Lu : les Rendez-vous du futur par Joël de Rosnay (1991)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 août 2016

Je me suis livré à un exercice amusant cet été en fouillant la bibliothèque de mon père. J’y ai découvert un livre écrit par Joël de Rosnay en 1991, qui est une compilation de chroniques radio que réalisait l’auteur sur Europe 1 sur le thème : sur la base des récentes découvertes et travaux scientifiques, qu’est-ce qui nous attend dans le futur ? 9782863914496-fr-300

Le regard de l’homme de 2016 sur les prospectives des années 1990 est rempli d’une jouissive curiosité. Les jeux de prospective ne sont pas toujours faciles (lien) mais j’ai tellement d’admiration pour ceux qui ont su partiellement voir l’avenir (lien) : Jules Verne, Hergé, Franck Herbert…

La critique est sur certains points aisée à la lumière du réel et je m’excuse par avance de mon ton respectueusement moqueur. C’est si amusant d’observer le différentiel prospective / réalisation.

Contextualisons tout d’abord le moment de l’écriture de ces chroniques. En 1991, Internet comme nous le connaissons n’est pas encore en place, les « GSM » sont réservés à une élite, les ordinateurs (non connectés donc) sont énormes, le Minitel est une fierté française, le Compact Disc est juste né. Un autre temps. J’avais 15 ans et je découvrais Dire Straits.

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Quelques morceaux choisis :

Communication

Il convient de souligner en introduction l’absolue pertinence de l’auteur :

« Devant la pléthore informationnelle, la Babel des télécommunications et les risques d’ »infopollution », il est temps d’inventer une diététique de l’information ! »

  • Loupé ! L’auteur voit en Kodak un géant qui sait s’adapter aux évolutions en proposant le transfert de photos sur CD. Kodak fera faillite en refusant de voir le caractère incontournable du numérique.
  • Intéressant d’apprendre que les 12 de la CEE ont initié la mise en place d’un « système nerveux électronique » supranational (ENS) qui aurait du avoir les fonctions d’internet !
  • La domotique existait déjà (y compris le mot)  !

« on pourra ainsi téléphoner chez soi et taper un code pour déclencher la climatisation, le four ou le magnétoscope. »

  • L’arrivée du téléphone personnel mobile est perçu comme une révolution prochaine. Associer un numéro à un individu et non à un lieu, voici une vraie nouveauté pour 1990. Et là, c’est ce qui s’est passé ! Page 431, un petit bijou d’anticipation sur la possibilité de l’ordinateur-téléphone :

« Avec ce micro portable-ordinateur, il leur suffit de déplier l’antenne, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, et de composer le numéro de téléphone mettant leur portable en contact avec le gros ordinateur de bureau. Cette merveille d’intégration est commercialisée par la compagnie ICT de Dallas au prix de 7600 dollars. Il s’agit d’un vrai ordinateur portable équipé d’un écran électroluminescent et d’un disque dur de 40 Mo. L’inconvénient est son poids : près de 10 kg.« 

  • Le top de l’époque est l’ALPHAPAGE qui envoie des messages textes. Avec nos yeux de 2016, la phrase ci-dessous est quelque peu désuète :

« si vous recevez un télex urgent (ou que vous soyez), votre Alphapage émet un bip, dans votre poche, et annonce sur l’écran « Message urgent, consultez votre Minitel »« 

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Transport

  • Bingo : arrivée imminente des Air-bag, du GPS, de l’avion solaire (que depuis cette année il est vrai !), la voiture hybride…
  • On attend toujours : la voiture solaire Kyocera n’a, à ma connaissance, pas vu le jour. Celle à hydrogène se fait attendre.

Environnement / technique

L’engagement et la conscience environnementale sont déjà présents. Tellement bien vu et tellement décevant 25 ans après :

« Dans ce contexte, la planète n’apparait plus comme un « vaisseau spatial » habité par des terriens qui en exploitent les ressources pour survivre croitre et se développer, mais comme un gigantesque organisme vivant dont les organes, les réseaux de communication, les mémoires, les systèmes de traitement et de recyclage sont en étroite harmonie les uns avec les autres. [...] Cette exigence conduit à passer du statut d’EGO-CITOYEN à celui d’ECO-CITOYEN [...]« 

  • Bien vu : conscience de la nécessité d’agir sur la protection des ressources halieutiques, des abeilles, sur le recyclage des déchets, la pollution visuelle due à l’éclairage. Les dégraissants sans solvant qui ont bien vu le jour.
  • En 1990, 30000 T d’huile de vidange automobile, n’étaient pas collectées et partaient dans les eaux pluviales ! On a progressé.
  • Les effets du réchauffement climatique sont connus et abordés (niveaux des eaux…). Les solutions proposées concernent plutôt l’adaptation que le travail sur les causes… voir la géo-ingénierie avec la libération de SO2 pour faciliter la libération de nuages !
  • Perdu : jamais entendu parlé de la ruche automatique, de l’oxydation humide des déchets, du robot nettoyeur de station de métro, remplisseur de réservoir de voiture…
  • Bof : les biocarburants sont présentés comme un « diesel vert ». On sait aujourd’hui que le bilan environnemental n’est pas si glorieux.

Je n’ai pas lu les pages SANTÉ et MATÉRIAUX mais je le ferai surement pour le plaisir de retourner dans la perception du futur des années 1990.

Ce que je retiens de cette lecture est notamment la conscience des enjeux environnementaux et la croyance en la technologie pour nous faire progresser. L’innovation sociétale, organisationnelle, économique ou l’évolution des modèles économiques n’ont pas été identifiés comme des points de « rendez-vous du futur ». Si je devais écrire ce livre en 2016, c’est pourtant bien sur ces axes que je m’exprimerais le plus.

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Stockage d’énergie sous-marin à air comprimé

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 août 2016

Le site ENERGEEK a mis en ligne (LIEN) un article très intéressant sur l’entreprise canadienne HYDROSTOR qui propose un procédé innovant de stockage de l’énergie d’origine renouvelable « en surplus », sous l’eau, par de bêtes mouvements d’air : l’énergie disponible en période d’abondance sert à faire tourner des compresseurs pour envoyer l’air dans des ballons soumis à la pression des profondeurs et on récupère grâce à cette dernière l’air et l’energie qui va avec en cas de besoin par le chemin inverse.

Le stockage d’énergie renouvelable est un enjeu majeur. Il s’agit peut-être d’une parcelle de solution qui a de l’avenir.

Selon la start-up canadienne, ce dispositif permettrait de durer deux fois plus longtemps que les meilleures batteries de stockage disponibles sur le marché actuellement, et cela pour un coût inférieur.

Vidéo ci-dessous :

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LU : La nouvelle Société du coût marginal zéro

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 juillet 2016

J’ai mis beaucoup de temps pour le lire ce Rifkin, mais ça y est, je peux enfin essayer de donner mon avis sur LA NOUVELLE SOCIÉTÉ DU COUT MARGINAL ZÉRO !413ogmt8oal._sx318_bo1_204_203_200_

J’avais pourtant dévoré UNE NOUVELLE CONSCIENCE POUR UN MONDE EN CRISE (lien), j’avais trouvé la vision prospective de l’auteur pertinente dans L’AGE DE L’ACCÈS (lien) et je reviens souvent sur les propositions émises dans LA TROISIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE (lien).

Dans ce dernier ouvrage, au titre si long qu’il méritait d’être au Guinness Book – LA NOUVELLE SOCIÉTÉ DU COUT MARGINAL ZÉRO, INTERNET DES OBJETS, L’ÉMERGENCE DES COMMUNAUX COLLABORATIFS et L’ECLIPSE DU CAPITALISME – le charme n’a pas exercé sur moi.

Peut-être parce que l’auteur se répète beaucoup d’un livre à l’autre (je trouve même ça « limite » de se citer si souvent !), peut-être aussi parce que j’ai pris un peu de distance avec les solutions technophiles de JR, surement enfin parce que je trouve qu’il ne traite pas assez les versants obscures des évolutions qu’il décrit comme inéluctables. J’y reviendrai.

Attention, j’apprécie toujours le volontarisme et l’optimisme de JR pour une évolution de nos pratiques sociétales plus humaines, plus empathiques, plus à même de prendre en compte les enjeux environnementaux de notre siècle. Quand on sait qu’il cause à l’oreille d’un certain nombre de décideurs, on se dit que c’est une voix qui va dans le bon sens.

L’idée de fond du bouquin :

Du fait de l’amélioration de la productivité, les coûts marginaux s’effondrent à un niveau proche de zéro, les profits disparaissent et le système capitaliste ne fonctionne plus. « Accessoirement » aussi, les emplois disparaissent [« entre 1995 et 2002, 22 millions d’emplois industriels ont été supprimés dans l’économie mondiale alors que la production a augmentée de plus de 30% »!]. Les biens et services deviennent presque gratuits, d’autant plus que le consommateur devient, grâce à la mise en relation facilitée par internet, un producteur-consommateur qu’il appelle le « prosommateur » et que ce dernier a de moins en moins d’appétence à la propriété. L’avenir serait donc dans les communaux collaboratifs détachés des règles de la concurrence du capitalisme et du dirigisme des gouvernements.

Quelques idées glanées au kilomètre que je souhaite partager suite à cette longue (trop longue) lecture :

  • JR propose un intéressant parallèle historique entre communaux médiévaux (que l’on retrouve aujourd’hui dans certaines initiatives locales réussies comme en Gambie LIEN) et les communaux numériques émergents. Bien vu. Quand le capitalisme ne propose que concurrence, que les États dirigistes ne savent pas s’adapter rapidement, la troisième voie de la collaboration « entre pairs » permis par internet – avec des modes de gouvernance ouverts – laisse entrevoir des champs de possibilités dont on ne mesurerait pas encore le potentiel.
  • Il est cependant dommage que JR ne propose que la vision parfaite de l’économie collaborative et ignore dans sa démonstration ses défauts : perte de fiscalités – concurrence déloyale (ex : hostellerie), dérives dans l’exploitation de données personnelles, manipulation malfaisante des algorithmes, manipulation de l’information (l’actualité nous montre que la vérité est devenue une opinion parmi d’autres LIEN)…
  • pour JR, il est évident et fatal que, dans le sillage de la place grandissante du Big Data dans notre quotidien, nous allons tous perdre la maitrise de notre vie privée. C’est dans le pack et ce n’est pas grave. Je ne partage pas ce point de vue.
  • Les emplois disparaissant dans les industries de la seconde révolution industrielle, JR prédit une explosion des embauches dans les entreprises sociales (à but lucratif ou non). Une cause de la disparition des emplois industriels est l’amélioration de la productivité par l’automatisation. La « fabrication dans le noir » (sans humain) devient un objectif absolu pour les industriels. « Les observateurs s’attendent à ce que, de 163 millions d’emplois industriels aujourd’hui, on passe à quelques millions seulement en 2040 » ! Sans emplois de substitution, le capitalisme a un problème de taille : un employé industriel en moins est aussi un consommateur en moins. Qui va acheter les produits bons marchés ?
  • JR passe beaucoup de pages à expliquer en quoi l’open-source doit devenir la norme… mais traite très succinctement le risque de la concentration des pouvoirs (et donc la Gouvernance même des vecteurs de « communaux numériques ») au sein de très peu d’entreprises du numérique (Google, FaceBook notamment). Il pose quand même la question d’une éventuelle disposition « anti-trust » qui reste à imaginer dans sa mise en œuvre.
  • J’ai aussi collecté quelques infos faciles à replacer en société : « consumption » (consommation en anglais) désignait jusqu’en 1920… la tuberculose (consomption) et était définit dans le dictionnaire comme « gâcher, piller et épuiser ». Retenez aussi que l’industrie de la publicité, dans le monde en 2012, c’est 480 milliards de dollars !

Il m’est difficile de partager l’optimisme de l’auteur dans une période où le pire de ce que l’humain est capable de produire s’exprime quotidiennement. J’ai peur de devenir sceptique. Jeremy Rifkin nous propose des interprétations de certains mouvements en cours et c’est déjà pas si mal. Par contre, c’est pas sur que je dépense 26€ pour son prochain bouquin.

PS à mes connaissances : tous les bouquins commentés sur ce blog sont tenus à votre disposition pour une nouvelle expérience de lecture (collaboratif on vous dit!).

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Que faire pour vivre « malgré tout » dans ce monde de fous ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 juillet 2016

Il n’est pas possible de vivre comme si la séquence de tueries que le Monde subit n’existait pas. Notre petit bout de territoire préservé pendant quelques décennies n’est plus à l’abri de la barbarie.

A la lecture des articles des experts auto-proclamés, des politiques qui ne causent le plus souvent qu’avec des arrières pensées populistes (lien), des journalistes qui se répètent à longueur de journée et des penseurs qui ne savent plus quoi penser; il en ressort une impression magmatique anxiogène et au final plutôt déresponsabilisante pour le citoyen lambda. Petit échantillon :

  • nous subirions les écarts géopolitiques du passé (colonisation, guerre en Irak…) ou du présent (nos relations ambiguës avec L’Arabie Saoudite en étant l’expression la plus visible. Voir le courage politique de la Suède aujourd’hui LIEN),
  • nous serions dans un mouvement de plaques civilisationnel (« laissez les politiques travailler et prendre les décisions pour vous»),
  • nous serions en pleine guerre de religion (« choisissez votre camps !« )
  • nous subirions notre incapacité collective à intégrer et notre grande capacité à exclure par l’inégalité grandissante de la répartition des richesses (analyse que je partage mais qui ne trouve pas de solution de court terme).

Il y a aussi ce bruit de fond que je sens monter. Le stade ultime de la simplification qui est l’objectif avoué des fous de dieu qui nous terrorisent : la montée des racismes. Si les français ont jusque-là résisté aux amalgames, on sent que le vent peut tourner.

Je ne suis pas le plus informé, ni le plus futé pour comprendre le présent et encore moins pour prévoir l’avenir ; pourtant je ressens le besoin d’assimiler ce contexte lourdingue, de le digérer et d’en faire quelque chose de concret qui pourrait m’aider à ne pas faire que subir.

Alors voilà mon code de conduite personnel qui n’est en rien une vérité absolue :

1- Ne pas ignorer. Il faut parler, y compris aux enfants. Ça fait maintenant partie de nos vies, probablement pour une décennie ou plus (lien) ; ne pas faire semblant que tout va bien. Accepter que certaines actions politiques aient une portée de moyen termes. Ne pas se laisser enfumer par les postures de communiquant dictées par l’urgence.

2- Éteindre la TV. Le son suffit à savoir ce qu’il s’est passé à Paris, Bruxelles, Bagdad, Istanbul ou Nice. Les images et les interviews des victimes sont de trop.

3- Se préparer au pire et agir là où on le peut. Le risque statistique d’être présent à proximité d’un attentat a augmenté (même s’il reste très faible). C’est morbide mais je préfère penser « utile » : j’ai actualisé ma formation de sauveteur secouriste, je donne mon sang tous les 3 mois (les afflux de solidarité « à chaud » sont moins efficaces que les dons réguliers). 

4- Ne pas s’enfermer et donner une part de son temps à la collectivité… et en profiter pour parler et essayer de convaincre que les solutions simplistes ne sont pas les meilleurs. Ne pas laisser la place à la haine totale et absolue. Expliquer la complexité chère à Edgar Morin dès que j’en ai l’occasion. Rappeler qu’à la fin des années 30 un énergique petit moustachu a été élu démocratiquement avant de faire basculer le monde dans l’Horreur.

5- Prendre de la hauteur par la lecture. Des romans, des revues, des essais, des BD… Histoire de partir, d’apprendre et de comprendre aussi.

6- Ne pas s’empêcher d’être heureux, même si d’autres auxquels nous pouvons facilement nous identifier viennent de voir leurs vies détruites. Pratiquer l’empathie et la compassion, mais aussi vivre sa vie… continuer à aller en concerts, à boire des coups entre amis, à s’amuser, à se créer des souvenirs… Faire tout ce que détestent ceux qui nous veulent tant de mal.

7- Je pourrai aussi faire la « guerre à la guerre » comme le propose Idriss Aberkane (Lien vers son TedX), mais je ne suis pas d’humeur super-héro en ce moment…

Au fait aujourd’hui, c’est la journée internationale Nelson Mandela.

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« LoVElo » ou l’innovation à portée de pédales

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 juillet 2016

Invité à chroniquer pour la première fois dans l’EXcellente émission « l’Ecolo-Buissonière » sur Euradio Nantes, je me suis pris au jeu et j’ai surtout découvert le monde nantais des « boites à vélos » (LIEN pour écouter l’émission, ma chronique en seconde partie d’émission).

Avant de parler des belles expériences nantaises que j’ai pu découvrir lors de l’émission, quelques petits points « d’actualité » pour contextualiser :

1817 – 2017 : N’oubliez pas de noter dans votre agenda, le bicentenaire de la naissance du vélo (« M.A.C. » en fait, mais drais_laufmaschineécoutez la chronique pour en savoir plus… #teasing). Merci donc au Baron Karl Von Sauerbronn, inventeur visionnaire, tellement bien mis en valeur sur l’image ci-contre.

Le vélo dans le monde, c’est 1.5 à 2 milliards d’unités en service !

le vélo, c’est bon pour la santé (et donc pour les finances publiques). Selon une étude du Commissariat général au développement durable (LIEN), les politiques publiques ont dopé l’usage du vélo en ville, en hausse de 21% entre 2000 et 2010. Et c’est bon pour la santé ! La dimension sanitaire de la politique publique de développement du vélo est valorisée à plus d’un milliard d’euros selon le CGDD. (source : le Courrier des Maires).

le vélo en Pays-de-la-Loire, c’est à Nantes ! (70% des voyages régionaux). Source : DREAL mars 2016 : LIEN.

***

Introduction faite, il se trouve donc que le vélo est aussi un formidable support d’innovation, notamment sur le dynamique territoire nantais. Voici les initiatives découvertes à l’occasion de cette émission :

  • LES BOITES A VÉLO : « Le collectif d’entrepreneurs nantais qui pédalent« . Ce regroupement des entrepreneurs nantais « à vélo » serait unique en Europe. C’est un espace de partage, d’entre-aide, de cohésion.

 

  • LA TRICYCLERIE : « collecteur des déchets organiques » des restaurateurs et professionnels du centre-ville en vélo-remorque ! Beau projet en recherche de financement actuellement. Une bonne raison pour Crowdfunder ! LIEN

 

  • ZE PLOMBIER : comme son nom l’indique… mais à vélo !

 

  • VELOCAMPUS : l’association qui propose aux étudiants nantais des prêts longue durée de vélos, de la réparation, de l’entraide.

Ces entrepreneurs innovent, prennent des risques, et proposent des services de proximité présentant les externalités environnementales et sociales les plus optimisées. Ils méritent qu’on les suivent !

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Vidéo : on est foutu, on pense trop !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 20 juin 2016

J’ai beaucoup aimé cette intervention de Serge Marquis, médecin québécois, qui nous cause de la gestion du stress et de la prévention des risques psycho-sociaux. Il est drôle, pertinent et nous aide à remettre quelques priorités dans le bon ordre.

La mise en pratique de l’enseignement est immédiat !

La vidéo (ICI) est issue d’une Conférence organisée par l’Université de Nantes et Les Artisans du Changement.

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Ma contribution au débat sur l’Aéroport NDDL ou « Notre Dame du PIB »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 mai 2016

Je devais intervenir en chroniqueur radio sur le sujet « Notre Dame des Landes ». Comme la chronique est annulée et que ma bafouille est rédigée, plutôt que de la jeter, je l’ai recyclé en post. Vous remarquerez les notables efforts dans le vocabulaire pour coller au sujet.

Le thème de l’aéroport contesté est turbulent à traiter quand on n’est ni un « ANTI » ni un « PRO » déclaré. J’ai essayé de  prendre un peu de hauteur, sortir de l’émotion et poser la question suivante : Pourquoi les Grands Projets d’infrastructures ne nous font-ils plus rêver ? Cette question est applicable à NDDL mais c’est aussi le cas des éoliennes (anti-éoliens qui bloquent régulièrement des projets), des lignes LGV…

Je me rappelle, il y a 15 ans, un vieux monsieur en soutane nous a dit – à moi et à la jeune femme habillée en blanc qui se tenait à côté de moi – que dans la vie, pour avancer et ambitionner le bonheur, il nous faudrait avoir de nombreux projets. « projet », « entreprendre », « construire » sont autant de mots qui sont plutôt connotés positivement dans mon esprit. Alors qu’est-ce qui bloque ?

  • Une première piste à explorer m’a été inspirée par la Fabrique Spinoza (Think Tank du Bonheur citoyen) qui a produit pour la première fois il y a peu un indicateur semestriel du bonheur des français (lien). Un constat m’a marqué : nous (français) ne semblons pas être malheureux sur le champ temporel du passé et du présent mais exprimons une forme de désespoir sur le futur. Nous aurions une certaine difficulté à nous projeter dans un futur positif. Nous avons surement de très bonnes raisons pour cela, mais pas plus que les autres pays comparables. Alors, c’est pour ça que les grands projets nous inquiètent ? car ils contribuent à notre vision sombre de l’avenir ? Nous sommes ronchons et il ne faut pas chercher plus loin ?  Je ne le crois pas, mais suis quand même inquiet que les mobilisations « contre » soient légion et que les mobilisations « pour » soient bien rares…Capture
  • C’est la seconde piste qui me titille le plus la chose molle qui évolue derrière mes yeux. Le CERA a organisé hier soir un débat (que j’ai suivi par tweets à distance) entre PRO et ANTI NDDL. Je n’ai pas eu longtemps à attendre pour identifier très vite l’argument PRO qui me questionne. Celui ci est repris ci-contre. Il concerne la création de richesse pendant la phase travaux. C’est vrai, des emplois directs et indirects vont être créés et l’économie locale va être « irriguée » en argent publique. Imparable mais contestable. Lorsqu’un effet induit devient le principal objectif de l’investissement, il est légitime de se poser la question de la bonne compréhension des enjeux sociétaux qui nous font face. Notamment à cause de notre gourmandise et de l’entropie, les matières premières et l’énergie se font plus rares (c’est aussi le cas avec l’argent publique). Bref, nous avons de moins en moins de capacité d’agir etCapture chaque « macro-investissement » doit donc vraiment correspondre à un intérêt collectif répondant à nos enjeux prioritaires … sauf à considérer que l’on joue au Shadock pour créer du « mauvais PIB »: on fait creuser des trous par les uns et on les fait reboucher par d’autres !
  • Le débat devrait avant tout être conduit sur la pertinence de l’investissement dans un monde contraint, et non pas dans la recherche d’une activité économique temporaire. Honnêtement, je ne sais pas quelle est la pertinence de NDDL : les questions de sécurité de survol de l’agglomération nantaise sont audibles, les limites de gestion des flux sont peut-être aussi de bons arguments (??). Je me rends par contre bien compte que nos élus sont plus réceptifs à un projet d’infrastructure tout neuf qui se voit dans le paysage (avec une plaque, une date et tout et tout) qu’à des investissements d’avenir essentiels mais invisibles (ex : rénovation des bâtiments, réseaux intelligents, entretien des transports publiques…).

Bref, le vendéen que je suis n’ayant de toute façon pas le droit de vote (ce qui est aussi contestable), ces mots s’ajoutent à d’autres et n’empêcheront pas les humains que nous sommes de nous invectiver avec des noms d’oiseaux. Et tant pis si ça ne vole pas bien haut !

La température au sol va être très chaude

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L’agro-écologie « en vrai » au Gaec URSULE, Chantonnay (85)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 mai 2016

J’habite à la campagne.

Je vois ces jours-ci, dans le champ derrière la maison, les rampes de pulvérisateurs qui déversent régulièrement leurs traitements phytosanitaires. Parfois, je râle : « il y a beaucoup de vent là, il abuse !« . J’oublie… Je visionne ça (LIEN) et me dis qu’il y a un soucis que notre génération doit accepter de prendre en compte… Je passe à autre chose… Une partie de mon cerveau doit se dire « la technique n’est pas encore disponible pour faire autrement, les évolutions sont en route… C’est ainsi pour le moment« …

Et puis, aujourd’hui, dans le cadre du programme « Révolution Alimentaire » du Comité 21, j’ai eu la chance de voir, ailleurs que sur des plaquettes du ministère de l’Agriculture (lien), ce qu’est l’Agro-écologie « en vrai », sur le terrain. C’était à 10 km de chez moi, au Gaec URSULE et ça m’a redonné confiance dans notre capacité à faire « autrement ».

CaptureCe post n’est pas un compte-rendu, mais plutôt une sélection d’idées maitresses que je retiens de cette matinée, regroupées autour de quelques mots entendus de la bouche de notre hôte.

« Durable avant d’être Bio »

C’est une des premières phrases de Jacques Morineau qui nous accueillait sur sa ferme. Elle me semble bien traduire ce que j’ai ressenti : comme un engagement partagé des associés, dès la première heure : dernier insecticide de sol en 1988, traitements sélectifs (« à vue ») dès 1990, 0 intrant chimique dès 1996 !

Ici comme ailleurs chez d’autres précurseurs, il y a une forme de leadership assumé pour s’engager sur un chemin différent de la voie de production « conventionnelle ». Un jour, la finalité affichée de l’entreprise est devenue « l’autonomie productive ». Comme ça…

[Il faudra faire une thèse un jour sur ce moment où tout bascule et ou certains changent l’ordre établi des choses. Elle vient d’où cette énergie ?]

Loi de la « Biodiversité maximale »

110 vaches, des poulets élevés en plein air, 33 espèces végétales cultivées sur 170 ha, 110 ha en herbe (la prairie a ici autant, voir plus, d’attention que les cultures).

La ferme est un concentré de diversité. Un pied de nez à la spécialisation agricole. Il ne s’agit pas d’un choix arbitraire mais pour notre hôte, une condition de réussite dans la voie de l’indépendance en intrants chimiques. Varier les variétés ne suffit cependant pas. Pour réussir à mettre en œuvre ce système intelligent, il faut la jouer subtile. Comprendre les atouts de chaque culture pour « lutter » stratégiquement contre les ennemis naturels, anticiper les périodes de rotation en pluriannuel, avoir une approche globale, holistique, être à l’écoute au quotidien de la météo, de l’état des cultures… J’ai eu l’impression d’observer un joueur d’échec, trop fier du dernier coup qu’il a produit la veille.

« Un parcours gastronomique pour coccinelles »

La « Biodiversité maximale » concerne aussi les petites bêtes alliées de notre éleveur-cultivateur. Tout est pensé pour que le cycle de vie et de développement des auxiliaires de cultures soient en phase avec la « protection » des cultures. Notamment; des haies bocagères entourent les parcelles de la ferme, ainsi les coccinelles peuvent loger confortablement tous l’hiver. Surtout, là où en culture conventionnelle, le traitement chimique va tuer pucerons et coccinelles et laisser un vide de vie temporaire, que se chargeront bien vite de combler de nouveaux pucerons avec une force décuplée (car sans prédateurs ! cqfd), au Gaec URSULE, les coccinelles sont toujours là.

La philosophie est intéressante : ici on travaille pour nourrir le sol (et la vie du sol) qui nourrit la plante plutôt que pour nourrir la plante avec des intrants chimiques au fil de sa croissance. C’est un gage de résistance durable des cultures.

Un système de production efficace

Je n’ai pas vu ce matin un modèle de production théorique et utopique. Le système est efficace. Les rendements sont parfois meilleurs que les systèmes traditionnels mais surtout, ils sont envisagés de manière globale et non culture par culture. Exemple : en cultivant des associations de culture, par exemple Pois/Orge, le rendement en pois est équivalent au conventionnel. La production d’orge, c’est bonus !

De plus, en diversifiant les cultures, les risques climatiques et parasitaires (et de crise de filières) sont limités.

Enfin, l’exploitation est autonome (pas d’intrants chimiques, qui ont tendance à peser de plus en plus lourd dans les bilans comptables des exploitations conventionnels) et peut même se permettre de vendre des protéines végétales en plus de ses bêtes !

Une remise en question permanente, une posture de « Paysan-Chercheur », un investissement énorme dans les ressources immatérielles

C’est pour moi le principal enseignement de cette matinée. Si le modèle du GAEC URSULE fonctionne, ce n’est pas grâce à l’application d’une liste de recettes permettant d’obtenir le diplôme de la parfaite petite exploitation « agro-écologiquement-conforme ». C’est bien plus compliqué : les réajustements techniques sont permanents, les anticipations sont pluriannuelles et intègrent même les effets probables du réchauffement climatique (quelle entreprise peut en dire autant ?).

Les connaissances sont mouvantes. La présence permanente d’apprentis (plutôt non issus familialement du milieu agricole) et les participations académiques de Mr  Morineau sont autant d’investissements immatériels qui permettent à ce système apprenant de fonctionner. Captivant et frustrant car ce savoir n’est pas facilement transférable.

Enfin, la posture des membres du GAEC en termes d’ouverture au changement et à l’innovation est probablement la force la plus remarquable qui laisse entrevoir de beaux jours pour URSULE. En tout cas, je leur souhaite de poursuivre sur ce chemin.

Belle journée.

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L’économie de la connaissance par Idriss Aberkane

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 avril 2016

Je vous recommande vivement de visionner cette vidéo sur l’économie de la connaissance (lien). Idriss Aberkane nous offre ici l’occasion de voir les choses autrement.

Pour résumer succinctement la température de cette intervention : la connaissance comme richesse, l’innovation comme perspective, l’humour et la culture comme arme de conviction, la Nature comme inspiration.

Si vous avez un peu de temps, regardez et écoutez, vous serez moins bête après.

 

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Demain le train ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 avril 2016

Le train n’a pas la cote. Concurrence des Bus « Macron », prix en hausse, financement difficile des lignes régionales, surinvestissement dans les infrastructures routières qu’il faut maintenant amortir… Bref, on pourrait penser que les frais de structures ferroviaires deviennent trop importants dans un monde budgétairement contraint. Alors quoi ? le train est une technologie du passé ?  C’est fini ?

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Eh bien non ! Il existe encore des projets fous destinés ouvrir de nouvelles opportunités pour le mode de déplacement le moins impactant en terme de gaz à effet de serre (après la marche et le vélo !). Par exemple, en Chine on pense à mettre un train sous les océans ! (lien). 13000 km, sous l’eau. J’adore ! Pourquoi donc Jules Vernes n’a-t-il pas pensé à ça ?

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Les japonais veulent eux rendre leurs trains invisibles dès 2018 ! (LIEN). Je ne vois pas trop l’intérêt, mais c’est rigolo…

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Encore plus fun, le révolutionnaire Elon Musk (qui casse pour le moment le modèle économique de la commercialisation de voitures avec la Tesla), nous propose un Hyperloop capable de relier San Francisco à Los Angeles (616 km) en 35 minutes. Le machin irait à 1300 km/h ! La Slovaquie est sur les rangs pour investir ! LIEN.

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Le train n’est pas mort, puisque des projets -fous- sont encore dans les tiroirs; et moi, ça me fait rêver ces projets (bien plus qu’une course de Formules 1 Électriques en centre ville de Paris). 

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