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Chronique Ecolo-Buissonnière n°28 : Brèves de comptoir

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 mars 2020

Cette chronique est la dernière des quatre chroniques proposées aux candidates nantaises aux Municipales 2020. Je n’ai pas écrit les chroniques en lien avec le programme ou le profil des candidates présentes au moment du méfait.Euradio-logoNB

Le son est ICI.

 

 

C’est dommage…

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Vraiment dommage pour vous Mme : c’est la moins bonne de mes 5 dernières chroniques que je vous propose là !

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J’aurai bien aimé vous livrer un opus d’une meilleure facture, d’autant plus que mes précédentes chroniques, autant sur la forme que sur le fond parvenaient à toucher juste grâce un parfait dosage de dérision et de faits engageants. Elles traitaient pour l’essentiel de démocratie participative, par quelques voyages dans le temps, ou via le retour d’expérience passionnant de Loos en Gohelles ou une mise en abime digne de retour vers futur…

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Vraiment, je vous recommande de les podcaster. En toute absence de modestie, elles étaient chouettes.

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Voilà…

Mais pour cette chronique je me trouvais un peu sec alors je vous ai écrit un petit truc comme ça vite fait, un peu foutraque et je ne vous en voudrai vraiment pas si vous en profitiez pour traiter quelques mails. Sentez-vous libre. On se la joue discussion de comptoir. A la cool.

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Voilà, voilà… Qu’est-ce que je vous sers ?

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Vous avez un avis vous sur les panneaux publicitaires électroniques ?

Ne nous mentons pas. Toute personne qui présente une conscience environnementale (même rikiki – Disons de 1 sur 10 sur l’échelle de Gretha) à l’énoncé de ces 3 mots « PANNEAUX PUBLICITAIRES ÉLECTRONIQUES » ressent un frisson grippal le long de son échine dorsale qui nous rapproche de l’état actuel d’Elizabeth.

Tout le monde a conscience que ça consomme de l’électricité et que, même si le message affiché sur le dit panneau nous demande d’économiser l’énergie parce que c’est important (cas schizophrénique maintes fois observé sur des pubs pour les énergéticiens), il est peu probable que ce message de prévention parvienne à rentabiliser un centième de l’énergie qu’il a fallu pour le diffuser.

Madame. Si vous êtes élue et qu’il s’avére que vous décidiez de maintenir l’usage de ces aspirateurs à attention, svp assumez que vous le faites pour les revenus associés et non en argumentant sur les fumeux intérêts écologiques de la chose… même si l’annonceur annonce (citation JC DECAUD à Franceinfo) “Ces panneaux c’est déjà mieux que d’envoyer quelqu’un avec une voiture changer l’affiche”

C’est pipeau (lien). C’est pipeau comme de dire que le passage du papier au numérique est un bienfait environnemental, c’est pipeau comme de dire qu’Air France a un impact carbone neutre car il fait œuvre de compensation en plantant des arbres. Sachez qu’un panneau numérique de deux mètres carrés consomme 7.000 KWH / an, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’un foyer avec un enfant” Rien qu’en consommation locale c’est l’équivalent de la consommation annuelle hors chauffage de trois familles » (lien)  Il y en avait 600 à Paris en 2017 donc 4 200 000 kwh ! (y en a combien à Nantes ?). Même RTE qui s’occupe de notre réseau de transport électrique, a proposé de les éteindre l’hiver pour éviter la mise en route de nos centrales à charbon ou d’importer du courant.

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Je vous en ressers un ?

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Tiens revenons-en à la démocratie participative qu’on en a causé tout à l’heure. Pourquoi ne pas solliciter un comité citoyen pour trancher sur le bénéfice / coût de ces machins ? peut-être qu’ils trancheraient pour le chèque annuel.

Peut-être pas…

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Allez, j’en reprends un petit

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Pas plus tard qu’hier on en causait à l’apéro avec Momo qui me disait qu’on peut pas faire confiance dans les gens, que les consultation publique c’est du (lien)

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J’ai demandé à Momo s’il connaissait Loic Blondiaux ? C’est chercheur reconnu sur le thème de la démocratie. (page de pub sobre en carbone : Vous pourrez venir l’écouter et le découvrir le 4 juin prochain à Nantes où le Collège des Transitions Sociétale conclura son année sur le thème de la « démocratisation de la démocratie locale » LIEN.)

Bref Momo il ne connaissait pas Loic Blondiaux. Je lui ai dit que dans son livre de 2008 « Le nouvel espoir de la démocratie » il explique notamment que c’est pas parce que tous nos élus en parle de la démocratie participative… qu’ils la pratiquent.arton44

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Parfois parce que l’élu se trompe : il commande une enquête de perception et l’appelle concertation. En pensant marketing politique, il n’est pas prêt faire rentrer le citoyen dans la prise de décision. Pas du tout…

Parfois ça foire car les démarches participatives sont cosmétiques (voir manipulatoires). Et la Momo il m’a dit que la seule fois qu’il s’est déplacé pour donner son avis il a eu le sentiment que la décision était déjà prise. Il n’a pas tort Momo. Peut-être qu’en surinvestissant l’ingénierie au dépend de l’ambition de la finalité de la participation, on a noyé le poisson. La démocratie participative est une notion forte et flou à la fois et pt’t ben qu’elle est forte car elle est floue !

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Allez un dernier

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Momo y dit que les mots ne suffisent pas : débat, forum, assises, rencontres, conseil des jeunes, des vieux, de développement, budget participatif, jury citoyens… c’est bien beau mais sans traduction dans la prise de décision, ça suffit pas.

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OUI MAIS ATTENTION ! Faut pas non plus être que négatif !!

Je ne sais pas ce que vous en pensez-vous Mdame mais moi je trouve que l’expérience en cours de la Convention Citoyenne sur le Climat fait plaisir. Et puis toutes ces expériences réussies (Loos en Goehelles, Kingersheim… ) donnent envie de tenter des trucs, non ?

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D’ailleurs, concrètement, opérationnellement, quelles dispositions de démocratie citoyenne avez-vous programmé de mettre en œuvre lors de votre mandat ?

Je vous ressers quelque chose ?

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°27 : Retour vers le futur

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 mars 2020

Cette chronique est la 3ème des quatre chroniques proposées aux candidates nantaises aux Municipales 2020. Je n’ai pas écrit les chroniques en lien avec le programme ou le profil des candidates présentes au moment du méfait.Euradio-logoNB

Le son est ICI.

 

Marie ? Elisabeth ?

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Vous m’entendez ?

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J’ai un problème. Et pas qu’un petit… Ce matin, j’ai pris le jus en voulant récupérer ma tartine dans le grill pain avec ma fourchette. Ça a fait un grand éclair blanc et paf plus rien ! Je crois que je suis tombé dans les pommes et quand je me suis réveillé je me suis retrouvé dans une grande pièce toute blanche. Par terre.

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Pétard les filles j’étais mal… je me voyais déjà arrivé dans la gare de triage céleste !

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Puis des gens sont rentrés. Ils m’ont demandé de quand je venais.

J’ai trouvé la question incongrue. On demande aux gens d’où ils viennent, comment ils viennent, pourquoi ils viennent éventuellement mais demander de quand on vient…

Alors j’ai souris.

Pas eux.

Ils me regardaient de haut, un peu comme des flics parleraient à un délinquant inconscient de la gravité de ses actes dans une mauvaise série de France 3.

Ils ont pris une heure pour m’expliquer. Leur discours était rodé. Je n’étais visiblement pas le premier. J’ai compris. Je crois.

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Je suis bloqué dans le futur.

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Je suis à Nantes en 2103 et je leur ai dit de quand je venais. Ils savent que je suis né en 1975, en pleine crise pétrolière, que je me suis éclaté dans les années 90-2000 en roulant des milliers de km dans des « Réservoirs » (c’est comme ça qu’ils appellent les voitures en 2103). Ils ont été surpris de savoir que j’avais pris l’avion… plusieurs fois.

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Ils m’ont expliqué qu’ils ne me voulaient pas de mal. Ils disaient qu’ils voulaient seulement comprendre ; qu’une grande partie des archives de mon époque avaient disparu à cause des « évènements » et en tant que seul représentant disponible des hommes du passé, ce groupe d’historiens cherchaient à refaire le film. Moi je trouvais que ça ressemblait à une sorte de procès à charge.

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Des heures durant, dans la grande salle blanche, un jury m’a questionné. Ils ont fait des efforts sociaux mais leurs regards étaient lourds. Je lisais leur mépris et leur dégout devant mon récit.  Bêtement, j’ai rapidement pris le parti de répondre à leurs questions. Je leur ai parlé de mes vacances, de ma vie, de mon travail. Je leur ai dis que je suis quelqu’un de très vigilant à mon impact environnemental, que je prends le train quand je peux et j’achète mon énergie chez Enercoop, que je prends l’avion une fois tous les 10ans… La discussion s’est envenimée. La petite dame du fond avec la longue tresse, a explosé et m’a criée que ma génération avait dilapidé son avenir à elle, que mon inconséquence devait être punies. Elle est sortie en pleurant.

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Gros, gros malaise. Les autres ont essayé de me rassurer et m’ont demandé de leur parler de la Nantes de 2020.

J’ai été obligé de leur dire qu’on chauffait les terrasses pour pouvoir consommer notre bière dehors en hiver. Pour certaines candidates même que les terrasses chauffées étaient l’âme de nos villes! Stupéfaction. Ils pensaient que c’était une légende. Ils m’ont encore engueulé et ils ont fait les calculs devant moi. Une seule terrasse consommant 50 400 kWh de propane par hiver, elle rejetait 13,7 tonnes de gaz carbonique. Pour une seule terrasse ! 122 000 km en berline (Lien)

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J’ai aussi du leur parler de la climatisation des magasins l’été et des portes ouvertes, du chauffage des rues l’hiver. Je leur ai dit. Je leur ai dit comment, dans les années 20 encore, les enseignes nationales imposaient à leur personnel de laisser les portes ouvertes en dépit de toute logique de sobriété énergétique.  Je leur ai cité un article de Ouest France lu peu de temps avant mon accident temporel. « Tant que les températures sont acceptables, nous proposons à nos boutiques d’ouvrir les portes afin de favoriser le plus grand confort de notre clientèle. ». Lien

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Bref les sujets se sont succédé puis on a arrêté le procès en écocide. J’étais vidé. Moi, l’engagé dans mon monde était devenu le pire des salauds dans le monde de demain. Je me suis dis que ce serait une belle expérience à proposer à nos élus pour sortir de la myopie du quotidien.

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D’ailleurs c’était le sujet suivant.

Pour mes interlocuteurs il était de notre responsabilité – celle de nos gouvernements locaux qu’ils ont appelé ça – de réguler et interdire ces pratiques déviantes et mortifères dans un monde où nous connaissions la  dérive climatique. Je leur ai parlé de nos engagements, de nos premières actions…

La discussion pris alors un tour inattendu. Ils m’ont demandé comment les décisions locales étaient prises. Comment les habitants étaient formés, impliqués et mis à contribution dans l’action publique. Ils ne pouvaient croire que de citoyens informés pouvaient ainsi creuser leur tombe. J’ai expliqué nos élections et tout et tout…

Ils ont pris un air entendu. Genre. OK boomer, on a compris.

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Ils m’ont parlé de manque de démocratie.

J’ai pris la mouche à mon tour et j’ai expliqué que nous étions en démocratie puisque des élections régulières désignaient les plus pertinents d’entre nous pour prendre les meilleures décisions d’intérêt collectif.

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 « Comment avez-vous pu exclure les principaux intéressés de la décision publique ! comment vous êtes-vous laissé confisqué l’action !».

Je leur ai dit que pour être efficace on ne pouvait pas non plus se permettre d’impliquer en permanence les citoyens. J’en suis là…

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La Colère gronde maintenant et j’ai peur pour mon intégrité physique.

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SVP, demandez concrètement, opérationnellement, quelles dispositions de démocratie citoyenne votre invité a prévu de mettre en œuvre pendant son mandat.

Moi, faut que je trouve une DeLorean pour rentrer, A bientôt, j’espère….

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°26 : Je l’ai eu dans LOOS!

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 mars 2020

Cette chronique est la seconde des quatre chroniques proposées aux candidates nantaises aux Municipales 2020. Je n’ai pas écrit les chroniques eEuradio-logoNBn lien avec le programme ou le profil des candidates présentes au moment du méfait.

Le son est ICI.

 

Voici une musique (lien pour les oreilles des lecteurs) bien entrainante pour entériner en même temps que notre entrée dans les années 20, le divorce en maturation depuis si longtemps entre l’Europe et la Grande-Bretagne. Bien sûr qu’il faut passer à autre chose, j’adore le film « un jour sans fin » mais Andy Mac Dowell ne peut nous faire patienter éternellement ! Nous avons cependant le droit d’être triste… un court instant. Après, promis je cause municipale.

Triste, ou plutôt nostalgique des moments partagés. Comme un vieux couple qui a fait le tour de sa vie commune.

Perso j’ai en tête ces nombreux instants feutrés de début de soirée, debout dans l’ambiance bondée d’un pub, à boire une Guinness dans un récipient tenant finalement plus du pot de fleur que du verre. J’ai aussi en mémoire cette pluie pénétrante avec en arrière-plan une vue sur le pont de Darteford (que je pris des dizaines de fois en 1995) sur une scène du film « 4 mariages et un enterrement » (Andy Mac Dowell, cette chronique est pour toi).

Je n’oublierai surtout jamais cet humour incomparable qui m’a fait longtemps penser que ce Brexit était une nouvelle blague absurde que je n’avais pas comprise.

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Va, amis anglais, va mais n’oublie pas de revenir si l’oncle Donald te déçoit.

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Cette chronique aurait dû être une chronique de vœux à la fois drôle et pertinente avec des jeux de mots écolo à l’intérieur mais nous sommes en février… La chronique initiale a donc été mise à la corbeille et je vais vous parler d’une rencontre. Une rencontre qui date de plusieurs semaines. Une rencontre marquante et inspirante.

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J’aurai presque envie de dire : Ça y est, nous sommes sauvés : nous avons un modèle à suivre ! Les 4 cavaliers de l’apocalypse que sont le réchauffement climatique, la désespérance sociale, l’épuisement des ressources et la haine de l’autre peuvent rassembler leur linge sale et faire leur sac ! Dis autrement, si nous choisissons de ne pas nous inspirer de cette expérience, nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous.

Bien sûr que j’en fait trop et l’homme rencontré s’opposerait à de tels propos dépourvus de nuances… Mais pourquoi je serai tiède alors que mon cerveau et mon cœur bouillonnent ? et puis, je fais ce que je veux avec les mots dans ma chronique.

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Vous connaissez Los Angeles ? Ben moi je vous emmène à Loos en Gohelles !

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L’homme rencontré est Jean-François CARON, maire depuis 2001 de Loos en Gohelles, une ville de 7000 habitants dans le Nord. Ville qui a subi dans les années 70/80 un effondrement : celui de sa raison d’être : sa mine de charbon. Se relever d’un effondrement ce n’est pas rien. Je vous parle d’une ville survivante qui a embelli ses terrils pour les rendre touristiques, a engagé cette transition en s’appuyant sur son histoire pour se projeter vers un avenir au diapason des enjeux de notre temps.

Jean-François CARON est connu pour avoir fait de sa ville un laboratoire français de la transition énergétique (Jeremy Rifkin adore cette expérience et en fait un lieu de référence) et quand les médias viennent sur place pour observer, comme France 2 récemment (lien), ce sont les actions écologiques qui sont mises en valeur : plan solaire, lutte contre la précarité énergétique… mais je crois maintenant qu’ils se trompent en ne regardant que ce qui est visible.

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La réussite de Loos en Gohelles est aussi et surtout ailleurs. La substantifique moelle de Loos est donc ailleurs…

Elle est dans la démonstration opérationnelle et concrète qu’il est possible de faire vivre une démocratie participative locale de manière systémique, au plus proche des préoccupations du quotidien des habitants. Sans entrer dans le détail de ce que Jean-François CARON appelle le CODE SOURCE dans cette chronique (définitivement trop courte) je ne peux qu’essayer de vous donner envie d’aller creuser ce retour d’expérience unique, sur le site de la ville ou sur le blog du Monsieur.

Ce maire, sans renier son pouvoir de décision finale, s’est outillé pour co-construire les projets d’amélioration de la ville et de la vie avec les habitants. Il s’est organisé pour donner à tous le pouvoir d’agir (ce que les plus intellos d’entre nous appelleront de la capacitation et les plus anglophones de l’empowerment). Et à Loos, c’est du concret !

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Dans la boite à outil qu’est le référentiel d’implication citoyenne (téléchargeable gratuitement lien) on trouve par exemple un dispositif nommé le « fifty fifty  : le citoyen ou un collectif propose un projet contribuant à l’intérêt collectif de la ville et la mairie apporte une aide matérielle et technique pour que le demandeur fasse. L’idée ici est d’associer le citoyen non plus seulement à la définition des projets, mais bien à leur mise en œuvre !

On trouve aussi des diagnostics en marchant (promenade d’observation avec les habitants dans leur quartier pour trouver les choses à changer) et des dizaines d’autres outils et méthodes destinés à faire avec les gens et les rendre fiers de leur action et leur lieu de vie.

Mais cette histoire c’est plus que la somme d’outils et la réussite d’un homme, c’est une volonté d’inclusion de tous dans la chose publique à l’échelle la plus pertinente qui soit : son lieu de vie.

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Cette chronique s’adresse aux citoyens qui devrait exiger ce niveau de contribution à leur vie locale pour ne pas être considéré comme des consommateurs de décision publique à convaincre par des sachants élus, mais elle s’adresse aussi à la candidate que j’ai la chance d’avoir sous mes yeux.

Concrètement, opérationnellement, quelles dispositions de démocratie citoyenne avez-vous programmé de mettre en œuvre lors de votre mandat ?

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°25 : Démocratie et JE (de dés)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 décembre 2019

Et voici une nouvelle chronique en mots ci-dessous et en son bientôt ICI.

La dernière fois que j’ai bafouillé dans le micro, j’ai uchroniqué le second mandat écolo fictif de Jimmy Carter … (lien). Dommage pour les absents car le monde était alors presque sauvé à l’issue de cette fiction inspirée de la lecture récente de Civilization de Laurent Binet, qui a entre-temps reçu le Grand prix du roman de l’Académie française (mes recommandations de lecture, c’est pas de la m…).

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Mais mon uchronie low-cost présentait pourtant une faille de taille. Elle revendiquait le concept du leader comme solution à tous nos maux. Je suis tombé dans le panneau !

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Il faut dire que notre démocratie représentative est construite autour des  leaders qui incarnent. On ne sait pas trop quoi d’ailleurs mais ils et elles incarnent. Pour être en position de se présenter puis de gouverner, il faut incarner…

Perso, j’ai longtemps pensé que notre système électif était la stricte application de l’idéal démocratique. Une évidence encrée en moi depuis mes cours d’éducation civique durant lesquels on ne m’a jamais laissé envisager une quelconque nuance sur le sujet.

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Et si les règles du jeu de notre démocratie représentative étaient pipées ?

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A ce stade de l’introduction de la chronique je voudrai que nous nous placions dans la tête de Marie.

Oh là là, quelle mouche l’a piqué aujourd’hui ?

D’habitude on a droit à sa vie à la sauce verte. Qu’est-ce qui lui prend ce matin. Vl’a pas qu’il est parti sur les RIC et samedi jaunes ! Comment je vais rebondir là-dessus moi. Elle va être longue cette chronique… elle va être longue…

1167 mots ma chronique Marie et à ce stade il en reste encore 886. Courage.

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Donc, dans son ouvrage « le Principe du Gouvernement Représentatif » Bernard Manin explique en quoi la Démocratie représentative que nous percevons comme une évidence n’en n’est pas une …

Pour faire simple, il constate notamment que les révolutions américaines et françaises des années 1790 ont totalement effacé des radars un outil de démocratie directe pourtant largement éprouvé. J’ai nommé le tirage au sort

Tirage au sort revenu en grâce avec la Convention citoyenne pour le climat, mais très exceptionnellement.  D’ailleurs, je ne sais pas vous mais moi au moment du tirage au sort pour la convention citoyenne pour le climat, je me suis surpris à espérer être appelé sur mon 06. J’avais même commencé à réorganiser mon agenda pour être dispo ! #déception

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Pourquoi donc Aristote disait-il que « le tirage au sort est démocratique, l’élection oligarchique » ? Pourquoi donc Jean-Jacques Rousseau disait-il que «  l’élection est aristocratique, le tirage au sort est démocratique » ? Comme si ces observateurs avaient remarqué qu’une caste de « gouvernants » supérieure socialement aux électeurs accaparait le système électif.  Montesquieu assumait et justifiait même l’existence d’élites éligibles par l’idée qu’elles seraient plus compétentes et plus sages. Nous ne le dirions pas ainsi aujourd’hui mais globalement cette perception reste vraie.

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Pourtant des Cités comme Athènes ou Venise avaient jugé que le tirage au sort équilibrait leur système, notamment en prévention des risques de squattage des lieux de pouvoirs. Bien sûr, ce qui fut dans une Cité comme Athènes avec ces 300 000 habitants n’est pas extrapolable à un pays de 60 millions…

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Nantes a combien d’habitants déjà ?

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Imaginons une Cité de Nantes appliquant quelqu’une des règles de fonctionnements glanés dans l’expérience de son antique ainée Athéna.

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Bienvenue étranger dans la Cité de Nantes ! Je me présente : Hippolyte, habitant ici depuis 8 ans et tiré au sort le mois dernier pour devenir conseiller municipal pour 30 mois à compter de mars prochain. Je suis tellement content ! Je vais enfin contribuer à la décision publique. J’ai plein d’idées en tête.

Je crois que vous venez observer la très réputée structure de gouvernance municipale à la nantaise ? Je vais essayer de vous présenter simplement comment ça marche mais soyez tolérants avec moi car je n’ai suivi pour le moment qu’une des 2 semaines de formation que chaque tiré au sort doit réaliser en plus des 5 jours dédiés aux transitions sociétales.

Une première chose que je dois vous dire, c’est que, comme à Athènes en un autre temps, les tirés aux sorts sont des volontaires. Ceux qui se présentent se sentent donc capables. Bien sûr, nous devons aussi être majeur, sans casier judiciaire et justifier de 5 ans de vie dans la Cité.

Nous étions cette année que 30 000 postulants. Nous serons une soixantaine de conseillers tirés au sort complétant la trentaine d’élus (qui le sont eux pour 5 ans). Nous disposerons tous d’une voix pour les votes en séance. En plus de l’expression des votes en séances, chaque conseiller partagera des missions spécifiques. Moi, je serai chargé des questions relatives à la Mobilité. Je n’y connais rien pour le moment mais apparemment, l’expertise n’est pas requise. Par contre mon expérience d’usager semble être elle très appréciée.

Nous siégerons hebdomadairement au Forum Graslin où toutes les séances sont ouvertes au public.

Que vous dire d’autre ? Dans notre système, quand une personne est tirée au sort, les Sages de la Cité, élus, valident sa candidature au regard de critères inscrits dans le code des valeurs de la Cité. J’ai été reconnu digne de la fonction. Je viens de recevoir le courrier officiel.

Ce qui a été un peu compliqué, c’est la négociation avec mon patron. Je suis technicien chez Euradio. Il a fallu que je m’engage à libérer 50% de mon temps de travail pour la Cité. Je serai rémunéré à hauteur des 2/3 d’un SMIC sur ce mi-temps par la collectivité, ce qui est moins que mon salaire mais comme je bénéficierai de bonification retraite ; de mise en suspension de mes prêts et de déductions fiscales, je pense que ça vaut le coup. En plus cette expérience trouvera une bonne place dans mon CV.

Dernière chose, je sais que mes activités seront évaluées par les Sages de la Cité. Si je n’assure pas, je ne pourrai plus prétendre à un futur mandat par tirage au sort. Nous avons le droit à 2 mandats durant toute notre vie de citoyen. Après si ça me plait, il faudra que je passe par les élections. On verra.

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Voilà pour la petite extrapolation.

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Depuis que nous sommes enfants l’aléatoire est cantonné à l’univers du jeu, du pas sérieux. Pourtant le tirage au sort intelligemment agencé, sans être une solution miracle, présente peut-être quelques intérêts.

D’abord celui de rendre la pratique démocratique usuelle, de montrer aussi la complexité de l’exercice du pouvoir et se prémunir des manipulations souvent simplificatrices des réseaux sociaux.

Enfin, en offrant à chaque citoyen une chance raisonnable de pouvoir contribuer durant sa vie à la décision publique, on répond à cette dernière citation d’Aristote « l’une des formes de la liberté, c’est de commander et d’obéir tour à tour ».

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°24 : La première UCHRONIQUE d’Euradio !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 octobre 2019

Et voici une nouvelle chronique en mots ci-dessous et en son bientôt ICI.

 

Connaissez-vous le principe, assez jubilatoire de l’Uchronie ?

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Je sors de la lecture de Civilizations de Laurent Binet qui en est une… d’uchronie, c’est-à-dire une fiction réalisée avec des personnages et des moments historiques réels. L’idée étant de faire bifurquer le cours de l’Histoire en imaginant ce qui aurait pu arriver si… Dans Civilizations, Christophe Colomb ne revient pas de son voyage en Amérique et les Incas envahissent l’Europe après lui avoir piqué la technologie maritime du moment.

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L’uchronie c’est donc une façon de dire, qu’un autre monde aurait été (et donc EST) possible. Ce n’est qu’une question de choix, de chemins, de hasards, de petits riens qui changent finalement tout. 

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Je vais m’essayer à la première Uchronique de l’histoire d’Euradio.

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Il me faut partir d’un fait réel et opposable pour ensuite bifurquer.

Mon fait réel sera un discours de Jimmy Carter de 1979. LIEN

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C’est parti.

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Nous sommes le 15 juillet 1979.

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Jimmy Carter, président des US depuis 1977, est en train de se faire maquiller dans une petite pièce improvisée derrière son bureau ou doit avoir lieu l’enregistrement TV.

Le moment est grave et le sourire n’est pas de mise. Nous sommes à quelques mois des élections qui vont l’opposer, semble-t-il, à un acteur sur le retour, un ultraconservateur qui s’appelle Ronald Reagan.

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Rien n’est encore joué bien-sûr, mais le fait que Jimmy Carter se soit retrouvé confronté à deux chocs pétroliers durant son mandat ne facilite pas la perspective d’une réélection facile. Sa cote de popularité atteint difficilement 30%, du jamais vu.

Dans quelques minutes le président  Carter va prononcer un discours retransmis à la Télévision.

Contre l’avis de ses conseillers, il a décidé de frapper fort. Il va dire au peuple américain qu’il faut envisager d’urgence une transition dans leur mode de vie pour permettre de garantir la prospérité sur le temps long.

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Il se place devant la caméra. L’ampoule rouge s’allume.

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Nous ne reprendrons qu’un extrait lu par Élisabeth :

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 [...] L’identité humaine n’est plus définie par ce que l’on fait, mais par ce que l’on possède. Cependant nous avons découvert que posséder des choses et consommer ne satisfait pas notre désir de sens. Nous avons appris que l’accumulation de biens matériels ne peut combler le vide d’existences sans confiance ni but.

Les symptômes de cette crise de l’esprit américain sont palpables. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, le peuple américain entrevoit que les cinq prochaines années seront pires que les cinq années qui viennent de s’écouler. Les deux tiers de notre peuple ne votent même pas. La productivité des travailleurs américains est effectivement en baisse, et la volonté des Américains d’épargner pour préparer l’avenir a chuté sous celle de tous les autres citoyens du monde occidental.

Comme vous le savez, nous sommes face à un manque de respect croissant envers le gouvernement, les églises, les écoles, les médias et d’autres institutions. Ce n’est pas un message de bonheur ou de réconfort, mais c’est la vérité et c’est un avertissement. »

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Voilà, l’enregistrement est terminé.

Plus de retour en arrière possible. Dans le pire des cas il sera au chômage dans quelques mois… Il a décidé de ne pas changer de cap.

Pourquoi une telle motivation ?

Personne n’est au courant. Il a échangé il y a quelques jours avec un jeune scientifique au hasard d’une de ces soirées sans fin et c’est comme si ses yeux s’étaient ouverts. Comme s’il disposait de toutes les données mais qu’il manquait la lumière pour les voir.

Il a oublié le nom de cet homme mais maintenant, juste après son discours, il pense à lui.

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La campagne électorale de 1980 a été violente. On sait aujourd’hui, en 2019, que Jimmy Carter a bénéficié d’un soutien inattendu de groupes issus de la société civile qui ont relayé inlassablement ses arguments sur les limites du système.

Certains analystes politiques avancent aussi que la surmédiatisation quotidienne d’une marionnette satirique le représentant sous un aspect sympatique d’utopiste écolo avec un bon fond a pu jouer un rôle important. « go bike » disait la marionnette à tous les bouts de phrases, alors que son concurrent était présenté comme un idiot manipulé par des puissances obscures.

Ceci plus les bourdes répétées d’un Ronald Reagan décidément bien peu pertinent (on est quand même passé à côté du pire) ont permis un inespéré 50,75 % le soir des résultats. Contre toute attente Jimmy Carter est réélu et une courte majorité au Congrès, lui donne quelques années pour tenter de mettre en application son plan.

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Les 3 premières années, le nouveau président a eu une pression monstrueuse sur les épaules de la part des lobbys installés mais aussi de la banque Centrale pour surtout ne rien changer ! Mais il était motivé comme jamais et comme il l’a écrit dans ses mémoires pour la première fois il avait vraiment l’impression de défendre l’intérêt général.

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Ce fut compliqué. Chacun se souvient des grandes grèves de 1980 où ouvriers et patrons des majors de l’automobile, main dans la main, bloquèrent le pays plusieurs semaines durant pour ne pas voir appliquer la loi de début de mandat sur l’interdiction des véhicules motorisés individuels dans les villes et la mise en place de malus fiscaux proportionnels aux poids des véhicules. Près de la moitié des États n’ont pas suivi. Au début…

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Il faudrait un livre de 1300 pages pour vous raconter comment ils s’y sont pris. L’importance de la présence d’Yvon Chouinard au poste de secrétaire d’état de la Prospérité et de l’Ecologie a d’ailleurs été largement sous-estimée.

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Pour ne parler que d’un aspect de ce plan de transition, en cette veille d’élections municipales en France, regardons plus en détail la politique de la ville. Plusieurs dizaines de milliards de dollars de fonds fédéraux, ont été consacrés à la réorganisation des villes.

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Nous sommes habitués aujourd’hui à ces images de villes géantes équipées de téléphériques urbains : je pense à Chicago bien sur mais cette image d’Epinal cache bien d’autres réussites dans d’autres villes. Les lignes de métro aériennes à San Francisco et les réseaux ferroviaires hyper denses permettant de rejoindre les dizaines de villages de banlieue organisés en grappes autour du centre des grandes villes.

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Autre action emblématique, contribuant à irriguer les flux urbains, véritable système vasculaire des villes : le fameux Bicycle Way Of Life. Peu de gens se rappellent que les premières autoroutes vélo (les Bicycles High Way) sont nées à New York, avant même l’apparition des assistances électriques qui ne se démocratiseront que dans les années 90.

A l’époque, de nombreux experts considéraient les distances trop grandes pour répondre aux besoins. Et pourtant l’impossible a été rendu possible par la qualité des infrastructures proposées (pistes couvertes, éclairées, avec des aires fast food tous les 500m), couplée à une campagne de communication xxl (c’est là qu’est apparu le slogan « Bike to Health » porté par le Hit rock homonyme des ZZ Top).

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N’oublions pas que les entreprises ont aussi su se remettre en question. Sans l’offre de produits innovants et très marketés par les anciens fabricants de motos et de voitures, il est probable que le vélo ne serait pas devenu le produit emblématique de « l’Amérique qui gagne » et accessoirement un des premiers revenus d’exportation. Les pratiques de cette puissance bicyclo-industrielle font d’ailleurs souvent l’objet de critiques au niveau international et au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce et de l’Environnement.

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Une chose est sûre, l’occident serait fort mal armé aujourd’hui pour faire face aux enjeux du réchauffement climatiques sans l’action volontariste de Jimmy Carter.

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Jimmy Carter est toujours vivant. Il est le plus vieux président encore en vie de l’histoire des États-Unis, et on peut le voir sur Twitter dans une courte vidéo aider à la construction d’habitations sociales à Nashville (un jour après être tombé chez lui et avoir reçu des points de suture au-dessus de l’œil). Il a 95 ans.

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°23 : A change is gonna come (?)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 octobre 2019

Chronique n°23 ci-dessous. Le lien bientôt ICI.

 

En 1964, Sam Cooke a composé et chanté un titre qui restera dans l’histoire comme un hymne de la lutte pour les droits civiques des afro-américains. Martin Luther King ob_7aa96e_sam-cookeet Barack Obama utilisèrent cette chanson comme la bande son d’une longue transition. Imparfaite transition mais transition quand même.

En cette rentrée, en ayant moi aussi pour grille de lecture les municipales 2020, je vais me tenter à une forme modérée d’optimisme, mot qui m’insupporte pourtant, étant entendu qu’optimisme et pessimisme sont les deux faces de l’expression de la passivité.

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Même si l’actualité de l’été 2019 pousserait la reine des neiges à se pendre devant un parterre d’enfants en larmes, j’ai essayé d’isoler quelques signaux qui me permettent de penser que, peut-être, A change is Gonna come.

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Mon premier ACHIGOCO (j’ai jugé trop risqué de répéter 10 fois A change is gonna come dans ma chronique. J’ai donc contracté la chose en « ACHIGOCO »). Donc, mon premier ACHIGOCO sera consensuel. C’est le point de vue d’un touriste qui a fait 135km en vélo en famille cet été autour d’Amsterdam (lien) : Moi.

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Si dans le port d’Amsterdam, on n’a pas vu beaucoup de marins qui chantent, dans la ville d’Amsterdam on a vu des milliers de vélos qui roulent ! Il faut dire que les Pays-Bas possèdent plus de vélos en circulation que d’habitants.

Les infrastructures cyclistes hollandaises sont surprenantes : des autoroutes à vélos entretenues partout et tenues à l’écart des voitures, une signalisation dédiée, des ponts / tunnels spécifiques, une priorité permanente sur les voitures… une forme d’idéal, une sorte de licorne urbaine pour les vélotaffeurs.

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Comment ce prodige fut-il possible ?

Dans les années 70, une série d’accidents impliquant des voitures ont couté la vie à des enfants. La population a exigé aux législateurs de protéger les survivants et comme il n’y a pas de constructeurs automobiles aux Pays-Bas… les actes ont suivi. Le code de la route a été modifié (..).

L’histoire se répète peut-être. En Allemagne, le salon de l’auto de Francfort est perturbé par des manifestants (autour de 20000) réclamant une « révolution des transports », enrayant la mortelle croissance de la vente des SUV. Mortelle pour le climat et pour 4 piétons dont un enfant percutés quelques jours plus tôt à Berlin.

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Alors, si je le pouvais, je demanderais bien aux candidats aux municipales 2020 quel est la part du budget voirie qui sera consacré à l’amélioration de nos infrastructures vélos, car j’ai l’impression que les gens sont prêts, si et seulement si leur sécurité est raisonnablement assurée. Et les aménagements, c’est des sous. Pour donner un ordre de grandeur, le gouvernement wallon (territoire 40 fois plus petit que la France) vient d’acter 75 millions €/an pour développer ses infrastructures vélo. Notre pauvre plan vélo hexagonale culmine à 50 millions €/an. Nous avons 30ans de retard à rattraper, les arbitrages doivent être les bons sachant que nous ne pouvons peut-être pas totalement compter sur les marques automobiles pour arrêter de nous vendre du rêve routier : elles investissent 3 milliards d’€ tous les ans pour nous vendre des voitures toujours plus lourdes. Cet été je suis tombé de ma selle de vélo en découvrant les pages web d’un des gros constructeurs qui a passé l’étape du greenwashing et a choisi d’assumer : on peut y lire : « MILLE POUVOIRS. ZÉRO DEVOIR » ou accrochez-vous mesdames « des attributs de mâles dominants » « conçu pour diriger »… lien Classe !

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Mon second ACHIGOCO sera moins consensuel. C’est le témoignage d’un habitant d’une commune rurale, qui se retrouve régulièrement à observer par la fenêtre, les pratiques chimiques de son voisin agriculteur : MOI.

Le champ est à une vingtaine de mètres de la maison, nous sommes un peu protégés mais ça ne m’empêche pas de me voir sonner le tocsin à la vue du pulvérisateur malfaisant, comme si l’envahisseur Viking s’approchait de mon château. Et voilà que je me mets à crier « Clara ferme les fenêtres, vite, Lucie rentre ! ». Et que je me dis, « allez, c’est reparti pour un mal de tête ce soir… ».

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Près de 80 communes sur les 30 et quelques milles que compte la France (lien) ; ont affirmé – par un acte de désobéissance civile courageux – leur opposition aux traitements chimiques à proximité des habitations. Et s’ils le font c’est que leur population le demande. La Société change sur la tolérance vis-à-vis de la chimie en agriculture. Et pourtant, les communes rurales ont très souvent été avant tout agricole, et donc très tolérantes sur ce sujet. Saviez-vous qu’en 1983, 45% des maires étaient des agriculteurs ? Ils n’étaient plus que 25% en 2008. LIEN.  Et même s’ils représentent encore aujourd’hui 10% des élus municipaux (ce qui plus que leur part dans la population en général qui est de 2%) il n’est pas surprenant  que ces évolutions, génèrent souvent pour ces derniers un sentiment d’abandon et d’isolement pour des agriculteurs emprisonnés dans un système que ne dépend pas que d’eux, à une période où beaucoup voient leur activité mise en péril par une sécheresse sans précédent et où leur survie est questionnée. Survie n’est pas que un effet de style. Selon la MSA, 1 tiers des agriculteurs vit avec moins de 350€ par mois en travaillant H24 (lien).

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Alors oui, les signaux écologiques longtemps faibles et devenus aujourd’hui forts n’ont pas été écoutés par la profession et son syndicat majoritaire, trop souvent arc-bouté sur une posture conservatrice. La transition est en cours et elle aura lieu… mais il y a un aussi un enjeu à éviter de créer animosité et frustration sur nos territoires. Je vous recommande de lire cet article d’une agricultrice, Anne Cécile Suzanne (lien), qui explique bien comment elle se sent prise entre de multiples injonctions contradictoires.

Il y avait 6 millions d’agriculteurs en France en 1950, ils n’étaient plus que 448 000 en 2017 et une chose est sûre nous avons besoin d’eux pour conduire la transition.

Actuellement, une consultation publique est ouverte sur le sujet (lien) et ma contribution fut la suivante : finançons, rémunérons les agriculteurs pour la plantation et l’entretien des haies bocagères comme le permettent maintenant des dispositifs de plus en plus nombreux comme le label bas carbone. Ce type de dispositif me parait win-win-win : protection sanitaire, écologique et économique. Ici aussi les futurs conseils municipaux ont un rôle à jouer pour accompagner positivement les transitions agricoles.

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Mon ACHIGOCO numéro trois est le point de vue d’un randonneur du dimanche sur la pollution plastique. Ce randonneur est encore Moi. [très égo centrée cette chronique]

A chaque ballade, j’ai pris l’habitude de prendre un sac poubelle pour ramasser les déchets qui croisent mon chemin, histoire de faire un truc satisfaisant pour mon cerveau perpétuellement contrarié.

Récemment, en ramassant, sur un bord de route une petite bouteille plastique de dessert lacté, je me suis imaginé cette scène :

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C’est jeudi, grosse semaine pour Claire qui vient de récupérer Hugo à l’école. Il faut encore passer faire les courses à Hyper U, préparer à manger. Elle est fatiguée Claire. Hugo prend son 4 heures à l’arrière de la voiture. Il est plutôt calme pour une fois. Elle se tourne vers lui tendrement avec les yeux de l’amour. Heureusement qu’il est là pour elle. Elle se reconcentre sur la route et lui dit :

« mon chéri tu as fini ton Danonino ? Balance-le donc par la fenêtre stp. Je t’aime tu sais. »

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C’est possible que ça se passe comme ça ?

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Depuis les années 1950, 8,3 milliards de tonnes de plastique (lien) ont été fabriquées dans le monde. Et seulement 9 % ont été recyclés. Et bien loin de diminuer, la production croît en moyenne de 4 % par an.

Mais il se passe un truc ! La loi économie circulaire en cours monte en ambition ; la publicité faite sur le scandale des expéditions de nos déchets plastiques en Chine et Malaisie qui nous sont retournés est plus bruyante… Je viens même d’acheter mes premiers shampoing et dentifrice solides.

Mais, oh paradoxe et schizophrénie pour nos futurs élus : nos territoires ont investi lourdement pour collecter, séparer, parfois valoriser les plastiques…. Ici encore, comment les nouveaux élus vont-ils réagir devant des outils industriels non amortis qui risquent (peut-être) de voir leur process remis en question ?

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Voilà ce que je peux faire pour vous aujourd’hui. J’aurais pu tout aussi bien développer un ACHIGOCO sur la monter en puissance de l’arbre-allié, sur la valeur montante de l’Eau, sur la place de citoyen acteur de transition, sur la place de l’écologie dans les discussions politiques, sur la prospective sur les territoires de demain, sur la conscience des enjeux cachés du numérique … mais je vais en garder un peu pour plus tard…

Les municipales à venir vont être décisives sur ces sujets.

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Reste à choisir les leviers qui vont réellement impacter les enjeux auxquels nous faisons face et non ceux qui brillent parfois mais ne sont pas réellement efficaces. Souhaitons aux élus à venir d’avoir la sagesse de s’appliquer cette belle phrase de Marc Aurèle :

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 « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »

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Chronique Ecolo-Buissonière n°22 : BUG NATURE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 juillet 2019

et hop, une chronique de plus :

- en son ICI

- en texte et en lien ci-dessous :

 

« Parfois vous êtes le pare-brise, parfois vous êtes l’insecte »

 

Voici ce que dit le refrain de la chanson de Dire Straits que nous venons d’écouter et qui sent bon les années 90, époque où il y avait encore des insectes à tuer sur les pare-brises. Cette chanson a pour titre THE BUG.

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Un bug, avant d’être le dysfonctionnement numérique que nous connaissons tous, désigne un insecte, une punaise plus précisément… C’est drôle que nous ayons choisi de donner le nom d’un organisme vivant pour désigner une nuisance qui nous empêche de poursuivre nos activités d’Homo Œconomicus.

En fait ce n’est pas drôle… mais ça m’a semblé être une bonne introduction pour une chronique dédiée à notre perception polysémantique du mot NATURE. Polysémantique désignent un mot qui a plusieurs significations. Et ça je peux le prouver, écoutez attentivement :

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Pouvons-nous sincèrement parler de RETOUR A LA NATURE, sans envisager que ce dernier ne soit pas CONTRE NATURE au regard de notre évolution humaine NATURELLE ? Car un RETOUR A LA NATURE sincère, dépasserait la simple relation à un ESPACE NATUREL PHYSIQUE ou une rapide conversion au NATURISME, mais impliquerait aussi une forme de surpassement de notre simple NATURE HUMAINE pour démontrer notre capacité à dominer notre écosystème. On peut penser notamment aux CATASTROPHES NATURELLES, elles-mêmes révélatrices de notre extrême fragilité. Une recherche de pouvoirs SURNATURELS en quelque sorte que nous tirerions, non pas d’un anonyme NATUROPATHE de la rue de la Nature à Saint Trojan les Pins mais plutôt de l’absorption par voies NATURELLES, d’un yaourt NATURE pas comme les autres car chargé des valeurs sacrées de la NATURALITE !

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Ça ne veut pas dire grand-chose ce que je viens de déclamer mais ça met en lumière que sous le vernis de ce mot de 6 lettres, se cache des nuances et même de contradictions de sens qui parasitent notre perception individuelle et collective de ce qui est ou ce qui n’est pas « NATUREL ».

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Question à 10 coquelicots : L’Homme fait-il partie de la Nature ?

C’est vrai quoi, l’Homme a beau être le plus grand destructeur de vie terrestre qui n’ait jamais existé, cet état de fait mortifère l’exclut-t-il pour autant de cet ensemble qu’est la Nature ? Même si nous sommes le Bug qui détruit la matrice de l’intérieur, il n’en reste pas moins que nous sommes peut-être nous aussi « naturel » ?

Et du coup si oui… ce que nous produisons l’est-il en conséquence, par filiation ?

Par exemple, faire du vélo peut sembler « naturel » à beaucoup d’entre nous, pourtant ce vélo ne pousse pas dans les arbres, il n’est donc pas naturel. Aie… j’ai mal à la tête…

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Autre vision, dans un livre apocalyptique dont j’ai déjà causé dans ce micro, LE MONDE ENFIN (lien), l’Homme disparait peu à peu de la surface du globe (pour une sombre histoire d’épidémie incurable) et LA NATURE reprend le dessus. L’autre. Celle qui ne nous inclut pas. La colonisation des espaces se fait à sens inverse de ces 1000 dernières années. Pour l’auteur, le bug est réparé. Le virus qui tue l’Humanité est l’anti-virus qui sauve la « Nature ». C’est-à-dire exempte d’Hommes.

A l’inverse, des plus optimistes penseront que l’Humanité porte à la fois le mal et son antidote et donc que la Nature a besoin de son bourreau pour être sauvée. Abyssale ma balade en ce lendemain de bac philo, non ?

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Question à 100 coquelicots maintenant : Les poussières d’étoiles (terme hautement poétique emprunté à Hubert REEVES) qui nous ont constitués sont-elles naturelles ?

Doit-on considérer comme naturel cet improbable concours de circonstance qui a permis l’arrivée de la vie sur terre ?  Lisez Hubert Reeves et vous comprendrez que rien de ce qui nous est arrivé n’est naturel. C’est seulement un coup de pot énorme. Attention, ça nous responsabilise d’autant plus en tant que bipède pensant à faire prospérer ce merveilleux capital tombé du ciel.

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Question à 1000 coquelicots enfin : la Nature peut-elle revendiquer les mêmes droits qu’une personne devant la loi des Hommes  

Connaissez vous Te Awa Tupua ?

ça se passe en Nouvelle-Zélande. Depuis 2017 le fleuve Whanganui (Te Awa Tupua en Maori), a les mêmes droits qu’une personne (lien). Le texte fait valoir que le fleuve est une entité vivante, « partant des montagnes jusqu’à la mer, y compris ses affluents et l’ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques ». Le fleuve est désormais mieux protégé, et des plaintes pourront même être déposées en son nom. La tribu n’est pas la propriétaire du fleuve mais son gardien, chargée de le protéger pour les générations actuelles et futures. Elle a reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52,2 millions d’euros) en guise de réparations financières, et 30 millions pour améliorer l’état du cours d’eau.

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Pourquoi je vous cause de NATURE aujourd’hui ?  A cause de mails répétés de notre duo d’animatrices qui m’ont abreuvé de « naturel » dans la préparation de l’émission mais aussi du fait de la disparition récente de Michel Serres, incarnation humaine de la bienveillance et de la transmission du meilleur du savoir humain. Il a écrit un bouquin fondateur : le CONTRAT NATUREL qu’il est plus que temps de lire, et qui sera ma prochaine lecture. En attendant je ne peux que citer le critique littéraire Hervé Bonnet. (Lien)

« il est urgent que l’humanité contracte avec la terre en inventant pour elle, à l’instar du contrat social, un contrat naturel où justice sera faite à la nature désormais comptable d’une déclaration universelle de droits de la nature. »

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Voilà…

Nous étions dans aux derniers étages de l’immeuble de la pensée et nous redescendons maintenant au rez-de-chaussée nauséabond pour sortir les poubelles.

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La NATURE fait vendre. Le marketing ne s’y est pas trompé. La Nature donne confiance. Comme tout le monde y attache des valeurs positives à défaut d’y attacher le même sens, les publicitaires autrement nommés « grands garants de valorisation des trucs à vendre » exploitent le filon. On est rémunéré au concept créé, on a exploité un mot issu de l’écologie: la NATURALITE. C’est joli naturalité. Il faut que votre produit renvoie implicitement une image non industrielle. On en achète dans tous les conditionnements (surtout en plastique d’ailleurs).

Tout ça pour dire que même si un retour à la NATURE ne me parait pas si facile à définir,  le combat pour la sauvegarde du vivant qui donne sens à la sentence NO NATURE NO FUTUR il peut passer par une augmentation des interactions avec la Nature et une meilleure connaissance du vivant qui nous entoure. La question de la sauvegarde et de l’entretien de notre écosystème, passe par notre envie de Nature.

 

Allez bouclons la boucle de la chronique et concluons avec un dernier conseil de lecture…

Bug

Je sors emballé du Tome 2 de BUG de Enki Bilal. Le pitch : dans un futur proche ultranumérisé, un Bug, dont l’origine est inexpliquée, efface brusquement toutes les datas numériques d’une planète Terre shootée à la numérisation : les gens ne peuvent plus rentrer chez eux, sont incapables de se déplacer d’un point A à un point B sans leur assistance numérique, ne savent plus conduire… Bref un scénario très crédible, à la Black Mirror, qui met en évidence qu’un Homme performant dans un contexte donné, est une loque dans un contexte où on lui retire tous ses assistants numériques.

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Pour l’auteur, le retour à la Nature est notre résilience à pouvoir faire « sans » ses appendices artificiels…

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Et n’oubliez pas :

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« Parfois vous êtes le pare-brise, parfois vous êtes l’insecte »

 

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Chronique Ecolo-Buissonière n°21 : On est en TRAIN de tuer notre Dragon

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 mai 2019

Ci dessous les mots et les liens de ma dernière chronique. L’émission est en ligne ICI.Capture

Merci encore à Simon Stone de www.discoverytrains.net et à Pascal Daubouin du collectif OUI AU TRAIN DE NUIT (lien) pour leur participation. Ils m’ont largement inspiré ma bafouille.

 

Causons trains de nuit.

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Causons une nouvelle fois trains de nuit devrai-je dire puisque, rappelez-vous, dans une émission précédente d’une émission dédiées aux légumineuses, nous avions déjà envisagé la vie en collectivité dans un compartiment couchette après la consommation d’un cassoulet. Podcast en ligne.

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Causons train de nuit donc, car nous sommes actuellement en TRAIN de nous priver d’un allier de poids dans la guerre qui est engagée contre un réchauffement climatique ne dépassant pas les 2°c.

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Nous sommes en effet dans une situation qu’un stratège amateur de 12 ans jouant à Stratégo trouverait aberrante. Je vous résume ça en 4 actes :

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1-    Le climat se réchauffe. Tout le monde en est convaincu…

A part peut être Pascal Praud… Vous avez peut-être vu cette séquence hallucinante d’irrespect et de sexisme où cet animateur de débat low cost a déclaré qu’un matin de mai, il a eu froid, alors… le concept de réchauffement climatique ça le fait doucement marrer.

C’est le genre de gars qui doit dire, « la faim dans le monde ? Laissez-moi rire, j’ai vu la queue à la boulangerie hier » ou « bien-sur les Dragons existent, j’en ai vu 3 dans Game of Throne hier soir ».

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2-    La mobilité humaine à la surface de notre caillou est toujours croissante et malheureusement, c’est une des causes principales de l’évolution haussière de nos rejets de Gaz à effet de serre.

 

3-    Les trains de nuits sont une réponse bas carbone à ce besoin de mobilité continentale. Aucune polémique sur le sujet, l’impact carbone d’un déplacement train est toujours inférieur à tout autre type de déplacement longue distance.

 

Je vous recommande la lecture d’un bel article de THE CONVERSATION réajustant notre lecture de l’impact carbone « au km » par une lecture « à l’heure ». « Alors que les émissions d’un kilomètre en avion équivalent à peu près à un kilomètre effectué seul en voiture, une heure en avion est 13 fois plus émettrice qu’une heure en voiture. Monter à bord d’un avion rendra votre trajet 125 fois plus émetteur en moyenne que de monter dans une voiture ; et plus de 1 500 fois plus émetteur que de monter dans un train… »

 

4-    Nous désinvestissons le sujet. Il nous reste, sauf erreur, deux dernières lignes de train de nuit :  Le Paris-Briançon et le Paris-Latour-de-Carol. Ce mode de transport longue distance n’a plus la cote depuis des décennies, notamment car nous avons fait le choix de la diminution de la durée du trajet (TGV) au dépend de l’optimisation de la durée utile de voyage (voyager la nuit).

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Voilà. Nous nous privons délibérément d’un atout majeur pour combattre le péril climatique.

Je vous raconte l’histoire autrement :

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Nous sommes à la veille de l’ultime bataille à mener contre les marcheurs blancs qui veulent détruire l’Humanité.

Tout n’est pas perdu, nous avons des atouts pour les combattre. Notamment un Dragon dans la force de l’âge, que nous appellerons le Dragon Wagon, car ça sonne bien. Dragon Wagon, il a un effet destructeur certain sur notre ennemi.

Mais… le responsable des finances du Royaume ayant dit que Dragon Wagon coutait trop cher à nourrir au quotidien, on a décidé de le laisser crever

Et si ce n’était que cela…

Comme nous nous considérons en mesure de gagner très facilement notre guerre contre le réchauffement climatique, nous avons aussi décidé de donner un petit avantage à l’ennemi. Ce petit avantage, c’est la défiscalisation du transport aérien.  On s’est dit que ce serait bien de faire en sorte que les avions (qui sont avant tout je vous le rappelle, en termes de poids, des réservoirs volants) volent free taxes, histoire de justifier par le « marché » que notre Dragon Wagon coute trop cher.

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Donc, les trains de nuit seraient-ils un vestige du passé ?

Pas si sûr quand on va voir ce qui se passe chez certains de nos voisins européens…

Connaissez-vous OBB (lien). Il ne s’agit ni de papier à rouler ni du dernier titre de hip-hop à la mode. OBB c’est la compagnie autrichienne de chemin de fer et son expérience semble contre dire le constat NO FUTUR des trains de nuit.

Quand en 2016, la compagnie allemande Deutsche Bahn (DB) décide, comme la SNCF, de laisser tomber les trains de nuit, la compagnie autrichienne lui rachète une quinzaine de trains pour les exploiter elle-même. 40 millions d’euros d’investissement plus tard, le responsable communication de la société autrichienne publique de chemin de fer déclare à la RTBF :

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« Il y a deux ans, quand les chemins de fers allemands ont décidé de ne pas continuer à assurer leur service de train de nuit, cela a été une très grande opportunité pour les chemins de fers autrichiens de rejoindre ce marché et de lancer de nouvelles lignes. Il y a deux ans, nous avons augmenté notre réseau de 50 % et nous offrons maintenant 17 lignes directes de train de nuit à travers l’Europe. »

La DB disait perdre 37 millions d’euros par an avec ses trains de nuit (les comptes auraient été manipulés selon une enquête  du quotidien allemand Tagesspiegel all. ). Si l’OBB ne donne pas de chiffre, elle assure que ces lignes sont rentables avec un taux de remplissage de 65%.

Les trains de nuit exploités par l’Autriche ont transporté 1,4 million de passagers par an depuis fin 2016.

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Pourquoi donc, pour les autrichiens, le critère de choix du mode de transport pour se déplacer d’un point A à un point B n’est-il pas exclusivement la durée du parcours comme on nous l’a mis dans la tête en France ?

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A ce stade de la chronique, je vais me considérer légitime pour donner mon avis d’expert d’usage. J’ai en effet calculé que ces 20 dernières années, pour le boulot ou les vacances, à raison de 40 voyages de 400 km par an, j’ai parcouru environ 3,2 millions de km en train. Donc mon statut d’expert me permet de vous proposer 4 pistes que nous devrions envisager pour sauver notre Dragon Wagon.

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Problème + solution pour le même prix dans une seule chronique ! C’est cadeau !

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PISTE N°1 : Agir sur la conscience environnementale des usagers. En Suède, ce phénomène tout nouveau a un nom : le FLYGSAM (littéralement « honte de prendre l’avion » : lien). En 2018 ; 4% de Chiffre d’affaire en moins pour l’aviation et une augmentation de 10% du 1er opérateur ferroviaire suédois. Même en France Air

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PISTE N°2 : Agir sur le prix. Il est illusoire de demander au voyageur de payer deux à 4 fois plus cher pour prendre le train à la place de l’avion. Si le climat est vraiment prioritaire, la question est : faut-il rendre les voyages en train moins chers en les subventionnant ou l’avion plus cher en corrigeant l’absence de fiscalité sur le kérozène ? (un indice chez vous : on a plus sous). Pour mémoire, le réseau Action Climat déclarait à France info (lien) que « Si on taxait le kérosène à la hauteur des carburants, on arriverait à des recettes, pour tous les vols, de 3,6 milliards d’euros ». De quoi remettre quelques lignes et quelques wagons en état de marche.

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PISTE N°3 : Agir sur le plaisir d’usage. Il y a de la place pour innover en termes de confort, évoluer dans les services proposés, sortir de l’image négative des trains de nuit, proposer une expérience, un moment agréable. Au Royaume-Uni, la compagnie privée Caledonian Sleeper vient d’investir 173 millions d’euros dans de nouveaux wagons. Ambition forte à comparer aux 30 millions qui seront investis par la France pour rénover ses propre wagons.

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PISTE N°4 : Proposer les voyages de nuit sur le site de vente en ligne ! c’est aberrant mais aujourd’hui, comme Harry Potter on doit chercher le quai caché pour prendre son train. On ne trouve pas toujours les trajets pour les lignes françaises et jamais pour les lignes internationales. On sait faire pour les avions, pas pour les trains.

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Allez, on se quitte sur des signaux faibles qui redonnent espoirs. Après les sénateurs le mois dernier, les députés semblent prendre conscience de quelque chose. Ce mardi 7 mai, la Commission des Finances a voté un amendement en faveur des Intercités de nuit. (Lien)

 

On peut encore sauver notre Dragon Wagon ! (pour les vacances, prenez le train)

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Chronique Ecolo-Buissonière n°20 : c’est la Pata !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 avril 2019

Cette chronique n°20 est bien numérotée puisque j’y cause d’ami.e.s de 20 ans ! la vie est bien faite parfois.

La vingtième donc, en mots ci-dessous et en son ICI.

 

Aujourd’hui est un jour de chronique spécial pour moi et je m’en vais vous dire pourquoi avant de ne pas traiter le sujet du jour puisque j’en avais préparé un autre. Avant d’être hors sujet donc, je vais abuser de ma position de chroniqueur libre dans mon strict intérêt personnel. Je vais faire, comme on dit dans le métier, une « Carlos Ghosn »…  sans prendre le risque cependant d’aller me promener au Japon dans la soirée.

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Il se trouve en effet que je suis entrainé depuis quelques semaines dans la préparation d’un évènement fort particulier, qu’est celui de la préparation de l’anniversaire des vingt ans de mon diplôme de fin d’étude (que je suspecte encore d’avoir obtenu grâce au fait d’arme de l’organisation du gala de dernière année…).

Donc, grâce à la magie des réseaux sociaux et à l’initiative de quelques collègues de promo, me voilà, soir après soir, en contact direct avec les joyeux fantômes de mon passé. Des gens avec qui j’ai vécu près de 3 années dans une période où les souvenirs impriment bien le cortex. Des personnes, qui pour beaucoup avaient disparu de mes radars.

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Et PAF ! du jour au lendemain, les photos du passé se confrontent à celles du présent avec des enfants partout. Les souvenirs potaches croisent les informations sur nos vies professionnelles souvent bien éloignées du diplôme qui nous destinait tous à travailler dans une usine agro-alimentaire.

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Soir après soir, Régine me fait marrer avec son poney qui a peur des souris, Jean-Philippe avec son concours de grues, Frédérique avec ses soucis de camionneurs… Ils n’ont pas l’air d’avoir trop changé. Sauf mon binôme bien-sur qui n’a plus un poil sur le caillou et qui est tatoué de partout !

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Mais la pression des retrouvailles approche. #retrouvaillesarecomming

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Comment leur dire…

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Comment leur dire ce que je suis devenu…

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Comment les alerter sur le fait que je suis maintenant un anxiogène de première ?

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Avant, le seul stress que je provoquais venait du malaise engendré par mes blagues foireuses… Mais maintenant c’est différent ! Il faut qu’ils sachent que ma vision du monde a radicalement changé en 20 ans… Que moi aussi je vois des marcheurs blancs partout (lien chronique précédente).

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Je me suis dit que le meilleur moyen était de profiter de cette chronique pour montrer par le versant éclairé ce que je m’efforce de faciliter en autopsiant le cas d’une entreprise inspirante. Histoire de donner du concret à mon Graal.

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Et là REPAF. Transition.

Je vais chroniquer sur l’autobiographie de celui qui incarne l’âme de mon entreprise référente.  A ce stade je devrais citer le bonhomme en question mais faisons trainer encore le suspense quelques secondes. Quand je demande aux gens qui m’entourent qui est leur entrepreneur emblématique, on me cite pèle mêle : Elon Musk, Bill Gates…

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Et quand je dis le nom de mon référent à moi, les gens sourient toujours. Ça ne semble pas sérieux.

C’est vrai que Yvon Chouinard ça ne sonne pas « Silicon Valley », c’est moins stylé comme dirait ma fille.pata

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Et pourtant c’est bien de lui dont je vais vous causer en racontant, vite fait, l’histoire de Patagonia par les yeux de son créateur, un entrepreneur pas comme les autres.

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« aucun enfant ne rêve de devenir un homme d’affaire »

voici les premiers mots du premier chapitre de l’auto-biographie d’Yvon Chouinard. Phrase symbolique d’un homme qui a réussi presque malgré lui, en partant de rien, à créer ce que l’on appelle aujourd’hui une licorne (une des rares entreprises à afficher un chiffre d’affaire de plus d’1 milliard de dollars). C’est le seul qui en a un peu honte aussi…

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Son nom franchouillard, il le tient de ses origines québecoises d’où ses parents ont émigré dans les années 40 pour s’installer finalement en Californie en 1946.

Le gosse Yvon est passionné de nature, monte à 15 ans un club de fauconnerie. Il voudrait être trappeur plus tard. Il pêche, surfe…

Il est surtout passionné d’escalade Yvon. Il passe son temps à grimper, et manque à plusieurs reprises d’y passer, à cause notamment d’un matériel très insuffisant. En 1957, il achète une forge et une enclume chez le ferrailleur du coin et se met à forger son matériel d’alpinisme.

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Bref, il forge des pitons une partie du temps et les utilise l’autre partie. Il se met à les vendre et ça marche. Chouinard Equipment est née dans le début des années 60. En 1970, c’est le premier fournisseur d’escalade américain.

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Il devrait être content Yvon. Mais non.  Dans son livre, il écrit son désespoir de voir que son entreprise contribue autant à la dégradation de l’environnement. En effet, aux USA ; les pitons étaient retirés à chaque utilisation, ce qui détruisait la roche. Le nombre d’escaladeurs augmentant, l’impact était de plus en plus visible. Il décide donc du jour au lendemain d’arrêter de fabriquer, pour cette raison, les pitons qui ont fait sa réussite. Il développe à la place des coinceurs en aluminium. L’entreprise communique sur le pourquoi de cette décision et revendique une escalade « propre ». Nous sommes au début des années 70 et ça marche.

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Autre virage quand il a l’idée de proposer des vêtements aux escaladeurs. Polos, anoraks, gants, bonnets… Une offre inexistante dans les années 70. Le quincailleur se lance dans la mode pour sportifs. Il mit de la couleur et surtout de la technique au service des sportifs. En 1973, la marque Patagonia est née.

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En 1977 l’effectif passe à 16 personnes mais Yvon Chouinard continue de passer une part importante de son temps à surfer et faire de l’escalade. Il pratique le MBA (Management by Absence).

Grâce à nombre d’innovations et de développements (polaires, sous-vêtements techniques…), du milieu des années 80 au début des années 90 le chiffre d’affaire de Patagonia bondit de 20 millions à 100 millions de dollars; avec une attention toute particulière au recrutement : il faut que les gens aiment les produits, les utilisent et qu’ils aient d’autres activités externes à l’entreprise.

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x« Puisque je n’avais jamais souhaité être un homme d’affaire, il me fallait au moins quelques bonnes raisons pour accepter de le devenir […] le travail devait rester agréable »

ce qui se traduit par une des premières crèches d’entreprise, des horaires à la carte car « un vrai surfeur ne décide pas d’aller surfer mardi prochain à 14h » !

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Mais c’est la conscience environnementale du patron qui caractérise le plus Patagonia, probablement car il est resté très proche de cette dernière (surf, escalade…). Un texte présente les valeurs de l’entreprise, qu’il enseignait en interne sous le terme de Philosophie Patagonia, dont je ne retiens ici qu’une phrase mais qui mériterait une chronique entière :

« toutes les décisions de l’entreprise sont prises dans le contexte de la crise environnementale »

En 1986, Patagonia s’engage a reverser chaque année 10% des bénéfices à des ONG (ou 1% du CA). Engagement tenu depuis. 66 millions de dollars de reversés à la date de l’édition de l’autobiographie !

Patagonia est aussi une entreprise militante qui s’affiche sur des causes comme en 1984 la protection du Parc Yosemite ou plus récemment en reversant l’intégralité du cadeau fiscal de début de mandat de Donad Trump à des associations.

Dès 1994, l’impact de la production des vêtements est au centre des attentions. L’éco-conception est la règle, traduite par du sourcing bio, suppression des toxiques et surtout en prenant la responsabilité de chaque produit de sa « naissance à sa renaissance ». Les produits doivent durer, être réparables, simples… Dans le métier du textile les enjeux se jouent souvent dans la chaine d’approvisionnement et j’encourage le curieux auditeur à consulter sur le site internet de la boite son FootPrintChronicles qui affiche une transparence totale sur la chaine d’approvisionnement.

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Si la réussite Patagonia ne s’est pas faite sans à-coups, il est intéressant de comprendre ce qu’Yvon Chouinard a essayé d’insuffler à son entreprise :

« pratiquer des sports à risques m’avait enseigné de ne jamais dépasser ses limites. […] quand une entreprise essaie d’être ce qu’elle n’est pas, qu’elle essaie de tout avoir, elle court à sa perte. Il était temps d’appliquer un peu de philosophie zen à notre entreprise ».

Il revendique souvent de freiner la croissance de sa boite. Là-dessus, il a un peu échoué…

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Jamais Patagonia n’est rentrée en bourse, pour éviter de subir la pression court termiste de l’actionnaire. Cette entreprise a le statut légal de Benefit Corporation depuis 2012, année où la Californie a rendu possible le statut d’entreprise à intérêt général, ce que la France a intégré en avril 2019 dans son corpus législatif (lien) . Si Patagonia venait à être vendue, ces valeurs ne pourraient changer qu’à l’unanimité du conseil d’administration.

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Bref, je vous recommande vivement la lecture de « Confessions d’un entrepreneur…pas comme les autres » Edition Vuibert pour prendre un peu d’inspiration et constater que l’entreprise est aussi un lieu des solutions.

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Dorénavant quand vous verrez un truc qui réussit, faites comme moi et dites, « C’est la Pata »!

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… Et à mes amis de 1999, n’ayez point peur, on peut œuvrer à l’évolution positive du système et (en) passer (ant) une bonne soirée ensemble…

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Chronique Ecolo-Buissonière n°19 : Glandeurs Non Violents

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 20 mars 2019

Ma dernière chronique (mars 2019) en son ICI et en mots ci-dessous :

En choisissant de traiter le sujet des Glandeurs Non Violents, je suis conscient de snober le sujet du jour qu’est la Communication Non Violente… Ce n’est pas que je ne me sente pas empathique personnellement et en capacité d’écouter et parler avec tous. Pour preuve, je passe ma vie à être un écolo intégriste pour les uns et un dangereux compromissionnaire acquis au Système pour les autres. En disant pourtant à peu près la même chose à mes interlocuteurs…

 

Le sujet Communication Non Violente est intéressant … mais il se trouve que ma dernière lecture cause si bien des arbres que j’avais envie de chroniquer chlorophylle. C’est comme ça. Une envie de vert, ça ne se discute pas.

 

Le livre c’est LA VIE SECRETE DES ARBRES du maintenant célèbre forestier allemand Peter WOHLLEBEN grâce à une audience peu ordinaire : plus de 1 millions d’exemplaires vendus dans le monde !

 

Cette chronique est aussi l’occasion pour moi d’ouvrir un nouveau combat. Nouveau combat qui est donc à ajouter aux dizaines d’autres abordés dans les 18 chroniques précédentes (déjà !). En vrac et non exhaustivement : la fiscalité du kérozène des avions, la masse croissante des voitures, la survie des trains de nuits, le plastique tueur d’Océan, les déserts médicaux, l’éradication organisée des grands mammifères et l’éradication plus anarchique des insectes, l’articulation du Je Nous, le combat contre les innovations toxiques, le mauvais usage de notre épargne, la mauvaise fois en matière de transition, le refus de la complexité, la publicité…

Le nouveau combat qui complète cette liste est linguistique celui-là.

Je voudrai vous faire un peu réfléchir à l’importance du gland et à la profonde injustice de la trop péjorative perception du glandeur dans notre monde moderne.

GNV

J’œuvre donc ici à la réhabilitation du gland comme un matériau noble de notre environnement et à celle de glandeur comme laborieux intérimaire de nos forêts.

Commençons par le début. Je vous présente le gland.

Le gland est le fruit du chêne, il est très riche en lipide (jusqu’à 50% de sa masse). La fructification demandant beaucoup d’énergie aux arbres, ils ne peuvent se permettre ce type de projet reproductif tous les ans.

La période de production des glands est appelée la glandée et se trouve donc fort irrégulière en quantité selon la météo, la santé de l’arbre ; son âge…

Par effet ricoché la santé des populations de sangliers ou de cochons sauvages mangeurs de glands, sont très impactées par ces irrégularités de glandée.

« Les années de petite glandée, les 3 petits cochons ont faim »

 

Et il n’y a pas que les petits cochons sauvages qui apprécient le gland. L’ONF aussi.

L’automne dernier, l’Office National des Forêts de Tronçais (lien) a sollicité pour la première fois depuis quatre ans, des glandeuses et des glandeurs pour une mission de la plus haute importance. Le quotidien auvergnat La Montagne a rapporté notamment que Gisèle a été missionnée pour parcourir les 430 ha de la forêt de Tronçais et récupérer les glands en bon état pour optimiser le processus naturel de renouvellement des générations. Ainsi 7 à 10 000 Litres de glands en pleine forme vont pouvoir être replanté.

Sans ce travail de petites mains, physique et demandant un œil expert pour ne pas ramasser des glands véreux (quel plaisir que de clamer que « glander n’est pas de tout repos » !). Sans ce travail donc, il faudrait s’en remettre à Dame Nature et compter sur quelques oiseaux ou mammifères oubliant leur surplus de stocks de glands cachés à des endroits qui doivent de surcroit être acceptables pour la croissance de bébé chêne.

Vous devez savoir que le taux de mortalité infantile est élevé chez les arbres.

Par exemple, un hêtre va produire durant sa vie de 150 ans, 60 fructifications, ce qui représente 1,8 millions de fruits (les faines). Et vous savez statistiquement combien vont réussir à produire un arbre adulte ? 1 seul !

Donc, pour une fois que l’homme peut donner un petit coup de main à la nature… remercions les glandeuses et glandeurs de leur boulot utile !

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Ce que je trouve beau, c’est que les glands et autres faines ne maitrisent rien de leur destinée mais participent pourtant à quelques choses de plus grand que leur simple existence. Toutes les forêts du monde sont passées par l’étape « gland » (ou équivalent).

Tout le pétrole que nous nous dépêchons de bruler de peur d’en laisser aux générations suivantes, vient quand, on y réfléchit bien, de ces petites choses insignifiantes que nous écrasons lors de nos balades en forêt.

Le gland est bien plus grand qu’il n’en a l’air, pensez-y dorénavant avant d’utiliser ce mot comme une insulte.

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J’en reviens au livre LA VIE SECRETE DES ARBRES. C’est un livre agréable à lire, captivant, cumulant les anecdotes faciles à transposer dans notre quotidien.

On y cause intelligence des arbres, communication, souffrances, relations de solidarité ou compétition, stratégie et innovation dans le but de bénéficier de la meilleure situation. La meilleure place « au soleil ».  On parle aussi de déplacement, de migrations…

Tous ces mots (intelligence, communication, innovation…) sont peu usités dans le contexte végétal. C’est le pari de l’auteur qui use et abuse de l’anthropomorphisme pour nous faire entrer en empathie avec le monde peu connu des arbres.

A le lire, on s’attendrait presque à voir l’arbre le plus proche de votre fenêtre (moi c’est un Erable), on s’attendrait presque à le voir vous sourire et partir se promener et marcher comme les Ents dans le seigneur des anneaux.

Il a été reproché à l’auteur de trop jouer sur la corde des sentiments humains (« bébé-arbres », « maman-arbre »…). Je pense que l’auteur a vraiment une vision humaine de ses amis arbres.

Et quand bien même il y aurait manipulation ! Qui reproche au marketing de faire parler des hamburgers ou des bonbons, qui critique les auteurs de publicité vantant que le dernier SUV de 2 tonnes saura vous rendre plus heureux.

S’il le faut, marketons les enjeux sociétaux ! Utilisons les armes du camp adverse. Aux armes stylistiques subversives Ecrivains !

Et tant pis si ce n’est pas de la communication non violente : Oups, pardon, je dérive…

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Ce week-end, au retour de l’Ile d’Yeu où j’ai assisté à un superbe concert de Nina Attal, je me disais que la souffrance après cette lecture, c’est de savoir que l’Europe n’a conservé que 3% de ses forets primaires et que – selon l’auteur – seules ces formes forestières sont adaptées à la vie épanouie des arbres.

L’espérance après cette lecture c’est de savoir la formidable résilience des arbres. Il faut seulement les laisser faire et penser avec une montre d’arbre qui mesure le temps long (il faut selon l’auteur moins de 400 ans pour reconstituer une forêt primaire européenne).

Et je rappelle que sans ses alliés arbres Frodon et ses potes n’auraient pas pu sauver la Terre du Milieu. Qui sait ce qui nous serions devenu sans les arbres.

J’arrête les bêtises. Lisez ce livre et passez quelques minutes à regarder vos voisins arbres. Vous allez voir, ça fait du bien.

 

C’était la seconde fois que je chroniquais sur les Arbres. Il y a une raison. Je ne les connais pas bien mais suis sûr de les aimer. Et puis cette citation de François René de Chateaubriand me hante un peu :

 

“Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.”

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