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Méthanation : une solution crédible au problème du stockage d’électricité issue du renouvelable ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 septembre 2013

Ceux qui, comme moi, ont regardé le reportage que proposait ARTE cette semaine sur la Transition Énergétique allemande (Lien sur le replay ou rediffusion le 7/9 à 12h15), conviendront qu’il ressort clairement (en plus du coût de cette transition) que le problème du stockage de l’énergie électrique produite par les EnR est majeur. La démonstration a même été faite que les pics de production d’électricité pouvaient déstabiliser le réseau européen. La production intermittente n’est pas compatible avec les modes de consommation du réseau. Depuis toujours, la croissance des EnR se voit opposer ce frein technologique majeur, qu’est le stockage de l’électricité d’origine renouvelable, non ajustable de facto aux pics de consommation.

En janvier 2012, j’ai assisté à la présentation du scénario Négawatt par Mr Salomon lors d’une soirée organsiée par l’ATEE (lien post précédent). J’y ai découvert une technologie nouvelle nommée la « Méthanation » (rien à voir avec la méthanisation). Et il semble bien que cette option trouve des concrétisations prometteuses. De quoi s’agit-il exactement ?

Le site www.lesenr.fr nous apprend :Méthanation : une solution crédible au problème du stockage d’électricité issue du renouvelable ? dans ENERGIE capture1

« Si l’hydrogène n’existe pas à l’état naturel, il est possible de le produire via des énergies renouvelables (hydroélectricité, solaire, éolien…) par électrolyse de l’eau. […]. La méthanation utilise ce principe d’électrolyse mais l’hydrogène est alors utilisé pour générer du biogaz via la formule de Sabatier (CO2 + 4 H2 = CH4 + 2 H2O) qui en combinant du dioxyde de carbone et de l’hydrogène permet de générer du méthane, de l’eau… et de la chaleur.
Le méthane ainsi produit est stocké dans le réseau gaz actuel (qui a l’avantage d’exister et de ne donc pas nécessiter d’investissements particuliers). La chaleur produite par la réaction est utilisée soit directement soit en cogénération pour produire de l’électricité. »

 lien article complet

Le constructeur automobile allemand AUDI a déployé une installation de grande taille sur un de ces site industriels et compte bien utiliser cet argument commercialement pour « compenser » toutes les émissions de ses véhicules à Hydrogène mis sur le marché à terme. La vidéo (commerciale soit, est quand même instructive) : lien.

capture2 audi dans INNOVATIONAutre illustration de l’actualité de ce procédé, l’Usine Nouvelle de ce mois-ci présente un encart sur E-ON qui vient d’inaugurer la première unité pilote à échelle industrielle de conversion d’électricité en gaz (2MW).

Je vous parlerai peut-être bientôt d’un projet sur Nantes…

à suivre…

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Trop de court-termisme peut ruiner la vie sur Terre

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 17 août 2013

En réponse au point de vue d’Henri Martre publié dans les Échos du 16/08 et titré « Trop d’Écologie peut ruiner la compétitivité » (lien), je me paye la prétention d’un billet exprimant moi aussi mon « point de vue » car la lecture de ce court billet m’a de nouveau fâché avec les économistes. Ces derniers sont-ils capables d’autres choses que de court-termisme ? Feront-ils preuve un jour de suffisamment de curiosité pour aller voir au delà de leur discipline ? Je me pose la question.

La partie politique politicienne du billet ne m’intéressant pas des masses, je passe de suite à mon unique point d’accord avec Mr Martre. Il fait le constat que notre principale faiblesse, sur le sujet énergétique hexagonale, est notre dépendance aux énergies fossiles. Je suis d’accord. Je décroche cependant rapidement quand la préconisation de l’expert, s’appuyant sur ce constat, est de justifier l’urgence à faire de notre pays un producteur d’hydrocarbures de schistes. Aucune place à la perspective de la sobriété et de l’efficacité : il faut produire plus, brûler plus pour être compétitif… quelques années encore.

Où est l’enjeu « réchauffement climatique » dans cette  logique ?

Nous avons mondialement, en 2012, émis un niveau record de gaz à effet de serre (lien); les rapports scientifiques s’empilent et nous devrions pourtant considérer que l’important reste de prioriser la production d’énergie fossile « quasi-gratuite » pour faire vivre encore quelques années l’économie du vingtième siècle ? La logique de certains économistes est visiblement de considérer que ce type d’externalité (le climat) n’a pas sa place dans un débat « noble » d’économie où la concurrence avec les autres pays primes. Étonnant que concurrence rime alors avec mimétisme, quitte à s’enfoncer collectivement dans les sables (bitumineux) mouvants sans possibilité de retour.

Les économistes doivent, comme l’a écrit Russel L. Ackoff (citation ci-dessous), déborder de leur expertise pour comprendre que tout est lié et que les calculs sur tableurs ont des influences sur d’autres aspects conditionnant, excusez du peu, la vie sur Terre (variabilité dans les précipitations / température => variabilité dans la production alimentaire => famines => révolutions ? comme le soutient Bruno Parmentier lien).

Nous devons cesser d’agir comme si la nature était organisée en disciplines de la même manière que les Universités 


Quand à l’argument nous expliquant que l’énergie électrique nucléaire (que je ne rejette personnellement pas en bloc, dans certaines conditions et en tout cas pas sans débat sur les aspects bénéfices / risques qui doivent être partagés) n’est pas chère et l’électricité d’origine renouvelable bien trop chère; c’est quand même bien rapidement mettre sous le tapis les subventions indirectes de l’état pour la fabrication des centrales, leur démantèlement, la gestion des déchets… et sans prendre en compte les coûts curatifs associés à un éventuel accident, jamais exclu.


Mr Martre, le très modeste ingénieur que je suis (cf conclusion du billet), ne se reconnait pas du tout dans vos préconisations. La transition énergétique n’est pas un mal pour la compétitivité; c’est une transition voilà tout. Il y aura des gagnants et des perdants, c’est une évidence. Mon combat n’est cependant certainement pas de maintenir le plus longtemps possible une situation intenable.



 

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« Twittèse » de ce premier semestre : l’actu au mixeur

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 août 2013

Ma toute récente incursion dans le monde de la communication en 140 caractères (@DotheeJLuc) a, je m’en rend compte, impacté sur ma manière de penser l’information. Brute, courte, souvent non vérifiée (et donc souvent fausse et toujours partielle), cette information « twittée » m’a-t-elle laissée quelque chose après 6 mois de fréquentation régulière ? Je me suis essayé à une synthèse des sujets marquants sous l’angle de l’association de tweets. Sources citées systématiquement en début de phrases (mes propres messages font le plus souvent référence à une source externe précisée le cas échéant).

 

Intérêts divergents – « de l’eau dans le gaz »

@Enerpress // Vallourec tire parti de ses solides positions de marché dans les bassins schisteux riches en hydrocarbures aux Etats-Unis (Ph Crouzet)

@Enviro2b // Limogeage de Delphine Batho : Jean-Marc Ayrault et Vallourec dans le viseur

@Lepoint // Et Montebourg inventa le gaz de schiste écologique !

Électrocution programmée du consommateur d’énergie particulier… et une ébauche de solution

@Leparisien // La facture énergétique a augmenté de 200 euros en 2012

@DDline2020 // Le prix de l’électricité augmentera jeudi de 5%

@EnergiePartagee // Énergie Partagée lance une 2ème souscription pour investir dans les projets locaux d’énergie renouvelables

Énergie toujours. Quand on n’a pas de pétrole…

@EnerPresse // Ignoré dans le DNTE [Débat national sur la Transition Énergétique] le pétrole représente toujours la première forme d’énergie consommée en France (42% en 2012)

@DotheeJLuc // Impact de la baisse de vitesse de 10km/h sur autoroute ? 1.5 million de TEq CO2 en première approximation. http://dothee.unblog.fr/2012/09/06/pourquoi-pas-1-changer-les-limitations-de-vitesse-sur-autoroute/ …

Financements innovants…

@RKaroutchi //  Souscription UMP:9,2 millions ce soir,450000 euros de + en 24 h.. Merci a tous [...]

@DotheeJluc // Quand la NEF se met au Crowfunding ça donne @PretdechezMoi  : Innovation non techno à fort potentiel de transition ! http://www.pret-de-chez-moi.coop

Nouveaux modes de consommation

@TerraEco // Depuis 2012 le bon coin a vu son effectif passé de 70 à 200 salariés

@DotheeJluc // Ellen MacAthur nous explique l’économie circulaire https://www.youtube.com/watch?v=Ldw7wflEiv8 … via @AlderaneConseil

Et pendant ce temps là, ça chauffe toujours

@lemondefr // La première moitié de l’année 2012 est la plus chaude de l’histoire des Etats-Unis http://lemde.fr/TJVm6c

@20minutesplanet // France: 2011, l’année la plus chaude depuis 100 ans http://bit.ly/vzaB7i

@DotheeJluc // « Mangez votre glace avant qu’elle fonde »… L’antarctique s’amincit par le fond. http://www.nationalgeographic.fr/4420-lantarctique-samincit-par-le-fond/ … via @Cinetielle

Quand la loi s’en mêle

@Marianne2fr // Sus au banquiers 2.xfru.it/3KuzVj   [Le Parlement de Westminster a rendu son rapport : les « banquiers sans scrupule » pourraient dorénavant être traduits devant les tribunaux. ]

@DotheeJLuc // Éclairage très intéressant : le reporting RSE reg. pourrait limiter le Green-washing. Menteurs marketeurs en danger ! http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221177298/fini-temps-postures-promes …

Vitesse ferroviaire en question : quelle pertinence au toujours plus vite ?

@le_Parisien // Espagne : le bilan de l’accident de train monte à 79 morts

@Le_Figaro //  TGV : les investissements ont-ils été trop privilégiés au détriment des lignes classiques ?

Quand les références de mon enfance montrent le chemin des innovations d’aujourd’hui

@virg_garin // La première imprimante 3D a été inventée par le prof Tournesol en 1972. (Tinitin et le lac aux requins) pic.twitter.com/qzfxnRaO9K

@DotheeJLuc // Après le SOLARIS, navire solaire des Cités d’Or, voici GREENHEART. La navigation de demain ? http://bit.ly/1aXJloL  pic.twitter.com/CYtePtvhcc

 

et pour terminer le toujours dérangeant Edgar Morin : @edgarmorinparis // Nous vivons à la surface de nous même

 

 

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Le « citoyen-consommateur » passe du statut de spectateur à celui d’acteur. La transition n’est pas que énergétique !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 juillet 2013

Les choses bougent… Bien sur, on a souvent tendance à considérer que les enjeux environnementaux et sociétaux sont peu compris par nos politiques et autres représentants professionnels (la première intervention publique de Mr Gattaz, nouveau porte drapeau du MEDEF, est à ce titre franchement désespérante. Lien).

Les choses bougent sur de nombreux fronts : implication des territoires sur le sujet de la Transition (Ex : projet Troisième révolution industrielle du Nord Pas de Calais), mise en application de technologies nouvelles (Ex : Smart Grid Vendée), mise en route de nouveaux business models…

Le sujet qui m’intéresse ce jour est une lame de fond dont on parle trop peu : le changement de positionnement qui nous est offert à tous pour devenir de vrais acteurs de la Transition; et ce sans rien attendre de l’État, des entreprises, de l’Europe ou de Bill Gates (qui veut sauver le climat à lui tout seul : lien).

En effet, en très peu de temps, les citoyens-consommateurs que nous sommes, se sont vus offrir une somme de « petits pouvoirs » qui ne sont au final pas du tout marginaux. Reste à nous convaincre de décrocher de nos écrans de TV et d’arrêter de râler contre nos décideurs traditionnels. Nous sommes décideurs et il y en a pour tout le monde. Le

Quelques illustrations  :


  • Vous êtes épargnants ? 

Le Livret A ne devrait pas tarder à perdre quelques miettes supplémentaires dans son taux de valorisation. C’est peut-être le moment de se poser la question d’une épargne différente ? Énergie Partagée (lien post précédent) est justement en train de lever des fonds pour son second appel à souscription. A votre niveau d’investissement, vous contribuer à financer un projet local que vous choisissez.

Dans le même état d’esprit la NEF (lien post précédent) propose de faire fructifier votre épargne sur des projets à forte valeur sociétale. Vous choisissez de garder les intérêts ou de les offrir à une association de votre choix.

Vous pouvez aussi investir directement dans des projets via le Crowfunding. Voir ci-dessous.

  • Vous êtes une entreprise qui a besoin d’argent pour se développer ?

Les banques ne prêtent plus aux entreprises ? Le modèle s’est enraillé ? Demandons directement de l’argent aux épargnants par un dispositif de financement participatif innovant. On appelle ça le « Crowfunding ».

capture2 crowfunding dans TRANSITIONLe «Crowdfunding» est un mécanisme de financement qui permet de récolter des fonds auprès d’un large public en vue de financer un projet créatif ou entrepreneurial qui fonctionne le plus souvent via internet. Il existe trois grandes catégories de plateformes de financement selon que celles-ci sont basées sur des dons, des prêts ou des investissements en fonds propres.

On rapproche ainsi l’entrepreneur du consommateur qui devient intéressé à la réussite de l’entreprise choisie. Au delà du financement pur, cela peut permettre de rapprocher deux mondes qui se comprennent peu : l’entrepreneur et le citoyen lambda.

 L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) viennent même de publier un guide du financement participatif (lien). C’est sérieux !

Ci-contre une illustration issue d’un article récent des Echos (lien).

Un exemple de site de mise en relation projet / financeur : Ethic Angels (lien)

 

  •  Acteurs du territoire : complément indispensable aux Smart Gridcapture3-300x223 énergie partagée

On a trop tendance à présenter les Smart Grid comme une innovation purement technologique. Le principe même de régulation des consommations en fonction des production d’électricité (via notamment les sources renouvelables par nature intermittentes), implique une participation des consommateurs. D’ailleurs, le premier Smart Grid est Eco-Watt en Bretagne. Il ne s’agit « que » d’une chaine d’information demandant aux consommateurs de ne pas utiliser leurs appareils énergivores non indispensables aux heures de pointes.

Vous pouvez visionner un petit débat sur le sujet mis en ligne sur le site Clean Tec Republic : lien

J’aurais pu aussi parler du succès des Scop -entreprises où les salariés sont actionnaires-, de la montée en puissance des consom’acteurs -et donc des signes de reconnaissance des produits- , des Carotmob (lien) – initiatives anti boycotte pour la bonne cause… Le choix ne manque pas pour démontrer que nous « pouvons » si nous voulons.


Pour conclure, je retiendrai la Proposition n°2 de la restitution des Régions au Débat National sur la Transition Énergétique qui a eu lieu ce début de semaine :

Une transition pour tous, avec des citoyens acteurs, qui participent aux initiatives et sont bien informés

Ce vœux, que je partage, dépasse selon moi le sujet énergétique. Il ne s’agit pas de donner le pouvoir de décision aux citoyens, mais de les faire participer aux réflexions et projets. Monter en compétence et donner envie de passer à l’action, quelle qu’elle soit, et démontrer que nous n’avons pas besoin d’attendre les autres pour agir.



 

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Retour sur la visite ETAO – Vendée Croissance Verte

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 juin 2013

Vendredi, le Club Vendée Croissance Verte a invité ses membres à échanger autour de la présentation du site ETAO GEORESSOURCES (85). Me voilà petit reporter vendéen.

Retour sur la visite ETAO - Vendée Croissance Verte dans A L'OUEST capture1-300x91L’entreprise ETAO, représentée par Mr Rabeleau – co-dirigeant de l’entreprise – existe depuis 2001, emploie aujourd’hui 90 personnes et a généré un CA de 11 millions d’euros en 2012. Son activité est essentiellement axée sur la Géothermie (75%); géothermie verticale pour l’essentiel.

Le principe de la géothermie est simple : un forage d’une centaine de mètre (ou moins), un réseau en « U » alimenté par un fluide circulant dans un sous-sol en circuit fermé sans contact direct avec le milieu extérieur. Le sous sol bénéficiant d’une température constante, en jouant sur des deltas de température avec une Pompe à Chaleur, on récupère de l’énergie « gratuite » et 100% renouvelable. A ce jour 7 000 à 8 000 Pompes à Chaleurs géothermiques seraient installées en France.

installation geothermie

La démonstration de la pertinence d’un investissement de long terme, d’un point de vue économique et environnemental, est facilement faite. Alors que les prix des énergies fossiles et fissiles sont sur une tendance haussière qui ne semble pas prête de s’arrêter, le prix du Kwh géothermique est d’une stabilité absolue. L’accroche commerciale est une perspective de division de la facture de chauffage par 4… une fois l’installation en place.

Le problème est en 2013-05-31-12.39.02-300x225 etao dans CAS D'ENTREPRISESeffet l’investissement initial nécessaire pour la mise en place du dispositif. Dans notre monde conditionné par l’ultra court-termisme, il n’est pas toujours facile de convaincre.

Dans les projets de l’entreprise ETAO, il en est un très innovant de mon point de vue : proposer à terme aux clients de financer l’investissement et se rémunérer sur les économies générées. Le business model serait alors de substituer la vente d’un bien par la vente du service associé.

J’ai de plus appris que des forages collectifs pouvaient être mis en place : centralisation des forages et individualisation des PAC. Demain, nos lotissements seront-ils alimentés en électricité, en eau et en fluide issu d’un forage à usage géothermique ?

En attendant que nos habitations se passent totalement de modes de chauffage, la géothermie semble avoir de l’avenir, même si on en parle bien peu…

 

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Lu : « La fiscalité environnementale en France : un état des lieux »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 11 mai 2013

J’écoute ce matin « on n’arrête pas l’Eco » sur France Inter. On y cause de la première année de François Hollande, de fiscalité française, de la difficulté des entreprises devant les évolutions fiscales… On n’y cause pas de fiscalité environnementale.

Pourtant, je suis personnellement convaincu qu’une partie de la solution à nos problèmes est, à assiette fiscale constante,  de baisser la fiscalité du travail et d’augmenter la fiscalité environnementale, peu développée en France (preuve ci-dessous). Comme nous n’avons plus les moyens de financer les « transitions » indispensables des années à venir, utilisons la fiscalité comme levier d’action. C’est peut-être le dernier qu’il  nous reste.

Ma conviction se confronte à la réalité politique. La fiscalité environnementale est un sujet qui a été repoussé à la fin du quinquennat. Autant dire qu’en pleine campagne présidentielle (qui commence plus d’un an avant les élections), ce ne sera plus le moment de révolutionner la fiscalité française.

La dernière publication du « RéférenceS » du Commissariat Général au Développement Durable aborde le sujet de la fiscalité environnementale. Quelques commentaires de lecture ci-dessous sur un document très complet, ayant surtout pour intérêt de donner des ordres de grandeur actualisés (lien pour accéder au document sur l’image).

Lu : Il nous est tout d’abord rappelé que la Constitution autorise la fiscalité environnementale au titre du principe du « pollueur payeur ».

Au total, la fiscalité environnementale a rapporté à l’Etat  40 milliards d’euros en 2011, essentiellement sur la base de la fiscalité applicable à la consommation d’énergie (voir décomposition ci-dessous). On y apprend aussi que notre fiscalité environnementale ne traite quasiment pas de la fiscalité sur les pollutions (les taxes sur les pollutions représentent 20% de la fiscalité environnementale aux Pays-Bas).

Plus grave; au concours « Eurovision de la fiscalité environnementale », la France figurait en 2010 en avant dernière place ! Nos taxes environnementales ne représentent que 1.9% du PIB (moyenne UE : 2.4 %). C’est pas notre truc le principe constitutionnel « pollueur payeur »…

Voyons quelle est la répartition de nos revenus fiscaux environnementaux :

  • Taxes sur la consommation des ressources :  25.5 milliards en 2011 (carburants) + 3 milliards d’euros (CSPE – électricité) + 345 millions d’euros (granulats, prélèvement d’eau) + autres prélèvements sur les ressources (40 millions d’euros)  + cas particuliers des REP (1 milliard d’euro). Aucune taxe n’est en place à ce jour sur les prélèvements touchant à la biodiversité.
  • Changement climatique : 1.1 milliard d’euros / quotas dans le cadre du dispositif européen. Aucune taxe n’est à ce jour en place sur les autres Gaz à effet de serre  (fluides frigo, méthane, protoxyde d’azote). Notre pauvreté sur le sujet s’explique notamment par le fait que l’on peut considérer que les taxes sur les énergies peuvent contribuer à taxer les émissions de CO2 (pas vrai pour les autres GES que le CO2).
  • Pollutions : TGAP pour les industriels, TGAP « déchet »… Non significatif comme précisé plus haut.

 

J’ai un regret à la lecture de ce document. Si cette publication aborde rapidement les « subventions » telles que les crédits d’impôts, réduction de taxes (…); elle passe totalement à côté d’un vrai sujet : les subventions aux énergies fossiles, pourtant réelles dans notre pays (lien post précédent). Elles sont estimées à 2,6  milliards d’euros par an pour la France. Pas ridicule en ordre de grandeur pourtant…

Pour conclure, le résumé du document par ses auteurs :

capture7 fiscalité environnementale dans REFERENCES

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Les Pays de la Loire en tête de pont sur le sujet des Energies Marines

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 30 avril 2013

Les régions des Pays-de-la-Loire et Bretagne n’ont pas en commun que les projets d’aéroport mal montés. Ces deux régions sont en effet particulièrement bien positionnées pour développer et industrialiser une filière « énergie marine » aujourd’hui quasiment inexistante au niveau international. Ces dernières nous offrent (potentiellement pour le moment) quelques chose que le vent et l’ensoleillement ne peuvent pas nous proposer : une régularité de production d’énergie renouvelable. 

Un article complet de www.techniques-ingenieur.fr nous éclaire sur le potentiel de la filière :

Avec les connaissances actuelles, on estime le potentiel de puissance totale du pays, hors éolien en mer, exploitable à moyen terme, entre 3 et 5 gigawatts (GW). À lui seul, le potentiel hydrolien exploitable se situe entre 2 et 3 GW, ce qui en fait le deuxième gisement hydrolien d’Europe.

[...] La France s’est fixé comme objectif l’installation d’une capacité de production électrique en mer de 6 000 MW en 2020. Ces installations assureront alors 3,5 % de la consommation électrique du pays.

La France est passée à côté du développement industriel des énergies nouvelles que sont le photovoltaïque et l’éolien; peut-être pouvons nous « en être » sur les énergies marines ? Le 25 février dernier, notre ministre de l’Ecologie a lancé politiquement le mouvement en présentant un « plan de développement des énergies marines ». Plusieurs études vont notamment être lancées pour préparer l’exploitation commerciale de fermes hydroliennes.

La région Pays-de-la-Loire se veut leader sur le sujet; un site dédié témoigne de cette ambition. Bien que très orienté « éolien off shore », l’ambition dépasse la volonté de dompter le vent marin. La cible est aussi sous l’eau. Le bassin de houle de l’école centrale de Nantes est à ce titre assez unique.
Les Pays de la Loire en tête de pont sur le sujet des Energies Marines dans A L'OUEST capture6

 

Mais de quoi parle-t-on exactement ?

1- les hydroliennes

Présentation faite par le site de www.energieactu.fr

Le principe de cette technologie est d’utiliser les courants sous-marins naturels sans avoir recours à la rétention d’eau. Le principe de fonctionnement est le même que celui des éoliennes, à savoir transformer l’énergie cinétique d’un courant en énergie mécanique en faisant tourner des pâles qui entrainent un alternateur produisant de l’électricité.  « On estime qu’il faut un courant de 4 nœuds, soit 2m/s, pour qu’une hydrolienne soit efficace. Les courants transcontinentaux trop loin des côtes ne sont pas pratiques, c’est pourquoi nous utilisons les courants des marées », explique Jean-François Daviau, président de Sabella qui prépare l’installation d’une ferme hydrolienne au large de l’île d’Ouessant en Bretagne. [...]

Considérées comme une source d’énergie propre, les hydroliennes ont plusieurs avantages. Le principal est que la marée est un phénomène astral parfaitement prédictible. Il est donc possible de prévoir exactement la quantité d’énergie produite. Les courants marins constituent aussi une ressource plus intéressante que l’air, l’eau ayant une densité 1000 fois supérieure. Enfin, immergées en mer, les hydroliennes n’entraînent pas de nuisance visuelle et ont été pensées pour ne pas gêner la navigation des bateaux. D’un point de vue économique, cette technologie a aussi l’avantage d’avoir un coût de maintenance très faible.

hydrolienne_d10 dans ENERGIE

 

 

2- L’énergie houlomotrice ou comment capter l’énergie des vagues

Je vous recommande de parcourir le site de France Énergie Marine pour creuser le sujet. J’en ai issu la présentation ci-dessous :

L’énergie houlomotrice ou énergie des vagues désigne la production d’énergie électrique à partir de la houle, c’est-à-dire à partir de vagues successives nées de l’effet du vent à la surface de la mer et parfois propagées sur de très longues distances. Il existe différents dispositifs pour exploiter cette énergie. De nombreux systèmes sont actuellement à l’étude, certains sont déjà commercialisés mais aucun n’est arrivé au stade de la maturité industrielle.

La Région Pays-de-la-Loire a mis en ligne, sur son site un film présentant le projet SEM – REV : lien

capture5 dans H20

Le 26 novembre 1966, le général de Gaulle inaugurait l’usine marémotrice de la Rance. Cette dernière produit aujourd’hui encore près de 60% de la production d’électricité bretonne (qui ne produit, il est vrai que 9% de sa consommation…). Plus de quarante ans plus tard, on peut espérer que l’aventure de l’énergie marine continue et prenne de l’ampleur.

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Pétrolettre

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 avril 2013

Petite revue de presse sur l’or noir.

Les prix du barils sont raisonnables ces derniers temps et restent en dessous des 100 dollars le baril. L’actualité suivant un fonctionnement en mille-feuilles, le consommateur oublie la hausse d’il y a quelques mois. Ce calme apparent facilite l’argumentation de certains énergéticiens, qui entrent activement ces dernières semaines dans le débat sur la transition énergétique. Le principe de réalité revient sur le devant de la scène : il est urgent de ne pas se précipiter à changer comprend-on des professionnels de la profession. Il est vrai que les échanges tournent essentiellement autour des modes de production de l’électricité et très rarement autour de notre consommation de barils de pétrole. C’était pourtant aussi un vrai sujet.

Pétrolettre dans ACTUALITE capture2

Au dessous ou au dessus de 100 dollars le baril; les questions de la sobriété et de la transition restent pourtant urgentes. L’enjeu climatique devrait suffire à maintenir la pression. Nous approchons dangereusement du seuil critique des 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère (lien) et tous les indicateurs sont au rouge. La période 1971 – 2000 est la plus chaude de tous les temps (lien). La France n’est plus dans les objectifs du Facteur 4 et rétrograde au classement européen des premiers pays producteurs d’Énergie renouvelable.

Comme nous le répète notre président en voyage en Chine : « une seule priorité, l’emploi par la recherche de facteurs de croissance« .  Entre nous, heureusement, qu’on ne pilote pas un avion avec le seul indicateur « vitesse de l’appareil »; regarder l’indicateur « quantité de carburant disponible » peut aussi servir à emmener tout le monde à bon (aéro)port.

Mais nous vivons dans un monde de vulgarisation. Alors simplifions ! Regardez moi ce petit film glouton « Motorville » (lien).

capture3-300x169 dans ENERGIE

Pas convaincu par le dessin animé ? Alors je vous recommande de lire l’interview du général de l’US Navy dans le Pacific. Pour lui, le problème géopolitique numéro 1, c’est le climat ! Lien.

Toujours pas convaincu ? alors revenons aux fondamentaux : les euros, ou plutôt les dollars. Les prospections guyanaise de Shell sont un échec, BP s’est aussi planté au Mexique… Gros investissements de prospection et… des coûts d’extraction de plus en plus couteux. Les coûts d’extraction du pétrole auraient augmentés de 20% depuis 2009 selon les Échos (lien). Pour avoir des ordres de grandeur, un pétrole bon marché est extrait à 10 dollars le baril. Le pétrole « offshore »  atteint les 50 dollars et les sables bitumineux canadiens peuvent couter jusqu’à 90 dollars le baril !

C’est tenable combien de temps une économie dopée au pétrole ?

Fond musical utilisé pour rédiger ce post : lien … et finalement « It’s a man’s, man’s, man’s world » est une bonne conclusion à ces constats peu réjouissants…

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Le fort potentiel de géothermie profonde auvergnat

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 mars 2013

Quand on parle d’énergie renouvelable, l’image d’Epinal qui apparait dans nos cerveaux médiatico -influencés est un champ d’éoliennes ou une toiture photovoltaïque. Et pourtant, quand on regarde les chiffres de la « vraie vie », les maigres 14% d’électricité produite en France à partir d’ENR viennent très majoritairement de nos vieux barrages hydro-électriques (plus de 80%). On confond trop souvent « croissance de production » et « part de production ».

La « vraie vie » de demain ne sera pas non plus l’uniformité de champs d’éoliennes mais des mixes énergétiques adaptés aux contextes régionaux. Une chose est sure, notre mixe énergétique va évoluer pour être moins dépendant de la fluctuation des énergies fossiles (gaz « naturel », le pétrole « naturel »…) et de l’augmentation programmée du prix de l’électricité nucléaire.

Je partage, à l’occasion d’un passage express dans ma belle région natale qu’est l’Auvergne, le contenu d’un article glané dans le magasine « Massif Central », proposant ce mois-ci un dossier spécial sur le « grand défi énergétique ». Le plus intéressant du dossier, de mon point de vue, est la perspective de l’exploitation de la géothermie profonde. En effet, grâce à son passé volcanique, une bonne partie de l’Auvergne (Puy de Dôme, Cantal), présente une caractéristique géologique intéressante : la croute terrestre est plus fine et donc l’accès aux « hautes températures » (supérieures à 200°c) est possible avant 5000 m de profondeur. Au-dessus de 100°c, on peut déjà produire de l’électricité et bien-sûr alimenter des réseaux de chaleur urbains. Des projets de sondages sont planifiés cette année et des entreprises se posent des questions d’exploitation très intéressantes. La perspective fait rêver : plus d’intermittence dans la production d’ENR, des potentiels infinis de production… Reste à investir (avec l’intérêt de l’épargne ? lien).

Le fort potentiel de géothermie profonde auvergnat dans ENERGIE RTEmagicC_1687c05496.gif

En revenant de Clermont, je somnolais dans mon TER à PNI (propulsion-nucléaire-indirecte), et je songeais que dans quelques décennies une énorme agglomération se construirait entre Clermont-Ferrand et Riom, attirant entreprises à la recherche d’une énergie bon marché et des habitants en fuite de situation de précarité énergétique… et bien sûr dans un cadre de vie préservé et exceptionnel qu’est le Parc des Volcans d’Auvergne (qui je l’espère sera très prochainement classé au patrimoine mondial de l’UNESCO –cliquez ici pour signer : lien ).

Rêver ne nuit pas au climat.

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News électriques de l’Ouest

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 mars 2013

Deux news électriques concernant la région Pays-de-la-Loire et plus particulièrement le département de la Vendée :

- la dernière Newsletter trimestrielle de la DREAL sur les EnR nous informe que la Vendée est le premier département régional en matière d’EnR (Youpi !) et que les 750 Mwh raccordés (photovoltaïque et éolien) ne représentent que 5 % de notre consommation totale ! On n’est pas rendu (1) quand on sait que la moyenne nationale est à 13% et l’objectif à 20%. Mais c’est vrai que c’est pas facile de mettre en place de l’énergie hydraulique sans montagne. En attendant les énergies marines ?

News électriques de l'Ouest dans A L'OUEST capture7

- autre « News » pas réjouissante concernant la Vendée lue dans Ouest France :

ERDF Vendée, le distributeur d’électricité départemental (424 000 clients) fait face à une hausse constante de la consommation d’électricité. Depuis 2007, l’augmentation des kilowatts heure a cru de 20 %. Une bonne partie de cet appétit d’énergie s’explique par la hausse du nombre de clients (+ 2 % de clients en plus raccordés par an), mais également par une consommation individuelle – particuliers comme entreprises légèrement à la hausse, année après année.

Et tout ça en période de crise économique ! On n’est pas rendu (2)

La sobriété, c’est pour quand déjà ?

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