Chronique Ecolo-buissonière : « la secte des mangeurs d’insectes »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 novembre 2016

Une nouvelle chronique, reprise ci-dessous avec des mots à lire.

Les mots à entendre sont là au deux tiers de l’émission après « The Bug » de Dire Straits : LIEN

Après le texte, une belle infographie, source d’inspiration.

Bonjour Marie, bonjour les invités de Marie. Je ne suis pas présent ce matin et … ce n’est pas un hasard…

Vous allez comprendre. Tout a commencé ce mardi 21 nov :  je reçois un message de Marie, un peu coupé, « sshhhht c’est… Arie…..pshht…à la bourre…. Shtttttttt…. Secte …mange… insecte…. Compte sur toi…. Sshttt… chronique… ». Je n’entends pas tout mais je comprends qu’il s’agit d’une histoire de Secte de mangeurs d’insectes.

J’ai trouvé ça bizarre… mais admettons. où trouver de l’inspiration ? c’est que j’y connais rien moi dans le secteur des sectes d’insectes. Par quel bout traiter ce sujet ultra confidentiel ? Une secte de mangeurs d’invertébrés ! bigre, ça chatouille les mandibules.

Bien sûr, je sais, par Bruno Parmentier (dont je recommande son excellent blog Nourrir – Manger - à consulter sans modération), que pour nourrir la planète en 2050 il nous faut augmenter la production agricole de 70%. La même source m’a enseigné que notre régime carné occidental composé sur une vie de 7 bœufs, 33 cochons, 9 chèvres, 1300 volailles est une impasse technico-environnementale à l’échelle planétaire.

Je sais aussi que de ce point de vue les « insectes-aliments ». Comment on dit ? : « aliquinsectes ? », « Food bugs » ? …. Ont plus d’un argument pour nous convaincre de les croquer :

  • massiquement 1 grillon est comestible à 80% alors qu’une vache ne l’est qu’40% : top de l’efficacité !
  • et que dire de la Sobriété en ressources : 1g de proteine insecte consomme 3L d’eau alors que la même quantité de proteine de vache en demande 60 litre. Sans parler que notre malheureux grillon consomme 12 fois moins de proteine végétale pour produire une masse équivalente. Le top de l’efficacité.

…Mais pourquoi donc Marie m’a-t-elle branchée sur cette histoire de secte ?

Il y a 2,5 milliards des humains sur terre qui mange des insectes ! 2.5 milliards d’entomophages. A ce niveau-là on ne parle plus de secte mais de pratique de masse. Ou alors peut-être s’agit-il d’un groupuscule, un essaim d’activistes, de lobbyistes de l’industries d’élevage et de transformation des insectes qui aurait pour ambition de nous cacher les conditions d’abattage infectes des insectes ou un truc comme ça… Y aurait-il une affaire « insectes » cachée au plus au niveau de l’Etat ?

J’ai creusé, j’ai consulté mes sources sures, j’ai visionné des dizaines « d’insectes tape » sur internet (ils ont au moins autant d’imagination que nous), j’ai fini par apprendre un truc EnOrme !. Il se trouve que vous (nous tous) consommons sans le savoir 1kg d’insecte par an cachés dans nos denrées alimentaires. Des mandibules dans les céréales, des pates dans les pattes, thorax dans le riz…

 On nous cacherait donc un élément essentiel : nous sommes déjà tous entomophages à l’insu de notre plein grès. Voilà peut-être l’objet de ce regroupement malfaisant : nous cacher, voir organiser, la progressive accoutumance en cours pour faire de nous des croqueurs de scolopendres ?

Il est 1 heure du mat et j’ai peur devant l’ampleur de ce que je viens de découvrir.

Le marché des bestioles à sang froid est juteux : Il y a 1,4 milliards d’insectes pour 1 habitant et 1900 espèces sont identifiées comestibles. Voilà donc le projet de la secte des mangeurs d’insectes : casser la barrière culturelle qui fait que nous, occidentaux sommes capables de manger Joly Jumper, un animal sur lequel on monte pour se balader en forêt dans une complicité coupable ET que nous n’acceptons pas d’envisager de gober un insecte. Nous, les français sommes même prêts à manger un gastéropode ou une grenouille plutôt que d’envisager de grignoter des sauterelles « sautées » à l’apéro.

Je suis tombé au cœur d’un projet mondial. J’en veux pour preuve le traitement du dossier insecte par Wall Disney. Car tout conditionnement de consommateur occidental commence là. Au plus jeune âge, avec les histoires pour enfants du géant de la propagande qu’est WD. Connaissez-vous un seul héro de WD qui soit destiné à notre frigo ? Une belle vache à viande, un cheval d’abattoir ? ben non, nous ne devons pas être pris d’empathie pour ce qui va devenir notre repas. C’est pareil pour les insectes : j’ai cherché et aucun insecte ne trouve grâce aux yeux des concepteurs des Disney stories. A part le vieux Jimily cricket, aucun insecte n’est rendu sympathique aux yeux des enfants futurs consommateurs… Le complot est mondial.

 Même si c’est peut-être un peu tirer par les antennes, j’en profite pour faire le lien avec les CIGALES. Pas celle qui chante et qui donc se mange mais les club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire. C’est le bon moment pour vous renseigner. Quand un Cigales cherche une fourmi, ce n’est pas pour la manger, pour lui permettre de réussir son projet.

Allez, sans rancune.

 

 

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L’agro-écologie « en vrai » au Gaec URSULE, Chantonnay (85)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 mai 2016

J’habite à la campagne.

Je vois ces jours-ci, dans le champ derrière la maison, les rampes de pulvérisateurs qui déversent régulièrement leurs traitements phytosanitaires. Parfois, je râle : « il y a beaucoup de vent là, il abuse !« . J’oublie… Je visionne ça (LIEN) et me dis qu’il y a un soucis que notre génération doit accepter de prendre en compte… Je passe à autre chose… Une partie de mon cerveau doit se dire « la technique n’est pas encore disponible pour faire autrement, les évolutions sont en route… C’est ainsi pour le moment« …

Et puis, aujourd’hui, dans le cadre du programme « Révolution Alimentaire » du Comité 21, j’ai eu la chance de voir, ailleurs que sur des plaquettes du ministère de l’Agriculture (lien), ce qu’est l’Agro-écologie « en vrai », sur le terrain. C’était à 10 km de chez moi, au Gaec URSULE et ça m’a redonné confiance dans notre capacité à faire « autrement ».

CaptureCe post n’est pas un compte-rendu, mais plutôt une sélection d’idées maitresses que je retiens de cette matinée, regroupées autour de quelques mots entendus de la bouche de notre hôte.

« Durable avant d’être Bio »

C’est une des premières phrases de Jacques Morineau qui nous accueillait sur sa ferme. Elle me semble bien traduire ce que j’ai ressenti : comme un engagement partagé des associés, dès la première heure : dernier insecticide de sol en 1988, traitements sélectifs (« à vue ») dès 1990, 0 intrant chimique dès 1996 !

Ici comme ailleurs chez d’autres précurseurs, il y a une forme de leadership assumé pour s’engager sur un chemin différent de la voie de production « conventionnelle ». Un jour, la finalité affichée de l’entreprise est devenue « l’autonomie productive ». Comme ça…

[Il faudra faire une thèse un jour sur ce moment où tout bascule et ou certains changent l’ordre établi des choses. Elle vient d’où cette énergie ?]

Loi de la « Biodiversité maximale »

110 vaches, des poulets élevés en plein air, 33 espèces végétales cultivées sur 170 ha, 110 ha en herbe (la prairie a ici autant, voir plus, d’attention que les cultures).

La ferme est un concentré de diversité. Un pied de nez à la spécialisation agricole. Il ne s’agit pas d’un choix arbitraire mais pour notre hôte, une condition de réussite dans la voie de l’indépendance en intrants chimiques. Varier les variétés ne suffit cependant pas. Pour réussir à mettre en œuvre ce système intelligent, il faut la jouer subtile. Comprendre les atouts de chaque culture pour « lutter » stratégiquement contre les ennemis naturels, anticiper les périodes de rotation en pluriannuel, avoir une approche globale, holistique, être à l’écoute au quotidien de la météo, de l’état des cultures… J’ai eu l’impression d’observer un joueur d’échec, trop fier du dernier coup qu’il a produit la veille.

« Un parcours gastronomique pour coccinelles »

La « Biodiversité maximale » concerne aussi les petites bêtes alliées de notre éleveur-cultivateur. Tout est pensé pour que le cycle de vie et de développement des auxiliaires de cultures soient en phase avec la « protection » des cultures. Notamment; des haies bocagères entourent les parcelles de la ferme, ainsi les coccinelles peuvent loger confortablement tous l’hiver. Surtout, là où en culture conventionnelle, le traitement chimique va tuer pucerons et coccinelles et laisser un vide de vie temporaire, que se chargeront bien vite de combler de nouveaux pucerons avec une force décuplée (car sans prédateurs ! cqfd), au Gaec URSULE, les coccinelles sont toujours là.

La philosophie est intéressante : ici on travaille pour nourrir le sol (et la vie du sol) qui nourrit la plante plutôt que pour nourrir la plante avec des intrants chimiques au fil de sa croissance. C’est un gage de résistance durable des cultures.

Un système de production efficace

Je n’ai pas vu ce matin un modèle de production théorique et utopique. Le système est efficace. Les rendements sont parfois meilleurs que les systèmes traditionnels mais surtout, ils sont envisagés de manière globale et non culture par culture. Exemple : en cultivant des associations de culture, par exemple Pois/Orge, le rendement en pois est équivalent au conventionnel. La production d’orge, c’est bonus !

De plus, en diversifiant les cultures, les risques climatiques et parasitaires (et de crise de filières) sont limités.

Enfin, l’exploitation est autonome (pas d’intrants chimiques, qui ont tendance à peser de plus en plus lourd dans les bilans comptables des exploitations conventionnels) et peut même se permettre de vendre des protéines végétales en plus de ses bêtes !

Une remise en question permanente, une posture de « Paysan-Chercheur », un investissement énorme dans les ressources immatérielles

C’est pour moi le principal enseignement de cette matinée. Si le modèle du GAEC URSULE fonctionne, ce n’est pas grâce à l’application d’une liste de recettes permettant d’obtenir le diplôme de la parfaite petite exploitation « agro-écologiquement-conforme ». C’est bien plus compliqué : les réajustements techniques sont permanents, les anticipations sont pluriannuelles et intègrent même les effets probables du réchauffement climatique (quelle entreprise peut en dire autant ?).

Les connaissances sont mouvantes. La présence permanente d’apprentis (plutôt non issus familialement du milieu agricole) et les participations académiques de Mr  Morineau sont autant d’investissements immatériels qui permettent à ce système apprenant de fonctionner. Captivant et frustrant car ce savoir n’est pas facilement transférable.

Enfin, la posture des membres du GAEC en termes d’ouverture au changement et à l’innovation est probablement la force la plus remarquable qui laisse entrevoir de beaux jours pour URSULE. En tout cas, je leur souhaite de poursuivre sur ce chemin.

Belle journée.

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Lu : Faim Zéro : en finir avec la faim dans le monde de Bruno Parmentier

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 31 janvier 2015

J’ai eu l’occasion de croiser sur mon chemin Bruno Parmentier (formation CHEDD), et depuis je suis ses pCaptureublications (commentaire de son avant-dernier livre) et son blog (lien).

Voici un ouvrage qui présente le mérite de réaliser un panorama des enjeux associés à la faim dans le monde. Le titre fait référence au plan « Faim Zéro » développé par le président brésilien Lula et qui a donné des résultats impressionnants.

Quels enjeux ? quels freins ? quelles priorités d’actions ?

Rappelons que la Terre hébergeait en 2010 850 millions de sous-alimentés (et paradoxalement près de 550 millions d’obèses !). Ce chiffre est d’une étonnante stabilité depuis les années 60 : ça veut dire que « la communauté internationale » arrive à améliorer le ratio (la démographie a continué d’augmenter) mais pas la valeur absolue. Difficile de se satisfaire de ce « résultat ».

L’enjeu politique

Pour Bruno Parmentier « la faim est politique et son éradication aussi« . Sa vision oscille entre l’optimisme des possibles (plus d’agriculture urbaine, partage des compétences pour améliorer la productivité des pays sur la « corde », améliorer les stockages de céréales…) et les constats de faiblesses de l’organisation mondiale en place pour ne pas que le meilleur arrive. 

Notamment, la doctrine « OMC » qui peut se résumer de la façon suivante : spécialisons les zones de production (« vous, vous ferez de la banane et que de la banane, vous du café et vous des fruits pour l’export« ) avec une croyance totale dans la vertu du marché mondialisé pour équilibrer les productions. Oui mais voilà, depuis 2007, on sais qu’en cas de tension sur les marché de base (céréales…), les pays à qui on a imposé la « spécialisation de la production », n’ont pas les moyens d’assumer l’augmentation des prix. Fautes d’autosuffisance et de sous, on observe alors des émeutes de la faim (Égypte…). Une première préconisation est d’arrêter d’empêcher les pays de la planète à produire leur minimum de cultures vivrières (ce que nous faisons notamment par le jeu des subventions et des droits de douane).

Aviez vous conscience par ailleurs des réalités de la répartition de la valeur, toujours largement défavorable aux producteurs (dans l’intérêt du consommateur que je suis mais aussi et surtout des intermédiaires et des spéculateurs sur les marchés) ? Par exemple, seulement 12% de la valeur de la banane va au producteur et 2% pour le producteur de café ! Moi, j’ai honte.

Triste paradoxe enfin : »les pays pétroliers et miniers sont souvent des pays de la faim« . Cupidité de certains + guerre = famine. C’est pas une surprise malheureusement.

L’enjeu démographique

Bien sur, le volet démographique est un enjeu largement développé dans l’ouvrage. D’ici 2050, par exemple, j’ai appris que le triptique  Inde+Pakistan+Bangladesh hébergerait 2,2 milliards de personnes qu’il faudra nourrir sur un territoire deux fois plus petit que les USA ! La vraie problématique est la capacité de produire à proximité immédiate des habitants. Contrairement à ce que certains pensent, la Chine a plutôt bien réussi ce challenge; par contre l’Inde est dors et déjà en difficulté (1/4 des affamés sur Terre est indien et un autre quart est subsaharien).

En lisant récemment « O Mali » d’Erik Orsena, je n’ai pas vu autre chose que la mise en valeur cet enjeu : maitriser la natalité des pays les plus pauvres. Une piste nous est offerte avec l’exemple de l’Iran, où l’éducation des femmes a permis de faire passer le taux de fécondité de 7 à 1,9 (quand le taux le taux d’alphabétisation est passé dans le même temps de 28 à 90%). Bien sur, la culture des pays est un autre point essentiel.

La surpopulation ne concerne pas que les humains, celle des animaux d’élevage a semble-t-il atteint un paroxysme. Ils étaient 7 milliards en 1960 et 30 milliards en 2012! Mangez moins de viandes!

L’enjeu climatique

Pour ne rien arranger 4,5 milliards de personnes vivent dans des zones fortement exposées aux conséquences du réchauffement climatique. Que ce soit en terme d’épisodes de « catastrophes naturelles » ou d’impacts sur les cultures au quotidien (salinisation d’espaces cultivés devenant impropres aux cultures du fait de la montée des eaux, manques d’eau…).

Une notion intéressante sur le sujet de la gestion des épisodes de crises post-catastrophe :l est beaucoup plus facile de supporter une diète de quelques jours quand on a été « bien » nourri avant, que lorsque ont été déjà sous-alimenté. L’important n’est pas l’urgent.

L’enjeu de maintien des surfaces arables

100 000 km2 de terres cultivables sont perdus chaque année du fait de l’artificialisation des sols pour des usages urbains – périurbains. Quand en 1960, la Terre disposait de 0.5 ha cultivé / humain, en 2010, c’était 0.25 ha et la projection pour 2050 est 0.16 ha. L’exigence d’intensification et de rendement explose !

En France, on peut peut-être commencer par arrêter de faire 500 ronds-points par an ? (auteur). Idem pour les projets routiers inutiles (moi) !

En conclusion

Ce livre pose les bases des constats de nos défaillances et ouvre des voies pour arriver à l’objectif « Zéro Faim » (il explore bien d’autres champs que ceux abordés ici). Illustré de nombreuses données chiffrées, il constitue une brique nécessaire à l’éveil de la conscience collective. Il devrait être offert à nos politiques (comme beaucoup d’autres) afin de sortir de l’urgent et causer de l’important. A lire.

 

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Projet AgriClimateChange

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 janvier 2014

Le Projet AgriClimateChange (lien vers le site dédié) est un programme qui a été décliné dans 4 pays européens (France, Allemagne, Espagne, Italie) de septembre 2010 à décembre 2013 avec pour objectif de déterminer et soutenir les pratiques agricoles  permettant de combattre le changement climatique. 120 fermes ont été évaluées sur 3 ans avec un outil de diagnostic systémique permettant d’aboutir à des mesures et points de références.

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Un rapport de synthèse est en ligne : lien. Les 52 pages du rapport présentent les résultats par type de production (fruits -bananes, fruits, légumes sous serres…- lait –vache, chèvre, brebis-, céréales et riz, légumes, oliviers et vignes, porc volailles et bœuf, cultures spécifiques), ainsi que des cas d’école de projets et une synthèse des actions d’amélioration engagées (exemple ci-dessous avec Agronomie).

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Ce travail est très intéressant car il offre des références aux exploitations engagées par ailleurs dans des démarches d’amélioration environnementale.

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« Ma » bonne nouvelle à propos de l’adoption de la pêche en eaux profondes

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 11 décembre 2013

CapturePersonne n’ignore que la semaine dernière, le Parlement Européen a approuvé la poursuite de la pêche en eau profonde malgré une excellente campagne de communication de Pénélope Bagieu (« Ma vie est tout à fait fascinante« ) que je vous recommande vivement de consulter si ce n’est déjà fait (lien). Humour, communication moderne avec une argumentation plutôt solide. Cette campagne a fait grimper la pétition de l’Association Bloom qui s’oppose depuis longtemps à ce mode de pêche destructeur et peu compatible avec ce que l’on pourrait nommer une exploitation « durable » des ressources marines.

Donc, à 50% contre 47 %, le 10 décembre nos élus ont décidé de valider ce mode prélèvement. Ce n’est pas ça que je considère comme une bonne nouvelle.

Ce que je considère personnellement comme une « bonne nouvelle », c’est que nous vivons dans une société qui nous permet de savoir, par quelques « clic », qui sont les élus qui ont voté « pour » cette disposition (lien). Nous pouvons donc les contacter pour connaitre leurs motivations, communiquer sur leur identité… Ils ont des comptes à nous rendre et ça ne dépend que de nous de solliciter Mr Cavada, Mr Hortefeux, Le Pen père et fille et la trentaine d’autres partisans français de la pêche en eaux profonde.

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Ce type d’information n’est pas accessible partout (pas en Russie par exemple). Pour moi, la « bonne nouvelle », c’est que notre outil démocratique fonctionne en transparence. Je suis content d’être européen malgré cette décision et je comprends les Ukrainiens finalement. C’est ça la bonne nouvelle ; on positive comme on peut…

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Bon’App Filière Locale mise en valeur par le Conseil Régional des Pays de la Loire

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 11 septembre 2013

C’est en toute subjectivité (les lecteurs attentifs comprendront pourquoi) que je relaie un article publié ces derniers jours dans le journal du Conseil Régional des Pays de la Loire, valorisant une initiative vendéenne qui est en train de sortir des cartons : Bon’App filière locale. La perspective de valorisation des acteurs d’un territoire et des aliments de proximité me semble en phase avec les attentes de notre époque – au moment où la FAO vient de publier un avis affolant sur le poids du gaspillage alimentaire dans le monde (lien). L’alimentation n’est peut-être pas un bien de consommation comme les autres…

Lien vers l’article complet ( page 8 ) et extrait ci-dessous :

Bon'App Filière Locale mise en valeur par le Conseil Régional des Pays de la Loire dans A L'OUEST capture8

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Idée reçue n°12 : les agriculteurs ? tous des pollueurs.

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 avril 2013

Mon métier de consultant-auditeur m’emmène régulièrement en exploitations agricoles et il m’est de plus en plus insupportable d’entendre d’injustes généralités sur un métier que nous ferrions bien de comprendre et respecter. Dans ce post, je ne cherche pas à dresser une vision idyllique des pratiques agricoles (lisez jusqu’à la fin, je vous apporterai la preuve de mon sens critique), mais je voudrais seulement exprimer ce que je ressens souvent personnellement comme une profonde injustice : le déficit d’image de la profession agricole. Ce déficit d’image n’est surement pas pour rien à la crise des vocations que traversent certaines région de France.

En effet, il est de bon ton, quand on travaille dans des métiers loin de la terre, le service par exemple (comme ma pomme), de répandre au café du matin tout le mal que l’on pense de l’exploitant voisin de la maison qui a épandu un liquide malodorant un soir de beau temps qu’on aurait bien passé dehors à siroter une bière… Qui n’a pas insulté le tracteur roulant sur la départementale accentuant votre retard (avouez, vous étiez de toute façon en retard) ? Ces paysans, ils nous polluent nos plages avec des nitrates, ils nous intoxiquent avec leur chimie, ils ne respectent pas les animaux dont ils ont la charge, ils sont violents et en plus ils sont tous riches comme crésus. D’accord, je force le trait et quelques un de ces poncifs ont même du sens… si on les contextualise.

Comprendre c’est savoir que :

1- Les agriculteurs/trices sont des hommes et des femmes à qui on demande beaucoup. La population urbaine n’a pas suffisamment conscience qu’un exploitant agricole est un « chef d’entreprise – ouvrier – technicien de maintenance – responsable des ressources humaines et des achats« . Bien-sur beaucoup d’artisans sont dans une situation équivalente; mais le poids de la réglementation applicable aux exploitations est souvent beaucoup plus lourd (la législation des Installations Classées concerne beaucoup d’exploitations au même titre que les industriels). Prendre du recul sur ses pratiques et les remettre en cause quand on est littéralement noyé sous le travail n’est pas chose facile; et ça, on peut tous le comprendre.

2- L’agriculture est un métier aux externalités positives mesurables. Toutes les externalités de l’agriculture ne sont pas négatives (externalité = pollutions diverses). L’entretien de nos surfaces de terres arables a une conséquence économique bien sur, mais aussi de réels avantages en terme de biodiversité (entretien de haies…), de limitation de l’étalement urbain (pression de la profession agricole pour maintenir une surface exploitable à proximité des agglomérations)…

3- La prise de risque est maximale, les garanties minimales. Malgré leur statut de chef d’entreprise, beaucoup d’exploitants n’ont pas la main sur leur « business model« . Ils se sont engagés à un moment donné dans une filière (poules pondeuses par exemple), ont fait des investissements lourds avec leurs fonds propres et doivent coute que coute tenir la barque jusqu’au remboursement des prêts. Et si la filière dont ils ne sont qu’un maillon implose, c’est perdu. Assurer un revenu correcte n’est pas, selon les filières considérées, assuré. A cette raison contextuelle, quelques autres plus critiquables de mon point de vue amplifient les risques. Pour une obscure raison, on a mis dans la têtes des exploitants agricoles qu’il ne fallait jamais payer d’impôts et toujours croitre. Donc les exploitants sont en permanence en train d’investir, pour de bonnes et de mauvaises raisons (le nouveau tracteur n’est pas toujours une bonne…). Certaines exploitations se retrouvent ainsi sur-équipées et en faillite ! Mais il parait qu’avec la féminisation des exploitants, les choses changent sur le sujet.

4- Une conscience environnementale est de plus en plus partagée. Beaucoup d’agriculteurs ne souhaitent pas maintenir le modèle de production intensif en consommation d’intrants et travaillent à la maîtrise des pollutions agricoles. Bien sur, il est mal vu de parler « d’environnement » dans le monde agricole, ce mot étant quasi systématiquement synonyme de « mise au normes« . Normes qui tombent du ciel, ne sont pas comprises, et coûtent cher.

Pourtant le poids des intrants dans les charges, la volonté de se protéger et de protéger les siens des dommages sur la santé des produits phytosanitaires et la volonté de renvoyer une image meilleure du métier; font que certains s’engagent. S’engager, c’est parfois passer en culture biologique mais pas que. Suivre des formations à l’utilisation de « bas volume » de traitement phyto, s’engager dans des démarches de certification ISO 14001, innover techniquement en investissant dans des technologies high-tech, déployer des logiques d’agriculture « écologiquement intensive »… Il se passe vraiment des choses sur le terrain, je vous le garantis. Mon regret personnel est que les représentants de la profession choisissent le plus souvent de ne pas valoriser (voir freine) ceux qui innovent sur le sujet des « bonnes pratiques environnementales ». Comme dirait l’autre « l’environnement, ça commence à bien faire » et il ne manquerait plus qu’on demande aux moins bons de suivre les meilleurs ! Et pourtant…


Accessoirement à tout ça, l’agriculture est notre avenir alimentaire.

Sans céder au lobbing agricole « dur », hostile à toute évolution des pratiques, pourtant absolument nécessaires de mon point de vue, nous devons valoriser ce métier et reconnaitre ce qu’il nous apporte. Ne pas le faire, c’est se priver d’un maillon essentiel de notre « éco-système ».

Le changement, ça ne se décrète pas. Il faut donner envie de changer, faire de la pédagogie. Des exploitants s’engagent et prennent des risques. Encourageons les, même s’ils ne suivent pas tous la voie extrême (de simplicité) de Pierre Rabhi, que j’admire par ailleurs (bande annonce de son film actuellement sur les écrans).


Au delà des mots, je suis assez fier qu’un exploitant proche de mon domicile ait été pris en exemple sur le site du Monde pour expliquer l’Agroécologie : lien

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Céréales killer

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 novembre 2012

Au moment où la renégociation de la PAC attise toutes les attentions médiatiques, deux articles ont retenu mon attention cette semaine. Les deux abordent un même problème mais sous deux angles différents :

- Le Financial Times tout d’abord (traduit dans courrier international n°1151) affiche une inquiétude globale et planétaire sur la capacité des pays producteurs de blé à répondre à la demande mondiale. Après la très mauvaise récolte sibérienne de cet été due à un climat sec et chaud (le réchauffement climatique n’est jamais bien loin du problème alimentaire), aucune des autres grandes puissances productrices n’a pu compensée cette défaillance. Ukraine, Australie, Argentine et États-Unis ont elles aussi souffert des conditions climatiques. Selon l’ONU, la production de blé est en deçà de la demande (661 millions de tonnes / 688 millions de tonnes). La « bonne nouvelle » pour nos céréaliers est qu’ils peuvent valoriser leur production bien au delà  du raisonnable. « A Paris, le cours du blé meunier n’a jamais été aussi élevé depuis 4 ans : il a atteint 289.25 € / Tonne le 7 novembre soit une hausse de 40% par rapport à janvier. » Et les perspectives ne sont pas bonnes. On projette déjà que les engraisseurs en tout genre vont utiliser le blé pour l’alimentation animale du fait de l’augmentation du mais et du soja ! Tous les stocks de blé chutent partout et tous les cours augmentent dans le monde…

Rappelons une vérité : il faut 4 calories végétales pour produire une calorie de viande de poulet et 11 pour produire une calorie de viande de bœuf. Ce n’est pas le prix de la baguette qui va augmenter mais celui de nos steaks et filets mignons ! Il est bien peu probable que nous puissions assumer l’envie naturelle des consommateurs chinois de se rapprocher de notre mode consommation hyper carné.


- Les Échos du 22 novembre publie un article sur la relation de l’Arabie saoudite au marché de céréales. J’ai appris qu’en 2008 ce pays était auto suffisant grâce un système de production intensif s’appuyant sur un prélèvement des ressources en eau en grande profondeur… aujourd’hui épuisées. « L’eau est devenue bien plus rare que le pétrole » dans ce pays pas comme les autres. En 2016, le pays ne produira plus de blé faute de ressources en eau. Que faire ? Augmenter ses capacités de stockage pour ne pas trop souffrir des fluctuations du marché du blé et acheter des terres en Afrique et aux Philippines. Acteur de l’accaparement des terres avec la Chine, l’Arabie Saoudite a l’argent pour s’offrir la mise en exploitation de terres de pays pas forcement auto-suffisants mais en mal de devises étrangères. « La loi du marché » diront les plus convaincus de la bonne marche de notre système.

ci-dessous une belle image vue du ciel des champs « artificiels » d’Arabie saoudite :

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Une vidéo sur l’avenir de l’agriculture

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 30 octobre 2012

L’excellent Bruno Parmentier a mis en ligne sur son blog une vidéo d’une de ses interventions sur l’avenir de l’agriculture (et surtout sur notre capacité à nourrir le monde aujourd’hui et demain). Pour avoir eu la chance d’assister à une de ses conférences, j’en garde un souvenir unique. Cette vidéo est un échantillon représentatif de son approche.

L’image est de qualité moyenne mais le son est bon et le fond est accessible à tous ceux qui ont une demi-heure à investir à leur culture « alimentaire ».

Une vidéo sur l'avenir de l'agriculture dans SE NOURRIR... capture19

A noter qu’ il sera l’invité de “C dans l’air” sur France 5 le mercredi 31 octobre, sur le thème du “Gaspillage alimentaire”. Hier soir Jancovici, demain Parmentier « C dans l’air » reste une valeur sure.

 

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Produire autrement : plateforme contributive

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 octobre 2012

Au moment où le Plan Eco-Phyto 2018 a du plomb dans l’aile avec le constat d’une augmentation de la consommation des produits phytosanitaire de 2,5 % en 2011 (alors que l’objectif est une baisse de 50% pour 2018!), la méthodologie de travail change. Le ministre de tutelle, Stéphane Le Foll, a fait mettre un ligne un site dédié à la collecte contributive des bonnes pratiques pour « produire autrement ».

Produire autrement : plateforme contributive dans SE NOURRIR... capture1

 

Pour aller plus loin : lien vers le dossier proposé par Actu-environnement

 

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