale. Non mais ALLO quoi ! Cet usage doit se limiter à l’essentiel et non au confort… La bonne nouvelle est que la production d’électricité éolienne est (très) sobre en eau : 190 fois plus sobre que le Gaz Naturel à production d’énergie constante.  520 fois plus que le nucléaire.

Nous aurions aussi pu parler de la dépendance de l’agriculture à l’eau (toutes les productions ne sont pas égales), des nouvelles technologies de dessalement d’eau de mer qui se disent moins énergivores… Je n’ai pas vraiment de chute (d’eau) pour conclure ma chronique. Ne soyez plus triste quand il pleut, ce sont des briques de vie qui vous tombe sur le coin de la figure. Souriez, vous êtes mouillés !

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Infographie : LA FORET en France – 2016

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 novembre 2016

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Palmarès « LA VIE » de l’écologie 2016 en France : pourquoi donc la Vendée est elle 23ème ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 novembre 2016

Une fois par an, LA VIE propose un classement des départements français sur des critères écologiques (lien). En s’appuyant sur 8 critères mesurables, le magazine donne ainsi les bons et les mauvais points aux territoires pour flatter ou pointer du doigt la mauvaise performance environnementale selon les cas.

Le vendéen d’adoption que je suis a fait un peu la moue en voyant le classement médiocre de mon territoire : 23ème ! (alors que la Loire Atlantique voisine est première ! Grrr…). J’ai donc essayé de comprendre ce qui pêchait et au travers cet exemple d’évaluer l’outil d’évaluation. Un modeste crash-test.

 

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Transparence. Le site internet dédié au classement présente bien les sous-critères ayant permis la construction de ce classement d’initiative privé. L’effort de transparence sur les sous-critères permet de mieux comprendre l’agglomération des indicateurs ayant permis de construire le classement. La vraie limite est l’absence de mise en ligne des indicateurs de premier niveau permettant de composer les notes par sous-critères; ainsi que des résultats détaillés. Les sources sont citées mais non accessibles.

Les critères. Sont pris en compte : le nombre d’AGENDA 21 territoriaux, les engagements pour la TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, la santé de l’AGRICULTURE BIOLOGIQUE (surface, évolution), la protection de la BIODIVERSITÉ (sur des critères mesurables que je n’ai pas retrouvé), CONSOMMATION DURABLE (en intégrant que les circuits courts type AMAP et non les écolabels), la GESTION DES DECHETS (ratio par habitants mais aussi semble-t-il des éléments de pollution industriel ?), la QUALITE DE L’AIR (polluants de proximité), la QUALITE DE L’EAU (phyto, nitrates, eaux de baignade).

Ci-dessous sont repris 6 des 8 sous-critères retenus par LA VIE. Voyons les sujets qui handicapent ou favorisent les deux territoires que je connais le mieux :

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Un coup des indicateurs de moyens, un coup des indicateurs de résultats. Je ne trouve pas que les indicateurs de moyens soient les plus pertinents pour mesurer une performance. ça se discute.

Facteurs de pondération. La méthode de cotation (une moyenne des résultats obtenus sur les 8 critères détaillés plus loin avec un traitement particulier pour l’Ile de France) ne prévoit pas de pondération liée aux spécificités territoriales (territoire rural, urbain, riche, touristique…). C’est une première limite à la bonne compréhension de construction du classement. Un élément de réponse montre la prise en compte de cette limite dans « le question – réponse » du site :

Ainsi, nous avons déjà commencé à compenser nos chiffres par le nombre d’habitants de chaque département. Par exemple, lorsque nous rapportons le nombre d’Amap à la population de chaque département ou encore en rapportant les émissions industrielles polluantes et les surfaces cultivées en bio à la superficie de chaque département.

Autre postulat méthodologique : les 8 critères se valent. L’existence d’AGENDAS 21 au niveau des collectivités du territoire vaut autant que la qualité de l’air. La gestion des déchets autant que la Transition énergétique… Ce postulat est aussi selon moi discutable au regard des enjeux prioritaires auxquels nous sommes confrontés.

Plus globalement, je n’ai pas trouvé trace de description des modes de Gouvernance dans l’évolution de la méthode permettant de solliciter des tiers dans les choix méthodologiques. Pour permettre une plus grande crédibilité, un comité d’arbitrage pourrait être mis en place (ou existe déjà peut-être).

Les critères absents (selon moi). A mon humble avis les grands absents sont : PRODUCTION DURABLE (sur la base du nombre de pollutions accidentels, de procédures de mise en demeure ICPE, de certification ISO 14001, ISO 50001…), l’INNOVATION (projets type SMART GRID, partenariats de recherche collectivité / université / privé, habitats partagés, projets innovants…), DEPLACEMENTS DOUX (nombre de passagers TER, bus, place du vélo en villes…), au delà de la BIO la dépendance aux INTRANTS CHIMIQUES serait une donnée intéressante car concernant la masse des agriculteurs (donnée connue), la dépendance en EAU (au regard de la fragilité de la ressource locale), AUTONOMIE du territoire (énergétique notamment…).

Crash-Test. Regardons maintenant de plus près le cas vendéen comparé au voisin lauréat de l’année.

A défaut de connaitre les données chiffrées de pondération, j’ai fait la moyenne des 8 classements des deux départements Vendée et Loire-Atlantique. Pour voir… Surprise : à ce jeux, les deux départements sont presque à égalité !

Je ne trouve pas de cotation totalement déconnectée de « ma réalité perçue », même si je ne connais pas l’intimité des données prises en comptes. Je ne comprends cependant pas ce qui a été réellement différenciant entre les deux départements regardés pour l’exercice. Le choix des indicateurs et des critères de cotation est plus discutable selon moi (voir plus haut).

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Alors oui bien sur l’hebdomadaire LA VIE pourrait faire mieux en termes de choix de critères, de pondération, de gouvernance projet et de transparence… mais je suis conscient qu’aucune méthode d’évaluation compilant des données différentes peut aboutir à un résultat satisfaisant et irréprochable. Les travaux réalisés sur les nouveaux indicateurs de richesses en Pays de la Loire (lien) ou par la commission Stiglitz sont là pour en témoigner. Ce qui compte vraiment, c’est d’arriver à vulgariser des indicateurs autres que économiques pour aider à la prise de décisions. Encourager. Valoriser. En ça, le travail de LA VIE est salutaire.

J’ai relu le discours de Robert Kennedy (lien) suite à ce post. Discours qui se concluait par :

« En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue« 

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L’environnement en Pays de La Loire : BASEMIS et DROPEC

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 novembre 2016

Alors qu’à peine sortie d’une COP historique (la 21ème), nous rentrons dans la suivante; il semble malheureusement que les budgets environnementaux régionaux n’aient pas pris la mesure de l’enjeu des transitions que nos territoires doivent assurer : -4% en Pays de la Loire (-11% en Rhone-Alpes-Auvergne, -31% en Normandie, -33% en Ile-de-France…). Consolons nous en constatant qu’un budget important n’est pas représentatif d’une démarche de qualité :il y a qu’à voir le gâchis des 2,3 milliards de dollars « investis » dans les campagnes des deux candidats aux présidentielles US !

Les efforts hollywoodiens de Léonardo Di Caprio n’y font rien (lien)… nous avons eu du mal à passer des paroles aux engagements et avons encore du chemin pour passer des engagements aux actes.

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Ne soyons pas trop dur cependant. Il se passe quand même des choses dans notre belle région ligérienne. Ce jour même est signé entre l’ADEME et le Président du Conseil Régional un premier Contrat d’Objectifs pour une dynamique Régionale Déchets et Économie Circulaire.

En septembre de cette année la feuille de route énergétique était elle aussi présentée. On y parle toujours plus de technologie que de sobriété ou de comportement, mais on ne peut pas dire que le sujet soit ignoré. Le climato-scepticisme, de retour sur la scène nationale n’a pas contaminée les politiques locales.

fichier pdf Diaporama_plénière_08092016

 

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande vivement deux sites riches en informations.

1- Tout d’abord le DROPEC qui est une mine d’information sur l’énergie et le climat en Pays de la Loire

2- Le second site, BASEMIS, présente les évolutions de consommation et de production d’énergie, émissions de polluants et de gaz à effet de serre en Pays de la Loire (réalisé par Air Pays de la Loire).

Ci-dessous quelques infos à retenir :

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Le SAVOIR est en place. Reste pour l’essentiel le FAIRE maintenant…

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« J’étais » fan de Cash Investigation

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 21 septembre 2016

Il m’est arrivé à de nombreuses reprises de citer ici Cash Investigation comme l’émission journalistique contemporaine de référence (lien, lien). Un peu le « Millenium » de la vraie vie, avec moins de sang !

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J’ai été plutôt fan des révélations sur les Panama-papers, le marketing vert, la puissance du lobbying du tabac (…). A une ou deux réserves près, j’ai applaudi au numéro sur l’usage des phytosanitaires qui a déclenché des réactions salutaires dans certaines communes du bordelais.

Le charme semble s’user. Je me suis même trouvé un peu troublé suite à la diffusion du dernier opus sur le jambon et l’industrie agro-alimentaire-qui-nous-empoisonne et m’en vais expliquer pourquoi :

  1. Sur le fond, j’ai le sentiment de ne rien avoir appris et d’avoir assisté à de la broderie sur des apports biens faibles. Je regardais un « Capital » de M6, ni plus, ni moins.
  2. J’ai ressenti, plus fortement qu’avant, une posture anti-industrielle desservant en l’occurrence le traitement du sujet. Par exemple, le traitement nitrité des charcuteries est une pratique tout aussi artisanale qu’industrielle. Pourquoi conclure que les géants de l’industrie nous empoisonne ? L’absence de place laissée à la complexité (exigences du consommateurs sur l’apparence du produit…) nuit à la compréhension globale du sujet.
  3. Comme je m’ennuyais, en prenant du recul, j’ai observé la forme. La coquille. J’ai vu la « marque de fabrique Cash », savamment travaillée (pour ne pas dire marketée) : la voie off « amicale » omniprésente, une désignation permanente de qui est méchant et qui est gentil, un peu d’humour, des séquences « chocs », des caméras cachées, l’arrivée de la « chef » pour tordre le bras des communicants… La forme avait pris le dessus sur le sujet et c’était pénible. Pas crédible.

Bien sur, tout n’est pas à jeter dans ce numéro. Le retour sur la place des lobbying parisiens est questionnant et ressort de quasiment tous les sujets traités par Cash. Notre système de gouvernance est défaillant, l’intérêt de la Société n’est pas suffisamment pris en compte. C’est bien de rendre ceci visible.

Par contre, si Cash Investigation s’affirme comme une émission militante, « anti » (industrielle…), « à charge », elle perd pour moi l’objectivité et donc la crédibilité que j’attends d’elle sur les sujets sociétaux. Le monde n’est pas, selon moi, binaire. Tout ne se range pas dans deux cases (bien, mal).

C’est dommage, car il n’y a pas beaucoup de programmes ayant autant de poids médiatique pour soutenir les lanceurs d’alerte. On a besoin qu’il soit sans tabou ET rigoureux dans la présentation objective des informations. Le remède sera pire que le mal si l’émission laisse penser qu’elle manipule elle aussi son public pour lui dire que penser.

Je souhaite qu’il ne s’agisse que d’un numéro raté.

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Lu : rapport d’activité 15/16 du programme de recherche action Transition Energétique et Sociétale

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 septembre 2016

Il se trouve que je suis avec une grande curiosité et beaucoup d’intérêt les travaux de recherche-action sur la Transition Énergétique et Sociétale conduits par un pool d’acteurs nantais motivés et motivants. Capture

J’avais très modestement contribué à l’animation de deux débats sur la transition énergétique en 2012-2013 (lien) dans ce qui était les prémices de ce programme de recherche-action sortant des approches conventionnelles de traitement du sujet « transition énergétique », très « techno-centrées » et oubliant les enjeux comportementaux qui conditionnent toutes les planifications théoriques.

Un premier rapport d’activité a été mis en ligne (lien) et il mérite notre attention, ne serait-ce qu’au regard de la pertinence et de l’ambition de ce programme protéiforme. La perspective de trouver des clefs permettant de passer du cas rare de transition réussie à celui d’un déploiement de masse à l’échelle de territoires est un Graal qui mérite en effet un peu de jus de neurones et d’implication. Il n’y a pas de route droite et pas de date prévisionnelle d’arrivée, bien-sur, mais il s’agit d’une contribution ambitieuse à l’accompagnement des changements qui nous font face (et que beaucoup refusent de voir).

*

Les objectifs du programme à venir sont repris ci-contre :

Capture*

Au delà de la Gouvernance de ce programme multi-acteurs, je suis impressionné par la diversité des actions opérationnelles engagées en 2016 et qui doivent se poursuivre sur les années à venir.

Qu’il s’agisse du projet « Ile en Transition » sur l’ile d’Yeu (lien), des projets inter-entreprises de la Chantrerie (Nantes) ou l’Iepad à la Chevrolière… les champs d’expérimentation et d’observation sont nombreux et complémentaires. La place est donnée à ceux qui agissent à l’échelle de leur territoire, sans attendre une obligation réglementaire ou une initiative centralisée descendante; qui font surtout en acceptant de prendre le risque de faire avec les autres.

*

*

Bon courage donc à ceux qui passent de leur énergie à autre chose qu’à constater l’ampleur de nos échecs collectifs !

 

Capture

 

 

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