Chronique Ecolo-Buissonière n°21 : On est en TRAIN de tuer notre Dragon

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 mai 2019

Ci dessous les mots et les liens de ma dernière chronique. L’émission est en ligne ICI.Capture

Merci encore à Simon Stone de www.discoverytrains.net et à Pascal Daubouin du collectif OUI AU TRAIN DE NUIT (lien) pour leur participation. Ils m’ont largement inspiré ma bafouille.

 

Causons trains de nuit.

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Causons une nouvelle fois trains de nuit devrai-je dire puisque, rappelez-vous, dans une émission précédente d’une émission dédiées aux légumineuses, nous avions déjà envisagé la vie en collectivité dans un compartiment couchette après la consommation d’un cassoulet. Podcast en ligne.

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Causons train de nuit donc, car nous sommes actuellement en TRAIN de nous priver d’un allier de poids dans la guerre qui est engagée contre un réchauffement climatique ne dépassant pas les 2°c.

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Nous sommes en effet dans une situation qu’un stratège amateur de 12 ans jouant à Stratégo trouverait aberrante. Je vous résume ça en 4 actes :

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1-    Le climat se réchauffe. Tout le monde en est convaincu…

A part peut être Pascal Praud… Vous avez peut-être vu cette séquence hallucinante d’irrespect et de sexisme où cet animateur de débat low cost a déclaré qu’un matin de mai, il a eu froid, alors… le concept de réchauffement climatique ça le fait doucement marrer.

C’est le genre de gars qui doit dire, « la faim dans le monde ? Laissez-moi rire, j’ai vu la queue à la boulangerie hier » ou « bien-sur les Dragons existent, j’en ai vu 3 dans Game of Throne hier soir ».

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2-    La mobilité humaine à la surface de notre caillou est toujours croissante et malheureusement, c’est une des causes principales de l’évolution haussière de nos rejets de Gaz à effet de serre.

 

3-    Les trains de nuits sont une réponse bas carbone à ce besoin de mobilité continentale. Aucune polémique sur le sujet, l’impact carbone d’un déplacement train est toujours inférieur à tout autre type de déplacement longue distance.

 

Je vous recommande la lecture d’un bel article de THE CONVERSATION réajustant notre lecture de l’impact carbone « au km » par une lecture « à l’heure ». « Alors que les émissions d’un kilomètre en avion équivalent à peu près à un kilomètre effectué seul en voiture, une heure en avion est 13 fois plus émettrice qu’une heure en voiture. Monter à bord d’un avion rendra votre trajet 125 fois plus émetteur en moyenne que de monter dans une voiture ; et plus de 1 500 fois plus émetteur que de monter dans un train… »

 

4-    Nous désinvestissons le sujet. Il nous reste, sauf erreur, deux dernières lignes de train de nuit :  Le Paris-Briançon et le Paris-Latour-de-Carol. Ce mode de transport longue distance n’a plus la cote depuis des décennies, notamment car nous avons fait le choix de la diminution de la durée du trajet (TGV) au dépend de l’optimisation de la durée utile de voyage (voyager la nuit).

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Voilà. Nous nous privons délibérément d’un atout majeur pour combattre le péril climatique.

Je vous raconte l’histoire autrement :

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Nous sommes à la veille de l’ultime bataille à mener contre les marcheurs blancs qui veulent détruire l’Humanité.

Tout n’est pas perdu, nous avons des atouts pour les combattre. Notamment un Dragon dans la force de l’âge, que nous appellerons le Dragon Wagon, car ça sonne bien. Dragon Wagon, il a un effet destructeur certain sur notre ennemi.

Mais… le responsable des finances du Royaume ayant dit que Dragon Wagon coutait trop cher à nourrir au quotidien, on a décidé de le laisser crever

Et si ce n’était que cela…

Comme nous nous considérons en mesure de gagner très facilement notre guerre contre le réchauffement climatique, nous avons aussi décidé de donner un petit avantage à l’ennemi. Ce petit avantage, c’est la défiscalisation du transport aérien.  On s’est dit que ce serait bien de faire en sorte que les avions (qui sont avant tout je vous le rappelle, en termes de poids, des réservoirs volants) volent free taxes, histoire de justifier par le « marché » que notre Dragon Wagon coute trop cher.

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Donc, les trains de nuit seraient-ils un vestige du passé ?

Pas si sûr quand on va voir ce qui se passe chez certains de nos voisins européens…

Connaissez-vous OBB (lien). Il ne s’agit ni de papier à rouler ni du dernier titre de hip-hop à la mode. OBB c’est la compagnie autrichienne de chemin de fer et son expérience semble contre dire le constat NO FUTUR des trains de nuit.

Quand en 2016, la compagnie allemande Deutsche Bahn (DB) décide, comme la SNCF, de laisser tomber les trains de nuit, la compagnie autrichienne lui rachète une quinzaine de trains pour les exploiter elle-même. 40 millions d’euros d’investissement plus tard, le responsable communication de la société autrichienne publique de chemin de fer déclare à la RTBF :

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« Il y a deux ans, quand les chemins de fers allemands ont décidé de ne pas continuer à assurer leur service de train de nuit, cela a été une très grande opportunité pour les chemins de fers autrichiens de rejoindre ce marché et de lancer de nouvelles lignes. Il y a deux ans, nous avons augmenté notre réseau de 50 % et nous offrons maintenant 17 lignes directes de train de nuit à travers l’Europe. »

La DB disait perdre 37 millions d’euros par an avec ses trains de nuit (les comptes auraient été manipulés selon une enquête  du quotidien allemand Tagesspiegel all. ). Si l’OBB ne donne pas de chiffre, elle assure que ces lignes sont rentables avec un taux de remplissage de 65%.

Les trains de nuit exploités par l’Autriche ont transporté 1,4 million de passagers par an depuis fin 2016.

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Pourquoi donc, pour les autrichiens, le critère de choix du mode de transport pour se déplacer d’un point A à un point B n’est-il pas exclusivement la durée du parcours comme on nous l’a mis dans la tête en France ?

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A ce stade de la chronique, je vais me considérer légitime pour donner mon avis d’expert d’usage. J’ai en effet calculé que ces 20 dernières années, pour le boulot ou les vacances, à raison de 40 voyages de 400 km par an, j’ai parcouru environ 3,2 millions de km en train. Donc mon statut d’expert me permet de vous proposer 4 pistes que nous devrions envisager pour sauver notre Dragon Wagon.

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Problème + solution pour le même prix dans une seule chronique ! C’est cadeau !

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PISTE N°1 : Agir sur la conscience environnementale des usagers. En Suède, ce phénomène tout nouveau a un nom : le FLYGSAM (littéralement « honte de prendre l’avion » : lien). En 2018 ; 4% de Chiffre d’affaire en moins pour l’aviation et une augmentation de 10% du 1er opérateur ferroviaire suédois. Même en France Air

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PISTE N°2 : Agir sur le prix. Il est illusoire de demander au voyageur de payer deux à 4 fois plus cher pour prendre le train à la place de l’avion. Si le climat est vraiment prioritaire, la question est : faut-il rendre les voyages en train moins chers en les subventionnant ou l’avion plus cher en corrigeant l’absence de fiscalité sur le kérozène ? (un indice chez vous : on a plus sous). Pour mémoire, le réseau Action Climat déclarait à France info (lien) que « Si on taxait le kérosène à la hauteur des carburants, on arriverait à des recettes, pour tous les vols, de 3,6 milliards d’euros ». De quoi remettre quelques lignes et quelques wagons en état de marche.

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PISTE N°3 : Agir sur le plaisir d’usage. Il y a de la place pour innover en termes de confort, évoluer dans les services proposés, sortir de l’image négative des trains de nuit, proposer une expérience, un moment agréable. Au Royaume-Uni, la compagnie privée Caledonian Sleeper vient d’investir 173 millions d’euros dans de nouveaux wagons. Ambition forte à comparer aux 30 millions qui seront investis par la France pour rénover ses propre wagons.

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PISTE N°4 : Proposer les voyages de nuit sur le site de vente en ligne ! c’est aberrant mais aujourd’hui, comme Harry Potter on doit chercher le quai caché pour prendre son train. On ne trouve pas toujours les trajets pour les lignes françaises et jamais pour les lignes internationales. On sait faire pour les avions, pas pour les trains.

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Allez, on se quitte sur des signaux faibles qui redonnent espoirs. Après les sénateurs le mois dernier, les députés semblent prendre conscience de quelque chose. Ce mardi 7 mai, la Commission des Finances a voté un amendement en faveur des Intercités de nuit. (Lien)

 

On peut encore sauver notre Dragon Wagon ! (pour les vacances, prenez le train)

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DATA GUEULE nous présente la Géo-ingéniérie (qui vaut la peine)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 mai 2019

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Géo-ingénierie :

 

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Chronique Ecolo-Buissonière n°20 : c’est la Pata !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 avril 2019

Cette chronique n°20 est bien numérotée puisque j’y cause d’ami.e.s de 20 ans ! la vie est bien faite parfois.

La vingtième donc, en mots ci-dessous et en son ICI.

 

Aujourd’hui est un jour de chronique spécial pour moi et je m’en vais vous dire pourquoi avant de ne pas traiter le sujet du jour puisque j’en avais préparé un autre. Avant d’être hors sujet donc, je vais abuser de ma position de chroniqueur libre dans mon strict intérêt personnel. Je vais faire, comme on dit dans le métier, une « Carlos Ghosn »…  sans prendre le risque cependant d’aller me promener au Japon dans la soirée.

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Il se trouve en effet que je suis entrainé depuis quelques semaines dans la préparation d’un évènement fort particulier, qu’est celui de la préparation de l’anniversaire des vingt ans de mon diplôme de fin d’étude (que je suspecte encore d’avoir obtenu grâce au fait d’arme de l’organisation du gala de dernière année…).

Donc, grâce à la magie des réseaux sociaux et à l’initiative de quelques collègues de promo, me voilà, soir après soir, en contact direct avec les joyeux fantômes de mon passé. Des gens avec qui j’ai vécu près de 3 années dans une période où les souvenirs impriment bien le cortex. Des personnes, qui pour beaucoup avaient disparu de mes radars.

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Et PAF ! du jour au lendemain, les photos du passé se confrontent à celles du présent avec des enfants partout. Les souvenirs potaches croisent les informations sur nos vies professionnelles souvent bien éloignées du diplôme qui nous destinait tous à travailler dans une usine agro-alimentaire.

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Soir après soir, Régine me fait marrer avec son poney qui a peur des souris, Jean-Philippe avec son concours de grues, Frédérique avec ses soucis de camionneurs… Ils n’ont pas l’air d’avoir trop changé. Sauf mon binôme bien-sur qui n’a plus un poil sur le caillou et qui est tatoué de partout !

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Mais la pression des retrouvailles approche. #retrouvaillesarecomming

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Comment leur dire…

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Comment leur dire ce que je suis devenu…

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Comment les alerter sur le fait que je suis maintenant un anxiogène de première ?

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Avant, le seul stress que je provoquais venait du malaise engendré par mes blagues foireuses… Mais maintenant c’est différent ! Il faut qu’ils sachent que ma vision du monde a radicalement changé en 20 ans… Que moi aussi je vois des marcheurs blancs partout (lien chronique précédente).

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Je me suis dit que le meilleur moyen était de profiter de cette chronique pour montrer par le versant éclairé ce que je m’efforce de faciliter en autopsiant le cas d’une entreprise inspirante. Histoire de donner du concret à mon Graal.

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Et là REPAF. Transition.

Je vais chroniquer sur l’autobiographie de celui qui incarne l’âme de mon entreprise référente.  A ce stade je devrais citer le bonhomme en question mais faisons trainer encore le suspense quelques secondes. Quand je demande aux gens qui m’entourent qui est leur entrepreneur emblématique, on me cite pèle mêle : Elon Musk, Bill Gates…

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Et quand je dis le nom de mon référent à moi, les gens sourient toujours. Ça ne semble pas sérieux.

C’est vrai que Yvon Chouinard ça ne sonne pas « Silicon Valley », c’est moins stylé comme dirait ma fille.pata

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Et pourtant c’est bien de lui dont je vais vous causer en racontant, vite fait, l’histoire de Patagonia par les yeux de son créateur, un entrepreneur pas comme les autres.

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« aucun enfant ne rêve de devenir un homme d’affaire »

voici les premiers mots du premier chapitre de l’auto-biographie d’Yvon Chouinard. Phrase symbolique d’un homme qui a réussi presque malgré lui, en partant de rien, à créer ce que l’on appelle aujourd’hui une licorne (une des rares entreprises à afficher un chiffre d’affaire de plus d’1 milliard de dollars). C’est le seul qui en a un peu honte aussi…

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Son nom franchouillard, il le tient de ses origines québecoises d’où ses parents ont émigré dans les années 40 pour s’installer finalement en Californie en 1946.

Le gosse Yvon est passionné de nature, monte à 15 ans un club de fauconnerie. Il voudrait être trappeur plus tard. Il pêche, surfe…

Il est surtout passionné d’escalade Yvon. Il passe son temps à grimper, et manque à plusieurs reprises d’y passer, à cause notamment d’un matériel très insuffisant. En 1957, il achète une forge et une enclume chez le ferrailleur du coin et se met à forger son matériel d’alpinisme.

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Bref, il forge des pitons une partie du temps et les utilise l’autre partie. Il se met à les vendre et ça marche. Chouinard Equipment est née dans le début des années 60. En 1970, c’est le premier fournisseur d’escalade américain.

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Il devrait être content Yvon. Mais non.  Dans son livre, il écrit son désespoir de voir que son entreprise contribue autant à la dégradation de l’environnement. En effet, aux USA ; les pitons étaient retirés à chaque utilisation, ce qui détruisait la roche. Le nombre d’escaladeurs augmentant, l’impact était de plus en plus visible. Il décide donc du jour au lendemain d’arrêter de fabriquer, pour cette raison, les pitons qui ont fait sa réussite. Il développe à la place des coinceurs en aluminium. L’entreprise communique sur le pourquoi de cette décision et revendique une escalade « propre ». Nous sommes au début des années 70 et ça marche.

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Autre virage quand il a l’idée de proposer des vêtements aux escaladeurs. Polos, anoraks, gants, bonnets… Une offre inexistante dans les années 70. Le quincailleur se lance dans la mode pour sportifs. Il mit de la couleur et surtout de la technique au service des sportifs. En 1973, la marque Patagonia est née.

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En 1977 l’effectif passe à 16 personnes mais Yvon Chouinard continue de passer une part importante de son temps à surfer et faire de l’escalade. Il pratique le MBA (Management by Absence).

Grâce à nombre d’innovations et de développements (polaires, sous-vêtements techniques…), du milieu des années 80 au début des années 90 le chiffre d’affaire de Patagonia bondit de 20 millions à 100 millions de dollars; avec une attention toute particulière au recrutement : il faut que les gens aiment les produits, les utilisent et qu’ils aient d’autres activités externes à l’entreprise.

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x« Puisque je n’avais jamais souhaité être un homme d’affaire, il me fallait au moins quelques bonnes raisons pour accepter de le devenir […] le travail devait rester agréable »

ce qui se traduit par une des premières crèches d’entreprise, des horaires à la carte car « un vrai surfeur ne décide pas d’aller surfer mardi prochain à 14h » !

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Mais c’est la conscience environnementale du patron qui caractérise le plus Patagonia, probablement car il est resté très proche de cette dernière (surf, escalade…). Un texte présente les valeurs de l’entreprise, qu’il enseignait en interne sous le terme de Philosophie Patagonia, dont je ne retiens ici qu’une phrase mais qui mériterait une chronique entière :

« toutes les décisions de l’entreprise sont prises dans le contexte de la crise environnementale »

En 1986, Patagonia s’engage a reverser chaque année 10% des bénéfices à des ONG (ou 1% du CA). Engagement tenu depuis. 66 millions de dollars de reversés à la date de l’édition de l’autobiographie !

Patagonia est aussi une entreprise militante qui s’affiche sur des causes comme en 1984 la protection du Parc Yosemite ou plus récemment en reversant l’intégralité du cadeau fiscal de début de mandat de Donad Trump à des associations.

Dès 1994, l’impact de la production des vêtements est au centre des attentions. L’éco-conception est la règle, traduite par du sourcing bio, suppression des toxiques et surtout en prenant la responsabilité de chaque produit de sa « naissance à sa renaissance ». Les produits doivent durer, être réparables, simples… Dans le métier du textile les enjeux se jouent souvent dans la chaine d’approvisionnement et j’encourage le curieux auditeur à consulter sur le site internet de la boite son FootPrintChronicles qui affiche une transparence totale sur la chaine d’approvisionnement.

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Si la réussite Patagonia ne s’est pas faite sans à-coups, il est intéressant de comprendre ce qu’Yvon Chouinard a essayé d’insuffler à son entreprise :

« pratiquer des sports à risques m’avait enseigné de ne jamais dépasser ses limites. […] quand une entreprise essaie d’être ce qu’elle n’est pas, qu’elle essaie de tout avoir, elle court à sa perte. Il était temps d’appliquer un peu de philosophie zen à notre entreprise ».

Il revendique souvent de freiner la croissance de sa boite. Là-dessus, il a un peu échoué…

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Jamais Patagonia n’est rentrée en bourse, pour éviter de subir la pression court termiste de l’actionnaire. Cette entreprise a le statut légal de Benefit Corporation depuis 2012, année où la Californie a rendu possible le statut d’entreprise à intérêt général, ce que la France a intégré en avril 2019 dans son corpus législatif (lien) . Si Patagonia venait à être vendue, ces valeurs ne pourraient changer qu’à l’unanimité du conseil d’administration.

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Bref, je vous recommande vivement la lecture de « Confessions d’un entrepreneur…pas comme les autres » Edition Vuibert pour prendre un peu d’inspiration et constater que l’entreprise est aussi un lieu des solutions.

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Dorénavant quand vous verrez un truc qui réussit, faites comme moi et dites, « C’est la Pata »!

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… Et à mes amis de 1999, n’ayez point peur, on peut œuvrer à l’évolution positive du système et (en) passer (ant) une bonne soirée ensemble…

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Chronique Ecolo-Buissonière n°19 : Glandeurs Non Violents

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 20 mars 2019

Ma dernière chronique (mars 2019) en son ICI et en mots ci-dessous :

En choisissant de traiter le sujet des Glandeurs Non Violents, je suis conscient de snober le sujet du jour qu’est la Communication Non Violente… Ce n’est pas que je ne me sente pas empathique personnellement et en capacité d’écouter et parler avec tous. Pour preuve, je passe ma vie à être un écolo intégriste pour les uns et un dangereux compromissionnaire acquis au Système pour les autres. En disant pourtant à peu près la même chose à mes interlocuteurs…

 

Le sujet Communication Non Violente est intéressant … mais il se trouve que ma dernière lecture cause si bien des arbres que j’avais envie de chroniquer chlorophylle. C’est comme ça. Une envie de vert, ça ne se discute pas.

 

Le livre c’est LA VIE SECRETE DES ARBRES du maintenant célèbre forestier allemand Peter WOHLLEBEN grâce à une audience peu ordinaire : plus de 1 millions d’exemplaires vendus dans le monde !

 

Cette chronique est aussi l’occasion pour moi d’ouvrir un nouveau combat. Nouveau combat qui est donc à ajouter aux dizaines d’autres abordés dans les 18 chroniques précédentes (déjà !). En vrac et non exhaustivement : la fiscalité du kérozène des avions, la masse croissante des voitures, la survie des trains de nuits, le plastique tueur d’Océan, les déserts médicaux, l’éradication organisée des grands mammifères et l’éradication plus anarchique des insectes, l’articulation du Je Nous, le combat contre les innovations toxiques, le mauvais usage de notre épargne, la mauvaise fois en matière de transition, le refus de la complexité, la publicité…

Le nouveau combat qui complète cette liste est linguistique celui-là.

Je voudrai vous faire un peu réfléchir à l’importance du gland et à la profonde injustice de la trop péjorative perception du glandeur dans notre monde moderne.

GNV

J’œuvre donc ici à la réhabilitation du gland comme un matériau noble de notre environnement et à celle de glandeur comme laborieux intérimaire de nos forêts.

Commençons par le début. Je vous présente le gland.

Le gland est le fruit du chêne, il est très riche en lipide (jusqu’à 50% de sa masse). La fructification demandant beaucoup d’énergie aux arbres, ils ne peuvent se permettre ce type de projet reproductif tous les ans.

La période de production des glands est appelée la glandée et se trouve donc fort irrégulière en quantité selon la météo, la santé de l’arbre ; son âge…

Par effet ricoché la santé des populations de sangliers ou de cochons sauvages mangeurs de glands, sont très impactées par ces irrégularités de glandée.

« Les années de petite glandée, les 3 petits cochons ont faim »

 

Et il n’y a pas que les petits cochons sauvages qui apprécient le gland. L’ONF aussi.

L’automne dernier, l’Office National des Forêts de Tronçais (lien) a sollicité pour la première fois depuis quatre ans, des glandeuses et des glandeurs pour une mission de la plus haute importance. Le quotidien auvergnat La Montagne a rapporté notamment que Gisèle a été missionnée pour parcourir les 430 ha de la forêt de Tronçais et récupérer les glands en bon état pour optimiser le processus naturel de renouvellement des générations. Ainsi 7 à 10 000 Litres de glands en pleine forme vont pouvoir être replanté.

Sans ce travail de petites mains, physique et demandant un œil expert pour ne pas ramasser des glands véreux (quel plaisir que de clamer que « glander n’est pas de tout repos » !). Sans ce travail donc, il faudrait s’en remettre à Dame Nature et compter sur quelques oiseaux ou mammifères oubliant leur surplus de stocks de glands cachés à des endroits qui doivent de surcroit être acceptables pour la croissance de bébé chêne.

Vous devez savoir que le taux de mortalité infantile est élevé chez les arbres.

Par exemple, un hêtre va produire durant sa vie de 150 ans, 60 fructifications, ce qui représente 1,8 millions de fruits (les faines). Et vous savez statistiquement combien vont réussir à produire un arbre adulte ? 1 seul !

Donc, pour une fois que l’homme peut donner un petit coup de main à la nature… remercions les glandeuses et glandeurs de leur boulot utile !

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Ce que je trouve beau, c’est que les glands et autres faines ne maitrisent rien de leur destinée mais participent pourtant à quelques choses de plus grand que leur simple existence. Toutes les forêts du monde sont passées par l’étape « gland » (ou équivalent).

Tout le pétrole que nous nous dépêchons de bruler de peur d’en laisser aux générations suivantes, vient quand, on y réfléchit bien, de ces petites choses insignifiantes que nous écrasons lors de nos balades en forêt.

Le gland est bien plus grand qu’il n’en a l’air, pensez-y dorénavant avant d’utiliser ce mot comme une insulte.

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J’en reviens au livre LA VIE SECRETE DES ARBRES. C’est un livre agréable à lire, captivant, cumulant les anecdotes faciles à transposer dans notre quotidien.

On y cause intelligence des arbres, communication, souffrances, relations de solidarité ou compétition, stratégie et innovation dans le but de bénéficier de la meilleure situation. La meilleure place « au soleil ».  On parle aussi de déplacement, de migrations…

Tous ces mots (intelligence, communication, innovation…) sont peu usités dans le contexte végétal. C’est le pari de l’auteur qui use et abuse de l’anthropomorphisme pour nous faire entrer en empathie avec le monde peu connu des arbres.

A le lire, on s’attendrait presque à voir l’arbre le plus proche de votre fenêtre (moi c’est un Erable), on s’attendrait presque à le voir vous sourire et partir se promener et marcher comme les Ents dans le seigneur des anneaux.

Il a été reproché à l’auteur de trop jouer sur la corde des sentiments humains (« bébé-arbres », « maman-arbre »…). Je pense que l’auteur a vraiment une vision humaine de ses amis arbres.

Et quand bien même il y aurait manipulation ! Qui reproche au marketing de faire parler des hamburgers ou des bonbons, qui critique les auteurs de publicité vantant que le dernier SUV de 2 tonnes saura vous rendre plus heureux.

S’il le faut, marketons les enjeux sociétaux ! Utilisons les armes du camp adverse. Aux armes stylistiques subversives Ecrivains !

Et tant pis si ce n’est pas de la communication non violente : Oups, pardon, je dérive…

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Ce week-end, au retour de l’Ile d’Yeu où j’ai assisté à un superbe concert de Nina Attal, je me disais que la souffrance après cette lecture, c’est de savoir que l’Europe n’a conservé que 3% de ses forets primaires et que – selon l’auteur – seules ces formes forestières sont adaptées à la vie épanouie des arbres.

L’espérance après cette lecture c’est de savoir la formidable résilience des arbres. Il faut seulement les laisser faire et penser avec une montre d’arbre qui mesure le temps long (il faut selon l’auteur moins de 400 ans pour reconstituer une forêt primaire européenne).

Et je rappelle que sans ses alliés arbres Frodon et ses potes n’auraient pas pu sauver la Terre du Milieu. Qui sait ce qui nous serions devenu sans les arbres.

J’arrête les bêtises. Lisez ce livre et passez quelques minutes à regarder vos voisins arbres. Vous allez voir, ça fait du bien.

 

C’était la seconde fois que je chroniquais sur les Arbres. Il y a une raison. Je ne les connais pas bien mais suis sûr de les aimer. Et puis cette citation de François René de Chateaubriand me hante un peu :

 

“Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.”

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Lu : La mission de l’entreprise responsable (principes et normes de gestion)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 20 mars 2019

La loi PACTE vient d’être votée et elle annonce peut-être des changements majeurs pour les entreprises et pour l’intérêt collectif. En effet, parmi les multiples sujets traités dans cette loi, y est décrit la possibilité juridique de modifier les statuts des Entreprises à Mission. Et c’est bien de cela qu’il s’agit dans le bouquin que je vais essayer de peacher ici.

La mission de l'entreprise

Les travaux de Blanche Segrestin, qui m’avait captivé lors d’une conférence en 2015 (lien), s’intéressent à ce qui caractérise la « responsabilité » de l’entreprise au travers l’histoire, de la Rome antique à aujourd’hui en tournant autour du concept de « norme de gestion » qui définit la « bonne gestion en Société » (intégrant l’intérêt collectif et pas que l’intérêt individuel).

Bien que très technique (c’est un bouquin de chercheurs), cet ouvrage présente l’énorme mérite de rentrer dans le fond des choses et faire l’autopsie de la situation présente pour comprendre en quoi l’entreprise « maximisatrice de profits » n’est pas une fatalité. Le sujet majeur traité ici, est plus que jamais d’actualité : A quoi peut (doit) ressembler l’entreprise responsable du XXIème siècle ?

Un coup d’œil dans le rétroviseur – chapitres 1,2,3 -

Qui savait que Cicéron avait théorisé « la bonne gestion » sous le mot gerere ? Il décrivait ainsi l’idéal d’action publique par faces complémentaires et indissociables : l’exigence de l’esprit (compétence, étude, réflexion) ET la vertu politique intégrant justice et bienveillance. La bonne gestion de l’action politique intégrait donc efficacité et responsabilité.

Le retour à l’Histoire, permet aussi de rappeler la différence entre entreprise et société. Ce n’est pas du tout la même chose ! Si les entreprises ont explosé lors des révolutions industrielles, c’est avant tout grâce à leur capacité à innover, à surfer sur les inventions scientifiques du moment, à organiser le travail. Les entrepreneurs étaient avant tout des « explorateurs« ; pas des commerçants.

Le bug système est arrivé dans les années 1970, moment où le capitalisme financier est monté sérieusement en puissance, où l’actionnaire « individuel » a progressivement laissé la place à l’ »actionnariat industriel » via l’apparition de nouveaux intermédiaires. La priorité de l’entreprise s’est mis alors à glisser vers le court-termisme avec une relation de dépendance Actionnaires – Dirigeants paradoxale : exigence de la part des actionnaires de maximiser les profits sur le court terme (au détriment notamment de la R&D couteuse et trop aléatoire) et influence forte sur les prises de décisions du dirigeant, sans aucune responsabilité en cas de défaillance, contrairement aux dirigeants, responsables devant le code du travail mais aussi devant les fiduciary duties anglo-saxonnes (obligation de protection des intérêts de tous les actionnaires). C’est ce que les auteurs appellent le « contrôle sans responsabilité » des actionnaires.

Et maintenant on va où ?
- chapitre 5

Pour les auteurs, la RSE « volontaire » est insuffisante pour intégrer l’intérêt général dans le logiciel de l’Entreprise, car hors cadre de tout contrôle juridique opposable et finalement accessible que dans les rares cas de profitabilité. Il faut donc, selon les auteurs toujours, introduire des normes de gestion permettant de dépasser la stricte performance économique; de donner aux actionnaires des responsabilités équivalentes à celles des dirigeants, mais aussi clarifier la légitimité d’intervention de chacun au regard d’un « contrat de gestion ».

Ce « Contrat de gestion », passé entre associés et dirigeants :

« …doit remplir plusieurs conditions. Le mandat doit d’abord respecter les normes de responsabilité et d’équité. En pratique, cela empêche les forme de rémunération actuelle, indexée en large part sur la valeur actionnariale. Le mandat doit ensuite désigner un inconnue désirable et d’intérêt collectif, c’est ce qu’on appelle une « mission ». »

Nous y voilà. L’apparition de nouveaux cadres légaux permettant la reconnaissance des entreprises à mission (Profit with Purpose Companies) est donc une piste crédible. Ces entreprises (comme Patagonia, j’y reviendrai dans un prochain post, puisque que je lis actuellement l’auto-biographie passionnante d’Yvon Chouinard), ont inscrit dans leurs statuts les finalités sociales et environnementales additionnellement à la recherche de profit. Et ça change tout !

En protégeant juridiquement les entreprises qui décident de s’engager dans une finalité plus large que le seul profit, elles affirment leur différence bien au delà de la simple communication de court terme et assurent la pérennité de la mission de l’entreprise au delà de la présence du leader charismatique. Le Dirigeant peut prendre des décisions qui ne vont pas strictement dans l’intérêt de l’actionnaire sans être accusé de « mauvaise gestion ».

Conclusion partielle

Le chapitre 7 est dédié à la « ré-invention du cadre de responsabilité de l’entreprise » est, me semble-t-il, le plus intéressant. Je laisse le soin au lecteur de le découvrir par sa lecture complète et reprends seulement ci-dessous une phrase extraite de sa conclusion :

« … Cet examen montre que la mission réinvente profondément le schéma de l’objet social, en l’adaptant aux enjeux contemporains d’innovation. La mission en tant qu’engagement à un effort d’exploration, de recherche et d’innovation, apparait en tout cas prometteur pour organiser une action collective à la fois efficace et responsable. »


Dans ce livre la RSE prend cher… Sans être dans une posture défensive stricte, je me permettrai seulement de nuancer les constats, souvent pertinents pour les multinationales et que je ne retrouve pas dans les PME – ETI de mon territoire qui agissent plus qu’elles ne communiquent. Reste que les pistes proposées vont dans le sens de la montée en gamme dans l’engagement sociétal. Nous avons tout intérêt à utiliser la RSE comme une étape indispensable au passage de l’entreprise à mission.

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Bref, nous risquons de beaucoup parler « entreprise à mission » dans les mois et années à venir. Nous ne sommes pas donc à l’abri que cette « réforme » des entreprises soit utile et salutaire !

Cette lecture me semble être une introduction indispensable à l’action et je la recommande vivement.

 

 

 

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Lu : La Vie secrète des Arbres (ce qu’ils ressentent, comment ils communiquent)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 mars 2019

arbre

LA VIE SECRÈTE DES ARBRE est un livre très accessible, captivant, cumulant les anecdotes faciles à transposer dans notre quotidien et nos (trop rares) relations avec les arbres. Une mine pour tous ceux, comme moi, qui aiment les arbres sans trop savoir pourquoi et sans expertise sur le sujet.

On y cause intelligence, communication, souffrance, relations de solidarité ou compétition, stratégie et innovation dans le but de bénéficier de la meilleure situation. La meilleure place « au soleil ».  On parle aussi de déplacement, de mobilité…

Vous conviendrez que tous ces mots sont habituellement peu usités dans le contexte végétal !

C’est le pari de l’auteur qui use (et abuse ?) de l’anthropomorphisme pour nous faire entrer en empathie avec le monde peu connu des arbres et qui mérite une attention urgente.

A le lire, on s’attendrait presque à voir l’arbre le plus proche de votre fenêtre (moi c’est un Erable), vous sourire, vous faire un signe de la branche et partir se promener (marcher comme les Ents dans le Seigneur des anneaux).

Il a été reproché à l’auteur de trop jouer sur la corde des sentiments humains (« bébé-arbres », « maman-arbre« , « cerveau de l’arbre« …). Je n’y vois personnellement pas une volonté de manipulation par ce procédé mais un style narratif, point. Je pense que l’auteur a vraiment une vision « humaine » de ses « amis arbres ».

Et quand bien même il y aurait manipulation…

Qui reproche au marketing de faire parler dans les publicités des hamburger, des bonbons ou même de faire croire que le dernier SUV vous rendra heureux dans une ville idéalisée ?

S’il le faut, usons de manipulation littéraire sur les enjeux sociétaux pour donner envie d’aller plus loin. (non?).

 

Le message de l’auteur est clair : comprenons les arbres de nos forêts et laissons leur une place dans notre système productif.

Il en va de notre intérêt de préserver ceux qui ont littéralement rendu notre écosystème terrestre vivable.

L’auteur revendique la nécessité de récréer des forêts primaires dans une Europe qui les a quasiment totalement éradiquées (seulement 3% des forets européennes sont primaires). Mettons nous aussi au diapasons de la temporalité de l’arbre : pas la décennie mais le siècle. Donnons le temps à la forêt de se refaire une santé.

 

Citation d’un passage représentatif du style et qui m’a touché sur le fond :

Les arbres urbains sont les enfants des rues de la forêt. Pour ceux nombreux, qui doivent vivre en bordure de rue, l’expression est encore plus vraie. Les années de jeunesse ressemblent à celles de leurs congénères de parcs et jardins. Ils sont entourés de soins, font l’objet de mille attentions, parfois même une conduite d’eau est spécialement posée pour eux afin de les abreuver à la demande.Le jour où leurs racines se piquent d’étendre leur rayon d’action, ils ont une drôle de surprise. Sous la chaussée ou le trottoir, la terre, qui a été compactée à la plaque vibrante, est d’une dureté formidable. Le coup est rude, car les essences forestières développent leur racines moins en profondeur qu’en surface. Il est rarissime qu’elles s’enfoncent à plus de 150 cm,la plupart s’arrêtent beaucoup plus tôt. Dans la forêt, ce n’est pas un problème, un arbre peut s’étendre presqu’à l’infini. Il n’en va pas de même en bordure de rue. Toute expansion est limitée par la chaussée, des canalisations courent sous le trottoir et le sol compacté impénétrable. Il n’est pas surprenant que des conflits surgissent. Les platanes, les érables et les tilleuls tentent volontiers des incursions dans les égouts. [...]

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Chronique n°18 : Une bonne grillée de mogettes pour sauver l’Humanité

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 mars 2019

Et voici la chronique de février 2019. A lire ci-dessous et à entendre ICI dès qu’Euradio aura mis le podcast en ligne.

Aujourd’hui je tente un format tout neuf pour chroniquer sur les légumineuses : j’ai décidé d’emprunter des phrases à des chansons de Daniel Balavoine et de les saupoudrer dans ma bafouille.

xbalavoine

Mais pourquoi donc cette fantaisie ?

D’abord pour occuper ceux qui ne sont pas intéressés par le contenu de ma chronique et qui pourront ainsi s’amuser à compter le nombre d’emprunts (il y en a 6).

Et Pourquoi Balavoine ? car c’est la période où je le fais découvrir à mes filles, histoire qu’elle ne pensent pas que les Kids United ont tout pondu. Et puis, comme Ester -des cahiers d’Ester de Riad Sattouf- considère Balavoine comme un super chanteur mort… ça me fait une belle occasion de partager un truc que j’aime avec celles que j’aime.

Dernière raison, je me suis promis de ne pas citer ce coup-ci Nina Attal dans ma chronique… Zut, loupé…

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Aller, il est temps de rentrer en scène… « Entrer sur scène comme on prend le dernier train »… Car avant de causer Fabacées (l’autre nom des légumineuses), je veux vous causer train. Train de nuit pour être plus précis.

Il se passe un truc actuellement en Europe sur le sujet. On parle partout de la renaissance des trains de nuit. L’illustre National Geographic titrait récemment The return of sleeper trains en citant de nouvelles liaisons en Grande-Bretagne ; mais ces dernières semaines d’autres nouvelles lignes ont été annoncées : Berlin-Kiev, Berlin-Vienne, Amsterdam-Berlin, Amsterdam-Innsbruck… Les trains de nuit font peaux neuves avec des services nouveaux, un confort accru… Une renaissance vous disais-je.

Cette tendance semble être vraie partout en Europe… sauf en France… où les lignes ferment toutes les unes après les autres. Reste le Paris-Port Bout qui a été prolongé in-extremis jusqu’en 2020.

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Notre président a affirmé lors d’un débat avec des maires, ne pas vouloir taxer le kérosène des avions sur les vols intérieurs car sinon ces vols ne seraient pas rentables… On rêve : la subvention à la pollution est totalement assumée ! et on parle de plus de 300 millions d’euros par an quand même. Nous sommes près de 90.000 à avoir signé une pétition pour le maintien des trains de nuit sur change.org pour ressusciter ce mode de déplacement écolo et drôlement sympa qui nous offre la possibilité de faire de la mobilité une partie intégrante du voyage et non une stricte contrainte logistique.

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Mais une question me taraude… est-il bien raisonnable de se gaver de légumineuses avant de composter son billet pour une nuit dans un compartiment de quelques mètres carrés avec des inconnus ? 

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Car « même si un sourd n’entend pas ce qu’il veut », le  savoir-vivre nous impose une certaine contention digestive. Par convention (ce qui n’est pas vrai pour la vie en société chez les vaches par exemple), il n’est pas bien venu d’être trop libéral sur le sujet des gaz de digestion.

Je vais vous apprendre un truc. Le groupe de salopards qui nous privent d’un petit salé aux lentilles ou d’un cassoulet avant notre nuit ferroviaire est connu, fiché. Ces malfrats se donnent le nom du gang des alpha-galactosides. Avec un nom pareil, on s’attendrait presque à les trouver dans les vieux épisodes de Goldorak.

Ces Golgothes peuvent être vaincus ! En effet, on peut les exterminer avec des modalités de préparation adaptées comme un trempage préalable (l’eau de trempage à jeter obligatoirement bien-sûr!) ou même par l’utilisation d’épices (les indiens sont les premiers consommateurs de légumineuses au monde, ils ont eu le temps de bossé le truc).

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J’ai commencé, comme d’habitude, à parler du côté malodorant de la chose en envisageant la flatulence avant les indéniables intérêts de ces puiseurs d’azote que sont les légumineuses.

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Car il faut bien comprendre l’énorme intérêt agronomique de ces plantes, qui par association symbiotique avec des bactéries dans leurs nodosités, sont en mesure de fixer l’azote atmosphérique. Une fertilisation naturelle du sol qui profite aux autres plantes et cultures. « Dieu que c’est beau ». Elles sont géniales ces légumineuses ! Elles mériteraient de gagner le premier prix de l’innovation utile aux MNA, Millenium Nature Awards.

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Innovation utile je dis bien, car quand je vois qu’une boite russe est capable de proposer comme innovation du siècle de mettre des panneaux publicitaires sur orbites pour toujours pouvoir être inciter à consommer des trucs, je pense que dans ce cas il faut compléter le mot innovation avec l’adjectif « toxique ». Je ferme la parenthèse.

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Je vous recommande une nouvelle fois la lecture de JAMAIS SEUL de Marc-André Sellosse pour comprendre le petit miracle symbiotique des légumineuses. Elles ont un incroyable talent qui peut permettre d’envisager une baisse de consommation d’apport azoté dans le sol, en plus d’être riche en Fer, en fibres, en vitamines et en protéines qui peuvent se substituer partiellement à l’apport protéique d’origine animale. L’Agence de Santé Publique France, dans ses dernières recommandations datant du 22 janvier dernier, conseille de manger au moins deux fois par semaine des légumes secs (lentilles, pois chiches, etc.), trop peu présents dans l’assiette des Français.

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D’un point de vu climatique les fabacées sont aussi des winners : d’après l’ADEME le steak de bœuf émet 28,6kg de CO2 par kg de viande. Tandis qu’un kilogramme de lentilles vertes émet seulement 0,88 kg de CO2, soit 30 fois moins d’émissions dans l’atmosphère. Même une ou deux substitutions par semaine sont les bienvenues.

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Les légumineuses nous aiment dirait-on. Elles font tout pour nous améliorer la vie. Pourtant les statistiques de consommation des légumineuses ne confirment pas qu’ « Aimer est plus fort que d’être aimé ».

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La baisse de consommation depuis les années 60 est constante. Pendant longtemps la légumineuse était la viande du pauvre. Avec l’arrivée sur le marché de la viande pas chère, la consommation française de légumineuse a été divisée par 10 entre le 19ème siècle et aujourd’hui.

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Parler légumineuse en 2019, c’est parler d’une production mondiale de 80 millions de tonnes, avec une demande hétérogène sur le globe. L’Inde produit 22 millions de tonnes à elle seule. Logique me dirait vous pour un pays habité pour l’essentiel de végétariens.

Mais ce qui est peu compris, c’est qu’aujourd’hui, la majorité de la production végétale agricole est consacrée à l’alimentation animale avec un système mondial, accords internationaux à l’appui, très conservateur et organisé comme suit (grosse simplification) : les USA produisent le Soja qui nourrissent nos animaux, l’Europe produit les céréales.

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Notre situation de dépendance au soja américain se résumerai par « Je ne peux pas et je ne sais pas et je reste planté là ».. Les US sont notre fournisseur officiel d’aliment pour les vaches à viandes européennes. Pourtant ; les animaux aussi pourrait s’alimenter en légumineuses locales.

Et les choses ne s’améliore pas puisque Donald a réussi à faire valider à l’UE l’importation de Soja à destination de Biocarburant, moins cher que les biocarburants made in France à base colza. Et là je ne vais pas me faire des copains, mais il ne faudrait pas que notre légitime mobilisation citoyenne contre la chimie de nos culture occulte les pratiques au-delà de nos frontières. L’import de la pollution est à mon sens tout aussi irresponsable que la maitrise de cette dernière sur notre sol.

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Un peu d’histoire avant que je vous lâche le haricot.

L’humain s’est intéressé à la légumineuse vivrière dès 9 000 ans avant notre ère en Iran (c’est donc chez les perses que les légumineuses ont en premier percées…).

Plus proche géographiquement et temporellement de nous des navigateurs espagnols rapportèrent quelques graines de haricot originaire du Nouveau Monde, du Mexique plus précisément, pour les offrirent au pape Clément VII. Et ici aussi les qualités de culture et de conservation du produit lui ont permis de conquérir la France pour atteindre une sorte d’aboutissement ultime en Vendée avec … la grillée de mogettes !

Je plains celui qui ne connait pas le plaisir de la dégustation d’une tartine, préalablement grillée au coin du feu et tartinée de beurre salé, que l’on aura pris soin de couvrir généreusement d’une couverture de mogettes chaudes.

Certains choisissent de prolonger ces soirées conviviales de moments non moins conviviaux que je ne décrirai pas dans le détail ici, la pratique du pet-flamme pouvant présenter de fort danger de dégradation de votre petit intérieur.

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Pour conclure, je vous propose une punchline pour faire la promotion des légumineuses :

Peut-être que « Je ne suis pas un héro », mais en consommant des légumineuses, je contribue à diminuer l’impact carbone de mon assiette tout en améliorant ma santé.

Ce qui me parait mieux que « Je mange des légumineuses et je pète le feu ».

 

 

 

 

Sources ayant inspirées cette chronique :

 

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-26-novembre-2018

https://www.planetoscope.com/fruits-legumes/2004-la-production-mondiale-de-legumineuses.html

http://www.b2ipme.fr/nimda/uploads/cours_AS_Voisin_M2_2012.pdf

https://solagro.org/images/imagesCK/files/publications/f12_diagnosticlegumineusesalim.pdf

 

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Chronique n°17 : medecine douce, érection et responsabilité sociétale…

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 février 2019

Et voici la chronique de janvier 2019. A lire ci-dessous et à entendre ICI dès qu’Euradio aura mis le podcast en ligne.

Bon, nous sommes en janvier… C’est la première chronique de l’année… Plus que jamais, en décembre 2018, nous nous sommes souhaités de « bonnes haines de Noël ». En janvier, qu’on y croit ou non, il nous faut bien dire un truc gentil et poli sur les vœux de début d’année pour avoir l’autorisation sociale de poursuivre la discussion.

Allons-y pour les poncifs d’usage sur le champ du mystique (« bonne année », « bonne santé »!!… Comme si quelqu’un avait le « 06″ du gestionnaire de notre karma !). Après, ça tombe bien, le sujet du jour étant la médecine douce, le « bonne santé » est cohérent. Allez, causons maintenant « médecine douce ».

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Devant ma faible connaissance du sujet, j’ai dû consulter mon pot Wiki pour disposer d’un vernis et faire illusion le temps d’une chronique de 3 minutes cinquante.

J’ai donc appris – pour faire simple – que les médecines douces (également appelées alternatives ou parallèles) sont celles qui n’utilisent pas molécules chimiques pour soigner les patients.

La définition était illustrée de 4 mots en « ie » et un en « nose » ostéopathie, chiropraxie, étiopathie, kinésiologie, hypnose.

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En première approche, je me suis dit que c’était déjà ce que l’on faisait dans ma belle campagne vendéenne. On déploie une médecine douce très efficace pour baisser la consommation de médicaments : traduits en « ie » et « nose » (pour faire intelligent) ça donnerait : Medecinestpartie ou la sansmedecinsitulose.

Plus de médecin, moins d’accès au soin, moins de médicaments, CQFD !

En fait, je ne suis pas bien sûr que la promotion des déserts médicaux soit une médecine douce recommandable car en plus d’être un phénomène contribuant à l’épidémie hivernale de giletsjaunite, on voit bien en parallèle que l’auto-prescription augmente.

L’organisation représentant l’automédication responsable (puisque ça existe : l’AFIPA) affiche un chiffre d’affaire annuel de 2,3 milliards d’euros par an, en augmentation constante tous les ans.

Arrivé à ce stade de la chronique, je sens bien que mes divagations rurales sont hors de propos…

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Mes investigations sur la toile (toile qui est de plus en plus gluante et puante ces derniers temps) ont mis en avant beaucoup d’articles qui me renvoyaient sur la médecine traditionnelle chinoise. C’est une des inspirations de la médecine douce semble-t-il.

Cette médecine qui puiserait ses origines au troisième millénaire avant JC, a pour théorie que le fonctionnement de l’organisme ne peut être séparé des influences de l’environnement ou des répercutions psychologiques.

 

Et c’est du sérieux.

Saviez-vous que la Pitié-Salpêtrière, à Paris, accueille le Centre intégré de médecine chinoise depuis 2009 ? 

Saviez-vous que la scientifique chinoise Tu Youyou a été co-lauréate en 2015 du prix Nobel de médecine pour la mise au point d’un traitement contre le paludisme inspiré par cette médecine millénaire ?

Saviez-vous enfin que cette médecine représenterait un business de plusieurs millions de dollars par an ?

Moi tout ça, je l’ai découvert.

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Mais rien n’est blanc ou noir, que l’on parle de fiscalité, de mobilité électrique ou de médecine millénaire chinoise. Cette dernière n’est pas vierge de toute ombre sur notre écosystème, notamment pour sa tendance à reconnaitre des bienfaits thérapeutiques à des bouts d’animaux que nous ne trouverons très bientôt plus que dans les zoos ou sous forme de peluches dans la chambre des enfants.

Les cornes des rhinocéros en Afrique sont par exemple réputées pour soigner la fièvre et le délire. Mais d’autres animaux sont concernés : le tigre, les hippocampes, les tortues, le cobra indien, les ours noirs d’Asie…

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Et là j’en viens à la qualité de mon érection.wwf

Imaginons que je sois un quinqua chinois de la classe moyenne montante, avec suffisamment de moyens pour me payer une médecine douce traditionnelle. Imaginons (pure hypothèse encore) que je commence à douter du fonctionnement de la mécanique d’une partie de mon anatomie, indispensable pour ma confiance en moi, elle-même indispensable à ma performance d’homo-économicus.

J’ai légitimement envie d’une aide – d’une béquille quoi – La chimie me rebute : je ne veux pas de pilule bleue bourrée de nitrate… et Papa m’a toujours dit qu’il n’y a rien de mieux que la corne de rhinocéros pour ce type de soucis. Et puis, c’est naturel au moins… On pourrait dire « Bio » même. Voilà…

En novembre 2018 les autorités chinoises ont laissé planer le doute sur l’annulation de l’interdiction de commercialisation de produits issus du tigre et du rhinocéros. Et même si finalement l’interdiction de la commercialisation de ces bouts d’êtres vivants a été maintenue, le mal est fait. Le marché noir est re-boosté. Le continent africain ne résiste pas aux sommes astronomiques proposées pour ces antidotes traditionnels.

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Pour que quelques mâles retrouvent de prétendues vigoureuses érections à un bout de la planète, l’Afrique se vide de sa vie sauvage, probablement irrémédiablement. LIEN

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C’est tout moi ça. On me demande une chronique sur la médecine douce et me voilà partie sur la barbarie ordinaire de l’humain du 21ème siècle.

Excusez-moi d’éclairer en permanence nos côtés obscurs, mais par définition éclairer un côté obscur le rend moins obscur… Non ?

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Ce cheminement et ma lecture concomitante du SIECLE BLEU de Jean-Pierre GOUX, puis d’ECOTOPIA d’Ernest CALLENBACH, m’ont cependant amené à meposer une question quasi-philosophique que je vais partager avec les nombreux neurones réunis autour de cette table et éventuellement de l’autre côté du transistor (transistor, mot plus utilisé depuis janvier 1985 sur RTL).

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Notre tendance à améliorer notre propre bien être individuel est-elle compatible

avec l’enjeu majeur de la préservation de la Santé de Gaia ?

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Je précise Gaia c’est pas une copine à moi. Gaia est la personnalisation de la Terre, notre mère nature, notre substrat, notre village, notre ile, notre vaisseau, notre poussière d’étoile. Bref, un truc fragile que seuls ceux qui sont partis se promener dans l’espace ont pu voir dans toute sa finitude et toute sa fragilité. A défaut d’un voyage spatial tapez BlueTurn sur votre moteur de recherche, vous en prendrez plein la vue.

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Donc : quel est le sens à être en bonne santé sur un bout de caillou mort ? Est-il même possible de l’envisager ? Si la médecine chinoise prend en compte l’environnement du patient pour traiter la pathologie, ne faudrait-il pas gagner du temps et passer plus d’énergie à traiter les troubles de l’environnement plutôt que de se soigner tous individuellement dans notre coin ?

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A ces questions nous sommes surement d’accord – je ne chronique pas sur RMC Sport – mais qu’est-ce qui fait que concrètement notre Société ne ressent pas que l’écosystème est malade de ses excès ?

Ha, si seulement chacun pouvait ressentir dans ses chaires la disparition d’une espèce sauvage par une bonne gastro nocturne. [ce qui reviendrait à ce que l’on observe pour d’autres raisons tous les samedis : faire chier le monde pour le changer].

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Aujourd’hui, j’ai moyennement envie de rigoler car je ressens que la pente est mauvaise, que l’individualisme prend encore un peu plus le pas de jour en jour, que tous les Grands Débats ne causeront que de nos soucis individuels et pas collectifs, que personne sur Terre n’est en mesure prendre le leadership pour mettre en œuvre un protocole de soin. On a mal et on est mal.

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C’est un peu le sujet de Siècle bleu de Jean-Pierre Goux qui sous la forme d’un thriller efficace décrit une montée de conscience collective sur la fragilité de notre Terre et la nécessité de changer 3 ou 4 trucs pour prolonger l’aventure humaine un peu plus longtemps. L’histoire commence par une forme pacifique d’éco-activisme et finit par…

… vous ne pensiez pas que j’allais vous le dire ? Vous avez qu’à le lire.

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Siècle bleu, édition La Mer Salée, à lire en écoutant le dernier album de Nina Attal en concert le 9 mars sur l’Ile d’yeu.

Tous les liens et commentaires des lectures citées sont disponibles sur mon blog.

 

Soignez-vous bien.

 

 

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Ma contribution au GRANDDEBAT.fr

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 janvier 2019

Aujourd’hui, j’ai passé 45 minutes de ma vie à contribuer le plus positivement possible à la proposition présidentielle qu’est ce fameux Grand Débat. Je ne prétends pas être un grand débatteur mais je peux ne pas être d’accord avec quelqu’un sans le haire. Disruptant, non ?

Dans le concept, aucune opposition de ma part à ce Grand Débat.Dans l’application par contre je vais avoir des trucs pas très positifs à partager sur ce MNI (Machin Non Identifié) et au final je doute de la faisabilité d’une quelconque exploitation des résultats.

Allez, je vous raconte:

Une fois identifié (normal), le débatteur 3.0 doit choisir entre deux options : faire une proposition (qualitative donc) ou remplir des questionnaires fermés (pour exploitation quantitative) sur 4 thèmes, repris ci-dessous. J’ai donc commencé par le plus facile, les questionnaires.

gd1

  Lire la suite… »

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« traitons les cyclistes comme ils le méritent »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 janvier 2019

Voici une campagne pour le vélo en ville qui ne pouvait être que belge ! (j’adore mes racines houblonnées).

A lire : Lien

A écouter : Lien

A voir :

bike bxle

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