• Accueil
  • > CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE

Chronique Ecolo-Buissonière n°22 : BUG NATURE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 juillet 2019

et hop, une chronique de plus :

- en son ICI

- en texte et en lien ci-dessous :

 

« Parfois vous êtes le pare-brise, parfois vous êtes l’insecte »

 

Voici ce que dit le refrain de la chanson de Dire Straits que nous venons d’écouter et qui sent bon les années 90, époque où il y avait encore des insectes à tuer sur les pare-brises. Cette chanson a pour titre THE BUG.

XX

Un bug, avant d’être le dysfonctionnement numérique que nous connaissons tous, désigne un insecte, une punaise plus précisément… C’est drôle que nous ayons choisi de donner le nom d’un organisme vivant pour désigner une nuisance qui nous empêche de poursuivre nos activités d’Homo Œconomicus.

En fait ce n’est pas drôle… mais ça m’a semblé être une bonne introduction pour une chronique dédiée à notre perception polysémantique du mot NATURE. Polysémantique désignent un mot qui a plusieurs significations. Et ça je peux le prouver, écoutez attentivement :

xx

Pouvons-nous sincèrement parler de RETOUR A LA NATURE, sans envisager que ce dernier ne soit pas CONTRE NATURE au regard de notre évolution humaine NATURELLE ? Car un RETOUR A LA NATURE sincère, dépasserait la simple relation à un ESPACE NATUREL PHYSIQUE ou une rapide conversion au NATURISME, mais impliquerait aussi une forme de surpassement de notre simple NATURE HUMAINE pour démontrer notre capacité à dominer notre écosystème. On peut penser notamment aux CATASTROPHES NATURELLES, elles-mêmes révélatrices de notre extrême fragilité. Une recherche de pouvoirs SURNATURELS en quelque sorte que nous tirerions, non pas d’un anonyme NATUROPATHE de la rue de la Nature à Saint Trojan les Pins mais plutôt de l’absorption par voies NATURELLES, d’un yaourt NATURE pas comme les autres car chargé des valeurs sacrées de la NATURALITE !

xx

Ça ne veut pas dire grand-chose ce que je viens de déclamer mais ça met en lumière que sous le vernis de ce mot de 6 lettres, se cache des nuances et même de contradictions de sens qui parasitent notre perception individuelle et collective de ce qui est ou ce qui n’est pas « NATUREL ».

xx

Question à 10 coquelicots : L’Homme fait-il partie de la Nature ?

C’est vrai quoi, l’Homme a beau être le plus grand destructeur de vie terrestre qui n’ait jamais existé, cet état de fait mortifère l’exclut-t-il pour autant de cet ensemble qu’est la Nature ? Même si nous sommes le Bug qui détruit la matrice de l’intérieur, il n’en reste pas moins que nous sommes peut-être nous aussi « naturel » ?

Et du coup si oui… ce que nous produisons l’est-il en conséquence, par filiation ?

Par exemple, faire du vélo peut sembler « naturel » à beaucoup d’entre nous, pourtant ce vélo ne pousse pas dans les arbres, il n’est donc pas naturel. Aie… j’ai mal à la tête…

xx

Autre vision, dans un livre apocalyptique dont j’ai déjà causé dans ce micro, LE MONDE ENFIN (lien), l’Homme disparait peu à peu de la surface du globe (pour une sombre histoire d’épidémie incurable) et LA NATURE reprend le dessus. L’autre. Celle qui ne nous inclut pas. La colonisation des espaces se fait à sens inverse de ces 1000 dernières années. Pour l’auteur, le bug est réparé. Le virus qui tue l’Humanité est l’anti-virus qui sauve la « Nature ». C’est-à-dire exempte d’Hommes.

A l’inverse, des plus optimistes penseront que l’Humanité porte à la fois le mal et son antidote et donc que la Nature a besoin de son bourreau pour être sauvée. Abyssale ma balade en ce lendemain de bac philo, non ?

xx

Question à 100 coquelicots maintenant : Les poussières d’étoiles (terme hautement poétique emprunté à Hubert REEVES) qui nous ont constitués sont-elles naturelles ?

Doit-on considérer comme naturel cet improbable concours de circonstance qui a permis l’arrivée de la vie sur terre ?  Lisez Hubert Reeves et vous comprendrez que rien de ce qui nous est arrivé n’est naturel. C’est seulement un coup de pot énorme. Attention, ça nous responsabilise d’autant plus en tant que bipède pensant à faire prospérer ce merveilleux capital tombé du ciel.

xx

Question à 1000 coquelicots enfin : la Nature peut-elle revendiquer les mêmes droits qu’une personne devant la loi des Hommes  

Connaissez vous Te Awa Tupua ?

ça se passe en Nouvelle-Zélande. Depuis 2017 le fleuve Whanganui (Te Awa Tupua en Maori), a les mêmes droits qu’une personne (lien). Le texte fait valoir que le fleuve est une entité vivante, « partant des montagnes jusqu’à la mer, y compris ses affluents et l’ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques ». Le fleuve est désormais mieux protégé, et des plaintes pourront même être déposées en son nom. La tribu n’est pas la propriétaire du fleuve mais son gardien, chargée de le protéger pour les générations actuelles et futures. Elle a reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52,2 millions d’euros) en guise de réparations financières, et 30 millions pour améliorer l’état du cours d’eau.

xx

Pourquoi je vous cause de NATURE aujourd’hui ?  A cause de mails répétés de notre duo d’animatrices qui m’ont abreuvé de « naturel » dans la préparation de l’émission mais aussi du fait de la disparition récente de Michel Serres, incarnation humaine de la bienveillance et de la transmission du meilleur du savoir humain. Il a écrit un bouquin fondateur : le CONTRAT NATUREL qu’il est plus que temps de lire, et qui sera ma prochaine lecture. En attendant je ne peux que citer le critique littéraire Hervé Bonnet. (Lien)

« il est urgent que l’humanité contracte avec la terre en inventant pour elle, à l’instar du contrat social, un contrat naturel où justice sera faite à la nature désormais comptable d’une déclaration universelle de droits de la nature. »

xx

Voilà…

Nous étions dans aux derniers étages de l’immeuble de la pensée et nous redescendons maintenant au rez-de-chaussée nauséabond pour sortir les poubelles.

x

La NATURE fait vendre. Le marketing ne s’y est pas trompé. La Nature donne confiance. Comme tout le monde y attache des valeurs positives à défaut d’y attacher le même sens, les publicitaires autrement nommés « grands garants de valorisation des trucs à vendre » exploitent le filon. On est rémunéré au concept créé, on a exploité un mot issu de l’écologie: la NATURALITE. C’est joli naturalité. Il faut que votre produit renvoie implicitement une image non industrielle. On en achète dans tous les conditionnements (surtout en plastique d’ailleurs).

Tout ça pour dire que même si un retour à la NATURE ne me parait pas si facile à définir,  le combat pour la sauvegarde du vivant qui donne sens à la sentence NO NATURE NO FUTUR il peut passer par une augmentation des interactions avec la Nature et une meilleure connaissance du vivant qui nous entoure. La question de la sauvegarde et de l’entretien de notre écosystème, passe par notre envie de Nature.

 

Allez bouclons la boucle de la chronique et concluons avec un dernier conseil de lecture…

Bug

Je sors emballé du Tome 2 de BUG de Enki Bilal. Le pitch : dans un futur proche ultranumérisé, un Bug, dont l’origine est inexpliquée, efface brusquement toutes les datas numériques d’une planète Terre shootée à la numérisation : les gens ne peuvent plus rentrer chez eux, sont incapables de se déplacer d’un point A à un point B sans leur assistance numérique, ne savent plus conduire… Bref un scénario très crédible, à la Black Mirror, qui met en évidence qu’un Homme performant dans un contexte donné, est une loque dans un contexte où on lui retire tous ses assistants numériques.

xx

Pour l’auteur, le retour à la Nature est notre résilience à pouvoir faire « sans » ses appendices artificiels…

xx

Et n’oubliez pas :

xx

« Parfois vous êtes le pare-brise, parfois vous êtes l’insecte »

 

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonière n°21 : On est en TRAIN de tuer notre Dragon

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 mai 2019

Ci dessous les mots et les liens de ma dernière chronique. L’émission est en ligne ICI.Capture

Merci encore à Simon Stone de www.discoverytrains.net et à Pascal Daubouin du collectif OUI AU TRAIN DE NUIT (lien) pour leur participation. Ils m’ont largement inspiré ma bafouille.

 

Causons trains de nuit.

x

Causons une nouvelle fois trains de nuit devrai-je dire puisque, rappelez-vous, dans une émission précédente d’une émission dédiées aux légumineuses, nous avions déjà envisagé la vie en collectivité dans un compartiment couchette après la consommation d’un cassoulet. Podcast en ligne.

x

Causons train de nuit donc, car nous sommes actuellement en TRAIN de nous priver d’un allier de poids dans la guerre qui est engagée contre un réchauffement climatique ne dépassant pas les 2°c.

x

Nous sommes en effet dans une situation qu’un stratège amateur de 12 ans jouant à Stratégo trouverait aberrante. Je vous résume ça en 4 actes :

 x

1-    Le climat se réchauffe. Tout le monde en est convaincu…

A part peut être Pascal Praud… Vous avez peut-être vu cette séquence hallucinante d’irrespect et de sexisme où cet animateur de débat low cost a déclaré qu’un matin de mai, il a eu froid, alors… le concept de réchauffement climatique ça le fait doucement marrer.

C’est le genre de gars qui doit dire, « la faim dans le monde ? Laissez-moi rire, j’ai vu la queue à la boulangerie hier » ou « bien-sur les Dragons existent, j’en ai vu 3 dans Game of Throne hier soir ».

 x

2-    La mobilité humaine à la surface de notre caillou est toujours croissante et malheureusement, c’est une des causes principales de l’évolution haussière de nos rejets de Gaz à effet de serre.

 

3-    Les trains de nuits sont une réponse bas carbone à ce besoin de mobilité continentale. Aucune polémique sur le sujet, l’impact carbone d’un déplacement train est toujours inférieur à tout autre type de déplacement longue distance.

 

Je vous recommande la lecture d’un bel article de THE CONVERSATION réajustant notre lecture de l’impact carbone « au km » par une lecture « à l’heure ». « Alors que les émissions d’un kilomètre en avion équivalent à peu près à un kilomètre effectué seul en voiture, une heure en avion est 13 fois plus émettrice qu’une heure en voiture. Monter à bord d’un avion rendra votre trajet 125 fois plus émetteur en moyenne que de monter dans une voiture ; et plus de 1 500 fois plus émetteur que de monter dans un train… »

 

4-    Nous désinvestissons le sujet. Il nous reste, sauf erreur, deux dernières lignes de train de nuit :  Le Paris-Briançon et le Paris-Latour-de-Carol. Ce mode de transport longue distance n’a plus la cote depuis des décennies, notamment car nous avons fait le choix de la diminution de la durée du trajet (TGV) au dépend de l’optimisation de la durée utile de voyage (voyager la nuit).

 NjZEhhPmOhCGSqu-800x450-noPad

Voilà. Nous nous privons délibérément d’un atout majeur pour combattre le péril climatique.

Je vous raconte l’histoire autrement :

x

Nous sommes à la veille de l’ultime bataille à mener contre les marcheurs blancs qui veulent détruire l’Humanité.

Tout n’est pas perdu, nous avons des atouts pour les combattre. Notamment un Dragon dans la force de l’âge, que nous appellerons le Dragon Wagon, car ça sonne bien. Dragon Wagon, il a un effet destructeur certain sur notre ennemi.

Mais… le responsable des finances du Royaume ayant dit que Dragon Wagon coutait trop cher à nourrir au quotidien, on a décidé de le laisser crever

Et si ce n’était que cela…

Comme nous nous considérons en mesure de gagner très facilement notre guerre contre le réchauffement climatique, nous avons aussi décidé de donner un petit avantage à l’ennemi. Ce petit avantage, c’est la défiscalisation du transport aérien.  On s’est dit que ce serait bien de faire en sorte que les avions (qui sont avant tout je vous le rappelle, en termes de poids, des réservoirs volants) volent free taxes, histoire de justifier par le « marché » que notre Dragon Wagon coute trop cher.

x

Donc, les trains de nuit seraient-ils un vestige du passé ?

Pas si sûr quand on va voir ce qui se passe chez certains de nos voisins européens…

Connaissez-vous OBB (lien). Il ne s’agit ni de papier à rouler ni du dernier titre de hip-hop à la mode. OBB c’est la compagnie autrichienne de chemin de fer et son expérience semble contre dire le constat NO FUTUR des trains de nuit.

Quand en 2016, la compagnie allemande Deutsche Bahn (DB) décide, comme la SNCF, de laisser tomber les trains de nuit, la compagnie autrichienne lui rachète une quinzaine de trains pour les exploiter elle-même. 40 millions d’euros d’investissement plus tard, le responsable communication de la société autrichienne publique de chemin de fer déclare à la RTBF :

x

« Il y a deux ans, quand les chemins de fers allemands ont décidé de ne pas continuer à assurer leur service de train de nuit, cela a été une très grande opportunité pour les chemins de fers autrichiens de rejoindre ce marché et de lancer de nouvelles lignes. Il y a deux ans, nous avons augmenté notre réseau de 50 % et nous offrons maintenant 17 lignes directes de train de nuit à travers l’Europe. »

La DB disait perdre 37 millions d’euros par an avec ses trains de nuit (les comptes auraient été manipulés selon une enquête  du quotidien allemand Tagesspiegel all. ). Si l’OBB ne donne pas de chiffre, elle assure que ces lignes sont rentables avec un taux de remplissage de 65%.

Les trains de nuit exploités par l’Autriche ont transporté 1,4 million de passagers par an depuis fin 2016.

x

Pourquoi donc, pour les autrichiens, le critère de choix du mode de transport pour se déplacer d’un point A à un point B n’est-il pas exclusivement la durée du parcours comme on nous l’a mis dans la tête en France ?

x

A ce stade de la chronique, je vais me considérer légitime pour donner mon avis d’expert d’usage. J’ai en effet calculé que ces 20 dernières années, pour le boulot ou les vacances, à raison de 40 voyages de 400 km par an, j’ai parcouru environ 3,2 millions de km en train. Donc mon statut d’expert me permet de vous proposer 4 pistes que nous devrions envisager pour sauver notre Dragon Wagon.

x

Problème + solution pour le même prix dans une seule chronique ! C’est cadeau !

 x

PISTE N°1 : Agir sur la conscience environnementale des usagers. En Suède, ce phénomène tout nouveau a un nom : le FLYGSAM (littéralement « honte de prendre l’avion » : lien). En 2018 ; 4% de Chiffre d’affaire en moins pour l’aviation et une augmentation de 10% du 1er opérateur ferroviaire suédois. Même en France Air

x

PISTE N°2 : Agir sur le prix. Il est illusoire de demander au voyageur de payer deux à 4 fois plus cher pour prendre le train à la place de l’avion. Si le climat est vraiment prioritaire, la question est : faut-il rendre les voyages en train moins chers en les subventionnant ou l’avion plus cher en corrigeant l’absence de fiscalité sur le kérozène ? (un indice chez vous : on a plus sous). Pour mémoire, le réseau Action Climat déclarait à France info (lien) que « Si on taxait le kérosène à la hauteur des carburants, on arriverait à des recettes, pour tous les vols, de 3,6 milliards d’euros ». De quoi remettre quelques lignes et quelques wagons en état de marche.

x

PISTE N°3 : Agir sur le plaisir d’usage. Il y a de la place pour innover en termes de confort, évoluer dans les services proposés, sortir de l’image négative des trains de nuit, proposer une expérience, un moment agréable. Au Royaume-Uni, la compagnie privée Caledonian Sleeper vient d’investir 173 millions d’euros dans de nouveaux wagons. Ambition forte à comparer aux 30 millions qui seront investis par la France pour rénover ses propre wagons.

x

PISTE N°4 : Proposer les voyages de nuit sur le site de vente en ligne ! c’est aberrant mais aujourd’hui, comme Harry Potter on doit chercher le quai caché pour prendre son train. On ne trouve pas toujours les trajets pour les lignes françaises et jamais pour les lignes internationales. On sait faire pour les avions, pas pour les trains.

 x

Allez, on se quitte sur des signaux faibles qui redonnent espoirs. Après les sénateurs le mois dernier, les députés semblent prendre conscience de quelque chose. Ce mardi 7 mai, la Commission des Finances a voté un amendement en faveur des Intercités de nuit. (Lien)

 

On peut encore sauver notre Dragon Wagon ! (pour les vacances, prenez le train)

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonière n°20 : c’est la Pata !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 avril 2019

Cette chronique n°20 est bien numérotée puisque j’y cause d’ami.e.s de 20 ans ! la vie est bien faite parfois.

La vingtième donc, en mots ci-dessous et en son ICI.

 

Aujourd’hui est un jour de chronique spécial pour moi et je m’en vais vous dire pourquoi avant de ne pas traiter le sujet du jour puisque j’en avais préparé un autre. Avant d’être hors sujet donc, je vais abuser de ma position de chroniqueur libre dans mon strict intérêt personnel. Je vais faire, comme on dit dans le métier, une « Carlos Ghosn »…  sans prendre le risque cependant d’aller me promener au Japon dans la soirée.

x

Il se trouve en effet que je suis entrainé depuis quelques semaines dans la préparation d’un évènement fort particulier, qu’est celui de la préparation de l’anniversaire des vingt ans de mon diplôme de fin d’étude (que je suspecte encore d’avoir obtenu grâce au fait d’arme de l’organisation du gala de dernière année…).

Donc, grâce à la magie des réseaux sociaux et à l’initiative de quelques collègues de promo, me voilà, soir après soir, en contact direct avec les joyeux fantômes de mon passé. Des gens avec qui j’ai vécu près de 3 années dans une période où les souvenirs impriment bien le cortex. Des personnes, qui pour beaucoup avaient disparu de mes radars.

x

Et PAF ! du jour au lendemain, les photos du passé se confrontent à celles du présent avec des enfants partout. Les souvenirs potaches croisent les informations sur nos vies professionnelles souvent bien éloignées du diplôme qui nous destinait tous à travailler dans une usine agro-alimentaire.

xisim

Soir après soir, Régine me fait marrer avec son poney qui a peur des souris, Jean-Philippe avec son concours de grues, Frédérique avec ses soucis de camionneurs… Ils n’ont pas l’air d’avoir trop changé. Sauf mon binôme bien-sur qui n’a plus un poil sur le caillou et qui est tatoué de partout !

x

Mais la pression des retrouvailles approche. #retrouvaillesarecomming

x

x

Comment leur dire…

x

Comment leur dire ce que je suis devenu…

x

Comment les alerter sur le fait que je suis maintenant un anxiogène de première ?

x

Avant, le seul stress que je provoquais venait du malaise engendré par mes blagues foireuses… Mais maintenant c’est différent ! Il faut qu’ils sachent que ma vision du monde a radicalement changé en 20 ans… Que moi aussi je vois des marcheurs blancs partout (lien chronique précédente).

x

Je me suis dit que le meilleur moyen était de profiter de cette chronique pour montrer par le versant éclairé ce que je m’efforce de faciliter en autopsiant le cas d’une entreprise inspirante. Histoire de donner du concret à mon Graal.

x

Et là REPAF. Transition.

Je vais chroniquer sur l’autobiographie de celui qui incarne l’âme de mon entreprise référente.  A ce stade je devrais citer le bonhomme en question mais faisons trainer encore le suspense quelques secondes. Quand je demande aux gens qui m’entourent qui est leur entrepreneur emblématique, on me cite pèle mêle : Elon Musk, Bill Gates…

x

Et quand je dis le nom de mon référent à moi, les gens sourient toujours. Ça ne semble pas sérieux.

C’est vrai que Yvon Chouinard ça ne sonne pas « Silicon Valley », c’est moins stylé comme dirait ma fille.pata

x

Et pourtant c’est bien de lui dont je vais vous causer en racontant, vite fait, l’histoire de Patagonia par les yeux de son créateur, un entrepreneur pas comme les autres.

x

« aucun enfant ne rêve de devenir un homme d’affaire »

voici les premiers mots du premier chapitre de l’auto-biographie d’Yvon Chouinard. Phrase symbolique d’un homme qui a réussi presque malgré lui, en partant de rien, à créer ce que l’on appelle aujourd’hui une licorne (une des rares entreprises à afficher un chiffre d’affaire de plus d’1 milliard de dollars). C’est le seul qui en a un peu honte aussi…

x

Son nom franchouillard, il le tient de ses origines québecoises d’où ses parents ont émigré dans les années 40 pour s’installer finalement en Californie en 1946.

Le gosse Yvon est passionné de nature, monte à 15 ans un club de fauconnerie. Il voudrait être trappeur plus tard. Il pêche, surfe…

Il est surtout passionné d’escalade Yvon. Il passe son temps à grimper, et manque à plusieurs reprises d’y passer, à cause notamment d’un matériel très insuffisant. En 1957, il achète une forge et une enclume chez le ferrailleur du coin et se met à forger son matériel d’alpinisme.

x

Bref, il forge des pitons une partie du temps et les utilise l’autre partie. Il se met à les vendre et ça marche. Chouinard Equipment est née dans le début des années 60. En 1970, c’est le premier fournisseur d’escalade américain.

x

Il devrait être content Yvon. Mais non.  Dans son livre, il écrit son désespoir de voir que son entreprise contribue autant à la dégradation de l’environnement. En effet, aux USA ; les pitons étaient retirés à chaque utilisation, ce qui détruisait la roche. Le nombre d’escaladeurs augmentant, l’impact était de plus en plus visible. Il décide donc du jour au lendemain d’arrêter de fabriquer, pour cette raison, les pitons qui ont fait sa réussite. Il développe à la place des coinceurs en aluminium. L’entreprise communique sur le pourquoi de cette décision et revendique une escalade « propre ». Nous sommes au début des années 70 et ça marche.

x

Autre virage quand il a l’idée de proposer des vêtements aux escaladeurs. Polos, anoraks, gants, bonnets… Une offre inexistante dans les années 70. Le quincailleur se lance dans la mode pour sportifs. Il mit de la couleur et surtout de la technique au service des sportifs. En 1973, la marque Patagonia est née.

x

En 1977 l’effectif passe à 16 personnes mais Yvon Chouinard continue de passer une part importante de son temps à surfer et faire de l’escalade. Il pratique le MBA (Management by Absence).

Grâce à nombre d’innovations et de développements (polaires, sous-vêtements techniques…), du milieu des années 80 au début des années 90 le chiffre d’affaire de Patagonia bondit de 20 millions à 100 millions de dollars; avec une attention toute particulière au recrutement : il faut que les gens aiment les produits, les utilisent et qu’ils aient d’autres activités externes à l’entreprise.

x

x« Puisque je n’avais jamais souhaité être un homme d’affaire, il me fallait au moins quelques bonnes raisons pour accepter de le devenir […] le travail devait rester agréable »

ce qui se traduit par une des premières crèches d’entreprise, des horaires à la carte car « un vrai surfeur ne décide pas d’aller surfer mardi prochain à 14h » !

x

Mais c’est la conscience environnementale du patron qui caractérise le plus Patagonia, probablement car il est resté très proche de cette dernière (surf, escalade…). Un texte présente les valeurs de l’entreprise, qu’il enseignait en interne sous le terme de Philosophie Patagonia, dont je ne retiens ici qu’une phrase mais qui mériterait une chronique entière :

« toutes les décisions de l’entreprise sont prises dans le contexte de la crise environnementale »

En 1986, Patagonia s’engage a reverser chaque année 10% des bénéfices à des ONG (ou 1% du CA). Engagement tenu depuis. 66 millions de dollars de reversés à la date de l’édition de l’autobiographie !

Patagonia est aussi une entreprise militante qui s’affiche sur des causes comme en 1984 la protection du Parc Yosemite ou plus récemment en reversant l’intégralité du cadeau fiscal de début de mandat de Donad Trump à des associations.

Dès 1994, l’impact de la production des vêtements est au centre des attentions. L’éco-conception est la règle, traduite par du sourcing bio, suppression des toxiques et surtout en prenant la responsabilité de chaque produit de sa « naissance à sa renaissance ». Les produits doivent durer, être réparables, simples… Dans le métier du textile les enjeux se jouent souvent dans la chaine d’approvisionnement et j’encourage le curieux auditeur à consulter sur le site internet de la boite son FootPrintChronicles qui affiche une transparence totale sur la chaine d’approvisionnement.

x

Si la réussite Patagonia ne s’est pas faite sans à-coups, il est intéressant de comprendre ce qu’Yvon Chouinard a essayé d’insuffler à son entreprise :

« pratiquer des sports à risques m’avait enseigné de ne jamais dépasser ses limites. […] quand une entreprise essaie d’être ce qu’elle n’est pas, qu’elle essaie de tout avoir, elle court à sa perte. Il était temps d’appliquer un peu de philosophie zen à notre entreprise ».

Il revendique souvent de freiner la croissance de sa boite. Là-dessus, il a un peu échoué…

x

Jamais Patagonia n’est rentrée en bourse, pour éviter de subir la pression court termiste de l’actionnaire. Cette entreprise a le statut légal de Benefit Corporation depuis 2012, année où la Californie a rendu possible le statut d’entreprise à intérêt général, ce que la France a intégré en avril 2019 dans son corpus législatif (lien) . Si Patagonia venait à être vendue, ces valeurs ne pourraient changer qu’à l’unanimité du conseil d’administration.

 x

Bref, je vous recommande vivement la lecture de « Confessions d’un entrepreneur…pas comme les autres » Edition Vuibert pour prendre un peu d’inspiration et constater que l’entreprise est aussi un lieu des solutions.

x

Dorénavant quand vous verrez un truc qui réussit, faites comme moi et dites, « C’est la Pata »!

x

x

… Et à mes amis de 1999, n’ayez point peur, on peut œuvrer à l’évolution positive du système et (en) passer (ant) une bonne soirée ensemble…

x

x

Freed from DesireLalalala Image de prévisualisation YouTube

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, LECTURES | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonière n°19 : Glandeurs Non Violents

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 20 mars 2019

Ma dernière chronique (mars 2019) en son ICI et en mots ci-dessous :

En choisissant de traiter le sujet des Glandeurs Non Violents, je suis conscient de snober le sujet du jour qu’est la Communication Non Violente… Ce n’est pas que je ne me sente pas empathique personnellement et en capacité d’écouter et parler avec tous. Pour preuve, je passe ma vie à être un écolo intégriste pour les uns et un dangereux compromissionnaire acquis au Système pour les autres. En disant pourtant à peu près la même chose à mes interlocuteurs…

 

Le sujet Communication Non Violente est intéressant … mais il se trouve que ma dernière lecture cause si bien des arbres que j’avais envie de chroniquer chlorophylle. C’est comme ça. Une envie de vert, ça ne se discute pas.

 

Le livre c’est LA VIE SECRETE DES ARBRES du maintenant célèbre forestier allemand Peter WOHLLEBEN grâce à une audience peu ordinaire : plus de 1 millions d’exemplaires vendus dans le monde !

 

Cette chronique est aussi l’occasion pour moi d’ouvrir un nouveau combat. Nouveau combat qui est donc à ajouter aux dizaines d’autres abordés dans les 18 chroniques précédentes (déjà !). En vrac et non exhaustivement : la fiscalité du kérozène des avions, la masse croissante des voitures, la survie des trains de nuits, le plastique tueur d’Océan, les déserts médicaux, l’éradication organisée des grands mammifères et l’éradication plus anarchique des insectes, l’articulation du Je Nous, le combat contre les innovations toxiques, le mauvais usage de notre épargne, la mauvaise fois en matière de transition, le refus de la complexité, la publicité…

Le nouveau combat qui complète cette liste est linguistique celui-là.

Je voudrai vous faire un peu réfléchir à l’importance du gland et à la profonde injustice de la trop péjorative perception du glandeur dans notre monde moderne.

GNV

J’œuvre donc ici à la réhabilitation du gland comme un matériau noble de notre environnement et à celle de glandeur comme laborieux intérimaire de nos forêts.

Commençons par le début. Je vous présente le gland.

Le gland est le fruit du chêne, il est très riche en lipide (jusqu’à 50% de sa masse). La fructification demandant beaucoup d’énergie aux arbres, ils ne peuvent se permettre ce type de projet reproductif tous les ans.

La période de production des glands est appelée la glandée et se trouve donc fort irrégulière en quantité selon la météo, la santé de l’arbre ; son âge…

Par effet ricoché la santé des populations de sangliers ou de cochons sauvages mangeurs de glands, sont très impactées par ces irrégularités de glandée.

« Les années de petite glandée, les 3 petits cochons ont faim »

 

Et il n’y a pas que les petits cochons sauvages qui apprécient le gland. L’ONF aussi.

L’automne dernier, l’Office National des Forêts de Tronçais (lien) a sollicité pour la première fois depuis quatre ans, des glandeuses et des glandeurs pour une mission de la plus haute importance. Le quotidien auvergnat La Montagne a rapporté notamment que Gisèle a été missionnée pour parcourir les 430 ha de la forêt de Tronçais et récupérer les glands en bon état pour optimiser le processus naturel de renouvellement des générations. Ainsi 7 à 10 000 Litres de glands en pleine forme vont pouvoir être replanté.

Sans ce travail de petites mains, physique et demandant un œil expert pour ne pas ramasser des glands véreux (quel plaisir que de clamer que « glander n’est pas de tout repos » !). Sans ce travail donc, il faudrait s’en remettre à Dame Nature et compter sur quelques oiseaux ou mammifères oubliant leur surplus de stocks de glands cachés à des endroits qui doivent de surcroit être acceptables pour la croissance de bébé chêne.

Vous devez savoir que le taux de mortalité infantile est élevé chez les arbres.

Par exemple, un hêtre va produire durant sa vie de 150 ans, 60 fructifications, ce qui représente 1,8 millions de fruits (les faines). Et vous savez statistiquement combien vont réussir à produire un arbre adulte ? 1 seul !

Donc, pour une fois que l’homme peut donner un petit coup de main à la nature… remercions les glandeuses et glandeurs de leur boulot utile !

——————————————————————————–

Ce que je trouve beau, c’est que les glands et autres faines ne maitrisent rien de leur destinée mais participent pourtant à quelques choses de plus grand que leur simple existence. Toutes les forêts du monde sont passées par l’étape « gland » (ou équivalent).

Tout le pétrole que nous nous dépêchons de bruler de peur d’en laisser aux générations suivantes, vient quand, on y réfléchit bien, de ces petites choses insignifiantes que nous écrasons lors de nos balades en forêt.

Le gland est bien plus grand qu’il n’en a l’air, pensez-y dorénavant avant d’utiliser ce mot comme une insulte.

————————————————————————————-

J’en reviens au livre LA VIE SECRETE DES ARBRES. C’est un livre agréable à lire, captivant, cumulant les anecdotes faciles à transposer dans notre quotidien.

On y cause intelligence des arbres, communication, souffrances, relations de solidarité ou compétition, stratégie et innovation dans le but de bénéficier de la meilleure situation. La meilleure place « au soleil ».  On parle aussi de déplacement, de migrations…

Tous ces mots (intelligence, communication, innovation…) sont peu usités dans le contexte végétal. C’est le pari de l’auteur qui use et abuse de l’anthropomorphisme pour nous faire entrer en empathie avec le monde peu connu des arbres.

A le lire, on s’attendrait presque à voir l’arbre le plus proche de votre fenêtre (moi c’est un Erable), on s’attendrait presque à le voir vous sourire et partir se promener et marcher comme les Ents dans le seigneur des anneaux.

Il a été reproché à l’auteur de trop jouer sur la corde des sentiments humains (« bébé-arbres », « maman-arbre »…). Je pense que l’auteur a vraiment une vision humaine de ses amis arbres.

Et quand bien même il y aurait manipulation ! Qui reproche au marketing de faire parler des hamburgers ou des bonbons, qui critique les auteurs de publicité vantant que le dernier SUV de 2 tonnes saura vous rendre plus heureux.

S’il le faut, marketons les enjeux sociétaux ! Utilisons les armes du camp adverse. Aux armes stylistiques subversives Ecrivains !

Et tant pis si ce n’est pas de la communication non violente : Oups, pardon, je dérive…

—————————————————————–

Ce week-end, au retour de l’Ile d’Yeu où j’ai assisté à un superbe concert de Nina Attal, je me disais que la souffrance après cette lecture, c’est de savoir que l’Europe n’a conservé que 3% de ses forets primaires et que – selon l’auteur – seules ces formes forestières sont adaptées à la vie épanouie des arbres.

L’espérance après cette lecture c’est de savoir la formidable résilience des arbres. Il faut seulement les laisser faire et penser avec une montre d’arbre qui mesure le temps long (il faut selon l’auteur moins de 400 ans pour reconstituer une forêt primaire européenne).

Et je rappelle que sans ses alliés arbres Frodon et ses potes n’auraient pas pu sauver la Terre du Milieu. Qui sait ce qui nous serions devenu sans les arbres.

J’arrête les bêtises. Lisez ce livre et passez quelques minutes à regarder vos voisins arbres. Vous allez voir, ça fait du bien.

 

C’était la seconde fois que je chroniquais sur les Arbres. Il y a une raison. Je ne les connais pas bien mais suis sûr de les aimer. Et puis cette citation de François René de Chateaubriand me hante un peu :

 

“Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.”

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, Non classé | 1 Commentaire »

Chronique n°18 : Une bonne grillée de mogettes pour sauver l’Humanité

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 mars 2019

Et voici la chronique de février 2019. A lire ci-dessous et à entendre ICI dès qu’Euradio aura mis le podcast en ligne.

Aujourd’hui je tente un format tout neuf pour chroniquer sur les légumineuses : j’ai décidé d’emprunter des phrases à des chansons de Daniel Balavoine et de les saupoudrer dans ma bafouille.

xbalavoine

Mais pourquoi donc cette fantaisie ?

D’abord pour occuper ceux qui ne sont pas intéressés par le contenu de ma chronique et qui pourront ainsi s’amuser à compter le nombre d’emprunts (il y en a 6).

Et Pourquoi Balavoine ? car c’est la période où je le fais découvrir à mes filles, histoire qu’elle ne pensent pas que les Kids United ont tout pondu. Et puis, comme Ester -des cahiers d’Ester de Riad Sattouf- considère Balavoine comme un super chanteur mort… ça me fait une belle occasion de partager un truc que j’aime avec celles que j’aime.

Dernière raison, je me suis promis de ne pas citer ce coup-ci Nina Attal dans ma chronique… Zut, loupé…

 xx

Aller, il est temps de rentrer en scène… « Entrer sur scène comme on prend le dernier train »… Car avant de causer Fabacées (l’autre nom des légumineuses), je veux vous causer train. Train de nuit pour être plus précis.

Il se passe un truc actuellement en Europe sur le sujet. On parle partout de la renaissance des trains de nuit. L’illustre National Geographic titrait récemment The return of sleeper trains en citant de nouvelles liaisons en Grande-Bretagne ; mais ces dernières semaines d’autres nouvelles lignes ont été annoncées : Berlin-Kiev, Berlin-Vienne, Amsterdam-Berlin, Amsterdam-Innsbruck… Les trains de nuit font peaux neuves avec des services nouveaux, un confort accru… Une renaissance vous disais-je.

Cette tendance semble être vraie partout en Europe… sauf en France… où les lignes ferment toutes les unes après les autres. Reste le Paris-Port Bout qui a été prolongé in-extremis jusqu’en 2020.

x

Notre président a affirmé lors d’un débat avec des maires, ne pas vouloir taxer le kérosène des avions sur les vols intérieurs car sinon ces vols ne seraient pas rentables… On rêve : la subvention à la pollution est totalement assumée ! et on parle de plus de 300 millions d’euros par an quand même. Nous sommes près de 90.000 à avoir signé une pétition pour le maintien des trains de nuit sur change.org pour ressusciter ce mode de déplacement écolo et drôlement sympa qui nous offre la possibilité de faire de la mobilité une partie intégrante du voyage et non une stricte contrainte logistique.

xx

Mais une question me taraude… est-il bien raisonnable de se gaver de légumineuses avant de composter son billet pour une nuit dans un compartiment de quelques mètres carrés avec des inconnus ? 

xx
Car « même si un sourd n’entend pas ce qu’il veut », le  savoir-vivre nous impose une certaine contention digestive. Par convention (ce qui n’est pas vrai pour la vie en société chez les vaches par exemple), il n’est pas bien venu d’être trop libéral sur le sujet des gaz de digestion.

Je vais vous apprendre un truc. Le groupe de salopards qui nous privent d’un petit salé aux lentilles ou d’un cassoulet avant notre nuit ferroviaire est connu, fiché. Ces malfrats se donnent le nom du gang des alpha-galactosides. Avec un nom pareil, on s’attendrait presque à les trouver dans les vieux épisodes de Goldorak.

Ces Golgothes peuvent être vaincus ! En effet, on peut les exterminer avec des modalités de préparation adaptées comme un trempage préalable (l’eau de trempage à jeter obligatoirement bien-sûr!) ou même par l’utilisation d’épices (les indiens sont les premiers consommateurs de légumineuses au monde, ils ont eu le temps de bossé le truc).

 xx

J’ai commencé, comme d’habitude, à parler du côté malodorant de la chose en envisageant la flatulence avant les indéniables intérêts de ces puiseurs d’azote que sont les légumineuses.

x

Car il faut bien comprendre l’énorme intérêt agronomique de ces plantes, qui par association symbiotique avec des bactéries dans leurs nodosités, sont en mesure de fixer l’azote atmosphérique. Une fertilisation naturelle du sol qui profite aux autres plantes et cultures. « Dieu que c’est beau ». Elles sont géniales ces légumineuses ! Elles mériteraient de gagner le premier prix de l’innovation utile aux MNA, Millenium Nature Awards.

x

Innovation utile je dis bien, car quand je vois qu’une boite russe est capable de proposer comme innovation du siècle de mettre des panneaux publicitaires sur orbites pour toujours pouvoir être inciter à consommer des trucs, je pense que dans ce cas il faut compléter le mot innovation avec l’adjectif « toxique ». Je ferme la parenthèse.

x

Je vous recommande une nouvelle fois la lecture de JAMAIS SEUL de Marc-André Sellosse pour comprendre le petit miracle symbiotique des légumineuses. Elles ont un incroyable talent qui peut permettre d’envisager une baisse de consommation d’apport azoté dans le sol, en plus d’être riche en Fer, en fibres, en vitamines et en protéines qui peuvent se substituer partiellement à l’apport protéique d’origine animale. L’Agence de Santé Publique France, dans ses dernières recommandations datant du 22 janvier dernier, conseille de manger au moins deux fois par semaine des légumes secs (lentilles, pois chiches, etc.), trop peu présents dans l’assiette des Français.

x

D’un point de vu climatique les fabacées sont aussi des winners : d’après l’ADEME le steak de bœuf émet 28,6kg de CO2 par kg de viande. Tandis qu’un kilogramme de lentilles vertes émet seulement 0,88 kg de CO2, soit 30 fois moins d’émissions dans l’atmosphère. Même une ou deux substitutions par semaine sont les bienvenues.

 x

Les légumineuses nous aiment dirait-on. Elles font tout pour nous améliorer la vie. Pourtant les statistiques de consommation des légumineuses ne confirment pas qu’ « Aimer est plus fort que d’être aimé ».

x

La baisse de consommation depuis les années 60 est constante. Pendant longtemps la légumineuse était la viande du pauvre. Avec l’arrivée sur le marché de la viande pas chère, la consommation française de légumineuse a été divisée par 10 entre le 19ème siècle et aujourd’hui.

x

Parler légumineuse en 2019, c’est parler d’une production mondiale de 80 millions de tonnes, avec une demande hétérogène sur le globe. L’Inde produit 22 millions de tonnes à elle seule. Logique me dirait vous pour un pays habité pour l’essentiel de végétariens.

Mais ce qui est peu compris, c’est qu’aujourd’hui, la majorité de la production végétale agricole est consacrée à l’alimentation animale avec un système mondial, accords internationaux à l’appui, très conservateur et organisé comme suit (grosse simplification) : les USA produisent le Soja qui nourrissent nos animaux, l’Europe produit les céréales.

x

Notre situation de dépendance au soja américain se résumerai par « Je ne peux pas et je ne sais pas et je reste planté là ».. Les US sont notre fournisseur officiel d’aliment pour les vaches à viandes européennes. Pourtant ; les animaux aussi pourrait s’alimenter en légumineuses locales.

Et les choses ne s’améliore pas puisque Donald a réussi à faire valider à l’UE l’importation de Soja à destination de Biocarburant, moins cher que les biocarburants made in France à base colza. Et là je ne vais pas me faire des copains, mais il ne faudrait pas que notre légitime mobilisation citoyenne contre la chimie de nos culture occulte les pratiques au-delà de nos frontières. L’import de la pollution est à mon sens tout aussi irresponsable que la maitrise de cette dernière sur notre sol.

x

Un peu d’histoire avant que je vous lâche le haricot.

L’humain s’est intéressé à la légumineuse vivrière dès 9 000 ans avant notre ère en Iran (c’est donc chez les perses que les légumineuses ont en premier percées…).

Plus proche géographiquement et temporellement de nous des navigateurs espagnols rapportèrent quelques graines de haricot originaire du Nouveau Monde, du Mexique plus précisément, pour les offrirent au pape Clément VII. Et ici aussi les qualités de culture et de conservation du produit lui ont permis de conquérir la France pour atteindre une sorte d’aboutissement ultime en Vendée avec … la grillée de mogettes !

Je plains celui qui ne connait pas le plaisir de la dégustation d’une tartine, préalablement grillée au coin du feu et tartinée de beurre salé, que l’on aura pris soin de couvrir généreusement d’une couverture de mogettes chaudes.

Certains choisissent de prolonger ces soirées conviviales de moments non moins conviviaux que je ne décrirai pas dans le détail ici, la pratique du pet-flamme pouvant présenter de fort danger de dégradation de votre petit intérieur.

 xx

Pour conclure, je vous propose une punchline pour faire la promotion des légumineuses :

Peut-être que « Je ne suis pas un héro », mais en consommant des légumineuses, je contribue à diminuer l’impact carbone de mon assiette tout en améliorant ma santé.

Ce qui me parait mieux que « Je mange des légumineuses et je pète le feu ».

 

 

 

 

Sources ayant inspirées cette chronique :

 

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-26-novembre-2018

https://www.planetoscope.com/fruits-legumes/2004-la-production-mondiale-de-legumineuses.html

http://www.b2ipme.fr/nimda/uploads/cours_AS_Voisin_M2_2012.pdf

https://solagro.org/images/imagesCK/files/publications/f12_diagnosticlegumineusesalim.pdf

 

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE | Pas de Commentaire »

Chronique n°17 : medecine douce, érection et responsabilité sociétale…

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 février 2019

Et voici la chronique de janvier 2019. A lire ci-dessous et à entendre ICI dès qu’Euradio aura mis le podcast en ligne.

Bon, nous sommes en janvier… C’est la première chronique de l’année… Plus que jamais, en décembre 2018, nous nous sommes souhaités de « bonnes haines de Noël ». En janvier, qu’on y croit ou non, il nous faut bien dire un truc gentil et poli sur les vœux de début d’année pour avoir l’autorisation sociale de poursuivre la discussion.

Allons-y pour les poncifs d’usage sur le champ du mystique (« bonne année », « bonne santé »!!… Comme si quelqu’un avait le « 06″ du gestionnaire de notre karma !). Après, ça tombe bien, le sujet du jour étant la médecine douce, le « bonne santé » est cohérent. Allez, causons maintenant « médecine douce ».

xx

Devant ma faible connaissance du sujet, j’ai dû consulter mon pot Wiki pour disposer d’un vernis et faire illusion le temps d’une chronique de 3 minutes cinquante.

J’ai donc appris – pour faire simple – que les médecines douces (également appelées alternatives ou parallèles) sont celles qui n’utilisent pas molécules chimiques pour soigner les patients.

La définition était illustrée de 4 mots en « ie » et un en « nose » ostéopathie, chiropraxie, étiopathie, kinésiologie, hypnose.

xx

En première approche, je me suis dit que c’était déjà ce que l’on faisait dans ma belle campagne vendéenne. On déploie une médecine douce très efficace pour baisser la consommation de médicaments : traduits en « ie » et « nose » (pour faire intelligent) ça donnerait : Medecinestpartie ou la sansmedecinsitulose.

Plus de médecin, moins d’accès au soin, moins de médicaments, CQFD !

En fait, je ne suis pas bien sûr que la promotion des déserts médicaux soit une médecine douce recommandable car en plus d’être un phénomène contribuant à l’épidémie hivernale de giletsjaunite, on voit bien en parallèle que l’auto-prescription augmente.

L’organisation représentant l’automédication responsable (puisque ça existe : l’AFIPA) affiche un chiffre d’affaire annuel de 2,3 milliards d’euros par an, en augmentation constante tous les ans.

Arrivé à ce stade de la chronique, je sens bien que mes divagations rurales sont hors de propos…

xx

Mes investigations sur la toile (toile qui est de plus en plus gluante et puante ces derniers temps) ont mis en avant beaucoup d’articles qui me renvoyaient sur la médecine traditionnelle chinoise. C’est une des inspirations de la médecine douce semble-t-il.

Cette médecine qui puiserait ses origines au troisième millénaire avant JC, a pour théorie que le fonctionnement de l’organisme ne peut être séparé des influences de l’environnement ou des répercutions psychologiques.

 

Et c’est du sérieux.

Saviez-vous que la Pitié-Salpêtrière, à Paris, accueille le Centre intégré de médecine chinoise depuis 2009 ? 

Saviez-vous que la scientifique chinoise Tu Youyou a été co-lauréate en 2015 du prix Nobel de médecine pour la mise au point d’un traitement contre le paludisme inspiré par cette médecine millénaire ?

Saviez-vous enfin que cette médecine représenterait un business de plusieurs millions de dollars par an ?

Moi tout ça, je l’ai découvert.

xxx

Mais rien n’est blanc ou noir, que l’on parle de fiscalité, de mobilité électrique ou de médecine millénaire chinoise. Cette dernière n’est pas vierge de toute ombre sur notre écosystème, notamment pour sa tendance à reconnaitre des bienfaits thérapeutiques à des bouts d’animaux que nous ne trouverons très bientôt plus que dans les zoos ou sous forme de peluches dans la chambre des enfants.

Les cornes des rhinocéros en Afrique sont par exemple réputées pour soigner la fièvre et le délire. Mais d’autres animaux sont concernés : le tigre, les hippocampes, les tortues, le cobra indien, les ours noirs d’Asie…

xxx

Et là j’en viens à la qualité de mon érection.wwf

Imaginons que je sois un quinqua chinois de la classe moyenne montante, avec suffisamment de moyens pour me payer une médecine douce traditionnelle. Imaginons (pure hypothèse encore) que je commence à douter du fonctionnement de la mécanique d’une partie de mon anatomie, indispensable pour ma confiance en moi, elle-même indispensable à ma performance d’homo-économicus.

J’ai légitimement envie d’une aide – d’une béquille quoi – La chimie me rebute : je ne veux pas de pilule bleue bourrée de nitrate… et Papa m’a toujours dit qu’il n’y a rien de mieux que la corne de rhinocéros pour ce type de soucis. Et puis, c’est naturel au moins… On pourrait dire « Bio » même. Voilà…

En novembre 2018 les autorités chinoises ont laissé planer le doute sur l’annulation de l’interdiction de commercialisation de produits issus du tigre et du rhinocéros. Et même si finalement l’interdiction de la commercialisation de ces bouts d’êtres vivants a été maintenue, le mal est fait. Le marché noir est re-boosté. Le continent africain ne résiste pas aux sommes astronomiques proposées pour ces antidotes traditionnels.

xx

Pour que quelques mâles retrouvent de prétendues vigoureuses érections à un bout de la planète, l’Afrique se vide de sa vie sauvage, probablement irrémédiablement. LIEN

xx

C’est tout moi ça. On me demande une chronique sur la médecine douce et me voilà partie sur la barbarie ordinaire de l’humain du 21ème siècle.

Excusez-moi d’éclairer en permanence nos côtés obscurs, mais par définition éclairer un côté obscur le rend moins obscur… Non ?

xxx

Ce cheminement et ma lecture concomitante du SIECLE BLEU de Jean-Pierre GOUX, puis d’ECOTOPIA d’Ernest CALLENBACH, m’ont cependant amené à meposer une question quasi-philosophique que je vais partager avec les nombreux neurones réunis autour de cette table et éventuellement de l’autre côté du transistor (transistor, mot plus utilisé depuis janvier 1985 sur RTL).

xx

xx

Notre tendance à améliorer notre propre bien être individuel est-elle compatible

avec l’enjeu majeur de la préservation de la Santé de Gaia ?

x

xxx

Je précise Gaia c’est pas une copine à moi. Gaia est la personnalisation de la Terre, notre mère nature, notre substrat, notre village, notre ile, notre vaisseau, notre poussière d’étoile. Bref, un truc fragile que seuls ceux qui sont partis se promener dans l’espace ont pu voir dans toute sa finitude et toute sa fragilité. A défaut d’un voyage spatial tapez BlueTurn sur votre moteur de recherche, vous en prendrez plein la vue.

xx

Donc : quel est le sens à être en bonne santé sur un bout de caillou mort ? Est-il même possible de l’envisager ? Si la médecine chinoise prend en compte l’environnement du patient pour traiter la pathologie, ne faudrait-il pas gagner du temps et passer plus d’énergie à traiter les troubles de l’environnement plutôt que de se soigner tous individuellement dans notre coin ?

xx

A ces questions nous sommes surement d’accord – je ne chronique pas sur RMC Sport – mais qu’est-ce qui fait que concrètement notre Société ne ressent pas que l’écosystème est malade de ses excès ?

Ha, si seulement chacun pouvait ressentir dans ses chaires la disparition d’une espèce sauvage par une bonne gastro nocturne. [ce qui reviendrait à ce que l’on observe pour d’autres raisons tous les samedis : faire chier le monde pour le changer].

xx

Aujourd’hui, j’ai moyennement envie de rigoler car je ressens que la pente est mauvaise, que l’individualisme prend encore un peu plus le pas de jour en jour, que tous les Grands Débats ne causeront que de nos soucis individuels et pas collectifs, que personne sur Terre n’est en mesure prendre le leadership pour mettre en œuvre un protocole de soin. On a mal et on est mal.

xx

C’est un peu le sujet de Siècle bleu de Jean-Pierre Goux qui sous la forme d’un thriller efficace décrit une montée de conscience collective sur la fragilité de notre Terre et la nécessité de changer 3 ou 4 trucs pour prolonger l’aventure humaine un peu plus longtemps. L’histoire commence par une forme pacifique d’éco-activisme et finit par…

… vous ne pensiez pas que j’allais vous le dire ? Vous avez qu’à le lire.

 xx

Siècle bleu, édition La Mer Salée, à lire en écoutant le dernier album de Nina Attal en concert le 9 mars sur l’Ile d’yeu.

Tous les liens et commentaires des lectures citées sont disponibles sur mon blog.

 

Soignez-vous bien.

 

 

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonière n°16 : l’indigeste repas

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 30 octobre 2018

et hop, une chronique de plus. Le lien sur le son bientôt ICI.

Ce coup-ci, on a bien dégusté !Capture2

 

Aujourd’hui, pas de délire extra-terrestre, mais un modeste et indigeste repas composé en entrée d’un minable Polar, en plat de résistance d’un rapport-qui-fait-peur et en dessert de marchands de malheurs. Ce menu sera arrosé d’un vin pas vraiment naturel…

Bon appétit… ou plutôt bon courage,

xx

En entrée donc, je voulais commencer ma chronique avec une confidence : (…) je vis avec un meurtrier à la maison. Ce n’est pas une blague.

Je le vois tous les jours. Il me nargue. Il sait que je sais. Personne n’est dupe. Le pire, c’est que mes filles l’adorent… Il cache bien son jeu l’escroc manipulateur.

Il sait se rendre adorable cette enflure de Cookie.

Il est membre du groupe sanguinaire des chats. Ce sont des machines à tuer et de ce fait une plaie pour la biodiversité. Chaque année, ils seraient responsables en France de la mort de 75 millions d’oiseaux et probablement de millions de chauves-souris. Cela représente plus de 200.000 volatiles PAR JOUR ! Comme si les oiseaux n’avaient pas assez de soucis à gérer avec l’effondrement de la population d’insectes volants (leur nourriture), la disparition des haies (leur maison) … Fait pas bon avoir des ailes en ce début de 21ème siècle.

Il faut nous mobiliser. Je propose de lancer un mouvement de grande ampleur sur les réseaux sociaux pour la stérilisation des chats. On appellerait ça le mouvement #matou.

xx

Passons au plat de résistance…

c

Au registre des joyeusetés automnales, les feuilles qui nous sont tombées dessus le 9 octobre sont bien lourdes. Le dernier rapport du GIEC fait en effet dans le tragique de répétition. [Sur le sujet Regardez la présentation sénatoriale de Mme Masson Delmotte LIEN]

Les experts de la tuyauterie planétaire des fluides et des températures ont encore frappé !

image1x

En gros, ils nous disent que le chauffage central de l’immeuble Monde déconne et qu’on ferait bien de ne pas faire n’importe quoi avec les radiateurs et la climatisation.

x

Les rapports précédents disaient d’abord avec prudence : « ce n’est peut-être pas top de chauffer fenêtres ouvertes en hiver, on devrait peut-être faire gaffe ». Après, ils ont dit : « on est presque sur ce coup ci que c’est une connerie de chauffer fenêtre ouverte ». Puis les derniers, c’était : « Hé, y a quelqu’un ? on vous dit que ça craint ! c’est sûr, la chaudière part en vrille. FERMER LES FENETRES ! »

Ce coup-ci, pour la première fois le rapport nous dit comment fermer les fenêtres et explique aussi que ça ne suffira pas, il faut tout refaire de fond en comble. Ça va couter une blinde (2400 milliards de dollars par an, soit 1/6 du PIB européen), mais si on ne le fait pas, c’est mort (à comprendre au sens propre et figurer). Si nous n’arrivons pas devenir neutre en émissions carbone d’origine humaine en 2050, la co-propriété deviendra inhabitable.

 xx

Donc tout doit changer dans nos usages pour que pas trop de choses ne change en termes d’habitabilité de la terre.

x

Vous avez remarqué ? Le nombre de climatosceptiques a fondu aussi vite que la glace des pôles. Par contre, le nombre de technophiles hyper-confiants dans le fait que les réponses vont s’imposer d’elles-mêmes sont apparus au même rythme que les aléas climatiques. D’ailleurs, c’est un peu ce que disent les deux prix Nobel d’économie d’octobre 2018. William Nordhaus considère que 3,5°C de réchauffement, c’est un niveau de réchauffement climatique « optimal » pour que l’économie « bénéficie » du réchauffement climatique (lien).

xx

Le dessert n’est pas bon non plus.

x

Vous savez combien de joyeux marcheurs pour le climat ont été évalués sur les deux samedis de septembre et octobre ? Avec énormément de bienveillance, nous étions 150.000 personnes cumulées sur 2 samedis.

Vous savez combien de visiteurs sont passés au salon de l’auto 2018 ? autour de 1.000.000. Le débat est posé. On est mal.

 ximage 2

Comme on est dans la mouise au niveau du climat, 1 million de compatriotes a décidé de prendre en main son avenir en allant au salon de l’auto pour se laisser tenter par des bolides de plus en plus lourds. La vente de 4*4, de SUV et de pick-up ne s’est jamais aussi bien porté. Rien que les SUV représentent plus de 30% des ventes de véhicules neufs. Toujours plus gros, toujours plus lourds… Et en physique quand on augmente la masse du machin, on augmente l’énergie nécessaire pour le bouger, le machin.

 xx

Tiens, ça me fait penser à Cookie. Mon chat. Mon mortel ami présente une particularité que je lui jalouse et qui m’est définitivement inaccessible. Cookie ne vit que dans le présent. Il ne pense pas à son dernier vaccin ou au froid du prochain hiver. Il est branché « live » et du coup pour lui quand ça va, ça va !

xx

CQFD : le français du salon de l’auto est un chat

 xx

Je vous soumets une remarque que j’ai pompé à Nicolas Meilhan sur le site de l’oiseau bleu : « l’état devrait inciter les français à acheter des véhicules légers et pas leur filer 2000 € pour l’achat d’une voiture qui sera interdite à Berlin en 2019 (interdiction diesel). » ça se tient non ?

ss

On boit un coup avant de se quitter ?

x

J’ai trouvé dans Libération, l’information qui est capable de faire changer les comportements de millions de français. La motivation ultime. (lien) Avec le réchauffement climatique, l’orge va avoir du mal à se satisfaire des sécheresses et vagues de chaleur. Les buveurs de bière ont du souci à se faire. Et moi, la perspective de garder ma pinte me motive.

Offrons nous un verre de vin pour faire passer tout ça… mais même le vin a un arrière-gout amer selon une récente enquête de FRANCEINFO. Pas moins d’une cinquantaine de produits additifs sont autorisés dans la viticulture conventionnelle.

Le sulfite. Je savais. Je ne me doutais pas que les quantités de sulfites variaient de 10 mg/L à 202 mg/L. Des résidus de pesticides bien entendu pour le non bio. Le cocktail peut atteindre 15 molécules différentes dans une même bouteille selon les analyses. Mais on picole aussi plein d’autres additifs « de process », sans aucune information du consommateur. Les obligations de transparence et d’affichage applicables à tous les produits alimentaires, ne s’appliquent pas au vin. Dingue.

Ça ne s’invente pas. Mr Christophe Château, directeur de la communication du Conseil interprofessionnel du vin de bordeaux a déclaré : « On ne peut pas tout écrire sur l’étiquette ». OK, alors.

Bref, je ne sais pas si demain à cause du réchauffement climatique, nous devrons nous fournir auprès de viticulteurs anglais, mais je suis sûr d’avoir besoin d’un truc correct à boire pour tolérer les défaillances pathétiques de ce monde.

xx

Amis buveurs de tout pays et de toute boisson, unissons nous pour conserver un monde buvable.

x

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, HUMOUR | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonière n°15 : « Bon souvenir de mes vacances sur Terre »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 13 septembre 2018

Voici une nouvelle Chronique, à écouter ICI (minute 22) et/ou à lire ci-dessous :

 

Je vais vous lire aujourd’hui la carte postale qu’un gentil extraterrestre a écrit cet été à sa famille. Je ne vous dis pas comment j’ai récupéré ce document rare, mais faites-moi confiance, c’est une fake news authentique ! [Je n’ai, sur le sujet, plus aucun scrupule depuis que j’ai entendu cet été Rudy Giuliani, l’avocat médiatique du Président américain dire “la vérité n’est pas la vérité »]. Donc, l’auteur de cette lettre vraie et fictionnelle à la fois, a passé ses vacances parmi nous cet été.

mars

« Bonjour les amis,

Je vous écris de la Terre, une toute petite planète située dans le système solaire, bien loin de notre galaxie. Cette année, j’ai en effet choisi pour mes vacances de sortir des planètes habituelles et m’éloigner un peu de Melmac. Je voulais éviter la foule des touristes et avoir un truc original à raconter à la rentrée.

x

Un cousin m’avait recommandé la destination Terre et même si j’ai eu beaucoup de mal à la trouver, franchement, ça valait le déplacement ! Arriver de l’espace avec leur étoile centrale dans le dos (le soleil) et voir cette planète quasi toute bleue tant il y a d’eau à sa surface : c’est un spectacle unique. Cette planète est un vrai miracle, elle est juste située à bonne distance du soleil pour bénéficier de températures clémentes et stables. Elle a une atmosphère protectrice permettant au final de maintenir une température moyenne autour de 15°c et avec une composition gazeuse des plus accueillante. Incroyable. Je ne connais pas d’autres planètes disposant d’un contexte si favorable. Un bijou de poussière d’étoile [expression empruntée à H. Reeves].

x

Et des paysages d’une variété époustouflante pour une si petite planète : des océans d’un bleu rafraichissant, des montagnes avec un peu de neige d’un blanc éclatant, des forêts d’un vert reposant. Cinq étoiles au Guide du Routard intergalactique.

x

Avec des conditions pareilles la planète est habitée bien sûr. En nombre, la vie est surtout représentée par les micro-organismes présents partout, j’y reviendrai. Il y a aussi beaucoup de végétaux, d’insectes (plus de 5 millions d’espèces à vue de nez), d’arthropodes et de mollusques…. C’est extraordinaire de diversité. Je suis seulement un peu surpris qu’il y ait si peu de vie marine, les océans sont presque vides. Bizarre… En tout cas, sur toutes les formes de vie que j’ai observées, il m’est apparu que nous avons beaucoup à apprendre d’elles.

x

 x

Bon, tout n’est pas rose non plus sur Terre, elle est même par endroit souillée, voir inhabitable. Il faut dire que la domination, pour le moment, est celle d’une espèce un peu crade, les humains. Ce sont des bipèdes comme nous et ils disposent d’un niveau de technologies plutôt avancé. En fait, je crois que le niveau de savoir humain est même plutôt correct. Je l’évalue à 6 sur l’échelle de BAldo (qui compte 20 niveaux je vous le rappelle). Par exemple, ils savent se passer des énergies de combustion (ils ont compris qu’elles étaient nocives et trop rares), ils savent qu’ils dépendent des autres espèces vivantes, ils savent que pas mal de ressources sont limitées en disponibilité et c’est important pour eux car pour le moment ils sont bloqués sur leur caillou… Ce qui est étrange, c’est que pour des raisons incompréhensibles, ils ne traduisent pas leurs savoirs en actions. Au contraire, ils continuent d’utiliser massivement et sans précaution ni régulation les énergies fossiles dans des véhicules qui roulent pour on ne sait quoi et qui sont loin d’être sobres (leurs véhicules font jusqu’à 33 fois leur poids, cf dernier tank individuel de Mercedes). Ils détruisent massivement les autres formes de vie de leur écosystème comme pour bien montrer leur domination par leur pouvoir de nuisance. Ils s’organisent même semble-t-il pour mettre en place une sorte de grand gaspillage de ressources. Ils appellent ça l’Économie… mais là je dois avoir un problème de traduction car cette économie, n’est pas du tout économe en ressources…

x

Bref, la logique en place me dépasse et j’avoue, elle a pu parfois gâcher quelques moments pendant mon séjour. J’étais en vacances et je n’ai donc pas approfondi la chose mais si je fais mon planétopsychologue de comptoir, je dirais qu’il y a une tendance à l’autodestruction chez cette espèce humaine. Je mets mon billet, que lorsque je reviendrai, dans 1000 ou 2000 ans (aux prochaines vacances), ils ne seront plus présents sur Terre, tant leur projet autodestructeur a de bonnes chances d’aboutir.

x

Pour finir avec eux, car ils ne sont vraiment pas ce que j’ai préféré pendant mes vacances, je vais illustrer leurs défaillances cognitives par une anecdote croustillante. Une de leur tribu les plus puissante (les Etats-Unis je crois) est gouvernée par…  je vous le donne en mille : un extra-terrestre vaguement grimé en humain ! si, si, j’ai reconnu sans difficulté en leur chef un Oranginien ! Dingue ! Il semble prendre plaisir à passer son temps à se moquer des humains en prenant des décisions aberrantes. Rien que pendant que j’étais là, il a expliqué à son peuple (accrochez-vous) que pour lutter contre les incendies de forêt il fallait couper tous les arbres ! que dans un contexte de réchauffement climatique très fort sur Terre il fallait surtout développer la combustion de charbon ! il dit vraiment n’importe quoi et son peuple réagit à peine. Étonnant.

Je crois qu’il veut seulement s’amuser un peu mais je trouve que c’est éthiquement son comportement est discutable. C’est pas terrible de manipuler un peuple faible et peu éduqué. Je veux pas être raciste mais on sait tous que les Oranginiens sont tous un peu secoué…oranginien !

x

Revenons aux espèces non-nuisibles de la planète Terre. L’évolution a produit des collaborations inter-espèces tout à fait étonnantes. J’ai passé pas mal de temps à regarder de près leurs arbres et leurs animaux et j’ai constaté des interactions surprenantes. Par exemple, il y a un gros mammifère qui s’appelle « VACHE » (un animal aux allures de Boloches avec 4 pattes et sans trompe, pour vous faire une idée). Ces « vaches » passent le temps à brouter de l’herbe et à mâchouiller, tranquilles. Couchées par terre. Pas d’énergie dépenser à chasser, à rechercher de la nourriture. Peinarde la vache. Et là ou c’est fort, [alors même que la majorité des humains pensent que les vaches sont herbivores], ces dernières ne se nourrissent en fait que des micro-organismes qu’elles cultivent dans une sorte de réservoir interne (rumen) et qui eux se nourrissent d’herbes. Dingue. Le micro-organisme n’est pas viable hors du rumen de la vache et la vache ne sait pas se nourrir sans ses hôtes. Hallucinant comme collaboration !

Je pourrai vous raconter plein d’autres histoires de symbioses microorganismes-végétaux, microorganismes-humains… c’est passionnant ce qui se passe sur Terre. Je crois que les microorganismes sont les vrais dominateurs silencieux de ce monde. Je ramène un livre humain passionnant décrivant tout ça : JAMAIS SEUL, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations écrit par un homme moins bête que la majorité rencontrée, Marc André Selosse. A lire (LIEN)!

 x

Voilà. Je ramène quelques photos sympas de mon voyage dans cette contrée reculée. Si je vous ai fait envie, je vous recommande d’y aller assez vite car il y a une probabilité assez forte de dégradation des conditions d’accueil touristique dans les siècles à venir.

 x

Une dernière chose. Si vous y allez, je vous recommande vivement d’essayer le « vélo », un moyen de déplacement rigolo et assez efficace. (C’est une sorte de Solifare avec deux roues alignées et sans propulseur). Je suis sûr que ce truc a de l’avenir. J’ai croisé une famille sympa qui faisait un petit parcours dans un endroit très agréable qui s’appelle la Vendée. Ils m’ont convaincu de faire moins de distance pour les prochaines vacances. Sobriété et plaisir pour les congés : tout un programme ! LIEN

 x

Amicales pensées molles, à très bientôt,

MalaK Folfolay de la planète Melmac »alf

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, HUMOUR | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonnière n°14 : « On est dans le kaka de Yak… et en même temps… »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 juin 2018

Bientôt en ligne (lien), ma dernière chronique Ecolo-Buissonnière sur un sujet traité dans un post précédent : les rencontres internationales francophones – Transition Énergétique et Sociétale. En attendant, voici le texte et ses liens.

Spéciale dédicace à Bernard.

« Aujourd’hui, je viens vous chroniquer sur le thème de la GONALGIE.

x

J’ai en effet assisté, il y a quelques jours à un colloque international de rhumato-sociologie passionnant. Le thème de ce symposium était l’amélioration de l’articulation du genou. Devant mon envie irrésistible de briller en société, m’en voilà parti pour vous conter ceci.

x

Le constat au niveau mondial n’est pas brillant. L’articulation du genou n’est pas un sujet très vulgarisé et pourtant trouver remèdes aux maux de l’articulation du GENOU répondrait à bien des enjeux de notre temps. En aviez-vous conscience ?

x

Notamment, saviez-vous que la mauvaise articulation du JE-NOUS est une des causes principales de notre individualisme ? de notre incapacité à nous approprier les enjeux globaux comme le réchauffement climatique ou l’extinction de la biodiversité ? non ?

Il faut dire que l’articulation JE-NOUS est soumise à bien des contraintes : l’obésité du poids des enjeux mortifères qu’il nous faut porter, la sédentarité d’un système privilégiant l’individu au collectif, les ondes négatives permanentes provenant des chaines d’infos continues qui nous poussent toujours plus à ignorer le NOUS au profit du JE.

x

C’est un peu de cela dont il a été question lors des premières journées internationales francophones de la Transition énergétique et sociétale, puisqu’il s’agit bien de cela.

L’articulation du JE et du NOUS résume bien la question affichée en ouverture de session : « En quoi l’innovation sociale et les dynamiques collectives facilitent l’émergence et le développement des projets de transition sur les territoires locaux ? ».

Nos invités du CTS ne seront pas perdus lors de cette chronique, car je vais relater arbitrairement, maladroitement et subjectivement ce que je retiens de l’évènement pendant lequel leur promotion 2017-2018 a présenté son évènement de clôture.

x

J’ai donc passé 2 journées et 2 soirées au milieu de chercheurs, de philosophes, de sociologues, d’acteurs associatifs, de gens de collectivités, de référents d’entreprises, de québequois chauves, d’helvétiques barbus… sans oublier les « collégiens de la transition ». Tout ce beau monde pour phosphorer sur le Faire Ensemble.

Le concept du FAIRE ENSEMBLE est vraiment intéressant… pour tout dire, si j’étais Monsanto, expert de l’appropriation du vivant, je brevèterais le principe ! c’est vrai quoi, le potentiel est énorme : si ça marche massiquement, on tient une pierre philosophale ! Y a vraiment du pognon à se faire ! En attendant de privatiser le concept, les présents à ces journées ont fait de la mise en pratique.

x

La mise en pratique a commencé par une mise en abime lors de la conférence du philosophe suisse Dominique Bourg que je résume avec mes mots et une métaphore pleine de bon gout. L’Humanité toute entière est plongée dans une sorte de fosse à lisier de yak malade. Nous sommes dans ce truc malodorant. C’est même nous qui avons creuser la fosse et construit le système l’alimentant. Le niveau monte. Nous respirons difficilement avec une paille… mais nous nous sommes finalement bien habitués à la situation. Nous l’acceptons et n’envisageons pas de bouger des quelques mètres qui nous sortirait de la fosse. C’est tellement plus facile d’attendre que de bouger ! Le niveau de kaka de Yak monte encore.188540-004-9F52B89C

Ce kaka de Yak c’est le réchauffement climatique couplé à l’extinction de la biodiversité qui conditionnent pourtant notre vie de bipède dominateur et « en même temps » si fragile.

Le dispositif nous alimentant en excrément est le système marchand qui amplifie en permanence l’ampleur de nos soucis.

Pour nous sauver du Kaka de Yak, Dominique Bourg mise sur un changement de paradigme rendant notre modèle de vie compatible avec la fragilité des éco-systèmes. Comment ?  En devenant des humains plus spirituels, plus proches de la Nature. Trouver notre épanouissement dans un équilibre avec la Nature plutôt que de nous épanouir dans le mirage de la consommation.

x

Parenthèse / télescopage d’actu sur notre rapport à la Nature : la philosophe Cynthia Fleury  vient de codiriger un ouvrage, L’Exigence de la réconciliation. Biodiversité et société. Elle dit que notre relation à la Nature ne fait que régresser (yc en termes de fréquence de confrontation). « La biodiversité a besoin d’être incarnée. Plutôt que trop la naturaliser, il faut en faire une affaire véritablement humaine ». Il y a urgence. Car si les sociétés humaines ont besoin que la biodiversité fonctionne bien pour garantir leur survie, leur bien-être et leur cadre de vie, elles ont oublié qu’elles en faisaient partie. Tout ce que dit Cynthia Fleury est du miel (bio…).

x

Revenons-en à notre kaka de yak. Franchement, à la sortie de la conférence, je ne voyais pas quelle Arche de Noé pourrait nous sauver du péril du KakadYak. Un kayak peut-être ? Pas une Cadillac en tout cas (j’ai un peu honte là).

x

Bien que plongé dans le doute, j’ai quand même brulé dans ma charrette des temps modernes 4 L d’essence E10 parfumée au sang d’orang outan pour donner une chance à l’Humanité de s’en sortir et suis revenu le lendemain pour suivre deux journées de réflexion actives.

x

Pour la suite, je suis bien incapable de résumer le déroulement et la production de ces journées, mais ce qui m’en reste comme impressions, au-delà d’une ambiance joyeuse et constructive, tourne autour du verbatim emblématique des années 2017/2018 : « en même temps ». Je vous en propose une petite série, sans connotation politique :

  • EN MÊME TEMPS n°1 : Nous n’avons jamais autant détruit la vie sur Terre EN MÊME TEMPS aux quatre coins de la Terre des acteurs se bougent et proposent des solutions pertinentes. Je vous invite à parcourir le recueil de contributions réalisé l’occasion de ces premières rencontres internationales et qui a été mis en ligne en open-source pour partager 33 projets à l’initiatives de chercheurs, d’associations (…). En quelques lignes vous y trouverez expliqué par exemple le projet « Cowatt co-toiturage solaires en Pays-de-la Loire » ou une analyse de « la culture de la proximité et de la transition à Montréal »…
  • EN MÊME TEMPS n°2 : Nous n’avons pas de solutions immédiates et instantanées pour changer nos modes de vie, EN MÊME TEMPS les solutions passent par cette appropriation collective du « faire ensemble ». Le chemin de la réflexion est un bout de la solution. Accepter cet investissement temps et la frustration de n’avoir fait que parler. « Notre maison brule »… et nous discutons du plan d’intervention entre pompiers aux compétences et langues différentes
  • EN MÊME TEMPS n°3 : Acteurs du privé, des asso, des collectivités, chercheurs (…) en fonction de notre point de vue, nous avons souvent du mal à nous comprendre EN MEME TEMPS il n’y aura pas de changement d’échelle chacun dans notre coin. C’est de mon point de vu l’atout n°1 de ces journées de rencontres. Ce n’est pas si souvent que des militants discutent avec des entreprises et des chercheurs pour résoudre un problème commun !
  • EN MÊME TEMPS n°4 :  à la surprise des participants québecois, belges ou suisses, nous les français, nous demandons au « pouvoir public » plus de liberté et EN MÊME TEMPS plus de moyens et l’énergie du déclenchement. Nous sommes tellement jacobins…
  • EN MÊME TEMPS n°5 : Une partie de la société est prête à contribuer à ce « faire ensemble », EN MÊME TEMPS nous manquons de compétences pour réellement passer à l’action. La pratique de la Démocratie, ça s’apprend et l’éducation populaire a quasiment disparut. En voilà du concret pour agir vite !
  • EN MÊME TEMPS n°6 : Tous ces moments à promouvoir le FAIRE ENSEMBLE et l’intelligence collective et EN MÊME TEMPS se rendre compte lors des captivantes interventions de Damien Carême maire de Grande Synthe et de Jo Spiegel maire de Kingersheim, se rendre compte que le leadership permet l’action. sans leadership ???

Bref, ce n’est pas simple et EN MÊME TEMPS ce n’est pas une raison pour ne pas s’atteler à la tâche. Merci aux organisateurs, merci à Bernard et… pensez à soigner vos JE – NOUS. »

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, HUMOUR | Pas de Commentaire »

Chronique Ecolo-Buissonnière n°13 : « Auprès de mon arbre »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 mai 2018

Déjà ma treizième chronique ! en podcast ICI et en texte (et sourcé) ci-dessous :

Je trouve le sujet de l’arbre très inspirant !

Inspirant… Expirant… Inspirant… Expirant… Rien que de le dire, ça fait du bien.

Il y a plein de raisons à s’attacher à un arbre. Et je ne parle pas là de pratiques écolo-fétichistes ; je veux dire que l’arbre est remarquable en bien des points :

  • il est remarquable d’abord pour son talent de transformer du CO2 en O2 par le miracle de la photosynthèse. La forêt française capterait 15% des émissions de CO2 du pays selon le Ministère de l’Agriculture et de la forêt),

x

  • il est remarquable ensuite pour sa prise en charge, gratuite et désintéressée, de l’hébergement du vivant, prenons en de la graine (73 mammifères, 120 oiseaux en France).

x

  • L’arbre est remarquable enfin pour ses investissements extra-professionnels. Sur son temps libre ; l’arbre lutte contre l’érosion, dépollue notre l’eau, nous aide à lutter contre les ilots de chaleurs en ville (lien), il nous apaise aussi.  La pratique japonaise du « bain de forêt » (Shinrin-Yoku) aboutirait de manière prouvée à une baisse significative du stress et de l’épuisement, moins de troubles de l’attention, une amélioration des défenses naturelles et des effets positifs sur la tension artérielle.  (lien).

x

  • Enfin l’arbre donne même de sa personne pour nous chauffer… y-a-pas à dire, ça buche un arbre !

x

J’ai envie de dire, qu’il mérite bien plus que les produits laitiers d’être désigné comme notre « ami pour la vie ». Ça se chante moins bien, mais on peut essayer : « Les arbres non tronçonnés sont nos amis pour la vie ». ça marche !

x

Je rajouterai qu’un arbre c’est beau. Je ne connais pas grand-chose de plus beau qu’un arbre en fait… A part une forêt d’arbres bien-sûr (c’est de l’humour de conifère, ça pique un peu…).

L’arbre m’inspire tellement, qu’arrivé au bout de cette première page, ma chronique n’a pas encore commencé (elle durera exceptionnellement 35 minutes. Désolé pour les invités) ;

Ma chronique parlera aujourd’hui d’un livre exceptionnel, d’un héros des temps modernes, d’une femme hors-norme qui ont tous trois pour points communs : racines, bois et feuillages. Dit autrement, des histoires d’arbres qui vont nous emmener dans les Alpes françaises, au Kenya et en Inde.

Encore un voyage au bout du monde à 0 émission carbone ! C’est cadeau. Allez, sans mauvais jeu de mot : au boulot !

x

Et pour ne pas frustrer ceux qui ne pourrons pas rester jusqu’à la fin de ma chronique, je vais vous en livrer la conclusion : « Ces trois parcours individuels nous montrent des chemins accessibles pour changer le monde et notre relation au vivant. Et tous trois utilisent les arbres comme véhicule pour ce changement. »

x

—————————————————————————————————————————————————————————————————–

Pour ceux qui sont restés, commençons par le livre. Si quelqu’un avait la curiosité de me demander quel est mon livre préféré. Ce serait celui-là. Un jour j’en ai même commandé une quinzaine pour les offrir à ceux que j’aime. Depuis, je suis heureux de le retrouver dans les toilettes chez maman. Son apparente simplicité (au livre) est inversement proportionnelle à la quantité d’énergie positive transférée au lecteur.Capture

Il y est question du plus modeste et humble des hommes, isolé dans sa montagne et ignorant les deux guerres mondiales qui se déroulent aux pieds de ces dernières. Cet homme seul, observé ponctuellement par le touriste narrateur, bouge des montagnes ou plus précisément crée une forêt, à force de persévérance et de patience. Le livre c’est l’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (que je recommande en version illustrée).

Médaille d’or au classement LLLPMP 2010 (Les Livres Lus Par Ma Pomme.)

x

—————————————————————————————————–

Acte 2 : L’étoffe boisée d’un héros. J’ai dû lire le livre de Giono pour la première fois en 2010 et voilà qu’en 2013, je tombe sur un article de courrier international décrivant un fait divers comme je les aime. Pas un fait divers déprimant que l’on retrouve toutes les 5 minutes sur BFM TV, mais un fait divers qui nous permet de deviner notre potentiel de grandeur.

Ce fait divers parlait d’un indien, Jadav Payeng, un homme ordinairement extraordinaire qui a tout simplement mis en application la fiction de l’homme qui plantait des arbres, probablement sans avoir jamais entendu parler de Giono. Il a fait pousser une vaste forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre.

C’est drôle comme nom de fleuve BRAMA-POUTRE pour une histoire d’arbre. Non ? continuons…

L’article racontait comment cet homme avait été choqué en 1979 de voir sur une île du fleuve des dizaines de serpents morts de chaud, faute d’ombre. Les autorités n’étant pas réceptive à ce micro problème, le bonhomme a décidé de s’y mettre. Seul. D’abord des bambous, ensuite des arbres, en prenant soin d’importer des fourmis de son village pour structurer le sol. Aujourd’hui sa forêt est un refuge pour la biodiversité locale (éléphants, rhinocéros…). C’est seulement depuis 2008 que son initiative est reconnue par les autorités indiennes.

Une vie de solitude il est vrai mais une partie de moi est jaloux de ce courage que je n’aurai jamais.

x

—————————————————————————————————————————————————————————————————–

Terminons par le cas de « Celle qui plante des arbres ». Connaissez-vous Wangari Maathai ?

Tout le monde devrait la connaitre cette femme, prix Nobel de la paix en 2004 et disparue en 2011.Capture

Wangari Maathai a eu l’enfance africaine de millions de petits africains : aux champs au contact quotidien de la terre, dans un Kenya gérant tant bien que mal sa transition post-coloniale, au sein d’une famille traditionnelle. Elle a eu plusieurs chances : la première, des parents qui envoient une de leurs filles à l’école, la seconde, l’opportunité de faire ses études aux USA dans le cadre d’un programme international. De retour au Kenya, elle aurait pu capitaliser ce coup de pouce du destin et devenir fonctionnaire, membre de l’élite d’un pays en reconstruction ; ce qui aurait déjà été remarquable.

Mais voilà, elle a choisi de se battre sur plusieurs fronts tout au long de sa vie : féminisme, corruption, pauvreté, écologie. Car pour elle tous les sujets étaient liés. Pas de bonne gouvernance sans prise en compte de l’éco-système… et réciproquement. Une pensée révolutionnaire qui lui valut de nombreux passages en prisons.

Son œuvre : le Mouvement de la Ceinture Verte, qui a permis de planter plus de 40 millions d’arbres en faisant participer les paysans (paysannes surtout) dans un processus de plantation de masse, au sein d’un réseau qu’elle a mis des années à construire. Le mouvement continue : www.greenbeltmovement.org  

Seconde recommandation de lecture : son autobiographie

x

———————————————————————————————————————————————————————————————————-

Il est temps de conclure.

3301287860_1_3_7Y45NkTn

L’arbre est notre passé : savez-vous que le plus vieil arbre vivant du monde est un pin

californien dont l’âge est estimé à 4.842 ans !

L’arbre est notre futur car il porte les solutions à nos problèmes de croissance des adolescents idiots que nous sommes. Même le mot croissance, quand il s’agit d’arbre, prend une toute autre signification. L’arbre est une solution accessible. Les portugais nous l’on montré récemment en plantant en une demi-journée 60.000 arbres sur un espace dévasté par un incendie (lien).

Surtout, l’arbre est inspirant comme le démontre mes 3 héros du jour. Avec les arbres on ne peut pas se planter…

 

Bonus : Pour voir ça sous l’angle de l’humour « et tout le monde s’en fout » : LIEN

 

Publié dans BIODIVERSITE, CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE | Pas de Commentaire »

123
 

vagno |
Fin de séjour à Amnesia |
nkoloboudou |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | www.motamotadomicile.fr
| TOUJOURS MASI MANIMBA
| Du lien social