Jeux de prospective

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 octobre 2015

WE DEMAIN publiait le 9/10 (lien) une série de dessins publiés en l’an 1900, où les auteurs ont projeté une vision de ce que « pourrait être » l’an 2000. Les résultats sont surprenants (échantillon ci-dessous).

Ces dessins, associés au visionnage de « Retour vers le futur » hier soir (le second épisode projette les héros dans le futur… en octobre 2015 !), j’ai eu envie de me poser la question suivante : quelle forme le progrès peut il prendre en 2115

Ma difficulté à identifier les innovations souhaitables démontre surement un certain désenchantement vis-à-vis du progrès technologique. Le champ des possibles s’est réduit me semble-t-il par rapport à 1900. En 1900, aucune limite n’était visible. En 2015, nous sommes prisonniers des limites physiques, et je crois que ça change beaucoup de choses. Nous sommes globalement en meilleurs santé qu’en 1900, nous disposons de plus de connaissances, nous sommes hyper-technologiques… mais nous n’avons plus de rêves, me semble-t-il.

Plus positivement, je dirais que l’innovation que j’attends n’est plus forcement technologique. Jeu de prospective à deux bandes :

1-La mobilité

En 1900, on veut aller plus loin, plus vite et plus confortablement. En 1900, on veut voler. Vaincre la gravité. 8367798-13117239

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Sur ce sujet, les rêves ont été atteints… au point de devenir un problème de santé public ! Engorgements (ci-dessous la photos d’un bouchon chinois de 80 files CQ0Yis7XAAAtLI3!), pollutions, accidents de la routes (…) sont autant d’externalités négatives qui n’avaient bien-sur pas été anticipées. 

Alors de quoi rêver ?

J’ai d’abord penser téléportation. Que de problèmes réglés si dans 100 ans nous pouvions nous téléporter à la Spock ! Rien ne permet d’espérer cette innovation, mais après tout, soyons ambitieux !

Plus raisonnablement, j’ai pensé énergie solaire (un avion a déjà cette année fait un quasi tour du monde, non ?), énergie hydrogène, usage de l’espace aérien en ville par les téléphériques urbains (photo de Lisbonne) et finalement je crois avoir tranché.

Le « plus vite » n’est pas motelepherique-lisbonne_copyn rêve.

Reprendre le temps du voyage « long » et donc s’offrir le temps du voyage en mer. 

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L’automatisation
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En 1900, on veut diminuer le labeur. Le travail est physique, dur, mortel. On rêve que la « machine » va nous aider. Je me pose la question en regardant ces belles images si le « rêve » était de voir la technologie permettre simplement « la chose » ou de voir se généraliser l’accès à la liberté par la machine. La question de l’équité devant l’accès à la technologie n’est pas posée.

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Voici un sujet qui a bien été traité en 100 ans. Nous sommes devenus des experts de l’automatisation ! Nous avons réussi, grâce à ça, à diminuer le temps de travail, démocratiser les loisirs (dans nos pays riches).

Mais, la question se pose aujourd’hui : n’allons nous pas trop loin dans l’externalisation des tâches humaines à la machine ? Que devient la mission sociale de l’individu ? Le chômage de masse peut-il trouver une résolution dans le « encore plus » d’automatisation ? C’est une question d’actualité en 2015 comme le démontre un dessin identifié dans la revue de presse de la semaine.

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Alors de quoi rêver ?

Il s’agit surement ici de traiter la place de l’individu dans la Société.

Pas grand chose de technologique…

Penser « accès » (équitable de préférence) plutôt que performance de la machine ou possession de biens, supprimer le superflus, rendre les choses durables, les gens utiles. Un projet de Société à construire.

Pas beaucoup plus facile à traiter que la téléportation.

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Une vidéo qui nous explique que le charbon est « amazing »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 octobre 2015

La newsletter de Laurent Horvath est une « mine » d’information sur l’énergie : lien vers le dernier opus. J’y ai découvert une pépite : une pub du très puissant lobbying charbonnier australien. Franchement, ça vaut le coup de voir ce que la communication moderne peut produire pour servir ses clients.

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La contre-vidéo associée :

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Eco-conception des logiciels : un enjeu majeur et peu connu

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 26 septembre 2015

Deux actualités me poussent à écrire un mot sur l’enjeu peu connu et pourtant significatif qu’est l’éco-conception des logiciels :

  • la sortie du nouvel I-Phone 6.
  • le lancement d’une opération collective d’éco-conception des logiciels le 29 septembre prochain à Nantes (inscription et détails en lien).

Le public commence à être sensibilisé à la notion d’obsolescence programmée des objets industriels (voir ou revoir cette petite vidéo sympa : lien). La loi, dite de « transition énergétique« , cite même cette notion pour punir les industriels mal-intentionnés en cas de constat de mauvaise pratique.

Cependant, peu de consommateurs du numérique, ont conscience que l’obsolescence se trouve aussi dans les logiciels. La toute nouvelle association « HOP » (Halte à l’Obsolescence Programmée), explique bien les tenants et aboutissants des enjeux sur ce lien. Extrait d’un post récent de HOP sur le sujet logiciel :

« Bien qu’ils ne s’usent pas, les logiciels sont utilisés, en moyenne, entre 2 et 5 ans[1] avant d’être remplacés par une version plus récente. Cette situation est due à la fois aux éditeurs et aux utilisateurs.Capture

Les éditeurs poursuivent deux objectifs :

  • réduire leurs coûts en limitant le nombre de versions à maintenir ;
  • vendre le plus possible de licences.

Il est donc logique qu’ils poussent le grand public comme les entreprises à utiliser systématiquement la dernière version de leur logiciel.

La plupart du temps, l’argument de la nouveauté suffit à séduire les utilisateurs qui « exigent » alors la dernière version du logiciel, souvent sans trop savoir pourquoi et sans mesurer l’impact environnemental associé.

Lorsque l’attrait de la nouveauté n’est pas suffisant, les éditeurs utilisent les leviers traditionnels de l’obsolescence programmée. »

Ce type de pratique est à positionner dans le contexte de la croissance des usages du numérique. Aujourd’hui les américains passeraient plus de temps sur les applications que devant la télévision. Selon l’université de Dresde, en 2030, l’internet consommera autant d’énergie que toute l’humanité en 2008.

L’application des logiques de l’Eco-conception au monde des logiciels est devenu une nécessité. Il est possible aujourd’hui de faire des applications moins gourmandes et donc moins coûteuses dans le datacenter. Mais qui s’en intéresse ?

L’initiative engagée par l’ADEME, ADN OUEST, KALITERRE est à ce titre ultra-pertinent. Il faut maintenant que des entreprises du numérique postulent et montent en compétence sur ce sujet. Les candidatures sont ouvertes, faites suivre l’information : lien.

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Lu : Le Gang de la clef à molette

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 septembre 2015

Subversif, drôle, captivant, addictif, dérangeant : voici quelques mots pour caractériser mon état d’esprit à la sortie des 540 pagesCapture du « Gang de la Clef à molette ». A lire bien sûr (sauf si vous êtes concessionnaire de machinisme industriel).

 

Ce roman m’avait été présenté comme un road-movie d’activistes environnementaux. J’avais hâte, j’ai été surpris, un peu déçu au départ et en difficulté de conscience. En effet, ma nature légaliste a fait que j’ai eu un peu du mal à me détacher de ma réalité et à recevoir tous les évènements de sabotages qui jalonnent l’histoire. Les pollutions volontaires engendrées par le « gang » sont nombreuses : engins de chantier purgés de leurs fluides à même le sol, balancés dans des canyons, explosions en tout genre, arrachages et combustions de panneaux publicitaires dans le désert, ajout d’un peu de sucre dans les réservoirs de bulldozers et autres monstres jurassiques du développement industriel.

Puis, lecture faisant, derrière les actes illégaux, c’est la critique d’un monde fou que j’ai lu. Ce que l’auteur appelle la « machine énorme », ce n’est rien d’autre qu’un système fou qui s’auto-alimente : extraction de charbon (couteux en eau et destructeurs de paysages et d’hommes) pour faire tourner des usines thermiques qui produisent l’électricité dont a besoin notamment l’extracteur de charbon pour fonctionner ! Les routes, les ponts pour permettre l’extraction et au final alimenter une machine folle qui métastase et pourquoi ?

« Tout ça pourquoi ? voyons monsieur : pour éclairer les lampes de banlieues de Phoenix non encore construites, pour faire marcher tous les climatiseurs de San Diego et Los Angeles, pour noyer de lumière les parkings des centres commerciaux à 2 heures du matin […] »

Résumer l’histoire, ce serait dire que ces désastres ont trop titiller la « conscience » de quatre bougres au point qu’ils vont décider de mettre des bâtons dans les roues à la Machine.

Pour que ça marche il fallait des personnages haut en couleurs. Celui de Hayduke est exceptionnel. Un vétéran du Vietnam totalement desociabilisé, toujours fortement alcoolisé, vulgaire, sale, amoureux de la Nature, de ses paysages mais jetant par exemple ses canettes de bières par la fenêtre considérant que ce sont les routes qui sont ainsi salies et non la nature (et comme les routes sont des éléments à détruire dans son référentiel, cqfd).

Pour que ça marche, il fallait aussi un style, une écriture et franchement, ce bouquin, c’est du plaisir à tous les coins de phrases. Quelques citations valent mieux que des commentaires.

 

« Est-ce qu’on sait ce qu’on fait, et pourquoi ?
– Non.
– Est-ce que c’est gênant ?
– On élaborera ça au fur et à mesure. Laissons notre pratique informer la doctrine, cela garantira la précision de notre cohérence théorique. »

 « Nul ne peut dire avec précision si un pin est sensible ou non, ni jusqu’à quel degré un organisme de ce genre peut souffrir ou avoir peur. De toute façon, les constructeurs de route ont d’autres chats à fouetter, mais il est clairement et scientifiquement prouvé qu’un arbre vivant, déraciné, met plusieurs jours à mourir »

« Eh bien disons, chérie, que si Love était tout seul j’te dirais que non, l’en faudrait plus pour le leurrer. Mais avec son équipe les choses sont différentes. Un homme seul, ça peut être assez con, mais si tu veux de la vraie bonne grosse connerie, il y a rien de mieux que le travail en équipe. »

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Vidéo : s’en griller une (tartine) en pédallant

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 septembre 2015

Une courte vidéo de rentrée pour, peut-être, convaincre certains que l’énergie électrique n’est pas si facile à produire que ça. Optimisons nos usages avant de penser aux modes de production… Après si ça peut occuper les cyclistes de nous griller une tartine tous les matins !

 

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Lu : Wangari Maathai, celle qui plante les arbres

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 août 2015

Les vacances sont un bon moment pour lire. Cette année, en plus du plaisir de la lecture des livres de CaptureFred Vargas (j’adore) et de celui de l’excellent Check-Point de Ruffin, je suis très heureux d’avoir découvert dans les archives littéraires familiales « Celle qui plante les arbres« , auto-biographie de Wangari Maathai.

Comment est-il possible que je sois passé à côté de ce destin extraordinaire jusqu’à cette année ?

Ce n’est pas le style littéraire qui est ici intéressant, mais le parcours extraordinaire de cette femme, née en 1940, « nobélisée » en 2004, décédée en 2011.

Wangari Maathai a eu l’enfance africaine de millions de petits africains : aux champs au contact quotidien de la Terre nourricière, dans un Kenya gérant tant bien que mal sa transition post-coloniale, au sein d’une famille traditionnelle. Plus tard, elle a eu plusieurs chances : la première, des parents qui envoient une de leurs filles à l’école, la seconde, l’opportunité de faire ses études aux USA dans le cadre d’un programme international. De retour au Kenya, elle aurait pu capitaliser sur ce double coup de pouce du destin, devenir fonctionnaire, cadre féminin dans l’élite d’un pays en reconstruction; ce qui aurait déjà été remarquable.

Mais voilà, elle a choisi de se battre sur plusieurs fronts tout au long de sa vie : féminisme, corruption, pauvreté, écologie. Car pour elle tous les sujets étaient liés. Pas de bonne gouvernance sans prise en compte de l’éco-système… et réciproquement. Une pensée révolutionnaire qui lui valu de nombreux passages en prisons.

Son œuvre : le Mouvement de la Ceinture Verte, qui a permis de planter plus de 40 millions d’arbres en faisant participer les paysans (paysannes surtout) au sein d’un réseau qu’elle a mis des années à construire. Le mouvement continue : greenbeltmovement.org 

Ce livre est profondément humain et je crois avoir aimé par dessus tout la description d’une Afrique rurale proche et consciente de sa dépendance à son biotope (même si elle ne le dit et ne le vit pas avec ces mots techniques). Au delà des constats de défaillances bien connus de l’Afrique contemporaine (corruption, destruction massive de l’éco-système pour répondre à un besoin urgent de croissance…), une voie (verte) s’est ouverte.

J’aime les arbres et j’aime les belles histoires. Une telle réussite est rare et doit être porteuse d’espoir. Respect Mme Wangari Maathai.

Pour en savoir plus, voir le film hommage : lien 

et le discours de cette grande dame au World Forum de Lille, invitée en 2008  : lien

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La consommation change… peut-être ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 juillet 2015

Les jours où je suis de bonne humeur (genre à la veille des congés), je me dis que le monde change dans le bon sens. Un petit post optimiste donc.

En introduction de ma bafouille : Lino Ventura dans ce cours extrait vidéo nous explique que « la société de consommation, c’est foutu!« (lien). Ceci tendrait à prouver que si changement il y a, il se met en place sur un temps long, quelques décennies s’étant déjà écoulées entre ce film et 2015. Capture

Nous posséderions aujourd’hui 15 fois plus d’objets que nos grand-parents ! Les impasses environnementales et sociales qui en découlent sont de plus en plus partagées et pour y répondre de nouveaux modes de consommation apparaissent. L’enjeu des différentes économies émergentes (fonctionnalité, partage, circulaire) est notamment de penser USAGE plutôt que PROPRIÉTÉ, comme expliqué simplement dans cette vidéo de l’ADEME (lien).

Plus concrètement, fleurissent sur internet des offres de services inimaginables il y a encore quelques mois : Les Échos.fr présentaient il y a peu l’apparition d’une entreprise proposant un système de location de Smartphone (lien), la société BOULANGER a développé une plateforme de location de matériel Hi-fi vidéo image (Lokeo – lien). Il est maintenant possible de consommer l’usage de sa télévision sans en être propriétaire.

Au delà de la location, des modèles proposant de véritables économies de la fonctionnalité trouvent progressivement leur place (incluant bien d’autres services que l’usage locatif – cf lien). L’exemple de Clarlight est à ce titre intéressant (lien).

La question est maintenant de savoir si tout cela est vraiment bon pour notre système Terre qui a bien besoin d’une perspective positive pour répondre à tous ses maux.

On peut considérer qu’il ne s’agit là que d’une modalité supplémentaire d’attirer le chaland et de faire consommer encore plus des personnes qui n’auraient pas eu les moyens d’acheter ! Ce qui au final ne résout rien aux enjeux quantitatifs (épuisement des matières, augmentation des déchets…), voir, dans le pire des cas, les amplifie.

On peut aussi voir les choses de la manière suivante :

1- en changeant les mentalités des consommateurs que nous sommes et en orientant nos habitudes vers l’ »usage » plutôt que « l’avoir », notre appétence à la possession va diminuer. Notre relation aux choses iraient diminuant et notre « plaisir » se trouverait à terme ailleurs que dans l’acte d’achat. Qu’est ce qu’une bonne affaire au bout du compte ?

2- effet indirect au système, les entreprises doivent sortir du « prix le plus bas » pour augmenter la durée de vie de leurs produits car restant propriétaire de ces derniers, ce sera trop couteux de renouveler / réparer… Les produits doivent ici obligatoirement être qualitatifs. On fait alors de la croissance « positive » car, créer de la valeur n’est alors plus systématiquement associé à l’augmentation quantitative de biens vendus, la marge se fait sur les services. On optimise le ratio valeur économique / dommages environnementaux. C’est bon pour la planète et on rêve de réconcilier « croissants » et « décroissants ».

 

La phrase d’Épictète « Heureux celui qui ne pleure pas sur ce qu’il n’a pas, mais se rejouit de ce qu’il a » peut éventuellement être « updatée » en « Heureux celui qui ne pleure pas sur ce qu’il n’a pas, mais se réjouit de ce dont il a l’usage« 

PS : laissez moi rêver

 

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Retour sur l’après-midi CERA du 29/5 « Réindustrialiser la France »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 juin 2015

Il se passe des choses en Vendée en mesure de rendre moins bête.

CaptureLe CERA (Centre d’Échange et de Réflexion pour l’Avenir :lien) invitait le 29 mai dernier aux Herbiers le chercheur André-Yves Portnoff, pour partager ses visions de la « réindustrialisation de la France ». Capture

André-Yves Portnoff est prospectiviste et dirige l’observatoire de la rénovation de l’intelligence et collabore avec l’excellente revue Futurible (lien). Le métier de « prospectiviste » m’intrigue. Il m’évoque des experts réalisant une lecture de l’avenir sur la base du présent et des possibles à-venir selon des méthodes un peu obscures et impénétrables pour les extérieurs dont je fais parti. Pour Mr Portnoff, la prospective est de « l’anti-fatalisme » et il précise que « l’avenir n’est pas écrit » (qui aurait cru qu’une lagune nauséabonde deviendrait le siège du plus grand port commercial du monde pendant des décennies ? Et pourtant Venise fut).

La prospective, ça m’évoque aussi ça (lien) et Jeremy Rifkin (que l’expert du jour ne semble pas apprécier des masses).

 

Synthèse arbitraire et totalement subjective de ce bon moment passé avec ce savant, pas fou du tout :

  • Le premier message est le constat de la déshumanisation de l’entreprise. L’homme est moins respecté dans l’entreprise, l’actionnaire distant a pris la main, financiarisant ainsi la mission de l’entreprise, la dictature du court terme nous oppresse. Ceci se rapproche des préceptes de l’entreprise libérée (lien). Il y a un truc dans l’air en ce moment sur ces sujets. Je partage bien sur.
  • Le second message est que tout est possible. Il ne faut pas accepter les freins posés sur le chemin des innovateurs, et pourtant ces dernières années, tout semble avoir été fait pour détruire l’industrie en Europe. Le cas d’école est celui d’Alcatel qui s’est « donné 18 mois pour devenir une entreprise sans usine » (dixit le « super » patron du moment – 2001). Le jour où l’entreprise la plus compétente de son secteur a fait disparaitre ses compétences.
  • Le troisième est le message 1 + le message 2 = encourageons la mise en place d’un capitalisme de Long terme, s’appuyant notamment sur le capital immatériel des entreprises. La quête de l’alchimie parfaite a été illustrée sur plusieurs exemples pour démontrer la faisabilité d’atteindre un tel Grale. Je vous livre la formule magique livrée par le grand sage ? La voici :

SAVOIR FAIRE(compétences) + VOULOIR FAIRE(motivation) + INTERACTIONS  HUMAINES = CRÉATION DE VALEURS

 

Bon, si je me permets une approche un peu plus critique de cette conférence, voici ce que j’en dirai.

Les limites physiques de notre Monde n’ont pas été abordées. J’ai ressenti une certaine sérénité du prospectiviste dans la capacité de notre développement humain à poursuivre sa course folle à l’extraction des matières les plus rares et les émissions de polluants de toute sorte. Ce n’est pas un sujet. Les externalités négatives de nos activités n’ont été abordées que sous l’angle de l’Homme Fabricant et celui de l’Homme Consommateur. J’ai trouvé qu’il manquait l’Homme Habitant.

Je regrette aussi un peu que l’innovation non technologique n’ait pas été plus mise en lumière. En quoi l’économie de fonctionnalité par exemple (lien) est-il un avenir possible pour les industries ? en quoi la production de ValeurS peut-elle s’envisager différemment dans un monde contraint par sa taille et la disponibilité de ses ressources ? en quoi la question de la prospérité économique sans croissance est elle envisageable ? l’industrie de demain n’est-elle que celle d’hier avec des idées neuves en plus ?

Bref, voici quelques frustrations résumées, qui ne doivent pas cacher la satisfaction intellectuelle à écouter une personne si riche d’expériences.

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Les candidatures à la session 2015-2016 du Collège des transitions sociétales sont ouvertes !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 avril 2015

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J’ai vu « LIBRES! » de Jean-Paul Jaud et…

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 avril 2015

J’ai vu « LIBRES! » de Jean-Paul Jaud hier soir et j’en ressorts avec plein de sensations contradictoires.

203658.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCe film documentaire est engagé. Il prend clairement parti contre l’usage d’énergie nucléaire (ses risques de défaillances, ses conséquences catastrophiques pour l’Homme). Pour ce faire, le réalisateur, qui est aussi l’auteur de « nos enfants nous accuserons« , prend plusieurs chemins parallèles : tout d’abord une colonie de vacances en Charente Maritime qui a une belle vue sur la centrale du Blayée. Les « monos » sont très écolos et apprennent aux enfants le danger du nucléaire, le bienfait de la Nature et de la musique (je résume bien-sur).

Ensuite, c’est le moment le plus fort, un passage à Fukushima dans la zone interdite. On traverse une ville fantôme où le temps s’est arrêté il y a 4 ans. Paysage de désolation et détresse humaine. Au Japon, le premier ministre de l’époque est interviewé par Hervé Kempf et il exprime pourquoi il est devenu évident que l’énergie nucléaire ne doit plus être utilisée par l’homme. Le calendrier nous fait des blagues (pas drôles soit) puisqu’il est question que très prochainement le Japon redémarre pour la première fois depuis 4 ans une ou deux centrales (oui, oui, ça fait 4 ans que le Japon vit sans électricité nucléaire), ce qui provoque la colère de l’auteur à succès Murakami (lien).

Enfin pour la perspective positive, le réalisateur passe un peu de temps au Danemark sur l’ile de Samso (lien) qui est une ile 100% énergie renouvelable. C’est donc possible de faire sans nucléaire et avec vent, paille et soleil.

Voilà le film maladroitement résumé. La balade proposée est esthétique, la volonté de tirer la sonnette d’alarme sincère. Lors de l’échange entre la salle et Jean-Paul Jaud, j’ai ressenti une forme de désespoirs de l’auteur et l’expression que faire des films était sa manière de contribuer à une prise de conscience. C’est globalement réussi et je recommande vraiment de voir ce film pour contribuer à se faire un avis. En sortant du film, on a la conviction qu’une autre catastrophe comme Tchernobyl (cela fait 29 ans. Quelques jours après la catastrophe, Joel de Rosnay écrivait un article toujours d’actualité : lien) ou Fukushima ne manquera pas d’arriver.

Ceci dit, j’ai plusieurs regrets suite à cette soirée :

  • je continue de penser que le banc des accusés (puisqu’il s’agit bien d’un film à charge) présente un absent de poids : le charbon. Quels sens il y a monopoliser toutes les discussions sur le nucléaire et oublier celui qui tue le plus à la surface du Globe (dans les mines et du faits des particules fines) ?
  • alors que ce film devrait être un point de départ à l’échange au sein de la société et je me suis retrouvé dans un contexte militant frisant l’entre sois. Ce n’est en rien la faute du film ou de l’auteur, mais l’enjeu est bien de convaincre les non convaincus.
  • je n’ai enfin pas du tout apprécié la posture du réalisateur vis à vis des enfants. Sur le fond, l’esprit est surement bon, mais dans la méthode, c’est de mon point de vue de la manipulation de jeunes esprits. Je n’ai pas été à l’aise avec le numéro des « monos » qui s’adressaient surement plus à la caméra qu’aux jeunes quand ils expliquaient le mensonge de l’État aux citoyens sur le nucléaire… Comment créer une génération de complotistes.

Bref, je me sens plein de contradictions. J’ai été formé par Jean-Marc Jancovici en 2005, brillant accusateur de notre dépendance aux énergies fossiles et défendeur affiché de l’atome. Je m’émancipe tout doucement et je pense aujourd’hui en effet que les risques associés à l’usage du nucléaire civil n’en valent plus la chandelle, surtout maintenant que l’on connait le coût réel du Kwh nucléaire et que l’on se rend compte qu’il n’est pas compétitif, y compris vis-à-vis des énergies renouvelables (lien sur un article du Huffington Post). Elle n’est pas si bon marché l’électricité de l’atome ! et le mensonge d’État est pour moi ici.

Je sais aussi qu’un aussi grand péril que le nucléaire est l’usage du charbon qui tue tous les ans les hommes par milliers (mais ils ne sont pas occidentaux, donc on ne les voit pas…).

Je sais enfin que rien n’est simple et que la raréfaction en métaux rares empêche d’envisager une généralisation mondiale des énergies renouvelables de haute technologie (lire P. BIHOUIX : lien).

Bref, je ne sais pas grand chose…

Alors quoi ?

Je crois qu’un chemin est possible. Il intègre le renouvelable, la sobriété, une autre relation à consommation et à la production (lien). Une sorte de mélange de nos compétences qui ne sera accessible qu’en mixant l’engagement citoyen et le savoir faire industriel.

Un peu de vision politique sur le sujet serait la bienvenue, mais on devrait pouvoir faire sans…

 

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