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Lu : Le Gang de la clef à molette

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 septembre 2015

Subversif, drôle, captivant, addictif, dérangeant : voici quelques mots pour caractériser mon état d’esprit à la sortie des 540 pagesCapture du « Gang de la Clef à molette ». A lire bien sûr (sauf si vous êtes concessionnaire de machinisme industriel).

 

Ce roman m’avait été présenté comme un road-movie d’activistes environnementaux. J’avais hâte, j’ai été surpris, un peu déçu au départ et en difficulté de conscience. En effet, ma nature légaliste a fait que j’ai eu un peu du mal à me détacher de ma réalité et à recevoir tous les évènements de sabotages qui jalonnent l’histoire. Les pollutions volontaires engendrées par le « gang » sont nombreuses : engins de chantier purgés de leurs fluides à même le sol, balancés dans des canyons, explosions en tout genre, arrachages et combustions de panneaux publicitaires dans le désert, ajout d’un peu de sucre dans les réservoirs de bulldozers et autres monstres jurassiques du développement industriel.

Puis, lecture faisant, derrière les actes illégaux, c’est la critique d’un monde fou que j’ai lu. Ce que l’auteur appelle la « machine énorme », ce n’est rien d’autre qu’un système fou qui s’auto-alimente : extraction de charbon (couteux en eau et destructeurs de paysages et d’hommes) pour faire tourner des usines thermiques qui produisent l’électricité dont a besoin notamment l’extracteur de charbon pour fonctionner ! Les routes, les ponts pour permettre l’extraction et au final alimenter une machine folle qui métastase et pourquoi ?

« Tout ça pourquoi ? voyons monsieur : pour éclairer les lampes de banlieues de Phoenix non encore construites, pour faire marcher tous les climatiseurs de San Diego et Los Angeles, pour noyer de lumière les parkings des centres commerciaux à 2 heures du matin […] »

Résumer l’histoire, ce serait dire que ces désastres ont trop titiller la « conscience » de quatre bougres au point qu’ils vont décider de mettre des bâtons dans les roues à la Machine.

Pour que ça marche il fallait des personnages haut en couleurs. Celui de Hayduke est exceptionnel. Un vétéran du Vietnam totalement desociabilisé, toujours fortement alcoolisé, vulgaire, sale, amoureux de la Nature, de ses paysages mais jetant par exemple ses canettes de bières par la fenêtre considérant que ce sont les routes qui sont ainsi salies et non la nature (et comme les routes sont des éléments à détruire dans son référentiel, cqfd).

Pour que ça marche, il fallait aussi un style, une écriture et franchement, ce bouquin, c’est du plaisir à tous les coins de phrases. Quelques citations valent mieux que des commentaires.

 

« Est-ce qu’on sait ce qu’on fait, et pourquoi ?
– Non.
– Est-ce que c’est gênant ?
– On élaborera ça au fur et à mesure. Laissons notre pratique informer la doctrine, cela garantira la précision de notre cohérence théorique. »

 « Nul ne peut dire avec précision si un pin est sensible ou non, ni jusqu’à quel degré un organisme de ce genre peut souffrir ou avoir peur. De toute façon, les constructeurs de route ont d’autres chats à fouetter, mais il est clairement et scientifiquement prouvé qu’un arbre vivant, déraciné, met plusieurs jours à mourir »

« Eh bien disons, chérie, que si Love était tout seul j’te dirais que non, l’en faudrait plus pour le leurrer. Mais avec son équipe les choses sont différentes. Un homme seul, ça peut être assez con, mais si tu veux de la vraie bonne grosse connerie, il y a rien de mieux que le travail en équipe. »

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J’ai vu « LIBRES! » de Jean-Paul Jaud et…

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 avril 2015

J’ai vu « LIBRES! » de Jean-Paul Jaud hier soir et j’en ressorts avec plein de sensations contradictoires.

203658.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCe film documentaire est engagé. Il prend clairement parti contre l’usage d’énergie nucléaire (ses risques de défaillances, ses conséquences catastrophiques pour l’Homme). Pour ce faire, le réalisateur, qui est aussi l’auteur de « nos enfants nous accuserons« , prend plusieurs chemins parallèles : tout d’abord une colonie de vacances en Charente Maritime qui a une belle vue sur la centrale du Blayée. Les « monos » sont très écolos et apprennent aux enfants le danger du nucléaire, le bienfait de la Nature et de la musique (je résume bien-sur).

Ensuite, c’est le moment le plus fort, un passage à Fukushima dans la zone interdite. On traverse une ville fantôme où le temps s’est arrêté il y a 4 ans. Paysage de désolation et détresse humaine. Au Japon, le premier ministre de l’époque est interviewé par Hervé Kempf et il exprime pourquoi il est devenu évident que l’énergie nucléaire ne doit plus être utilisée par l’homme. Le calendrier nous fait des blagues (pas drôles soit) puisqu’il est question que très prochainement le Japon redémarre pour la première fois depuis 4 ans une ou deux centrales (oui, oui, ça fait 4 ans que le Japon vit sans électricité nucléaire), ce qui provoque la colère de l’auteur à succès Murakami (lien).

Enfin pour la perspective positive, le réalisateur passe un peu de temps au Danemark sur l’ile de Samso (lien) qui est une ile 100% énergie renouvelable. C’est donc possible de faire sans nucléaire et avec vent, paille et soleil.

Voilà le film maladroitement résumé. La balade proposée est esthétique, la volonté de tirer la sonnette d’alarme sincère. Lors de l’échange entre la salle et Jean-Paul Jaud, j’ai ressenti une forme de désespoirs de l’auteur et l’expression que faire des films était sa manière de contribuer à une prise de conscience. C’est globalement réussi et je recommande vraiment de voir ce film pour contribuer à se faire un avis. En sortant du film, on a la conviction qu’une autre catastrophe comme Tchernobyl (cela fait 29 ans. Quelques jours après la catastrophe, Joel de Rosnay écrivait un article toujours d’actualité : lien) ou Fukushima ne manquera pas d’arriver.

Ceci dit, j’ai plusieurs regrets suite à cette soirée :

  • je continue de penser que le banc des accusés (puisqu’il s’agit bien d’un film à charge) présente un absent de poids : le charbon. Quels sens il y a monopoliser toutes les discussions sur le nucléaire et oublier celui qui tue le plus à la surface du Globe (dans les mines et du faits des particules fines) ?
  • alors que ce film devrait être un point de départ à l’échange au sein de la société et je me suis retrouvé dans un contexte militant frisant l’entre sois. Ce n’est en rien la faute du film ou de l’auteur, mais l’enjeu est bien de convaincre les non convaincus.
  • je n’ai enfin pas du tout apprécié la posture du réalisateur vis à vis des enfants. Sur le fond, l’esprit est surement bon, mais dans la méthode, c’est de mon point de vue de la manipulation de jeunes esprits. Je n’ai pas été à l’aise avec le numéro des « monos » qui s’adressaient surement plus à la caméra qu’aux jeunes quand ils expliquaient le mensonge de l’État aux citoyens sur le nucléaire… Comment créer une génération de complotistes.

Bref, je me sens plein de contradictions. J’ai été formé par Jean-Marc Jancovici en 2005, brillant accusateur de notre dépendance aux énergies fossiles et défendeur affiché de l’atome. Je m’émancipe tout doucement et je pense aujourd’hui en effet que les risques associés à l’usage du nucléaire civil n’en valent plus la chandelle, surtout maintenant que l’on connait le coût réel du Kwh nucléaire et que l’on se rend compte qu’il n’est pas compétitif, y compris vis-à-vis des énergies renouvelables (lien sur un article du Huffington Post). Elle n’est pas si bon marché l’électricité de l’atome ! et le mensonge d’État est pour moi ici.

Je sais aussi qu’un aussi grand péril que le nucléaire est l’usage du charbon qui tue tous les ans les hommes par milliers (mais ils ne sont pas occidentaux, donc on ne les voit pas…).

Je sais enfin que rien n’est simple et que la raréfaction en métaux rares empêche d’envisager une généralisation mondiale des énergies renouvelables de haute technologie (lire P. BIHOUIX : lien).

Bref, je ne sais pas grand chose…

Alors quoi ?

Je crois qu’un chemin est possible. Il intègre le renouvelable, la sobriété, une autre relation à consommation et à la production (lien). Une sorte de mélange de nos compétences qui ne sera accessible qu’en mixant l’engagement citoyen et le savoir faire industriel.

Un peu de vision politique sur le sujet serait la bienvenue, mais on devrait pouvoir faire sans…

 

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L’Economie de la Fonctionnalité appliquée par CLARLIGHT

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 21 avril 2015

Vous n’avez toujours pas capté à quoi peut ressembler concrètement un modèle économique basé sur la fonctionnalité ?

Allez jeter un œil au modèle de CLARLIGHT (lien); cette entreprise a fait le choix de baser sa rémunération sur les économies d’électricité réalisées sur le parc luminaire de ses clients. Je ne connais pas l’entreprise et ne peux la recommander; cependant, il s’agit d’une belle illustration d’innovation dans le modèle d’affaire.

 

Capture

 

 

PS : je n’ai aucun intérêt commercial avec cette entreprise.

 

 

 

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PERLE 2 : « l’énergie en Pays de la Loire : des enjeux territoriaux majeurs »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 septembre 2014

Polytech Nantes a eu la gentillesse de m’inviter aujourd’hui à la journée de clôture du programme PERLE 2 (1,2 millions d’€) qui a mobilisé une douzaine de Capturelaboratoires et une quinzaine de doctorants ces 4 dernières années. J’ai donc passé une grosse demi-journée pour comprendre l’état de la science en matière d’énergie.

Je ne cache pas que le programme de la journée pouvait m’apparaitre, en première approche, très universitaire avec un contenu laborieux pour le vulgarisateur que je suis. Le fait que des sujets sociétaux soient abordés m’a finalement décidé à me déplacer sur Nantes. Il me semble que cet effort d’ouverture est la traduction d’une prise de conscience du monde universitaire sur la nécessité de décloisonner les spécialités.

Bon, reconnaissons-le, je n’ai pas tout compris aux apports techniques (maintenant je connais la différence entre supercondensateurs et accumulateurs)…

Au delà de la technicité, je regrette personnellement un peu la forme de ces nombreuses « conférences descendantes » : apports (trop complets) d’experts qui ne sollicitent pas l’échange ou le débat. Le sachant parlent aux apprenants. Je ne suis plus vraiment habitué à cette méthode « traditionnelle » d’exposé scientifique.

Voici quelques morceaux choisis de ce que j’ai choisi de retenir :

Ouverture : Dany Escudié – directrice de recherche CNRS INSA Lyon

L’intervenante a choisi de cibler quelques points très pertinents. Par exemple, la forte « dépendance en eau » associée à la production d’énergie ; l’importance de la géopolitique de l’énergie, l’enjeu de l’efficacité énergétique (on perd en moyenne 30% entre l’énergie primaire et finale).

L’accent est aussi donné à la nécessité d’innover technologiquement (à la fois, c’est pas surprenant, je suis dans un « nid » de chercheurs!).

Cette introduction, intéressante et accessible, m’a permis d’identifier quelques mémos sympas à placer en soirée :

  • Énergie = force en action (Aristote – 320 avant JC)
  • -1100 : premier usage du charbon comme énergie par les Chinois !
  • 1630 : première crise énergétique / pénurie de charbon de bois
  • De 2.5 kWh/j (besoins vitaux)=> aujourd’hui, l’homme a besoin de 140 kwh/j en France pour vivre, se mouvoir (et polluer…)
  • Le cloud computing est la 5ème puissance consommatrice d’énergie (avant l’Inde, l’Allemagne, le Canada, la France…). La dépendance énergétique des Data centers est invisible mais l’enjeu est énorme (illustration innovation sur le sujet)
  • Rappel « jancovicien » : l’électricité dans le monde est avant tout charbonnée. Je me permets pour le coup de rappeler qu’une voiture électrique à Bombay rejette indirectement plus de 250 g de CO2 au km.
  • Investissement public dans le domaine de l’énergie : c’est 1 milliard d’euros dont près de la moitié traitent de sujet nucléaire.

C’est le second expert en deux jours (je suis le MOOC Économie circulaire) qui minimise l’« irresponsabilité » environnementale supposée de la Chine. J’ai même appris qu’une législation sur l’économie circulaire avait été déployéeImage2 il y a plusieurs années déjà. Mme Escudié, elle, relativise la consommation énergétique chinoise (notamment du fait de la fonction d’externalisation de la production des biens aux services de l’occident – voir schéma ci-dessous l’illustration de la « fuite carbone »).

 

Dominique Pécaud (directeur IHT) « l’acceptabilité sociale des énergies nouvelles : critique et pratiques nouvelles »

Comment intégrer les « riverains » dans le déploiement des énergies nouvelles ? Ou plutôt,  comment « Demander l’avis aux parties prenantes et … ne pas en tenir compte ». Voici l’introduction de l’intervenant. L’approche est critique. Aucune démarche de transparence sincère ne semble être possible. Il est possible que je n’aie pas été assez intelligent pour tout comprendre.

Je retiens que le rôle de l’expert scientifique est de plus en plus remis en cause par le savoir profane, favorisé par l’accès à l’information sur internet. Démocratie en trompe l’œil ? Explication ou demande d’avis ?

Selon lui, la rationalisation sur des sujets scientifiques n’est plus vraiment possible.

2 idées intéressantes dans sa conclusion :

-          Travailler plus sur le patrimoine matériel et immatériel

-          Confronter régulièrement les savoirs scientifiques et les savoirs profanes

 

Rodica Loisel (maitre de conférence IEMN IAE) « Transition énergétique et effets de la RetD énergétique industrielle »

Il y a des gens qui bossent sur des études de marché de la production d’H2 et de ses usages à horizon 2030 sur la base du projet éolien offshore. Intéressant. Speed, mais intéressant…

La problématique : 30 % de la production d’électricité de l’éolien offshore est effacé du fait de l’incapacité de transporter le surplus d’énergie transformé. Parmi les différentes hypothèses étudiées : Power to gaz (pas d’investissement donc le plus intéressant), Power to power (investissement d’infrastructure), power to mobility

Bon, le résultat , c’est qu’aucun transfert n’est rentable !

Les installations industrielles n’aiment notamment pas le marche / arrêt imposé par la discontinuité de production d’ENR.

Pas gagné de voir le projet de Rifkin se transformer en réalité sur le court terme !

 

Bruno Auvity (Professeur Chercheur Polytech Nantes) « Piles à combustibles et hydrogène »

Donnée d’entrée ; les humains sont près à consacrer 10 à 20 % de leur budget à la mobilité. A horizon 2050 : la pertinence du choix techno de l’hydrogène devrait être évident. Aujourd’hui le coût est trop fort.

 

Mohamed MACHMOUM (Directeur de l’IREENA / Institut de Recherche en Energie Electrique de Nantes Métropole) « Dimensionnement optimisé, commande et intégration »

Alors là, on rigole plus. C’est de la technique pure et dure. Du coup, j’ai lâché.

Je retiens seulement que le câblage Haute Tension dans le cadre de projet Off-shore peut représenter jusqu’à 75% du budget de l’investissement !

Vive les machines lentes à aimants permanents !

 

Thierry BROUSSE (professeur Polytech Nantes) « Stockage de l’énergie : des solutions et des problèmes »

Une piste pour l’avenir  : le développement des batteries Sodium Ion; ce qui prendrait en compte la pénurie de ressource Lithium. C’est possible ! Les marais salants ont un nouveau débouché.

Et vives les Mésopores interconnectés !

Je n’ai pas pu rester pour les autres présentations, mais il est encourageant de voir l’énergie libérée sur le sujet Énergie en Pays de la Loire. Continuez !

 

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Retour d’expérience : Défi des Familles à Energie positive

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 mai 2014

Voici 6 mois que je ma petite famille s’est engagée (au sein de l’équipe de Chantonnay) dans le Défi des Familles à Énergie Positive. Il est maintenant temps de faire un point sur cette expérience.

CaptureLe défi des Familles à Énergie Positive : de quoi s’agit-il ?

(extraction du site dédié aux Pays de la Loire : lien)

L’idée est de composer des équipes d’une dizaine de foyers se regroupant pour représenter leur village, leur quartier ou leur entreprise et concourir avec l’objectif d’économiser le plus d’énergie possible sur les consommations à la maison : chauffage , eau chaude, équipement domestique. 

Chaque équipe fait le pari d’atteindre 8% d’économies d’énergie – protocole de Kyoto oblige ! – par rapport à l’hiver précédant le concours.

Le concours se base sur le progrès global des comportements des concurrents : peu importe d’où on part, l’essentiel est de progresser en équipe.

Le bilan du défi de l’hiver 2012-2013 a été convaincant : en moyenne 13 % d’économies d’énergies.

La principale mission des participants (au delà de raisonner ses comportements) est de reporter sur une plateforme internet dédiée les  consommations d’énergie du foyer.

L’expérience des pays scandinaves, de la Hollande et de la Flandre nous montre que les ménages qui conservent leurs relevés de consommation de gaz et d’électricité et les comparent à ceux de l’année précédente, développent un réflexe énergie qui les poussent à économiser.

La mesure et l’échange, voici les principes fondamentaux de l’opération. En qualité, on a coutume de dire que « ce qui ne se mesure pas, n’existe pas« . Excessif mais applicable au sujet.Capture

Le principe et les outils – déclinés nationalement – ont été conçus par une structure nommée PRIORITERRE (lien) et les défis sont animés par les Espaces Info-Energie (ELISE en Vendée : lien). Il a eu lieu pour la première fois en Pays de la Loire lors de la saison 2011-2012. 

Pour participer à la prochaine édition : Contactez votre Espace Info-Energie

 

Les résultats : Capture

Notre petit groupe devrait atteindre largement notre objectif collectif de 8%. Champagne !

Normalement, l’effet « météo douce » de cet hiver est lissé par le programme de traitement des données. De mon côté, mes -27% me semblent quand même en partie dus à cet hiver chaud.

Peu importe, ma petite famille a quand même fait de vrais efforts pour maitriser notre consommation (plus de feu au poêle en compensation de la fermeture de radiateurs, fermeture plus systématique des volets, coupures en absence, jeu plus fin sur la régulation…).

Reste qu’il me faut virer cette chaudière fuel dans les plus brefs délais…

Ma conclusion :

Bien que sous-investit dans la vie du groupe (mille pardons à mes partenaires!) faute de disponibilité, je retiens plein de bonnes choses de cette expérience.

Avant tout, le fait qu’il s’agisse d’un travail collaboratif, visant les comportements et non les investissements. L’aide du point info énergie est riche de « petits trucs » du quotidien, loin des grands principes et bigrement opérationnels.

De plus, on n’est pas dans une approche écolo-élitiste mais dans une approche pragmatique, de bon sens, économique. Nous avons tous intérêt à baisser nos factures, même si la conviction écolo n’est pas notre première motivation.

Enfin, la démarche crée du lien, tout simplement.

Mon objectif :

Arriver pour la saison prochaine à monter un projet dans mon village…

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« Pourquoi pas » utiliser l’Energie Thermique des Mers profondes ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 mai 2014

Au hasard de la lecture du Courrier International n°1222, j’ai découvert que l’ETM (Énergie Thermique des Mers) était une option crédible puisque le géant américain Lockheed Martin (lien) vient d’annoncer avoir signé un contrat pour la construction d’une centrale ETM en Chine. Il s’agit de construire une centrale d’une capacité de 10 megawatts (l’équivalent de deux éoliennes marines de dernière génération) au large de la Chine. Elle doit fournir l’intégralité de la consommation électrique d’une station balnéaire.

Déjà en 1870, Jules Vernes évoque ce potentiel dans « Vingt-mille Lieues sous les Mers« . Sa concrétisation est une nouvelle reconnaissance de la capacité d’anticipation de cet illustre nantais !

Mais de quoi s’agit-il ? Capture

Le principe de la centrale ETM (ou Otec) est de produire de l’électricité à partir de grandes turbines actionnées par un gaz transformé en vapeur lorsqu’il se réchauffe grâce à la chaleur de l’eau de surface, pour ensuite être refroidi grâce à la fraîcheur de l’eau pompée à 1000 mètres de profondeur. Mais attention, cette énergie n’est pas disponible partout : en gros l’eau de surface doit être le plus chaud possible et grossièrement, les zones éligibles sont équatoriales.

Théoriquement, c’est le pied : en une année nous pourrions produire quatre mille fois plus d’énergie que le monde n’en consomme (source New Scientist). Sans production de GES, de manière indépendante des énergies fossiles ! Dans la vraie vie, c’est bien sur plus compliqué, le process est lui même énergivore, la distance production / consommation est problématique, la technologie en eau profonde n’est pas totalement éprouvée, les perturbations du milieu récepteur sont réelles…

On compte cependant déjà une dizaine de projets dans le monde en plus du projet de Lockheed Martin. Le groupe français DCNS est l’un des rares autres industriels dans le monde à miser sur cette technologie dont les principes de base avaient été validés par des physiciens français, dont Georges Claude, créateur d’Air Liquide, au début du XXe siècle.

Des applications potentielles… étonnantes !

Parmi les projets un peu fous associés à cette technologie, l’idée de fermes flottantes (cité dans Courrier International et faisant référence à un article de Modern Farmer). Le projet – Blue Revolution – prévoit de concevoir sur Hawaï des cultures hors-sol associées à de l’aquaculture en milieu ouvert avec l’apport d’une énergie locale et pas chère : la technologie ETM.

Détail intéressant : plus le réchauffement climatique est fort, plus cette technologie devient rentable (eaux de surface sont plus chaudes donc le gradian de température augmente) !

Pour en savoir plus sur la technologie ETM :

- l’énergie thermique des mers (lien)

- dossier dédié du club des Argonautes (lien)

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La Vendée au dessus du « l’eau »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 mars 2014

CaptureCette semaine, c’était la journée internationale de l’eau. Alors que 768 millions de terriens sont encore exclus de tout accès à une source d’eau améliorée, la France a elle aussi ses propres bugs. Selon une enquête de 60 millions de consommateurs, nos 850 000 km de réseau de tuyaux enfouis sont en mauvais état. Nous perdrions 1.3 milliard de m3 de bonne eau consommable par an (l’équivalent de 430 000 piscines olympiques).

Pas de quoi être fier globalement mais localement la gestion vendéenne a été reconnue dans le cadre de cette enquête pour sa grande qualité (voir encart à droite). C’est une grande fierté pour l’un des plus grand syndicat de gestion d’eau de France. 

Cette satisfaction locale ne doit pas cependant pas faire oublier l’ampleur des enjeux qui nous attendent. Plus que jamais l’enjeu énergétique et l’enjeu « disponibilité en eau » sont liés (à lire absolument, article des Échos sur le sujet : lien).  La demande d’énergie, deuxième poste de consommation d’eau au monde, va croître d’un tiers d’ici 2035, soulignent les experts de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, basée à Paris (source REUTER).

« L’électricité va compter pour le plus gros morceau de l’augmentation de cette demande en énergie et 90% de la production d’électricité est gourmande en eau« , a expliqué l’auteur de ce rapport, Richard Connor, lors d’une rencontre avec des journalistes.

Une bonne nouvelle dans ce noir tableau : les sources d’énergie renouvelables sont moins coûteuses en eau et l’hydroélectricité offre encore un potentiel significatif de développement (rappelons que l’hydroélectricité est la première production d’énergie renouvelable dans le monde avec 16 % des besoins énergétiques sur le globe).

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Pour terminer ce panorama aqueux, je vous recommande la lecture d’un post du Huffington post (lien) sur la relation forte agriculture et eau.

Saviez-vous qu’il faut 454 litres d’eau pour 1 kg de maïs grain, 590 litres pour 1 kg de blé, 900 litres pour 1 kg de soja, 5263 litres pour un kg de coton ?

Ci-dessous une jolie infographie sur le sujet issu de cet article.

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Au fait, pour les étourdis : il ne vous reste pas longtemps pour allez voter. GO !

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Et si on changeait les règles du voeu ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 décembre 2013

Globalement, les « règles du jeu » changent; pourquoi les règles du vœu ne changeraient-elles donc pas ?

Avant de nous souhaiter plein de bonnes choses pour 2014, nous pourrions peut-être nous poser la question suivante : « Sur l’année écoulée, avons-nous été à la hauteur de nos vœux précédents ? » Avons-nous agi pour ce (et ceux) qui compte(nt) vraiment ? Quelles satisfactions pour quelles déceptions ?

Et tout d’abord, qu’est-ce qui me permet de dire que les « règles du jeu » changent, pour le meilleur ?

  • Une partie de l’économie traditionnelle mute vers de nouveaux modèles (lien vers un petit dessin animé éclairant) et des moments forts ont démontré en 2013 que le monde économique, malgré la crise, n’était pas absent des réflexions de fond sur les évolutions de nos modèles hérités de l’après-guerre. En témoigne l’ouvrage sur l’économie positive d’Attali (lien) faisant suite au LH Forum mais aussi tous les échanges du World Forum Lille (lien) que j’ai eu la chance de vivre in-situ cette année.
  • Les financements deviennent plus participatifs (lien), les citoyens sont maintenant en mesure de financer directement ce qui a de la valeur à leurs yeux sans passer par les établissements bancaires (co-responsables de notre mauvaise passe selon moi – lien). Le crowfunding a notamment pris une dimension significative cette année. Une partie de la clef de nos évolutions prochaines passe probablement par la capacité de ces nouveaux modèles à financer la transition grâce à l’énorme pactole qu’est l’épargne des français.
  • La technologie aussi change les habitudes : du projet SMART GRID Vendée (lien) à l’émergence de nouvelles énergies comme la méthanation (lien) ou les énergies marines (lien), nous sommes de mieux en mieux équipés pour affronter la fameuse « transition » énergétique. Bien sur, Hergé et Franck Herbert avaient déjà tout prévu (lien) !
  • La gouvernance (citoyenne et en entreprise) change elle aussi. La coopération devient une idéal de management (lien); les citoyens sont identifiés comme des acteurs des transitions à construire (lien) avec une ambition nouvelle dépassant le simple cadre électif de notre système démocratique qui montre au quotidien ses limites.
  • Les réseaux sociaux changent enfin totalement la donne des relations entre humains. Twitter permet notamment de constituer des réseaux puissants intervenants clairement dans le débat public (illustration avec la pêche en haute mer : lien). Ces réseaux nous permettent aussi de prendre connaissance d’initiatives « bonnes pour le moral » (lien, lien). Clairement Twitter a été une découverte pour moi en 2013 (lien vers ma dernière « Twittèse »). Il me reste maintenant à garder une distance raisonnable avec le petit oiseau bleu afin qu’il ne me mange pas en 2014…

ça, c’est une vision très partielle de 2013, clairement orientée « verre à moitié plein » (je passe sous silence mes incompréhensions devant le mouvement des bonnets rouges et le recul sur l’éco-fiscalité qui lui est associé, l’absence de prise en compte réelle du dernier rapport du GIEC -lien et lien…).

Et vous, quel bilan dressez-vous de votre année 2013 ? – je garde mon bilan perso pour moi -

Avez-vous été à la hauteur de vos vœux ? – des miens surtout (lien), je ne voudrai quand même pas qu’ils ne soient pas pris au sérieux, c’est du boulot ! -

Je vous demande donc de retenir l’essentiel de ce petit exercice pour ensuite remplir les cases manquantes de ce qui suit :

Pour 2014, je vous souhaite de l’ ……. , du ……et plein de …..

Et surtout que cette année nous apporte à tous la ……dont nous avons tous besoin !

Comme je veux me mouiller un peu quand même, je vous souhaite à tous de la santé, du bonheur (en remettant cependant un peu en cause les modalités de notre jouissance à vivre : lien), de l’humour et surtout de l’action pour 2014 car à plusieurs on peut faire de très belles choses (cf photo ci-dessous).

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Merci de votre participation à ces premiers vœux interactifs.

 

 

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Retour sur la soirée Smart Grid Vendée du 4/12/13

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 décembre 2013

Hier soir j’ai assisté à la soirée « Smart Grid Vendée » (lien) qui se déroulait à la CCI de Vendée. L’occasion de revenir sur un projet démonstrateur de grande envergure mais pas que…

Tout d’abord la seule critique que je me permettrai : le parterre de « Men in Black » de la photo ci-dessous est un peu éblouissant… Visiblement, il n’y a pas de compétences féminines sur ce sujet hyper techno ! J’espère que le CNAM (qui est impliqué dans le projet pour former des ingénieurs SMART GRID) saura mobiliser les filles aussi.

2013-12-04 17.53.16

 

Donc la soirée avait deux objectifs :

1- repositionner le projet SMART GRID Vendée et son ambition

2- apporter aux industriels présents pour l’occasion une information sur l’effacement de consommation, pièce indispensable à la mise en place de ce type de projet

Sur le premier point, quelques chiffres clefs ont été apportés. La Vendée représente 1% de la population française et produit 9% de son énergie à partir d’énergies renouvelables. La perspective -en fonction de la réalisation ou non du programme d’éolien off-shore- est d’atteindre une part d’EnR entre 29% et 54% à horizon 2020. Pour les acteurs que sont ERDF, RTE, SYDEV (…); il s’agit là d’une modification profonde de la gestion des flux d’électricité. En effet, c’est bête à dire mais tout ce qui est produit sur le réseau doit être consommé (et réciproquement) et on sait la fâcheuse tendance des énergies photovoltaïques et éoliennes à apparaitre de manière intermittentes. Il faut donc réguler… localement ; d’où l’intérêt du projet vendéen.

Le sénateur Merceron a repositionné ce projet pour ce qu’il est : une première française à une telle échelle. Le projet concerne 150 communes, 6 parcs éoliens, 100 bâtiments publics, 30 sites photovoltaïques, 8 sites industriels, 10 000 points lumineux, 500 compteurs communicants. 25 Millions d’€ vont être engagés sur 5 ans. Les différents acteurs engagés doivent démontrer que techniquement « l’internet de l’énergie », promotionnée par Jeremy Rifkin, peut devenir une réalité.

Au delà des innovations technologiques, une telle évolution n’est possible que par des modifications de comportements des gros consommateurs d’électricité vendéens. Il n’y a pas que les réseaux qui doivent être intelligents, les usagers aussi. En gros et très théoriquement, il faut faire en sorte que lorsqu’on manque d’électricité sur le réseau, certains acteurs (industriels, collectivités…) acceptent de baisser leur propre consommation (par l’usage d’un groupe électrogène, la baisse de production…). Ils seront payés pour cela. Idem au moment de consommation en période de pic de production (on voit déjà des contrats où on paye l’industriel pour qu’il consomme ces Kwh!). Pour ultra simplifier, du point de vue du consommateur, on est en train de vivre une sorte d’évolution des EJP (qui vont disparaitre totalement), avec une flexibilité encore plus forte.

Il n’a pas vraiment été question de sobriété hier soir (on réfléchit pour le moment à « iso usage énergétique »… ça évoluera, ce n’était pas l’endroit pour parler de transition de modèle), mais c’est quand même bon de voir toute cette énergie libérée sur mon territoire pour un projet qui peut devenir essentiel dans le projet de  troisième révolution industrielle.

Je profite de ce post pour vous informer que RTE a mis à jour son site éCO2mix (lienqui permet de visualiser par région les flux de production (yc EnR) et de consommation d’électricité ainsi que les échanges interrégionaux. Très chouette.

Capture

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Visite de l’Unité de Méthanisation de Maché (85)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 20 octobre 2013

L’inauguration de l’Unité de méthanisation du Gaec La Vallée de la Vie à Maché en Vendée a été l’occasion pour ma petite famille de voir « en vrai » à quoi ressemble une unité de méthanisation de taille modeste (mais déjà impressionnante et semi-industrielle). Merci aux techniciens du BE qui a mis en œuvre l’installation (EVALOR) pour leur accueil et leur pédagogie.

Visite de l'Unité de Méthanisation de Maché (85) dans A L'OUEST 2013-10-19-15.33.00L’unité, ouverte depuis la fin de semaine dernière est destinée à digérer 10 000 m3 annuel de lisier de porcs, 3 500 Tonnes d’intrants extérieurs (notamment des graisses alimentaires essentielles au process), 2000 Tonnes de produits végétaux.

La production attendue est de 3200 MWh d’électricité et 3400 MWh d’énergie thermique (+ 14000 m3 de digestats épandables). Le process est rappelé ci-dessous.

L’énergie doit être utilisée dans des serres horticoles voisines appartenant au GAEC. L’ »économie » annoncée est de 280 000 L de fuel par an (aujourd’hui consommée pour chauffer des serres pour la culture de fleurs).

Je me suis laissé convaincre par la pertinence de l’installation (2,8 millions d’investissements subventionnée à hauteur de 33%). La maitrise des nuisances olfactives est bonne, l’intégration paysagère aussi.

Ce nouveau métier pour les exploitants agricoles permet d’articuler les différentes productions entre elles. De l’ »écologie agricole » en quelques sortes (versus écologie industrielle).

J’ai aussi identifié quelques limites au système. 

  • Tout d’abord j’ai appris que l’intrant essentiel pour la production de méthane n’est pas le lisier mais les graisses issues des industries alimentaires plus ou moins proches du site (ce qui trouble un peu la logique de traitement de proximité). Le lisier a surtout pour intérêt d’apporter les bactéries nécessaires à la fermentation anaérobie.

 Ce constat en implique deux autres :

capture28 dans ENERGIE

  • le nombre de sites de ce genre sur un territoire donné est forcement limité par la disponibilité en graisse animale notamment.
  • Le second constat est que l’industrie agro-alimentaire ne manquera pas dans les années à venir à négocier ce nouveau « co-produit » en faisant marcher la concurrence entre unités. J’ai cru comprendre que la demande allemande se faisait déjà sentir sur le « marché » français de la production de déchets graisses.

En conclusion, il est vraiment intéressant de constater que nous avons passer un cap dans la maitrise de cette technologie, malgré tout, récente et faisant appel une technologie poussée. Le simple fait que ce projet puisse voir le jour est une nouvelle démonstration de l’importance de l’enjeu énergétique des années à venir. Certains voient donc bien qu’une transition est nécessaire et ce type d’outil y contribue bien de mon point de vue. Bravo donc aux « essuyeurs de plâtres » (les « faiseux »).

Peut-être que dans les années à venir cependant on utilisera l’énergie « chaleur » ainsi produite pour autre chose que pour produire des fleurs… mais c’est déjà une autre histoire !

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