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Chronique Ecolo-Buissonière n°15 : « Bon souvenir de mes vacances sur Terre »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 13 septembre 2018

Voici une nouvelle Chronique, à écouter ICI ou à lire ci-dessous :

 

Je vais vous lire aujourd’hui la carte postale qu’un gentil extraterrestre a écrit cet été à sa famille. Je ne vous dis pas comment j’ai récupéré ce document rare, mais faites-moi confiance, c’est une fake news authentique ! [Je n’ai, sur le sujet, plus aucun scrupule depuis que j’ai entendu cet été Rudy Giuliani, l’avocat médiatique du Président américain dire “la vérité n’est pas la vérité »]. Donc, l’auteur de cette lettre vraie et fictionnelle à la fois, a passé ses vacances parmi nous cet été.

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« Bonjour les amis,

Je vous écris de la Terre, une toute petite planète située dans le système solaire, bien loin de notre galaxie. Cette année, j’ai en effet choisi pour mes vacances de sortir des planètes habituelles et m’éloigner un peu de Melmac. Je voulais éviter la foule des touristes et avoir un truc original à raconter à la rentrée.

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Un cousin m’avait recommandé la destination Terre et même si j’ai eu beaucoup de mal à la trouver, franchement, ça valait le déplacement ! Arriver de l’espace avec leur étoile centrale dans le dos (le soleil) et voir cette planète quasi toute bleue tant il y a d’eau à sa surface : c’est un spectacle unique. Cette planète est un vrai miracle, elle est juste située à bonne distance du soleil pour bénéficier de températures clémentes et stables. Elle a une atmosphère protectrice permettant au final de maintenir une température moyenne autour de 15°c et avec une composition gazeuse des plus accueillante. Incroyable. Je ne connais pas d’autres planètes disposant d’un contexte si favorable. Un bijou de poussière d’étoile [expression empruntée à H. Reeves].

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Et des paysages d’une variété époustouflante pour une si petite planète : des océans d’un bleu rafraichissant, des montagnes avec un peu de neige d’un blanc éclatant, des forêts d’un vert reposant. Cinq étoiles au Guide du Routard intergalactique.

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Avec des conditions pareilles la planète est habitée bien sûr. En nombre, la vie est surtout représentée par les micro-organismes présents partout, j’y reviendrai. Il y a aussi beaucoup de végétaux, d’insectes (plus de 5 millions d’espèces à vue de nez), d’arthropodes et de mollusques…. C’est extraordinaire de diversité. Je suis seulement un peu surpris qu’il y ait si peu de vie marine, les océans sont presque vides. Bizarre… En tout cas, sur toutes les formes de vie que j’ai observées, il m’est apparu que nous avons beaucoup à apprendre d’elles.

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Bon, tout n’est pas rose non plus sur Terre, elle est même par endroit souillée, voir inhabitable. Il faut dire que la domination, pour le moment, est celle d’une espèce un peu crade, les humains. Ce sont des bipèdes comme nous et ils disposent d’un niveau de technologies plutôt avancé. En fait, je crois que le niveau de savoir humain est même plutôt correct. Je l’évalue à 6 sur l’échelle de BAldo (qui compte 20 niveaux je vous le rappelle). Par exemple, ils savent se passer des énergies de combustion (ils ont compris qu’elles étaient nocives et trop rares), ils savent qu’ils dépendent des autres espèces vivantes, ils savent que pas mal de ressources sont limitées en disponibilité et c’est important pour eux car pour le moment ils sont bloqués sur leur caillou… Ce qui est étrange, c’est que pour des raisons incompréhensibles, ils ne traduisent pas leurs savoirs en actions. Au contraire, ils continuent d’utiliser massivement et sans précaution ni régulation les énergies fossiles dans des véhicules qui roulent pour on ne sait quoi et qui sont loin d’être sobres (leurs véhicules font jusqu’à 33 fois leur poids, cf dernier tank individuel de Mercedes). Ils détruisent massivement les autres formes de vie de leur écosystème comme pour bien montrer leur domination par leur pouvoir de nuisance. Ils s’organisent même semble-t-il pour mettre en place une sorte de grand gaspillage de ressources. Ils appellent ça l’Économie… mais là je dois avoir un problème de traduction car cette économie, n’est pas du tout économe en ressources…

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Bref, la logique en place me dépasse et j’avoue, elle a pu parfois gâcher quelques moments pendant mon séjour. J’étais en vacances et je n’ai donc pas approfondi la chose mais si je fais mon planétopsychologue de comptoir, je dirais qu’il y a une tendance à l’autodestruction chez cette espèce humaine. Je mets mon billet, que lorsque je reviendrai, dans 1000 ou 2000 ans (aux prochaines vacances), ils ne seront plus présents sur Terre, tant leur projet autodestructeur a de bonnes chances d’aboutir.

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Pour finir avec eux, car ils ne sont vraiment pas ce que j’ai préféré pendant mes vacances, je vais illustrer leurs défaillances cognitives par une anecdote croustillante. Une de leur tribu les plus puissante (les Etats-Unis je crois) est gouvernée par…  je vous le donne en mille : un extra-terrestre vaguement grimé en humain ! si, si, j’ai reconnu sans difficulté en leur chef un Oranginien ! Dingue ! Il semble prendre plaisir à passer son temps à se moquer des humains en prenant des décisions aberrantes. Rien que pendant que j’étais là, il a expliqué à son peuple (accrochez-vous) que pour lutter contre les incendies de forêt il fallait couper tous les arbres ! que dans un contexte de réchauffement climatique très fort sur Terre il fallait surtout développer la combustion de charbon ! il dit vraiment n’importe quoi et son peuple réagit à peine. Étonnant.

Je crois qu’il veut seulement s’amuser un peu mais je trouve que c’est éthiquement son comportement est discutable. C’est pas terrible de manipuler un peuple faible et peu éduqué. Je veux pas être raciste mais on sait tous que les Oranginiens sont tous un peu secoué…oranginien !

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Revenons aux espèces non-nuisibles de la planète Terre. L’évolution a produit des collaborations inter-espèces tout à fait étonnantes. J’ai passé pas mal de temps à regarder de près leurs arbres et leurs animaux et j’ai constaté des interactions surprenantes. Par exemple, il y a un gros mammifère qui s’appelle « VACHE » (un animal aux allures de Boloches avec 4 pattes et sans trompe, pour vous faire une idée). Ces « vaches » passent le temps à brouter de l’herbe et à mâchouiller, tranquilles. Couchées par terre. Pas d’énergie dépenser à chasser, à rechercher de la nourriture. Peinarde la vache. Et là ou c’est fort, [alors même que la majorité des humains pensent que les vaches sont herbivores], ces dernières ne se nourrissent en fait que des micro-organismes qu’elles cultivent dans une sorte de réservoir interne (rumen) et qui eux se nourrissent d’herbes. Dingue. Le micro-organisme n’est pas viable hors du rumen de la vache et la vache ne sait pas se nourrir sans ses hôtes. Hallucinant comme collaboration !

Je pourrai vous raconter plein d’autres histoires de symbioses microorganismes-végétaux, microorganismes-humains… c’est passionnant ce qui se passe sur Terre. Je crois que les microorganismes sont les vrais dominateurs silencieux de ce monde. Je ramène un livre humain passionnant décrivant tout ça : JAMAIS SEUL, ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations écrit par un homme moins bête que la majorité rencontrée, Marc André Selosse. A lire (LIEN)!

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Voilà. Je ramène quelques photos sympas de mon voyage dans cette contrée reculée. Si je vous ai fait envie, je vous recommande d’y aller assez vite car il y a une probabilité assez forte de dégradation des conditions d’accueil touristique dans les siècles à venir.

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Une dernière chose. Si vous y allez, je vous recommande vivement d’essayer le « vélo », un moyen de déplacement rigolo et assez efficace. (C’est une sorte de Solifare avec deux roues alignées et sans propulseur). Je suis sûr que ce truc a de l’avenir. J’ai croisé une famille sympa qui faisait un petit parcours dans un endroit très agréable qui s’appelle la Vendée. Ils m’ont convaincu de faire moins de distance pour les prochaines vacances. Sobriété et plaisir pour les congés : tout un programme ! LIEN

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Amicales pensées molles, à très bientôt,

MalaK Folfolay de la planète Melmac »alf

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°14 : « On est dans le kaka de Yak… et en même temps… »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 juin 2018

Bientôt en ligne (lien), ma dernière chronique Ecolo-Buissonnière sur un sujet traité dans un post précédent : les rencontres internationales francophones – Transition Énergétique et Sociétale. En attendant, voici le texte et ses liens.

Spéciale dédicace à Bernard.

« Aujourd’hui, je viens vous chroniquer sur le thème de la GONALGIE.

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J’ai en effet assisté, il y a quelques jours à un colloque international de rhumato-sociologie passionnant. Le thème de ce symposium était l’amélioration de l’articulation du genou. Devant mon envie irrésistible de briller en société, m’en voilà parti pour vous conter ceci.

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Le constat au niveau mondial n’est pas brillant. L’articulation du genou n’est pas un sujet très vulgarisé et pourtant trouver remèdes aux maux de l’articulation du GENOU répondrait à bien des enjeux de notre temps. En aviez-vous conscience ?

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Notamment, saviez-vous que la mauvaise articulation du JE-NOUS est une des causes principales de notre individualisme ? de notre incapacité à nous approprier les enjeux globaux comme le réchauffement climatique ou l’extinction de la biodiversité ? non ?

Il faut dire que l’articulation JE-NOUS est soumise à bien des contraintes : l’obésité du poids des enjeux mortifères qu’il nous faut porter, la sédentarité d’un système privilégiant l’individu au collectif, les ondes négatives permanentes provenant des chaines d’infos continues qui nous poussent toujours plus à ignorer le NOUS au profit du JE.

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C’est un peu de cela dont il a été question lors des premières journées internationales francophones de la Transition énergétique et sociétale, puisqu’il s’agit bien de cela.

L’articulation du JE et du NOUS résume bien la question affichée en ouverture de session : « En quoi l’innovation sociale et les dynamiques collectives facilitent l’émergence et le développement des projets de transition sur les territoires locaux ? ».

Nos invités du CTS ne seront pas perdus lors de cette chronique, car je vais relater arbitrairement, maladroitement et subjectivement ce que je retiens de l’évènement pendant lequel leur promotion 2017-2018 a présenté son évènement de clôture.

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J’ai donc passé 2 journées et 2 soirées au milieu de chercheurs, de philosophes, de sociologues, d’acteurs associatifs, de gens de collectivités, de référents d’entreprises, de québequois chauves, d’helvétiques barbus… sans oublier les « collégiens de la transition ». Tout ce beau monde pour phosphorer sur le Faire Ensemble.

Le concept du FAIRE ENSEMBLE est vraiment intéressant… pour tout dire, si j’étais Monsanto, expert de l’appropriation du vivant, je brevèterais le principe ! c’est vrai quoi, le potentiel est énorme : si ça marche massiquement, on tient une pierre philosophale ! Y a vraiment du pognon à se faire ! En attendant de privatiser le concept, les présents à ces journées ont fait de la mise en pratique.

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La mise en pratique a commencé par une mise en abime lors de la conférence du philosophe suisse Dominique Bourg que je résume avec mes mots et une métaphore pleine de bon gout. L’Humanité toute entière est plongée dans une sorte de fosse à lisier de yak malade. Nous sommes dans ce truc malodorant. C’est même nous qui avons creuser la fosse et construit le système l’alimentant. Le niveau monte. Nous respirons difficilement avec une paille… mais nous nous sommes finalement bien habitués à la situation. Nous l’acceptons et n’envisageons pas de bouger des quelques mètres qui nous sortirait de la fosse. C’est tellement plus facile d’attendre que de bouger ! Le niveau de kaka de Yak monte encore.188540-004-9F52B89C

Ce kaka de Yak c’est le réchauffement climatique couplé à l’extinction de la biodiversité qui conditionnent pourtant notre vie de bipède dominateur et « en même temps » si fragile.

Le dispositif nous alimentant en excrément est le système marchand qui amplifie en permanence l’ampleur de nos soucis.

Pour nous sauver du Kaka de Yak, Dominique Bourg mise sur un changement de paradigme rendant notre modèle de vie compatible avec la fragilité des éco-systèmes. Comment ?  En devenant des humains plus spirituels, plus proches de la Nature. Trouver notre épanouissement dans un équilibre avec la Nature plutôt que de nous épanouir dans le mirage de la consommation.

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Parenthèse / télescopage d’actu sur notre rapport à la Nature : la philosophe Cynthia Fleury  vient de codiriger un ouvrage, L’Exigence de la réconciliation. Biodiversité et société. Elle dit que notre relation à la Nature ne fait que régresser (yc en termes de fréquence de confrontation). « La biodiversité a besoin d’être incarnée. Plutôt que trop la naturaliser, il faut en faire une affaire véritablement humaine ». Il y a urgence. Car si les sociétés humaines ont besoin que la biodiversité fonctionne bien pour garantir leur survie, leur bien-être et leur cadre de vie, elles ont oublié qu’elles en faisaient partie. Tout ce que dit Cynthia Fleury est du miel (bio…).

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Revenons-en à notre kaka de yak. Franchement, à la sortie de la conférence, je ne voyais pas quelle Arche de Noé pourrait nous sauver du péril du KakadYak. Un kayak peut-être ? Pas une Cadillac en tout cas (j’ai un peu honte là).

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Bien que plongé dans le doute, j’ai quand même brulé dans ma charrette des temps modernes 4 L d’essence E10 parfumée au sang d’orang outan pour donner une chance à l’Humanité de s’en sortir et suis revenu le lendemain pour suivre deux journées de réflexion actives.

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Pour la suite, je suis bien incapable de résumer le déroulement et la production de ces journées, mais ce qui m’en reste comme impressions, au-delà d’une ambiance joyeuse et constructive, tourne autour du verbatim emblématique des années 2017/2018 : « en même temps ». Je vous en propose une petite série, sans connotation politique :

  • EN MÊME TEMPS n°1 : Nous n’avons jamais autant détruit la vie sur Terre EN MÊME TEMPS aux quatre coins de la Terre des acteurs se bougent et proposent des solutions pertinentes. Je vous invite à parcourir le recueil de contributions réalisé l’occasion de ces premières rencontres internationales et qui a été mis en ligne en open-source pour partager 33 projets à l’initiatives de chercheurs, d’associations (…). En quelques lignes vous y trouverez expliqué par exemple le projet « Cowatt co-toiturage solaires en Pays-de-la Loire » ou une analyse de « la culture de la proximité et de la transition à Montréal »…
  • EN MÊME TEMPS n°2 : Nous n’avons pas de solutions immédiates et instantanées pour changer nos modes de vie, EN MÊME TEMPS les solutions passent par cette appropriation collective du « faire ensemble ». Le chemin de la réflexion est un bout de la solution. Accepter cet investissement temps et la frustration de n’avoir fait que parler. « Notre maison brule »… et nous discutons du plan d’intervention entre pompiers aux compétences et langues différentes
  • EN MÊME TEMPS n°3 : Acteurs du privé, des asso, des collectivités, chercheurs (…) en fonction de notre point de vue, nous avons souvent du mal à nous comprendre EN MEME TEMPS il n’y aura pas de changement d’échelle chacun dans notre coin. C’est de mon point de vu l’atout n°1 de ces journées de rencontres. Ce n’est pas si souvent que des militants discutent avec des entreprises et des chercheurs pour résoudre un problème commun !
  • EN MÊME TEMPS n°4 :  à la surprise des participants québecois, belges ou suisses, nous les français, nous demandons au « pouvoir public » plus de liberté et EN MÊME TEMPS plus de moyens et l’énergie du déclenchement. Nous sommes tellement jacobins…
  • EN MÊME TEMPS n°5 : Une partie de la société est prête à contribuer à ce « faire ensemble », EN MÊME TEMPS nous manquons de compétences pour réellement passer à l’action. La pratique de la Démocratie, ça s’apprend et l’éducation populaire a quasiment disparut. En voilà du concret pour agir vite !
  • EN MÊME TEMPS n°6 : Tous ces moments à promouvoir le FAIRE ENSEMBLE et l’intelligence collective et EN MÊME TEMPS se rendre compte lors des captivantes interventions de Damien Carême maire de Grande Synthe et de Jo Spiegel maire de Kingersheim, se rendre compte que le leadership permet l’action. sans leadership ???

Bref, ce n’est pas simple et EN MÊME TEMPS ce n’est pas une raison pour ne pas s’atteler à la tâche. Merci aux organisateurs, merci à Bernard et… pensez à soigner vos JE – NOUS. »

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°13 : « Auprès de mon arbre »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 mai 2018

Déjà ma treizième chronique ! en podcast ICI et en texte (et sourcé) ci-dessous :

Je trouve le sujet de l’arbre très inspirant !

Inspirant… Expirant… Inspirant… Expirant… Rien que de le dire, ça fait du bien.

Il y a plein de raisons à s’attacher à un arbre. Et je ne parle pas là de pratiques écolo-fétichistes ; je veux dire que l’arbre est remarquable en bien des points :

  • il est remarquable d’abord pour son talent de transformer du CO2 en O2 par le miracle de la photosynthèse. La forêt française capterait 15% des émissions de CO2 du pays selon le Ministère de l’Agriculture et de la forêt),

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  • il est remarquable ensuite pour sa prise en charge, gratuite et désintéressée, de l’hébergement du vivant, prenons en de la graine (73 mammifères, 120 oiseaux en France).

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  • L’arbre est remarquable enfin pour ses investissements extra-professionnels. Sur son temps libre ; l’arbre lutte contre l’érosion, dépollue notre l’eau, nous aide à lutter contre les ilots de chaleurs en ville (lien), il nous apaise aussi.  La pratique japonaise du « bain de forêt » (Shinrin-Yoku) aboutirait de manière prouvée à une baisse significative du stress et de l’épuisement, moins de troubles de l’attention, une amélioration des défenses naturelles et des effets positifs sur la tension artérielle.  (lien).

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  • Enfin l’arbre donne même de sa personne pour nous chauffer… y-a-pas à dire, ça buche un arbre !

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J’ai envie de dire, qu’il mérite bien plus que les produits laitiers d’être désigné comme notre « ami pour la vie ». Ça se chante moins bien, mais on peut essayer : « Les arbres non tronçonnés sont nos amis pour la vie ». ça marche !

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Je rajouterai qu’un arbre c’est beau. Je ne connais pas grand-chose de plus beau qu’un arbre en fait… A part une forêt d’arbres bien-sûr (c’est de l’humour de conifère, ça pique un peu…).

L’arbre m’inspire tellement, qu’arrivé au bout de cette première page, ma chronique n’a pas encore commencé (elle durera exceptionnellement 35 minutes. Désolé pour les invités) ;

Ma chronique parlera aujourd’hui d’un livre exceptionnel, d’un héros des temps modernes, d’une femme hors-norme qui ont tous trois pour points communs : racines, bois et feuillages. Dit autrement, des histoires d’arbres qui vont nous emmener dans les Alpes françaises, au Kenya et en Inde.

Encore un voyage au bout du monde à 0 émission carbone ! C’est cadeau. Allez, sans mauvais jeu de mot : au boulot !

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Et pour ne pas frustrer ceux qui ne pourrons pas rester jusqu’à la fin de ma chronique, je vais vous en livrer la conclusion : « Ces trois parcours individuels nous montrent des chemins accessibles pour changer le monde et notre relation au vivant. Et tous trois utilisent les arbres comme véhicule pour ce changement. »

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Pour ceux qui sont restés, commençons par le livre. Si quelqu’un avait la curiosité de me demander quel est mon livre préféré. Ce serait celui-là. Un jour j’en ai même commandé une quinzaine pour les offrir à ceux que j’aime. Depuis, je suis heureux de le retrouver dans les toilettes chez maman. Son apparente simplicité (au livre) est inversement proportionnelle à la quantité d’énergie positive transférée au lecteur.Capture

Il y est question du plus modeste et humble des hommes, isolé dans sa montagne et ignorant les deux guerres mondiales qui se déroulent aux pieds de ces dernières. Cet homme seul, observé ponctuellement par le touriste narrateur, bouge des montagnes ou plus précisément crée une forêt, à force de persévérance et de patience. Le livre c’est l’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (que je recommande en version illustrée).

Médaille d’or au classement LLLPMP 2010 (Les Livres Lus Par Ma Pomme.)

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Acte 2 : L’étoffe boisée d’un héros. J’ai dû lire le livre de Giono pour la première fois en 2010 et voilà qu’en 2013, je tombe sur un article de courrier international décrivant un fait divers comme je les aime. Pas un fait divers déprimant que l’on retrouve toutes les 5 minutes sur BFM TV, mais un fait divers qui nous permet de deviner notre potentiel de grandeur.

Ce fait divers parlait d’un indien, Jadav Payeng, un homme ordinairement extraordinaire qui a tout simplement mis en application la fiction de l’homme qui plantait des arbres, probablement sans avoir jamais entendu parler de Giono. Il a fait pousser une vaste forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre.

C’est drôle comme nom de fleuve BRAMA-POUTRE pour une histoire d’arbre. Non ? continuons…

L’article racontait comment cet homme avait été choqué en 1979 de voir sur une île du fleuve des dizaines de serpents morts de chaud, faute d’ombre. Les autorités n’étant pas réceptive à ce micro problème, le bonhomme a décidé de s’y mettre. Seul. D’abord des bambous, ensuite des arbres, en prenant soin d’importer des fourmis de son village pour structurer le sol. Aujourd’hui sa forêt est un refuge pour la biodiversité locale (éléphants, rhinocéros…). C’est seulement depuis 2008 que son initiative est reconnue par les autorités indiennes.

Une vie de solitude il est vrai mais une partie de moi est jaloux de ce courage que je n’aurai jamais.

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Terminons par le cas de « Celle qui plante des arbres ». Connaissez-vous Wangari Maathai ?

Tout le monde devrait la connaitre cette femme, prix Nobel de la paix en 2004 et disparue en 2011.Capture

Wangari Maathai a eu l’enfance africaine de millions de petits africains : aux champs au contact quotidien de la terre, dans un Kenya gérant tant bien que mal sa transition post-coloniale, au sein d’une famille traditionnelle. Elle a eu plusieurs chances : la première, des parents qui envoient une de leurs filles à l’école, la seconde, l’opportunité de faire ses études aux USA dans le cadre d’un programme international. De retour au Kenya, elle aurait pu capitaliser ce coup de pouce du destin et devenir fonctionnaire, membre de l’élite d’un pays en reconstruction ; ce qui aurait déjà été remarquable.

Mais voilà, elle a choisi de se battre sur plusieurs fronts tout au long de sa vie : féminisme, corruption, pauvreté, écologie. Car pour elle tous les sujets étaient liés. Pas de bonne gouvernance sans prise en compte de l’éco-système… et réciproquement. Une pensée révolutionnaire qui lui valut de nombreux passages en prisons.

Son œuvre : le Mouvement de la Ceinture Verte, qui a permis de planter plus de 40 millions d’arbres en faisant participer les paysans (paysannes surtout) dans un processus de plantation de masse, au sein d’un réseau qu’elle a mis des années à construire. Le mouvement continue : www.greenbeltmovement.org  

Seconde recommandation de lecture : son autobiographie

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Il est temps de conclure.

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L’arbre est notre passé : savez-vous que le plus vieil arbre vivant du monde est un pin

californien dont l’âge est estimé à 4.842 ans !

L’arbre est notre futur car il porte les solutions à nos problèmes de croissance des adolescents idiots que nous sommes. Même le mot croissance, quand il s’agit d’arbre, prend une toute autre signification. L’arbre est une solution accessible. Les portugais nous l’on montré récemment en plantant en une demi-journée 60.000 arbres sur un espace dévasté par un incendie (lien).

Surtout, l’arbre est inspirant comme le démontre mes 3 héros du jour. Avec les arbres on ne peut pas se planter…

 

Bonus : Pour voir ça sous l’angle de l’humour « et tout le monde s’en fout » : LIEN

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière n°12 : La Finance Responsable (de quoi ?)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 avril 2018

L’émission est en ligne ICI. (nouveauté :une lecture dédiée de la chronique est maintenant possible).

DbnKDKIX0AA_nhIComme d’habitude le texte et les liens sont ci-dessous, au cas où ça intéresserait quelqu’un (on ne sait jamais !)

Tout d’abord Marie, je dois préciser que le mail reçu de votre part me précisant le sujet traité aujourd’hui n’était pas clair : allions nous parler de la finance « responsable » de nos maux ou de la finance « responsable » (dans ses pratiques) ? J’étais un peu en panique pour rédiger un truc alors dans le doute, j’ai traité les deux sujets.

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Sans l’identifier comme notre ennemie (ce qui serait pure sémantique électorale) il est difficile de nier que le secteur de la Finance n’ait pas un peu pourri quelques fruits. Tiens, le cas de la nourriture est explicite. Selon un rapport Oxfam de 2015 (lien), l’ultra-financiarisation des marchés agricoles est une cause première de la perturbation des prix alimentaires (cf crise de 2008). Comment ?

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Sachez qu’il existe des placements au doux petits noms de « fonds indiciels de matières premières » qui ont pour caractéristique de permettre aux opérateurs de parier à sens unique sur la hausse des prix. Ce faisant ils font augmenter de manière artificielle la demande en produits agricoles sur les marchés et dans la vraie vie ensuite les prix flambent.  Responsabilité pointée en 2008 et encore en 2015, nos banques « du bout de la rue » continuaient à spéculer sur les matières premières et donc sur la faim pour au moins 3 561 millions d’euros selon OXFAM.

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Ceux qui jouent à acheter – vendre devant un triptique d’écrans 50 pouces se doutent-ils qu’ils impactent sur la capacité d’une partie de la planète à manger le soir en rentrant à la maison ? c’est peu probable, l’homme n’est pas à ce point vénal… Si ?

Ah bon

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Comme le sujet que je maitrise le mieux c’est moi, je vais vous raconter la Finance Responsable vue de ma vie.

Il y a quelques années j’ai été invité à aller voir ma conseillère dans la banque qui gère mon compte courant. C’est une grande Banque de la place que nous appellerons le… Caution Agraire, histoire de garder l’anonymat.

Donc, ma conseillère du Caution Agraire, très réactive et pertinente dans son action du quotidien – je tiens à le préciser – avait souhaité me présenter, un samedi matin, la personne en charge des placements. Une Chance ! On m’a dit : « C’est bête M Dothée de faire dormir votre épargne, parlons-en ».

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Vous savez que le montant de l’épargne en France s’élève à 4.000 milliards d’euros? Bon, moi je ne représente pas grand-chose là-dedans mais à nous tous on pèse lourd ! vous imaginez ce qu’on peut faire avec 4.000 milliards d’euros ? L’association Négawatt a estimé la mise en œuvre de son ambitieux scénario de transition énergétique permettant de sortir du fossile et du fissile (Et comme chacun sait, sortir du fossile et du fissile c’est difficile :-) ) à 1.160 milliards d’euros d’ici à 2050. On peut donc financer près de 4 transitions énergétiques avec mon épargne !!

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Tu m’étonnes qu’on m’invite à parler de mes milliards…

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Donc, mes amis financiers de proximité, remplis de bon sens près de chez moi, ont voulu me montrer la voie de la raison. On m’a dit que je pouvais espérer des hauts rendements à risques maitrisés. C’est ce que leur demande la plupart de leurs clients, je ne leur en veux pas.08 Lucky Luke Tous a l'Ouest

Moi, j’ai expliqué que ma vision de la banque était celle de Lucky-Luke. Je vous confie de l’argent et vous me le rendez si j’en ai besoin. Vous le protégez quoi. Je trouve que c’est étrange cette habitude de penser que l’argent doit travailler… C’est les gens qui travaillent non ?

Mais moi n’y connais rien.

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« Alors admettons » j’ai dit. « Allons-y pour la multiplication de mes milliards. Mais Attention, je veux savoir exactement à quoi va servir mon argent ». Parce que j’en suis un peu responsable de ces sous, j’en ai la responsabilité. Je les adopté et je me sens redevable de leur devenir. Imaginez qu’ils soient utilisés, je ne sais pas moi, pour construire une usine à charbon en inde, à financer l’industrie des armes à feu américaine, ce serait ballot. Et pour tout dire IRRESPONSABLE !

Je dis donc à mon vendeur de rêve que je veux de préférence que mes milliards servent des intérêts locaux et/ou sociétaux. Je veux aussi qu’on me le prouve. Dans ces conditions OK, je vous les prête mes milliards !

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Un silence gêné se fit dans ce charmant bureau récemment rafraichit dans un esprit cosy, à même de créer de la confiance entre banquier et sociétaire. C’est vrai qu’on était bien assis.

« mais Monsieur DOTHEE, c’est pas comme ça que ça marche… regardez les belles performances de ces 3 dernières années sur notre assurance vie, on peut vous garantir 8%… et blabla».

J’ai alors parlé finance responsable, CIGALES, d’Energie Partagée, de la NEF, du classement des banques proposées par les Amis de la Terre, de leur mauvaise position…

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On ne se comprenait pas. Ils étaient des slovaques. J’étais un papou.

Ça ne matchait pas.

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Ma charmante conseillère m’a même demandé, la voix cassée, pourquoi j’étais insatisfait de ses services… J’avais envie de pleurer parce que je l’aimais bien, que j’avais pas envie qu’elle perde de la rémunération à cause des mes idées (perçues comme extra-terrestre) et en plus j’avais perdu 1 h de ma vie un samedi matin…

Rendez-vous bien compte que ma plus forte valorisation de cette expérience, c’est aujourd’hui à ce micro.

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Alors les mauvais jours, le duo de mots « finance responsable » me semble être un parfait oxymore, digne du clair-obscur, de la réalité-virtuelle, du Trump-président ou plus dans nos domaines de la voiture-propre …

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Les bons jours, je me dis qu’on ne peut pas se passer de la Finance pour financer les transitions.  Je me dis que pour qu’on se reconcilie, la première étape est de passer la barrière de la confiance et que les Banques arrêtent le green-washing. Et quand je vois comment cette autre grande institution de la place française (que nous appellerons la Structure Globale), quand je vois comment elle communique (lien) en affichant 46,4% de sources renouvelables dans les énergies et des projets d’électricité qu’elle finance… en comptabilisant l’énergie nucléaire comme une énergie «renouvelable»

…. Je me dis : c’est pas gagné…

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Mais ne regardons pas que le côté obscure de la force. Depuis ce rendez-vous manqué avec ma conseillère, beaucoup de choses ont changé.

Si ce rdv avait lieu aujourd’hui, j’aurais plein de bonnes nouvelles, glanées sur Novethic à partager avec elle et son expert en argent facile. Par exemple j’ai appris que notre golden président le 22 mars dernier (lien); à la Commission Européenne a affiché un volontarisme rare : je cite « nous pouvons imposer notre modèle de finance durable et devenir le leader mondial dans ce domaine »

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On est presque sauvé!

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Et blague à part, des choses concrètes semblent s’annoncer avec notamment un projet d’éco label européen pour les produits financiers. Histoire de freiner le Greenwashing effréné de certaines grandes banques comme la Structure Globale par exemple.

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La vraie bonne nouvelle c’est qu’avec nos milliards d’épargne, nous avons un pouvoir d’influence énorme, que les offres alternatives fleurissent (Nef, Cigales, Crowdfunding, Energie Partagée, Cowatt…) et que nous commençons seulement à le comprendre. Peut-être encore plus que nos modes de consommation matériels, nos arbitrages en termes d’épargne peuvent réellement influer les transitions. C’est peut-être ça la FINANCE RESPONSABLE.

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Chronique Ecolo-Buissonière n°11 : Le plastique c’est fantastique ou le plastoc c’est du toc ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 mars 2018

Je me rends bien compte que je ne produis plus grand chose sur ce blog à part mes chroniques mensuelles. Ce n’est pas un abandon mais plutôt un effet indésirable d’une activité professionnelle un peu trop forte. Je vais revenir !

En attendant, je suis (fort peu modestement), assez fier de ma dernière production. En ligne avec du son ICI.

Je me suis inspiré d’une chanson pour enfant (lien) racontant la vie d’une goutte d’eau pour écrire le conte de « Pétrolette ».

 

Aujourd’hui, je vais commencer ma chronique en prenant un costume de conteur pour vous raconter la douce et plastifiée histoire de Pétrolette, espiègle petite goutte de Pétrole, née dans un énorme champ pétrolifère située sous ce que nous appelons la péninsule arabique…

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La vie de Pétrolette s’est très longtemps résumée à de longues périodes d’attentes tranquilles, périodes de contemplation et de lentes maturations collectives sur une accueillante Roche mère profonde.

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D’où et comment elle sa famille se sont retrouvées là, elle ne s’en rappelle pas. Sa grand-mère lui raconte parfois qu’avant, il y a très très très longtemps ses ancêtres étaient des arbres ! des milliers et des millions d’arbres enfouis et dont le carbone s’est concentré à force de temps et de pression… Elle perd un peu la boule mamie !

Un jour, il s’est passé quelque chose qui a changé la vie tranquille de Pétrolette. Un énorme tuyau s’est mis à aspirer sa famille liquide. « Enfin un peu d’action » s’est dit Pétrolette qui rigolait à hydrocarbures déployées dans ce grand tobogan inversé.

Après un très court voyage en bateau (oui, tout parait court aux gouttes de pétrole, habituées à compter le temps en centaines de milliers d’années), les choses se sont gâtées pour Pétrolette et les siens : ils étaient sur le point de se faire raffiner !

D’abord on les a chauffés à 400 degrés, puis passé dans des tuyaux, encore chauffés…. Bref, Pétrolette s’est retrouvée dans l’équipe des Naphtas. Ça veut dire qu’elle n’était pas destinée à devenir du carburant mais à composer des polymères que l’on appelle le plastique.

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Pétrolette était plutôt contente de son sort car elle n’avait pas envie d’être cramée dans le moteur d’un SUV, même payé en 10 fois sans frais. Elle se dit qu’elle va être utile… servir à quelque chose. C’est donc avec enthousiasme qu’elle quitte sa raffinerie à destination de l’usine qui va la transformer en … un truc !

Et le hasard fit d’elle …. un très joli suremballage d’orange bio pré-épluchée. Une innovation parait-il. Elle se dit qu’elle a un rôle sociétal, Pétrolette. Elle est contente.

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Enfin, arrive le moment où elle va rencontrer SON utilisateur. L’émotion de ce moment est tant attendu. C’est important, quand on pense à toute l’énergie qui a été dépensée pour faire de Pétrolette ce qu’elle est maintenant (savez vous que dans les années cinquante on dépensait un baril de pétrole pour en extraire 50 et qu’aujourd’hui on se trouve parfois dans la situation de 1 pour 8 ?).

La rencontre a pris 5 secondes… « L’adoptant » pas très précautionneux était un rejeteur précoce qui a laissé ce qui reste de pétrolette s’envoler sous la bourrasque littorale de ce matin de printemps.

Avant que l’orange pré-épluchée soit digérée, Pétrolette était sur la plage, et il ne se passe pas 1 mois avant qu’elle se retrouve en pleine mer avec plein d’autres congénères. Elle aime bien flotter Pétrolette. Avec des amis c’est encore mieux.

Aujourd’hui, elle se trouve dans l’estomac d’une tortue qui va en mourir. Mais ne vous inquiétez pas pour Pétrolette, elle a encore quelques décennies avant de se décomposer en mini pétrolettes et de se retrouver dans le poisson que vous ingérerez en toute insouciance. Pour elle, ça va aller…

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Voilà pour le conte de fée.

Des vortex géants de plastiques s’installent au cœur de nos océans et, comble de malheur, d’invisibles particules de déchets plastiques s’invitent, c’est officiel, dans nos assiettes. Si notre consommation de plastique se maintient en 2050 les océans renfermeront massiquement plus de plastique que de poissons.

 

Chaque année, les Européens produisent 25 millions de tonnes de déchets plastiques, dont moins de 30% sont recyclés. Un plan européen pour améliorer ce recyclage est en train de voir jour en 2018, mais c’est peut-être du pays du plastique levant que le changement va réellement arriver. La Chine, première terre d’accueil de nos détritus plastiques, ferme ses frontières aux déchets étrangers. L’Europe tremble. Que va-t-on faire de ces matières que l’on ne veut pas voir ?

 

En Europe c’est le Royaume-Uni qui semble porter le combat contre le plastique jetable. Courrier International n°1422 nous apprend en reprenant un article du Times qu’une série de documentaires de la BBC (Blue Planet 2) a généré une prise de conscience populaire et que du coup Théresa May a engagé une série de mesures relativement ambitieuses que les médias reprennent sous le nom de « La guerre contre le plastique est engagée »  (lien)

 

Le gouvernement français vise lui un objectif de 100 % de plastiques recyclés à l’horizon 2025. Est-ce possible alors que la France ne recycle actuellement que 21 % dans ce pays qu’Alexis de Tocqueville décrivait comme le pays « des règles dures et de l’application molle » ? (Lien)

Mais c’est un peu plus compliqué. Rappelons d’abord que le plastique constitua dans les années 1960 une formidable découverte de la chimie du pétrole. En 1963, deux co-prix Nobel sont attribués en chimie des plastiques. Le plastique est devenu depuis une source de richesse (27,5 milliards d’euros de contribution aux finances publiques dans les pays européens) et d’emplois (plus de 1,5 million d’emplois en Europe).

 

Moi, tout seul de mon côté, j’ai décidé en début d’année, fort modestement de ramasser les déchets que je trouverai pendant mes ballades et donc de partir me promener avec un sac poubelle. J’ai du coup découvert qu’une start-up nantaise avait mis en ligne une application Run Eco Team qui challenge ce concept.

 

Dorénavant jouer à nommer PÉTROLE ce que vous appeliez avant PLASTIQUE.

 

 

Pour aller plus loin :

 

et une vidéo sur le continent de plastique

 

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Chronique Ecolo-Buissonière : n°10

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 janvier 2018

Cette année, je suis paresseux et en retard (lire ci-dessous pour comprendre) et donc mes vœux sur ce blog se résumeront à cette retranscription de ma chronique de début d’année. Bientôt le lien sur le son ICI.

 

En ce début d’année 2018… je voulais vous dire … content de vous voir !

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… Je sais…  

Il serait de bon ton que je vous souhaite à la volée une bonne et heureuse année…    mais voilà….  

… en préparant cette chronique je me suis demandé le pourquoi de ce rituel (un peu forcé au bout de la 120ème déclaration). C’est vrai quoi, pourquoi se souhaite-t-on la bonne année et pas le « bon mois », le « bon trimestre » ou la « bonne décennie » ?

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J’ai donc lilosé sur mon ordinateur [Ah oui, « liloser », c’est googeliser quand on essaye d’être sociétalement intelligent]. Je reprends, j’ai donc « lilosé » « pourquoi se souhaiter une bonne année ? » … et j’ai trouvé un article d’HISTOIRE relayé par LE POINT qui m’a entre autre appris que le mot « janvier » venait du dieu romain Janus, du latin janua « portail » ou « découverte » que vous saurez placer pour briller en société. (lien).

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Et j’ai aussi appris que pendant les douze coups de minuit, en cet instant fatidique où tout paraît possible, il convient de faire attention aux premières fois : on doit être de bonne humeur pour l’être toute l’année et surtout ne pas proférer de mauvaises paroles… Zut ! En ce qui me concerne mon année sera donc placée sous le signe du retard, puisque nous avons loupé les 12 coups de minuits… trop occupés que nous étions à batailler pour décider si le mot « bienveillance » était un mot « effet mode » de l’année écoulée. Et moi, je l’aime bien ce mot « bienveillance »…

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Bref, il va être temps de commencer ma chronique…

Alors, si la surconsommation de fin d’année n’est pas très écolo, je ne vais pas pourrir le concept des « bonnes résolutions ».

Je vous propose donc 7 résolutions écolo-inspirantes éclairés sous l’angle des comportements.

C’est cadeau.

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Commençons par une bonne nouvelle. Une excellente nouvelle. Sur le site (lien) d’ALTERNATIVES ECONOMIQUES, le biologiste Pablo Servigne argumente dans une jolie interview le fait que la loi du plus fort serait un mythe ou plutôt que l’entraide est une autre loi de la nature tout aussi importante.

Il nous explique avec plein d’exemples pertinents que la coopération est d’autant plus vitale dans le monde du vivant qu’il se trouve placé en situation de crise et de pénurie. Pour faire simple, quand on a tout, on est individualiste. Quand on est dans la merde, on partage.

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- Bonne résolution n°1 –

tenter la coopération dans notre quotidien sans attendre la catastrophe qui nous l’imposera.

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La seconde bonne résolution m’a été inspirée par une étude (lien) parue en 2016 dans le Journal of Consumer Research et relayée dans « Madmoizelle » et qui nous apprend que dans l’imaginaire collectif de beaucoup d’hommes (avec un petit h le mot homme), l’écologie est une atteinte à la virilité. D’après cette publication, certains se sentiraient moins mâles lorsqu’on leur demande d’être un peu plus écolo.

« Par exemple, une personne munie d’un sac réutilisable pour y ranger ses courses est perçue comme « plus féminine ».

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- Bonne résolution n°2 (au choix) -

« virilisez » les éco-actions ou féminisez ces c… de mâles.

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Masculinité toujours. La voix du Nord a titré la semaine dernière sur « 2018, l’année de l’automobiliste vache à lait ». J’adore ce sens de la nuance, de la complexité… résumé en un titre…. #ironie

En ce début d’année on cause notamment beaucoup du passage possible de 400 000 km de route à la limite de 80 km/h. Et il se trouve que le 6 septembre 2012 (lien), j’avais écrit sur mon excellent blog un article titré « pourquoi ne pas changer les limitations de vitesses ? ».

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Quelques calculs argumentés m’avaient permis d’estimer que baisser la vitesse à 110 km/h sur autoroute nous éviterait 1,5 millions de Tonnes de CO2 par an et accessoirement nous ferait économiser 740 millions d’euros.

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- Bonne résolution n°3 -

Rouler moins vite (à défaut de ne plus rouler)

Je pratique et je suis à l’heure.

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  »Auto mon amour toujours ». Le joyeux anxiogène que je suis se sent obligé de vous citer ici un excellent post de Nicolas Meilhan dont le titre est « une vérité qui dérange » (lien) et nous rappelant quelques ordres de grandeurs que vous devriez avoir en tête en ce début d’année sur le sujet des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).

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Un public éclairé comme celui de l’Ecolo-Buissonière a conscience que les postes d’émission principaux de GES sont en France le logement et les transports; mais a-t-il conscience que nos émissions délocalisées pèsent, elles aussi lourds ?

Ce même auditeur éclairé sait peut-être aussi que les émissions françaises ont baissé entre 1995 et 2015… sur nos émissions directes…

Il ne sait peut-être pas que si on prend en compte les émissions cachées dans les produits que nous importons, nous sommes de très mauvais élèves en matière de lutte contre le réchauffement climatique : augmentation de 15% !

Ce qui est caché existe. Délocaliser les usines de fabrication de machins et trucs ne nous déresponsabilise pas des émissions carbone associées.

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Bonne résolution n°4

Être moins bête, consommer local, résister à la tentation.

Que la force soit avec vous, petit Jedi.

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Plus fun (et européen), nos amis anglais qui ne manquent pas d’humour ont trouvé un nouveau mot pour la situation suivante : « exprimer le fait de quitter son copain ou sa copine sans explication et le regretter car on a vraiment été trop con ».

Une idée ?

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 …………BREXITER !!

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- Bonne résolution n°5 -

En 2018 ne brexitez pas à tout va.

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Comportement humain toujours. Prix nobel d’économie oblige, L’année 2017 est quand même à placer sous le joli petit mot peu explicite de « Nudge ».

Je vous rappelle ce que c’est qu’un NUDGE. C’est un mot imagé qui désigne en anglais ce petit coup de coude adressé à quelqu’un pour attirer son attention et modifier son comportement. En modifiant volontairement l’environnement quotidien des individus on peut influer, à leur insu, sur leurs comportements : une mouche au fond des toilettes, des escaliers peints ou éclairés, des plats saints mis en évidence…

https://theconversation-com.cdn.ampproject.org/c/s/theconversation.com/amp/les-nudges-des-coups-de-pouce-pour-votre-sante-84744

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- Bonne résolution n°6 -

Ne pas s’interdire d’être intelligent, inventif et joyeux pour changer le monde

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Et pour finir je citerai la philosophe Cynthia Fleury « S’engager aujourd’hui c’est comme se brosser les dents. Et franchement… j’espère que vous vous brossez les dents« 

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- Bonne résolution n°7 –

Engageons-nous !

 

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C’est cadeau !

Toutes les sources en lien sur mon blog.

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Chronique Ecolo-Buissonnière : n°9

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 novembre 2017

Déjà ma neuvième chronique pour l’Ecolo-Buissonière (en LIEN ici). Voici les sources et liens de l’émission de novembre.

 

Bienvenue à bord de mon rutilant véhicule virtuel pour un nouveau tour d’horizon européen de la question écologique et environnementale.

Un voyage de quelques minutes entre Bruxelles, Londres, Paris, Nantes et « ma » Vendée d’adoption bien entendu. Ce voyage est certifié sans émission de CO2.

Prenez place. Attachez vos ceintures. C’est parti.

 

BOUGE DE LA !

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Puisqu’il est question de mobilité aujourd’hui dans l’écolo-buissonnière, commençons notre voyage par un tir groupé au sein de 9 capitales européennes (lien) : en effet les maires de Paris, Rome, Amsterdam, Madrid, Copenhague, Bruxelles, Helsinki, Vienne et Sofia ont écrit aux instances européennes pour réclamer plus de volontarisme dans la lutte contre la pollution de l’air et les émissions de CO2 issues des transports publics et des véhicules particuliers. Ils rappellent que cette pollution de l’air serait responsable de 68 000 morts prématurées tous les ans.

Ces maires « volontaristes » [et non moins malmenés par les automobilistes de leurs territoires] font un certain nombre de demandes dont celle du verrouillage du dispositif d’approbation des déclarations d’émission. Si, vous savez, les déclarations foireuses d’émissions des véhicules sensées informer l’acheteur. #vwgate

J’ai une anecdote « amusante » sur ce sujet. On va se marrer. Elle est rapportée par le Conseil international pour des transports propres (ICCT) : les émissions moyennes de CO2 des voitures, mesurées en laboratoire, ont diminué de 30% depuis 2001… sur le papier……….mais mesurées sur route, elles ont augmenté de 42% ! Quand le mensonge devient système à ce point, nous atteignons le stade pathologique, car chez ces mêmes marques, on constate les mêmes exagérations sur les autonomies de véhicules électriques. Encore plus dingue, nous consommateurs, nous nous sommes habitués à l’idée que ce qui est écrit sur l’étiquette n’est pas la vérité.

Il faut repartir, on va être en retard. Partons direction Paris et l’Assemblée Nationale pour une « humeur ».

 

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Mobilité toujours. Avant de passer à de l’information positive (je l’ai promis à Marie), je voulais profiter du crachoir pour exprimer un regret récurrent, source d’aigreurs digestives, de sommeil perturbé et d’incompréhension m’incitant parfois à préférer lire un bon thriller suédois plutôt que de bouger le petit doigt pour tenter de changer ce monde bancal.

Ce sujet, royalement ignoré lors des récentes discussions sur le budget national, c’est celui des subventions aux énergies fossiles.

Un chiffre.

En 2017, l’état français a décidé d’offrir 7,8 MILLIARDS d’euros de niches fiscales pour les énergies fossiles. (source : Réseau Action Climat).

Je n’ai qu’un mot pour qualifier mon état d’esprit sur le sujet : POURQUOI ? WHY ? WARUM ? (vous noterez mes efforts pour européenniser mes chroniques)

Ne nous attardons pas plus à Paris et partons à Londres

 

 

« Chérie, EXHALE-MOI la salle à manger »

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Dans la famille « gadget à potentiel », je vous ai trouvé un chandelier “vivant” composé d’algues qui purifie l’air de votre maison (lien)

chandelier-vivant-algues-exhale-homeUn jeune designer et biotechnologiste a mis au point “Exhale”, un chandelier vivant qui purifierai l’intérieur des habitations. Cette création, visible au V&A Museum pendant le London Design Festival est composée de 70 feuilles de verre remplies d’algues vertes, qui ont pour fonction d’absorber le dioxyde de carbone de la pièce et relâcher de l’oxygène par le savant phénomène que l’homme n’arrive pas recréer : la photosynthèse.

Plus rationnellement le CO2 n’est pas toxique, l’intérêt serait de capter d’autres polluants mais je n’en ai pas trouvé trace de cette « nuance » dans l’article du site CREAPILLS. ²Info à prendre donc avec des pincettes… des palmes et un tuba.

Retournons en France

 

COMMOWN !

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WE DEMAIN (lien), m’a fait découvrir COMMOWN.

COMMOWN est une association en création qui propose pour 19 euros par mois, un smartphone éthique ou pour 29€ par mois un PC réparable et garantie, revendiquant l’éco-conception et visant les 10 ans de durée de vie pour le matériel mis à disposition. Une sorte anti-obsolescence programmée ou une obsolescence déprogrammée selon votre humeur.

En passant à un modèle monétaire vendant de l’usage plutôt que du bien de consommation, COMMOWN se rapproche de ce qu’on appelle l’économie de la fonctionnalité.

A ce stade, je ne peux que vous recommander de podcaster l’excellente émission ECOLOBUISONNIERE de 2015 avec pour invité l’excellent et modeste moi-même qui échangea fort pertinemment avec Marie sur le concept d’économie de la fonctionnalité. [Qu’elle est bien construite cette chronique !]

Revenons à nos doudous pour remarquer que chez COMMOWN, l’offre de smartphones éco-responsables est le seul produit du marché connu sur le sujet : le Fair Phone hollandais (aussi proposé depuis cette année dans les contrats conventionnels d’ORANGE).

Le site internet revendique 150 Fairphone et 200 PC loués. Bonne chance à l’asso.

 Bon, je vous redépose ?

Retournons dans notre belle région des Pays de la Loire après une page de pub locale

 

Page de Pubs à haute valeur écologique

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Avant de vous laisser, 2 initiatives qui méritent qu’on en parle.  Donc on en parle.

  • Je voulais absolument vous parler d’un programme génial porté par les associations ALISEE (44 et 49) et ELISE (85) à destination des établissements scolaires : le DEFI CLASS’ENERGIE. Le concept est de transcrire le principe des FAMILLES A ENERGIE POSITIVE à l’école :  accompagnement d’une équipe projet sur le thème de la maitrise des consommations d’énergie, surveillance des consommations et chiffrage des progrès sur la base des changements de comportements. Cerise sur le gâteau : le programme alimente le projet pédagogique. Enseignant, prenez contact avec les associations ELISE et ALISEE pour en savoir plus.

Tous les liens seront en ligne sur mon blog, accessible normalement via le site d’Euradionantes. Bonne journée.

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Chronique Ecolo-Buissonière : veille Ecolo-Européenne – octobre 2017

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 octobre 2017

Avant même la mise en ligne de l’émission, voici le texte de ma dernière chronique (à écouter ICI)

 

Marie, je vais me mettre en accord avec la ligne éditoriale de notre radio et m’exercer pour la première fois à une veille européenne de la question écologique et environnementale.

J’espère ainsi m’attirer les bonnes grâces de la Direction et multiplier par deux ou trois mon cachet virtuel.

Alors… en ce chaud automne 2017, je vous propose un tour d’Europe – sans émettre un gramme de CO2 – avec au programme une déclinaison VENTEUSE de l’actualité environnementale. C’est parti.

 

VENTS VIOLENTS

Pour commencer, revenons sur ce qui s’avère être LA BREAKING NEW de ces dernières semaines et qui n’a pourtant pas intéressé grand monde, occupés que nous étions à regarder les braguettes d’Hollywood, écouter les dernières trumpitudes américaines et boire des bières en terrasse des cafés sous 25°, il est vrai.

Cette info qui pourrait pourtant annoncer des changements majeurs pour l’Europe de l’Ouest avait un prénom : Ophélia.

Ophélia  est « le premier ouragan d’une telle puissance à évoluer aussi près des côtes européennes » selon météofrance (source : Le monde). Formé en dehors des zones tropicales, un cyclone sur l’Irlande, c’est du jamais vu.

Parmi les explications : une température de l’eau supérieure à 2°c par rapport à la normal dans la zone de formation. Avec le réchauffement climatique, nous pourrions dans les années à venir ne plus être que téléspectateurs des conséquences des phénomènes tropicaux.

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VENT D’ÉTAT (jeu de mot)

Partons en Espagne. On a beaucoup parler de la Catalogne où une partie des habitants souhaite quitter le statut d’autonomie pour une indépendance aux formes incertaines.

Parlons de l’autonomie de la Catalogne … l’autonomie en eau.  Et sur ce point REPORTERRE (lien) nous apprend qu’il n’est point besoin de référendum pour se rendre compte de la dépendance de cette région en matière d’eau. En 2008, à Barcelone, les autorités avaient fini par faire venir des bateaux remplis d’eau douce» » y compris de Marseille qui y avait acheminé l’équivalent de 44 piscines olympiques.

La construction à Barcelone de la plus grande usine de dessalement d’Europe ne résout rien car l’eau produite est très couteuse en euros et en énergie.

Cerise sur le gâteau, moule sur la paella : L’Ebre, fleuve espagnole qui passe en Catalogne, dessert avant, d’autres régions très agricoles qui pourraient très bien ne pas respecter les besoins avals.

Bref, l’eau est partout dans le monde, un sujet tension politique majeur sous-estimé et la Catalogne ferait bien de ne pas oublier qu’elle dépend elle aussi des autres.

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VENTS CONTRAIRES

Nous quittons maintenant L’Espagne pour partir faire un tour en Allemagne.

En février de cette année avec nos invités allemands du territoire ligérien, je vous avais dressé un tableau plutôt optimiste de l’ENERGIEWENDE.

MEA CULPA.

Selon LE MONDE (lien) il semble le pays pourrait ne pas atteindre la réduction de 40 % de ses gaz à effets de serre d’ici à 2020. En cause : le fonctionnement à plein régime des centrales à charbon et la pollution liée au transport. La baisse de puissance des écologistes allemands dans les rapports de force politique ne vont pas aider à passer ce cap difficile.

Mais rappelons-nous qu’Angella pas froid aux yeux.

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VENTS STÉRILES

Restons en Allemagne.

Une étude scientifique menée sur 27 ans observe de fortes chutes de population d’insectes. LIEN

« Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76 % en moyenne et jusqu’à 82 % au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes en seulement vingt-sept ans ».

Nous sommes à la radio mais je vais partager avec vous un dessin qui vaut cent mots :

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VENT TRI « loque » … le RONALD (jeu de mot capilarotracté)

1 kg d’emballage par seconde. 115 Tonnes par jour.

Voici ce qui est produit en France dans la chaine de Fast-Food américaine MacDonald selon une enquête de ZERO WASTE France reprise sur le site EURACTIV. Deuxième mauvaise nouvelle 96% de ces déchets ne sont pas triés, ce qui fait de Mac do LE contre-exemple national de l’effort de limitation de production déchet.

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VENTS D’OUESTCapture

Partons à l’Ouest, mais franchement ! dans ces terres d’Europe tellement éloignées de nos yeux, que ce qui s’y passe nous y parait étranger. Et pourtant.

En Guyane ; un projet de Mine d’or fait clignoter les yeux, façon picsou, d’un consortium russo-canadien en passe d’avoir l’autorisation de détruire une surface de forêt tropicale pour extraire de l’or (lien). La Commission nationale consultative des droits de l’homme vient d’alerter le gouvernement sur les risques environnementaux.

Perspective d’emplois contre risques de pollution au cyanure dans un environnement protégé. Voici un nouveau projet contesté (et contestable de mon point de vue).

Je me demande quelles seraient les unes de la presse si ce projet se trouvait au cœur du Parc des volcans d’Auvergne.

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VENT DE COLERE chez les VENT-R-A-CHOUX (dernier jeu de mot foireux)

Je termine en faisant le lien avec une actualité vécue et digérée par ma pomme (lien), elle aussi en lien avec une opposition locale à un projet. // Je me suis rendu, il y a deux semaines dans une petite ville vendéenne essayant de promotionner, à l’occasion d’une journée de l’énergie, des projets de transition énergétique, dont un parc éolien.

Et là, pour la première fois me voilà au contact de militants « anti-éoliens » de l’association « Vent de colère ». Je passe sur les arguments techniques, pour partager sur ce qui me semble être LA vraie raison de ce « vent de colère » de la poignée de riverains présents.

La crainte de perturbation la qualité de vie perçue et la crainte de perte de valeur foncière sont vécues comme une profonde injustice. Dépassons le simplisme du raisonnement « NIMBY » (Not In My Backyard) qui laisse penser à un égoïsme-individualisme pur jus, et posons-nous la question, de mon point de vue, majeure du partage de la valeur produite.

Contrairement à une approche capitaliste « pure », ce type de projet aurait intérêt à proposer des modèles de partage de la valeur entre investisseurs (souvent groupe privé exogène au territoire) ET les riverains. Des pistes existent avec le financement participatif en amont, le financement de travaux de transition énergétique en aval… Bref, jouer le gagnant-gagnant sans pudibonderie sur le sujet économique.

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Voilà c’est tout pour aujourd’hui.

Toutes les sources de cette chronique seront mises en lien sur mon blog accessible via le site d’Euradionantes.

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Chronique Ecolo-Buisonnière

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 septembre 2017

En attendant la diffusion, le texte de ma dernière chronique avec les sources :

J’ai une pêche moi en ce moment ! la MEGA forme !

Je ne sais pas ce qui m’arrive … parce que ce n’est pas l’actu qui devrait me mettre dans un état pareil. Cette rentrée on a quand même eu droit à la pas très joyeuse perspective d’une guerre nucléaire au-dessus du pacifique  [entre les deux sales gosses les mieux armés du moment] et je ne vous parle pas du passage D’Irma et Harvey qui préfigure des décennies d’ouragans toujours plus violents.

Qu’est ce qui me rend si joyeux (en dehors de la joie de vous revoir) ?

Je crois que c’est une de mes lectures estivales qui m’a fait comprendre un truc important. Le bouquin s’appelle « le monde enfin » de JP Andrevon (éditions Fleuve Noir). A la base, ce n’est pas un bouquin où on est sensé se fendre la poire. Je vous fais le pitch : « une pandémie foudroyante mondiale fait disparaitre 95% de la population mondiale en quelques jours et les survivants deviennent stériles. Ils assistent donc à la disparition de l’Humanité, compté par l’auteur. On suit leur destinée sur ces ultimes décennies ». Sympa comme lecture de vacances pour décompresser, non ?

Ce qui ressemble de prime abord à une prospective apocalyptique (au sens premier) est en fait un joyeux voyage dans des écosystèmes en régénération, libérer de leur principal facteur limitant : nous. La posture de l’auteur est plutôt joyeuse vue sous l’angle d’un retour d’une certaine forme de vie sur Terre sans la contrainte oppressante de l’humanité. Surprenante gaité littéraire exprimant le croisement de deux destinées d’être vivants : certains s’en vont, d’autres arrivent (ou reviennent, c’est selon).

A cette lecture, j’ai compris une Erreur fondamentale. J’ai compris que nous nous sommes plantés quand nous avons acheté et porté nos tee-shirts « sans nature pas de futur » (moi je l’ai), quand nous sommes parties en guerre pacifique au repas de famille pour convaincre qu’il fallait « sauver notre planète ». Nous nous sommes plantés quand nous avons scandé que « mère nature était en danger », que nous l’avons dessiné avec des yeux et une bouche en train de souffrir sous les coups de butoir de la surexploitation des ressources et de la pollution. La Terre sera là quand l’espèce humaine aura fini son œuvre d’autodestruction. La vie, sous une autre forme, prendra le dessus. Le danger, il est pour nous, les Homos de tous poil : homo-sapiens, homo-Economicus, homo-beau-SUV

Et si ces temps si j’ai le sentiment que les homo sus cités se foutent un peu d’accélérer le mouvement de leur propre disparition [quelle meilleure preuve que notre insatiable énergie consacrée à l’innovation inutile voir toxique. Avons-nous vraiment besoin que des véhicules autonomes de près de deux tonnes nous livre une pizza ? de frigo qui parlent ? de robots qui dansent ? d’applications débilisantes ? ]

La bonne nouvelle donc, c’est que la Terre (et la vie sur Terre) nous survivra. Et c’est cool ça, NON ?  Nous sommes seulement dans un bus fonçant vers un ravin avec un chauffeur bourré. Ce n’est pas la fin du monde. C’est la fin de vie pour les passagers du Bus.

Allez, j’enlève mon masque. Je ne suis pas si content que ça de notre incapacité à intégrer nos connaissances dans notre modèle de développement. Je suis même au quotidien adepte du petit pas et de la modération, mais en écrivant ce post (humoristique à la base) j’ai découvert que cette posture provocatrice avait sérieusement ses adeptes : une association nommée Adrastia « a pour objectif [JE CITE] d’anticiper et préparer le déclin de la civilisation thermo-industrielle de façon honnête, responsable et digne ». Pour être honnête, j’ai un peu peur de leur plan d’action…Capture

J’ai découvert aussi des publications très sérieuses : récemment National Géographic (lien) a scénarisé un monde où l’humain disparaissait soudainement (genre des extraterrestres qui nous enlèveraient). En 15 ans la végétation recouvrerait toutes les routes, en 60 ans les dommages de la surpêche sont corrigés, en 200 ans le CO2 entropique s’effacerait, il fera plus froid….

plus froid… CAR

WINTER IS COMMING (et je ne dis pas ça parce que mon chat a grossi) mais pour faire le parallèle avec l’énorme succès qu’est la série GAME OF THRONE où certains voit dans le scénario barbare une lecture notre relation au changement climatique (lien). Les dirigeants de ce monde imaginaire, tendance médiévale, consacrent en effet leur énergie à étendre le périmètre de leur petit pouvoir et refusent – ne serait-ce que d’envisager – un risque plus grand qui ferait disparaitre tous les Hommes. Les morts aux yeux bleus de la série représenteraient le péril climatique dans notre vraie vie. Quelle union entre frères ennemis est possible pour combattre une cause commune ? Comment sortir des intérêts individuels pour sauver le collectif ? ça se tient. J’attends la dernière saison pour voir le dénouement de l’affaire, mais je ne suis pas très optimiste sur le happy-end.

En conclusion, si notre destin est celui des dinosaures, je suis partant de tout faire pour prolonger l’aventure de quelques générations et pour se faire, il nous faut convaincre de l’imminence des changements en cours, de proposer des solutions convaincantes, de valoriser les réussites des avant-gardistes. Et de préférence dans la bonne humeur. Au boulot Marie pour une saison des plus ambitieuses !

J’ai une pêche moi…

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Chronique Ecolo-Buissonière : Histoire de l’Economie – ECONOMIX

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 mars 2017

Cette chronique fait un peu de recyclage avec mon post précédent (lien), mais l’efficacité ne nécessite-t-elle pas un peu de paresse ? (ou l’inverse, je ne sais plus). L’émission du 24/03/2017 en intégrale est ICI avec du Nina Attal dedans (une découverte musicale de ces derniers mois. Je suis fan).C7gtiOGW4AAxCe8

Marie, chers écolo-buissonneurs du jour,

Aujourd’hui je m’en va vous causer de l’Histoire de l’économie. J’aurais causé CoWatt (lien) en l’absence d’Eric Bureau ici présent, mais comme il le fait bien mieux que moi, je suis parti sur autre chose…

Pourquoi donc vous embêter avec l’Histoire de l’Economie et sortir de ma zone de confort ? Pour 2 raisons :

1-      Tout d’abord car les dépravés que nous tentons tous d’être autour de cette table, nous auto-excluons beaucoup trop rapidement du sujet économique. […] Quoi ? ne me regardez pas comme ça, je ne vous ai pas insulté… Je vous ai traité de « dépravés » car Florence Osty (sociologue de son état citant elle-même Norbert Alter, autre sociologue de son état) m’en a récemment donné l’autorisation en m’expliquant que, pour qu’une innovation voit le jour, il faut que des « dépravés » soient dans la place.  Les dépravés sont des personnes en mesure d’être à la fois bien intégrés dans leur contexte ET « progressistes » dans le sens où ils envisagent des évolutions remettant en cause l’existant. Etre DANS son institution et A COTE dans le même temps… Je suis élogieux à votre égard en disant que vous êtes des dépravés !

Donc, bandes de dépravés revenons aux raisons qui me poussent à vous causer Histoire de l’économie dans une émission dédiée à la Transition énergétique. Nous sommes très militants et valorisons les plus engagés, mais nous investissons assez peu la « science » qui régit, qu’on le veuille ou non, notre quotidien depuis que nous sommes devenus des Hommo Economicus.

 2-      La seconde raison de mon choix est que je viens de lire un sympathique ouvrage qui répond à la raison 1 et il me sied de vous en proposer mon retour de lecture. Je vous livre donc dans la même chronique le problème et la solution. C’est pas bon ça patron ?

 

Le livre que je vous recommande donc de lire est une BD de 300 pages qui s’appelle ECONOMIX (LIEN). Cet indispensable ouvrage vulgarise avec humour (et engagement…) la complexité de l’Histoire de l’économie, avec une entrée chronologique qui permet de mieux comprendre comment les pensées économiques se sont construites du XVIIème siècle à aujourd’hui.

Économie Politique Classique, néoclassique, libérale, néolibérale, mixte. Apports d’Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de Friedrich Engels, de Keynes… tout ça c’est clairement simplifié dans mon cerveau embrumé par les postures de tout bord.

 

Impossible de résumer le machin ici, vous avez compris le principe (l’histoire de l’économie pour les nuls avec des bonhommes rigolos et des métaphores qui font « mouche ») alors j’ai ressorti une seule illustration :

  • En 1776, Adam Smith écrit RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES CAUSES DE LA RICHESSE DES NATIONS. Il y introduisit les bienfaits de la concurrence et l’idée que le Marché peut s’auto-gérer. Mon idée était qu’Adam Smith était le gourou du libéralisme, point. On oublie que le bonhomme n’était pas dogmatique. Il pensait que « les marchés ne renforçaient pas la loi, ne protégeaient pas les frontières et ne fournissaient pas de biens publics comme le nettoyage des rues que tout le monde exige mais que personne n’est très enclin à effectuer. Dans son fameux ouvrage, il dit même de prendre garde aux capitalistes. Citation surprenante :

« la proposition de toute nouvelle loi ou règlement de commerce, qui part des [capitalistes], doit toujours être adoptée qu’après avoir été longtemps et sérieusement examinée, non seulement avec le plus grand scrupule, mais avec la plus grande défiance. Elle vient d’un ordre d’hommes dont l’intérêt n’est jamais exactement le même que celui du public, qui généralement est intéressé à tromper et même opprimer le public, et qui, dans bien des occasions, n’a pas manqué de le tromper et de l’opprimer « 

 Mais Adam Smith parle du CETA là !

Ça dans les écrits d’Adam Smith, c’est aussi contre-intuitif qu’un Donald Trump en tractage sur le marché de La Roche sur Yon pour inciter à crowdfunder l’excellente initiative CoWatt.

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Ce livre m’a fait penser à un autre ouvrage que j’ai dévoré l’année dernière et qui, lui aussi, suit une logique « frise chronologique » ! OR NOIR, une grande histoire du pétrole de Mathieu Auzaneau (LIEN). On se situe sur la même période et les ouvrages se nourrissent l’un l’autre. On y retrouve d’ailleurs les mêmes acteurs de notre histoire récente.

 Alors pourquoi se priver de connaissances facilement accessibles ? Si ce livre a su combler quelques trous béants de ma culture économique, il peut peut-être nous aider à ne pas reproduire les erreurs d’un passé récent. En plus, il est drôle. ECONOMIX de Mickel GOODWIN, Edition les ARENES

Pour terminer une info locale (vendéenne) : dimanche 26 mars, c’est le lancement à La Roche sur Yon de la monnaie complémentaire VendéO. A suivre.

 

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