« LoVElo » ou l’innovation à portée de pédales

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 juillet 2016

Invité à chroniquer pour la première fois dans l’EXcellente émission « l’Ecolo-Buissonière » sur Euradio Nantes, je me suis pris au jeu et j’ai surtout découvert le monde nantais des « boites à vélos » (LIEN pour écouter l’émission, ma chronique en seconde partie d’émission).

Avant de parler des belles expériences nantaises que j’ai pu découvrir lors de l’émission, quelques petits points « d’actualité » pour contextualiser :

1817 – 2017 : N’oubliez pas de noter dans votre agenda, le bicentenaire de la naissance du vélo (« M.A.C. » en fait, mais drais_laufmaschineécoutez la chronique pour en savoir plus… #teasing). Merci donc au Baron Karl Von Sauerbronn, inventeur visionnaire, tellement bien mis en valeur sur l’image ci-contre.

Le vélo dans le monde, c’est 1.5 à 2 milliards d’unités en service !

le vélo, c’est bon pour la santé (et donc pour les finances publiques). Selon une étude du Commissariat général au développement durable (LIEN), les politiques publiques ont dopé l’usage du vélo en ville, en hausse de 21% entre 2000 et 2010. Et c’est bon pour la santé ! La dimension sanitaire de la politique publique de développement du vélo est valorisée à plus d’un milliard d’euros selon le CGDD. (source : le Courrier des Maires).

le vélo en Pays-de-la-Loire, c’est à Nantes ! (70% des voyages régionaux). Source : DREAL mars 2016 : LIEN.

***

Introduction faite, il se trouve donc que le vélo est aussi un formidable support d’innovation, notamment sur le dynamique territoire nantais. Voici les initiatives découvertes à l’occasion de cette émission :

  • LES BOITES A VÉLO : « Le collectif d’entrepreneurs nantais qui pédalent« . Ce regroupement des entrepreneurs nantais « à vélo » serait unique en Europe. C’est un espace de partage, d’entre-aide, de cohésion.

 

  • LA TRICYCLERIE : « collecteur des déchets organiques » des restaurateurs et professionnels du centre-ville en vélo-remorque ! Beau projet en recherche de financement actuellement. Une bonne raison pour Crowdfunder ! LIEN

 

  • ZE PLOMBIER : comme son nom l’indique… mais à vélo !

 

  • VELOCAMPUS : l’association qui propose aux étudiants nantais des prêts longue durée de vélos, de la réparation, de l’entraide.

Ces entrepreneurs innovent, prennent des risques, et proposent des services de proximité présentant les externalités environnementales et sociales les plus optimisées. Ils méritent qu’on les suivent !

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Jeux de prospective

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 octobre 2015

WE DEMAIN publiait le 9/10 (lien) une série de dessins publiés en l’an 1900, où les auteurs ont projeté une vision de ce que « pourrait être » l’an 2000. Les résultats sont surprenants (échantillon ci-dessous).

Ces dessins, associés au visionnage de « Retour vers le futur » hier soir (le second épisode projette les héros dans le futur… en octobre 2015 !), j’ai eu envie de me poser la question suivante : quelle forme le progrès peut il prendre en 2115

Ma difficulté à identifier les innovations souhaitables démontre surement un certain désenchantement vis-à-vis du progrès technologique. Le champ des possibles s’est réduit me semble-t-il par rapport à 1900. En 1900, aucune limite n’était visible. En 2015, nous sommes prisonniers des limites physiques, et je crois que ça change beaucoup de choses. Nous sommes globalement en meilleurs santé qu’en 1900, nous disposons de plus de connaissances, nous sommes hyper-technologiques… mais nous n’avons plus de rêves, me semble-t-il.

Plus positivement, je dirais que l’innovation que j’attends n’est plus forcement technologique. Jeu de prospective à deux bandes :

1-La mobilité

En 1900, on veut aller plus loin, plus vite et plus confortablement. En 1900, on veut voler. Vaincre la gravité. 8367798-13117239

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Sur ce sujet, les rêves ont été atteints… au point de devenir un problème de santé public ! Engorgements (ci-dessous la photos d’un bouchon chinois de 80 files CQ0Yis7XAAAtLI3!), pollutions, accidents de la routes (…) sont autant d’externalités négatives qui n’avaient bien-sur pas été anticipées. 

Alors de quoi rêver ?

J’ai d’abord penser téléportation. Que de problèmes réglés si dans 100 ans nous pouvions nous téléporter à la Spock ! Rien ne permet d’espérer cette innovation, mais après tout, soyons ambitieux !

Plus raisonnablement, j’ai pensé énergie solaire (un avion a déjà cette année fait un quasi tour du monde, non ?), énergie hydrogène, usage de l’espace aérien en ville par les téléphériques urbains (photo de Lisbonne) et finalement je crois avoir tranché.

Le « plus vite » n’est pas motelepherique-lisbonne_copyn rêve.

Reprendre le temps du voyage « long » et donc s’offrir le temps du voyage en mer. 

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L’automatisation
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En 1900, on veut diminuer le labeur. Le travail est physique, dur, mortel. On rêve que la « machine » va nous aider. Je me pose la question en regardant ces belles images si le « rêve » était de voir la technologie permettre simplement « la chose » ou de voir se généraliser l’accès à la liberté par la machine. La question de l’équité devant l’accès à la technologie n’est pas posée.

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Voici un sujet qui a bien été traité en 100 ans. Nous sommes devenus des experts de l’automatisation ! Nous avons réussi, grâce à ça, à diminuer le temps de travail, démocratiser les loisirs (dans nos pays riches).

Mais, la question se pose aujourd’hui : n’allons nous pas trop loin dans l’externalisation des tâches humaines à la machine ? Que devient la mission sociale de l’individu ? Le chômage de masse peut-il trouver une résolution dans le « encore plus » d’automatisation ? C’est une question d’actualité en 2015 comme le démontre un dessin identifié dans la revue de presse de la semaine.

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Alors de quoi rêver ?

Il s’agit surement ici de traiter la place de l’individu dans la Société.

Pas grand chose de technologique…

Penser « accès » (équitable de préférence) plutôt que performance de la machine ou possession de biens, supprimer le superflus, rendre les choses durables, les gens utiles. Un projet de Société à construire.

Pas beaucoup plus facile à traiter que la téléportation.

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Lu : Wangari Maathai, celle qui plante les arbres

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 août 2015

Les vacances sont un bon moment pour lire. Cette année, en plus du plaisir de la lecture des livres de CaptureFred Vargas (j’adore) et de celui de l’excellent Check-Point de Ruffin, je suis très heureux d’avoir découvert dans les archives littéraires familiales « Celle qui plante les arbres« , auto-biographie de Wangari Maathai.

Comment est-il possible que je sois passé à côté de ce destin extraordinaire jusqu’à cette année ?

Ce n’est pas le style littéraire qui est ici intéressant, mais le parcours extraordinaire de cette femme, née en 1940, « nobélisée » en 2004, décédée en 2011.

Wangari Maathai a eu l’enfance africaine de millions de petits africains : aux champs au contact quotidien de la Terre nourricière, dans un Kenya gérant tant bien que mal sa transition post-coloniale, au sein d’une famille traditionnelle. Plus tard, elle a eu plusieurs chances : la première, des parents qui envoient une de leurs filles à l’école, la seconde, l’opportunité de faire ses études aux USA dans le cadre d’un programme international. De retour au Kenya, elle aurait pu capitaliser sur ce double coup de pouce du destin, devenir fonctionnaire, cadre féminin dans l’élite d’un pays en reconstruction; ce qui aurait déjà été remarquable.

Mais voilà, elle a choisi de se battre sur plusieurs fronts tout au long de sa vie : féminisme, corruption, pauvreté, écologie. Car pour elle tous les sujets étaient liés. Pas de bonne gouvernance sans prise en compte de l’éco-système… et réciproquement. Une pensée révolutionnaire qui lui valu de nombreux passages en prisons.

Son œuvre : le Mouvement de la Ceinture Verte, qui a permis de planter plus de 40 millions d’arbres en faisant participer les paysans (paysannes surtout) au sein d’un réseau qu’elle a mis des années à construire. Le mouvement continue : greenbeltmovement.org 

Ce livre est profondément humain et je crois avoir aimé par dessus tout la description d’une Afrique rurale proche et consciente de sa dépendance à son biotope (même si elle ne le dit et ne le vit pas avec ces mots techniques). Au delà des constats de défaillances bien connus de l’Afrique contemporaine (corruption, destruction massive de l’éco-système pour répondre à un besoin urgent de croissance…), une voie (verte) s’est ouverte.

J’aime les arbres et j’aime les belles histoires. Une telle réussite est rare et doit être porteuse d’espoir. Respect Mme Wangari Maathai.

Pour en savoir plus, voir le film hommage : lien 

et le discours de cette grande dame au World Forum de Lille, invitée en 2008  : lien

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Histoire du Smog londonien (hiver 1952)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 mars 2015

Voir hier soir le documentaire chinois « Under the Dome » (lien – à voir absolument – déjà plus de 150 millions de personnes ont visionné ce reportage sur la pollution atmosphérique en Chine), être impressionné par le courage de Chai Jing’, comparer instantanément ce reportage à celui de Al Gore « Une Vérité qui dérange » et me rendre compte que l’histoire se répète.

Ici, il s’agit du charbon.  

Hiver 1952. Quatre jours durant, un smog épais et chargé de particules fines issues des fumées de combustion (de mauvaises qualité) s’est emparé de Londres, comme une soucoupe à l’envers. Les émissions viennent des chaudières industrielles à charbon (dont la plus grosse a illustré l’un des plus célèbre album de Pink Floyd – cf photo), des gaz d’échappement des voitures, des usines mais aussi dans une importante proportion des chauffages individuels.

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« Il faisait nuit en plein jour et par moments, on n’y voyait qu’à trente centimètres. On estime que 4 000 personnes sont mortes en un mois des effets immédiats de la toxicité de l’air sur leur système respiratoire, et 8 000 victimes supplémentaires par la suite ont été attribuées au smog. » 

D’autres sources évoquent 100 000 victimes malades « à posteriori » et 12 000 morts.

ça ne vous évoque rien à vous ?

 A moi, cela m’évoque la vie contemporaine de millions de chinois, très largement médiatisée ces derniers mois. L’histoire se répète et nous n’avons pas de mémoire. Le charbon est meurtrier. Ses effets sont moins visibles qu’une catastrophe nucléaire et pourtant l’usage du charbon tue tous les jours, partout dans le monde. De la mine à la ville, il détruit des vies; mais voilà il est la base du mixe énergétique indien et chinois. Voilà un sacré challenge pour la COP21.

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 Sources : (1), (2)

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Il y a 59 ans, Rosa Parks

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 décembre 2014

France Info m’a rappelé aujourd’hui (lien), qu’il y a 59 ans, une femme avait refusé de laisser sa place dans un bus. Elle était noire, il était blanc. Ce jour où beaucoup de choses ont commencé à bouger de l’autre côté de l’Atlantique.Capture2

Pour passer un bon moment musical et commémorer cet évènement, je recommande d’écouter le replay d’une émission de Laurent Lavige [les nuits de Lavige - 14/03/2012 ] : Lien

 

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Le fameux discours de Robert Kennedy sur le PIB

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 mai 2013

Il y a quelques fondamentaux historiques dans lesquels je me retrouve.  Le discours ci-dessous de Robert Kennedy en fait parti.

Robert Kennedy, 1964.

Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes.

Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer.

Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes.

Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants.

En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux.

Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages.

Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité de nos représentants.

Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture.

Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays.

En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue »

Au delà du rêve que je caresse de croiser un jour un homme politique (vivant) qui dise un truc s’en approchant, ce petit rappel est là pour confirmer que la réflexion sur le suivi d’autres indicateurs de richesses (cf post sur le débat régional en Pays de la Loire) a toute sa place, y compris en période de crise économique. Ce n’est pas remettre en cause la nécessité d’une activité économique dynamique que d’accepter que la vie ne se résume pas à la croissance du PIB.

 

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Histoire de Mercy Mercy me – Marvin Gaye

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 avril 2013

A l’occasion de l’anniversaire de la mort de Marvin Gaye, Laurent Lavige lui a récemment rendu hommage dans sa « Blacklist » (lien). Musicalement et magistralement, comme d’habitude.

Histoire de Mercy Mercy me - Marvin Gaye dans HISTOIRE DE marvin-gaye

Je me permets une incursion dans l’univers de ce géant de la soul music pour vous compter comment cet artiste a chanté il y a 42 ans ce qui pourrait être un hymne écologique immortel, un mémorial de notre conscience écologique, une chanson anticipatrice de ce que nous savons aujourd’hui. J’ai en effet seulement compris aujourd’hui que « Mercy Mercy Me » de l’album « What’s going on », que j’écoute régulièrement sans jamais avoir chercher à comprendre les paroles, était une alerte on ne peut plus explicite de notre folle capacité à détruire notre substrat naturel. Extrait :

Woo ah, mercy mercy me
Woo ah, ai pitié, ai pitié de moi
Ah things ain’t what they used to be, no no
Ah les choses ne sont plus ce qu’elles étaient autrefois, non non
[...]
Oil wasted on the ocean and upon our seas, fish full of mercury
Le pétrole a saccagé l’océan et dans nos mers, des poissons plein de mercure
[...]
What about this overcrowded land
Qu’en est-il de cette terre surpeuplée
How much more abuse from man can she stand ?
Combien d’abus de l’homme peut-elle encore supporter ?
[...]

Ce qui est vraiment fort, c’est qu’au moment de l’écriture de cette chanson il y a 42 ans, les éléments fondateurs de ce qu’on appelle aujourd’hui le développement durable n’étaient pas encore en place. La première conférence des Nations Unis pour l’environnement date de 1972 et on n’y a parlé quasi exclusivement de pêche à la baleine ! Le réchauffement climatique n’était pas une rumeur, le premier choc pétrolier n’était pas encore arrivé (1973)…

On dit que les artistes ont une hypersensibilité qui leur fait ressentir des choses que nous, pauvres mortels enfermés dans notre quotidien, ne voyons pas. Tout simplement prennent-ils plus le temps d’observer ?

Au-delà du message écologique, cette chanson s’adresse aussi au père de Marvin Gaye, père qui a abattu son fils d’une balle dans le cœur, le 1er avril 1972… Grâce à ses albums, heureusement pour les vivants, Marvin Gaye est immortel.

Si l’histoire de cette chanson ne vous botte pas plus que ça, ré-écoutez la quand même pour le plaisir. C’est du tout bon. Merci Mr Lavige.

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Giono se doutait-il que « l’homme qui plantait des arbres » existerait ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 17 mars 2013

Le 30 aout 2011, je commentais le livre de Jean Giono; « l’homme qui plantait des arbres » (lien). J’adore ce petit livre. Je suis, à chaque lecture, transporté dans un espace très sensoriel et très reposant. Surtout, le message du livre me plait : on peut tous changer le monde… tout en restant humble sur notre place dans l’univers.

Je ne me doutais cependant pas que cet homme « qui plantait des arbres » existait et encore moins qu’il était indien. Il se nomme Jadav Payeng et il a fait pousser une vaste forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre (lien article courrier international). Cet homme a été choqué en 1979 de voir sur une île du fleuve des dizaines de serpents morts de chaud, faute d’ombre. Les autorités n’étant pas réceptive à ce micro problème, Jadav Payeng a décidé de s’y mettre. Seul. D’abord des bambous, ensuite des arbres, en prenant soin d’importer des fourmis de son village pour structurer le sol. Aujourd’hui sa forêt est un refuge pour la biodiversité locale (éléphants, rhinocéros…). C’est seulement depuis 2008 que son initiative est reconnue par les autorités indiennes.

Une vie de solitude il est vrai mais une partie de moi est jaloux de ce courage à donner un sens aux choses. Vraiment, je suis jaloux et content d’illustrer un de mes livres préférés par le destin d’un héros des temps modernes (selon mon référentiel bien sur).

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Histoire de la recherche de l’indicateur du Bonheur National Brut : après le Bouthan, les USA !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 mai 2012

De nombreux économistes (et pas des moindres puisqu’au moins 3 prix Nobel sont de la partie : Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Daniel Kahneman dont il est question dans ce post) ont déjà remis en cause l’exclusivité actuelle du PIB pour caractériser le niveau de bonheur d’une population donnée. La France n’ayant pas transformé l’essai en utilisant les conclusions du « rapport Stiglitz-Sen », seul le Bouthan (lien) avec son indicateur de Bonheur National Brut était en mesure d’illustrer opérationnellement le constat théorique.

Voilà qu’aujourd’hui, en pleine crise économique, les USA se mettent aussi à envisager une autre voie pour la mesure de la prospérité que l’exclusif indicateur économique. En effet, selon un article du Washington Post (repris dans Courrier International 1120), le ministère de la Santé et des Services sociaux finance actuellement une projet destiné à tenter de définir des « indicateurs fiables de bien être subjectifs ». A ces travaux participe Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie en 2002 (photo ci-dessous). La production de ce projet (méthode de mesure, limites, réserves…) permettra peut-être de répondre à la fameuse question : le bonheur et revenus sont ils totalement corrélés ? Il semblerait que non. Au delà d’un certain seuil de revenu, le bonheur perçu n’augmenterait plus. Pour exemple, le Panama avec un PIB six fois inférieur à celui des USA, est mieux classé en terme de satisfaction de vie (enquête Gallup).

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Peut-être n’est il pas surprenant que le gouvernement démocrate américain s’attache à ce sujet, à une période de notre histoire où les points de croissance se font de plus en plus rares et où beaucoup d’éléments laissent penser qu’une transition économique est nécessaire. En 1968, n’est-ce pas Robert Kennedy qui déclarait : « Notre Produit National Brut,s’il faut juger les États-Unis à cet aune, tient compte de la pollution atmosphérique et des publicités pour les cigarettes, et aussi des ambulances qui déblaient après un carnage [...]. Bref le PNB mesure tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue ».


Je vous recommandais un livre sur le sujet il y a quelques temps inventoriant les initiatives sur ce sujet : lien

Source principale de l’article : Courrier International n°1120

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Nicolas Hulot et Bill McKibben : deux destins croisés

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 mars 2012

En France nous connaissons tous Nicolas Hulot, journaliste de reportages télévisuels et défenseur de la Nature sous toutes ses formes. Aimé ou raillé, il a en 2005, su mobiliser les candidats aux élections présidentielles autour de son Pacte Ecologique. Je reste convaincu que le Grenelle de l’Environnement n’aurait pas existé sans lui. La position de poil à gratter écolo-médiatique lui convenait à merveille. Il a voulu passer à l’action politique et il semble clairement que ce fut une erreur. Aujourd’hui, il est discrédité car « étiqueté » et ne pèse plus (ne souhaite plus peser ?). En conséquence, l’enjeu écologique a disparu des programmes de campagne. La société civile n’a plus de héro mettant la pression sur les politiques. Le lobbying écologique semble avoir disparu avec Nicolas Hulot. Il n’est pas mort mais il a quasiment disparu de la circulation et quand il intervient, c’est pour afficher son amertume (lien article du Monde du 8 février 2012).

Nicolas Hulot et Bill McKibben : deux destins croisés dans ACTUALITE

 

Au même moment aux Etats-Unis, il semble qu’un personnage issu de la société civile fasse le chemin inverse. Il se nomme Bill McKibben. Il vient de la presse écrite. Il a pour point commun avec Nicolas Hulot d’avoir développé une grande compétence sur les sujets climat, énergie, ressources naturelles (…). Il est donc crédible techniquement. Il n’a pas généré un « Grenelle de l’Environnement » mais vient de faire reculer le gouvernement Obama sur un projet d’Oléoduc géant (Keystone XL) destiné à acheminer du Canada au Golfe du Mexique (2700 km) du pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta. Ce projet, il est vrai, installait le pétrole comme l’énergie d’avenir des USA, ce qui n’était pas exactement la promesse de campagne du candidat Obama. L’ambition du mouvement naissant est mondiale et visible sur le site internet www.350.org (350 pour les 350 ppm de CO2 dans l’atmosphère que nous ne devrions pas dépasser pour maintenir le climat en équilibre). Le public américain semble plus disposé qu’on le pense à écouter les idées de cet homme : 70% d’entre eux pensent que l’homme joue un rôle dans le changement climatique et ce malgré le rejet permanent de cette vérité par les candidats républicains.

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Les courbes d’influence de ces deux hommes semblent se croiser… Très concrètement, ça ne nous avance pas pour faire bouger les lignes de nos politiques en campagne sur les sujets chers à ces deux personnalités…

 

source : le Monde et Courrier International 1110

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