Chronique Ecolo-buissonière : « la secte des mangeurs d’insectes »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 novembre 2016

Une nouvelle chronique, reprise ci-dessous avec des mots à lire.

Les mots à entendre sont là au deux tiers de l’émission après « The Bug » de Dire Straits : LIEN

Après le texte, une belle infographie, source d’inspiration.

Bonjour Marie, bonjour les invités de Marie. Je ne suis pas présent ce matin et … ce n’est pas un hasard…

Vous allez comprendre. Tout a commencé ce mardi 21 nov :  je reçois un message de Marie, un peu coupé, « sshhhht c’est… Arie…..pshht…à la bourre…. Shtttttttt…. Secte …mange… insecte…. Compte sur toi…. Sshttt… chronique… ». Je n’entends pas tout mais je comprends qu’il s’agit d’une histoire de Secte de mangeurs d’insectes.

J’ai trouvé ça bizarre… mais admettons. où trouver de l’inspiration ? c’est que j’y connais rien moi dans le secteur des sectes d’insectes. Par quel bout traiter ce sujet ultra confidentiel ? Une secte de mangeurs d’invertébrés ! bigre, ça chatouille les mandibules.

Bien sûr, je sais, par Bruno Parmentier (dont je recommande son excellent blog Nourrir – Manger - à consulter sans modération), que pour nourrir la planète en 2050 il nous faut augmenter la production agricole de 70%. La même source m’a enseigné que notre régime carné occidental composé sur une vie de 7 bœufs, 33 cochons, 9 chèvres, 1300 volailles est une impasse technico-environnementale à l’échelle planétaire.

Je sais aussi que de ce point de vue les « insectes-aliments ». Comment on dit ? : « aliquinsectes ? », « Food bugs » ? …. Ont plus d’un argument pour nous convaincre de les croquer :

  • massiquement 1 grillon est comestible à 80% alors qu’une vache ne l’est qu’40% : top de l’efficacité !
  • et que dire de la Sobriété en ressources : 1g de proteine insecte consomme 3L d’eau alors que la même quantité de proteine de vache en demande 60 litre. Sans parler que notre malheureux grillon consomme 12 fois moins de proteine végétale pour produire une masse équivalente. Le top de l’efficacité.

…Mais pourquoi donc Marie m’a-t-elle branchée sur cette histoire de secte ?

Il y a 2,5 milliards des humains sur terre qui mange des insectes ! 2.5 milliards d’entomophages. A ce niveau-là on ne parle plus de secte mais de pratique de masse. Ou alors peut-être s’agit-il d’un groupuscule, un essaim d’activistes, de lobbyistes de l’industries d’élevage et de transformation des insectes qui aurait pour ambition de nous cacher les conditions d’abattage infectes des insectes ou un truc comme ça… Y aurait-il une affaire « insectes » cachée au plus au niveau de l’Etat ?

J’ai creusé, j’ai consulté mes sources sures, j’ai visionné des dizaines « d’insectes tape » sur internet (ils ont au moins autant d’imagination que nous), j’ai fini par apprendre un truc EnOrme !. Il se trouve que vous (nous tous) consommons sans le savoir 1kg d’insecte par an cachés dans nos denrées alimentaires. Des mandibules dans les céréales, des pates dans les pattes, thorax dans le riz…

 On nous cacherait donc un élément essentiel : nous sommes déjà tous entomophages à l’insu de notre plein grès. Voilà peut-être l’objet de ce regroupement malfaisant : nous cacher, voir organiser, la progressive accoutumance en cours pour faire de nous des croqueurs de scolopendres ?

Il est 1 heure du mat et j’ai peur devant l’ampleur de ce que je viens de découvrir.

Le marché des bestioles à sang froid est juteux : Il y a 1,4 milliards d’insectes pour 1 habitant et 1900 espèces sont identifiées comestibles. Voilà donc le projet de la secte des mangeurs d’insectes : casser la barrière culturelle qui fait que nous, occidentaux sommes capables de manger Joly Jumper, un animal sur lequel on monte pour se balader en forêt dans une complicité coupable ET que nous n’acceptons pas d’envisager de gober un insecte. Nous, les français sommes même prêts à manger un gastéropode ou une grenouille plutôt que d’envisager de grignoter des sauterelles « sautées » à l’apéro.

Je suis tombé au cœur d’un projet mondial. J’en veux pour preuve le traitement du dossier insecte par Wall Disney. Car tout conditionnement de consommateur occidental commence là. Au plus jeune âge, avec les histoires pour enfants du géant de la propagande qu’est WD. Connaissez-vous un seul héro de WD qui soit destiné à notre frigo ? Une belle vache à viande, un cheval d’abattoir ? ben non, nous ne devons pas être pris d’empathie pour ce qui va devenir notre repas. C’est pareil pour les insectes : j’ai cherché et aucun insecte ne trouve grâce aux yeux des concepteurs des Disney stories. A part le vieux Jimily cricket, aucun insecte n’est rendu sympathique aux yeux des enfants futurs consommateurs… Le complot est mondial.

 Même si c’est peut-être un peu tirer par les antennes, j’en profite pour faire le lien avec les CIGALES. Pas celle qui chante et qui donc se mange mais les club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire. C’est le bon moment pour vous renseigner. Quand un Cigales cherche une fourmi, ce n’est pas pour la manger, pour lui permettre de réussir son projet.

Allez, sans rancune.

 

 

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Infographie : La bio en France

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 novembre 2016

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Chronique Ecolo-Buissonière : « souriez, vous êtes mouillés »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 novembre 2016

A la 16’50, ma petite chronique sur un très intéressant opus consacré à l’eau : LIEN

Quelques liens / référence issues de ce blog par ICI et le texte ci-dessous.

Il est question d’eau aujourd’hui, alors je m’y jette (à l’eau) pour vous proposer une chronique faite de jeux de mots foireux, d’informations très sérieuses et de chiffres écolo-solubles. Je vais essayer de ne pas trop vous souler mais vais quand même profiter de ce temps de parole pour corriger le snobisme ambiant sur notre relation à l’eau.

Le sujet aqueux mérite en effet un peu plus de temps que les 2 minutes météo matinales : « Fait pas beau hein ? », « Ya plus de saison !», « c’est triste ce temps gris…»…

Qui a conscience du luxe qu’est notre accès permanent et immédiat à l’eau potable ? Enfin, je parle de nous, les occidentaux auto-revendiquant en permanence notre propre décadence et déchéance, et non la mère de famille tchadienne qui passe la plus grosse partie de ses journées à marcher pour accéder aux litres d’eau potable nécessaires pour subvenir aux besoins vitaux de sa famille. Elle a du coup moins le temps de s’intéresser à la crise que traverse ITélé, le loisir vide morandinien ne lui étant pas proposé. Blague à part, 768 millions d’humains n’ont pas accès à l’eau potable. 1 personne sur 10 !

Car si nous SAVONS que l’eau est VITALE, nous rechignons à lui donner de la VALEUR.

Par habitude, par excès d’accès.

[petite parenthèse] en écrivant cette chronique je me suis rappelé avec émotion une de mes lectures favorite de mon adolescence. Il s’agit de DUNE de Franck Herbert (Sting avait joué dans les années 80 dans le médiocre film du même nom). DUNE trace une épopée à cheval entre science-fiction et prospectivisme sur une planète désertique et hostile. La civilisation du coin a du s’adapter à la contrainte du manque d’eau. Je me suis rappelé que pour survivre les hommes portaient un dispositif individuel, type scaphandre, récupérant les rejets aqueux corporels (oui oui tous) pour les recycler par ingestion directe. Une petite station d’épuration dans le sac à d’eau. Il faut que je relise, j’avais adoré ce bouquin…

Revenons à notre problème de reconnaissance de la VALEUR EAU et parlons tuyauterie. On en a en France 250 000 km sous nos pieds et c’est la preuve sans ironie d’une maturité importante de notre Société. Nous avons investi pour la collectivité sur un sujet vital qui permet un accès quasi universel à l’eau potable. Une forme de graal dans certains coins du Globe.

Et tout ça pour… pour… Tiens, connaissez-vous le prix de m3 d’eau au robinet ? 1€ 4€ 10€ 100€ ??? Environ 4 € pour 1000 L, c’est le prix de notre fluide vital (1.5 € à Antibes en 2005, 5.17 à Evreux). C’est pas cher (à 4 nous consommons 80m3/an). Du coup, tout le monde se moque bien des 1.3 milliard de m3 de bonne eau consommable perdues annuellement dans les fuites (L’équivalent de 430 000 piscines olympiques). Pas étonnant, aussi, que nous ayons organisé notre système de distribution d’eau POTABLE pour qu’il approvisionne sanitaires, nettoyage des voitures, arrosage des jardins… Et que dire dans ces conditions de l’impossible retour sur investissement de tout investissement de consommation d’eau… Vital mais sans valeur…

Mais la consommation directe d’eau n’est que goutte d’eau. Regardons de plus près le sujet énergie. Rien à voir ? Notre soif d’énergie assèche aussi nos ressources en eau. Il existe une concurrence cruelle et toxique entre les usages vitaux (consommations directes, agriculture, biodiersité) et la production d’énergie. De l’eau pour refroidir les réacteurs nucléaires, de l’eau pour extraire et raffiner le pétrole et extraire le charbon, de l’eau même pour l’hydroélectricité bien-sur !

Selon le dernier rapport « Eau et Energie » de l’ONU, pas moins de 15 % des eaux prélevées sur la planète servent à fournir de l’énergie. 50% en Europe et aux US. Une part qui devrait augmenter de 20 % d’ici à 2035, car les exclus de l’énergie et ceux de l’eau sont souvent les mêmes…« la demande d’énergie va croître de 70 % d’ici à vingt ans ».  J’ai été bouleversé il y a quelques semaines à Climate Chance en écoutant Jean-Louis Borloo et Hindu Oumarou Ibrahim. L’Afrique est LE défi des décennies à venir et les choix qui seront fait pour produire l’électricité des africains conditionneront aussi leur accès à l’eau. Tous les modes de production centralisés sont gourmands en eau.

La palme de l’irresponsabilité écologique est pour moi le dessalement d’eau de mer : on utilise (beaucoup) d’eau pour produire une énergie qui sert à produire (beaucoup moins) d’eau pour la consommation locale. Non mais ALLO quoi ! Cet usage doit se limiter à l’essentiel et non au confort… La bonne nouvelle est que la production d’électricité éolienne est (très) sobre en eau : 190 fois plus sobre que le Gaz Naturel à production d’énergie constante.  520 fois plus que le nucléaire.

Nous aurions aussi pu parler de la dépendance de l’agriculture à l’eau (toutes les productions ne sont pas égales), des nouvelles technologies de dessalement d’eau de mer qui se disent moins énergivores… Je n’ai pas vraiment de chute (d’eau) pour conclure ma chronique. Ne soyez plus triste quand il pleut, ce sont des briques de vie qui vous tombe sur le coin de la figure. Souriez, vous êtes mouillés !

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Infographie : LA FORET en France – 2016

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 novembre 2016

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Palmarès « LA VIE » de l’écologie 2016 en France : pourquoi donc la Vendée est elle 23ème ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 novembre 2016

Une fois par an, LA VIE propose un classement des départements français sur des critères écologiques (lien). En s’appuyant sur 8 critères mesurables, le magazine donne ainsi les bons et les mauvais points aux territoires pour flatter ou pointer du doigt la mauvaise performance environnementale selon les cas.

Le vendéen d’adoption que je suis a fait un peu la moue en voyant le classement médiocre de mon territoire : 23ème ! (alors que la Loire Atlantique voisine est première ! Grrr…). J’ai donc essayé de comprendre ce qui pêchait et au travers cet exemple d’évaluer l’outil d’évaluation. Un modeste crash-test.

 

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Transparence. Le site internet dédié au classement présente bien les sous-critères ayant permis la construction de ce classement d’initiative privé. L’effort de transparence sur les sous-critères permet de mieux comprendre l’agglomération des indicateurs ayant permis de construire le classement. La vraie limite est l’absence de mise en ligne des indicateurs de premier niveau permettant de composer les notes par sous-critères; ainsi que des résultats détaillés. Les sources sont citées mais non accessibles.

Les critères. Sont pris en compte : le nombre d’AGENDA 21 territoriaux, les engagements pour la TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, la santé de l’AGRICULTURE BIOLOGIQUE (surface, évolution), la protection de la BIODIVERSITÉ (sur des critères mesurables que je n’ai pas retrouvé), CONSOMMATION DURABLE (en intégrant que les circuits courts type AMAP et non les écolabels), la GESTION DES DECHETS (ratio par habitants mais aussi semble-t-il des éléments de pollution industriel ?), la QUALITE DE L’AIR (polluants de proximité), la QUALITE DE L’EAU (phyto, nitrates, eaux de baignade).

Ci-dessous sont repris 6 des 8 sous-critères retenus par LA VIE. Voyons les sujets qui handicapent ou favorisent les deux territoires que je connais le mieux :

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Un coup des indicateurs de moyens, un coup des indicateurs de résultats. Je ne trouve pas que les indicateurs de moyens soient les plus pertinents pour mesurer une performance. ça se discute.

Facteurs de pondération. La méthode de cotation (une moyenne des résultats obtenus sur les 8 critères détaillés plus loin avec un traitement particulier pour l’Ile de France) ne prévoit pas de pondération liée aux spécificités territoriales (territoire rural, urbain, riche, touristique…). C’est une première limite à la bonne compréhension de construction du classement. Un élément de réponse montre la prise en compte de cette limite dans « le question – réponse » du site :

Ainsi, nous avons déjà commencé à compenser nos chiffres par le nombre d’habitants de chaque département. Par exemple, lorsque nous rapportons le nombre d’Amap à la population de chaque département ou encore en rapportant les émissions industrielles polluantes et les surfaces cultivées en bio à la superficie de chaque département.

Autre postulat méthodologique : les 8 critères se valent. L’existence d’AGENDAS 21 au niveau des collectivités du territoire vaut autant que la qualité de l’air. La gestion des déchets autant que la Transition énergétique… Ce postulat est aussi selon moi discutable au regard des enjeux prioritaires auxquels nous sommes confrontés.

Plus globalement, je n’ai pas trouvé trace de description des modes de Gouvernance dans l’évolution de la méthode permettant de solliciter des tiers dans les choix méthodologiques. Pour permettre une plus grande crédibilité, un comité d’arbitrage pourrait être mis en place (ou existe déjà peut-être).

Les critères absents (selon moi). A mon humble avis les grands absents sont : PRODUCTION DURABLE (sur la base du nombre de pollutions accidentels, de procédures de mise en demeure ICPE, de certification ISO 14001, ISO 50001…), l’INNOVATION (projets type SMART GRID, partenariats de recherche collectivité / université / privé, habitats partagés, projets innovants…), DEPLACEMENTS DOUX (nombre de passagers TER, bus, place du vélo en villes…), au delà de la BIO la dépendance aux INTRANTS CHIMIQUES serait une donnée intéressante car concernant la masse des agriculteurs (donnée connue), la dépendance en EAU (au regard de la fragilité de la ressource locale), AUTONOMIE du territoire (énergétique notamment…).

Crash-Test. Regardons maintenant de plus près le cas vendéen comparé au voisin lauréat de l’année.

A défaut de connaitre les données chiffrées de pondération, j’ai fait la moyenne des 8 classements des deux départements Vendée et Loire-Atlantique. Pour voir… Surprise : à ce jeux, les deux départements sont presque à égalité !

Je ne trouve pas de cotation totalement déconnectée de « ma réalité perçue », même si je ne connais pas l’intimité des données prises en comptes. Je ne comprends cependant pas ce qui a été réellement différenciant entre les deux départements regardés pour l’exercice. Le choix des indicateurs et des critères de cotation est plus discutable selon moi (voir plus haut).

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Alors oui bien sur l’hebdomadaire LA VIE pourrait faire mieux en termes de choix de critères, de pondération, de gouvernance projet et de transparence… mais je suis conscient qu’aucune méthode d’évaluation compilant des données différentes peut aboutir à un résultat satisfaisant et irréprochable. Les travaux réalisés sur les nouveaux indicateurs de richesses en Pays de la Loire (lien) ou par la commission Stiglitz sont là pour en témoigner. Ce qui compte vraiment, c’est d’arriver à vulgariser des indicateurs autres que économiques pour aider à la prise de décisions. Encourager. Valoriser. En ça, le travail de LA VIE est salutaire.

J’ai relu le discours de Robert Kennedy (lien) suite à ce post. Discours qui se concluait par :

« En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue« 

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L’environnement en Pays de La Loire : BASEMIS et DROPEC

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 novembre 2016

Alors qu’à peine sortie d’une COP historique (la 21ème), nous rentrons dans la suivante; il semble malheureusement que les budgets environnementaux régionaux n’aient pas pris la mesure de l’enjeu des transitions que nos territoires doivent assurer : -4% en Pays de la Loire (-11% en Rhone-Alpes-Auvergne, -31% en Normandie, -33% en Ile-de-France…). Consolons nous en constatant qu’un budget important n’est pas représentatif d’une démarche de qualité :il y a qu’à voir le gâchis des 2,3 milliards de dollars « investis » dans les campagnes des deux candidats aux présidentielles US !

Les efforts hollywoodiens de Léonardo Di Caprio n’y font rien (lien)… nous avons eu du mal à passer des paroles aux engagements et avons encore du chemin pour passer des engagements aux actes.

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Ne soyons pas trop dur cependant. Il se passe quand même des choses dans notre belle région ligérienne. Ce jour même est signé entre l’ADEME et le Président du Conseil Régional un premier Contrat d’Objectifs pour une dynamique Régionale Déchets et Économie Circulaire.

En septembre de cette année la feuille de route énergétique était elle aussi présentée. On y parle toujours plus de technologie que de sobriété ou de comportement, mais on ne peut pas dire que le sujet soit ignoré. Le climato-scepticisme, de retour sur la scène nationale n’a pas contaminée les politiques locales.

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Si le sujet vous intéresse, je vous recommande vivement deux sites riches en informations.

1- Tout d’abord le DROPEC qui est une mine d’information sur l’énergie et le climat en Pays de la Loire

2- Le second site, BASEMIS, présente les évolutions de consommation et de production d’énergie, émissions de polluants et de gaz à effet de serre en Pays de la Loire (réalisé par Air Pays de la Loire).

Ci-dessous quelques infos à retenir :

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Le SAVOIR est en place. Reste pour l’essentiel le FAIRE maintenant…

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« J’étais » fan de Cash Investigation

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 21 septembre 2016

Il m’est arrivé à de nombreuses reprises de citer ici Cash Investigation comme l’émission journalistique contemporaine de référence (lien, lien). Un peu le « Millenium » de la vraie vie, avec moins de sang !

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J’ai été plutôt fan des révélations sur les Panama-papers, le marketing vert, la puissance du lobbying du tabac (…). A une ou deux réserves près, j’ai applaudi au numéro sur l’usage des phytosanitaires qui a déclenché des réactions salutaires dans certaines communes du bordelais.

Le charme semble s’user. Je me suis même trouvé un peu troublé suite à la diffusion du dernier opus sur le jambon et l’industrie agro-alimentaire-qui-nous-empoisonne et m’en vais expliquer pourquoi :

  1. Sur le fond, j’ai le sentiment de ne rien avoir appris et d’avoir assisté à de la broderie sur des apports biens faibles. Je regardais un « Capital » de M6, ni plus, ni moins.
  2. J’ai ressenti, plus fortement qu’avant, une posture anti-industrielle desservant en l’occurrence le traitement du sujet. Par exemple, le traitement nitrité des charcuteries est une pratique tout aussi artisanale qu’industrielle. Pourquoi conclure que les géants de l’industrie nous empoisonne ? L’absence de place laissée à la complexité (exigences du consommateurs sur l’apparence du produit…) nuit à la compréhension globale du sujet.
  3. Comme je m’ennuyais, en prenant du recul, j’ai observé la forme. La coquille. J’ai vu la « marque de fabrique Cash », savamment travaillée (pour ne pas dire marketée) : la voie off « amicale » omniprésente, une désignation permanente de qui est méchant et qui est gentil, un peu d’humour, des séquences « chocs », des caméras cachées, l’arrivée de la « chef » pour tordre le bras des communicants… La forme avait pris le dessus sur le sujet et c’était pénible. Pas crédible.

Bien sur, tout n’est pas à jeter dans ce numéro. Le retour sur la place des lobbying parisiens est questionnant et ressort de quasiment tous les sujets traités par Cash. Notre système de gouvernance est défaillant, l’intérêt de la Société n’est pas suffisamment pris en compte. C’est bien de rendre ceci visible.

Par contre, si Cash Investigation s’affirme comme une émission militante, « anti » (industrielle…), « à charge », elle perd pour moi l’objectivité et donc la crédibilité que j’attends d’elle sur les sujets sociétaux. Le monde n’est pas, selon moi, binaire. Tout ne se range pas dans deux cases (bien, mal).

C’est dommage, car il n’y a pas beaucoup de programmes ayant autant de poids médiatique pour soutenir les lanceurs d’alerte. On a besoin qu’il soit sans tabou ET rigoureux dans la présentation objective des informations. Le remède sera pire que le mal si l’émission laisse penser qu’elle manipule elle aussi son public pour lui dire que penser.

Je souhaite qu’il ne s’agisse que d’un numéro raté.

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Lu : rapport d’activité 15/16 du programme de recherche action Transition Energétique et Sociétale

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 10 septembre 2016

Il se trouve que je suis avec une grande curiosité et beaucoup d’intérêt les travaux de recherche-action sur la Transition Énergétique et Sociétale conduits par un pool d’acteurs nantais motivés et motivants. Capture

J’avais très modestement contribué à l’animation de deux débats sur la transition énergétique en 2012-2013 (lien) dans ce qui était les prémices de ce programme de recherche-action sortant des approches conventionnelles de traitement du sujet « transition énergétique », très « techno-centrées » et oubliant les enjeux comportementaux qui conditionnent toutes les planifications théoriques.

Un premier rapport d’activité a été mis en ligne (lien) et il mérite notre attention, ne serait-ce qu’au regard de la pertinence et de l’ambition de ce programme protéiforme. La perspective de trouver des clefs permettant de passer du cas rare de transition réussie à celui d’un déploiement de masse à l’échelle de territoires est un Graal qui mérite en effet un peu de jus de neurones et d’implication. Il n’y a pas de route droite et pas de date prévisionnelle d’arrivée, bien-sur, mais il s’agit d’une contribution ambitieuse à l’accompagnement des changements qui nous font face (et que beaucoup refusent de voir).

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Les objectifs du programme à venir sont repris ci-contre :

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Au delà de la Gouvernance de ce programme multi-acteurs, je suis impressionné par la diversité des actions opérationnelles engagées en 2016 et qui doivent se poursuivre sur les années à venir.

Qu’il s’agisse du projet « Ile en Transition » sur l’ile d’Yeu (lien), des projets inter-entreprises de la Chantrerie (Nantes) ou l’Iepad à la Chevrolière… les champs d’expérimentation et d’observation sont nombreux et complémentaires. La place est donnée à ceux qui agissent à l’échelle de leur territoire, sans attendre une obligation réglementaire ou une initiative centralisée descendante; qui font surtout en acceptant de prendre le risque de faire avec les autres.

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Bon courage donc à ceux qui passent de leur énergie à autre chose qu’à constater l’ampleur de nos échecs collectifs !

 

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Lu : les Rendez-vous du futur par Joël de Rosnay (1991)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 août 2016

Je me suis livré à un exercice amusant cet été en fouillant la bibliothèque de mon père. J’y ai découvert un livre écrit par Joël de Rosnay en 1991, qui est une compilation de chroniques radio que réalisait l’auteur sur Europe 1 sur le thème : sur la base des récentes découvertes et travaux scientifiques, qu’est-ce qui nous attend dans le futur ? 9782863914496-fr-300

Le regard de l’homme de 2016 sur les prospectives des années 1990 est rempli d’une jouissive curiosité. Les jeux de prospective ne sont pas toujours faciles (lien) mais j’ai tellement d’admiration pour ceux qui ont su partiellement voir l’avenir (lien) : Jules Verne, Hergé, Franck Herbert…

La critique est sur certains points aisée à la lumière du réel et je m’excuse par avance de mon ton respectueusement moqueur. C’est si amusant d’observer le différentiel prospective / réalisation.

Contextualisons tout d’abord le moment de l’écriture de ces chroniques. En 1991, Internet comme nous le connaissons n’est pas encore en place, les « GSM » sont réservés à une élite, les ordinateurs (non connectés donc) sont énormes, le Minitel est une fierté française, le Compact Disc est juste né. Un autre temps. J’avais 15 ans et je découvrais Dire Straits.

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Quelques morceaux choisis :

Communication

Il convient de souligner en introduction l’absolue pertinence de l’auteur :

« Devant la pléthore informationnelle, la Babel des télécommunications et les risques d’ »infopollution », il est temps d’inventer une diététique de l’information ! »

  • Loupé ! L’auteur voit en Kodak un géant qui sait s’adapter aux évolutions en proposant le transfert de photos sur CD. Kodak fera faillite en refusant de voir le caractère incontournable du numérique.
  • Intéressant d’apprendre que les 12 de la CEE ont initié la mise en place d’un « système nerveux électronique » supranational (ENS) qui aurait du avoir les fonctions d’internet !
  • La domotique existait déjà (y compris le mot)  !

« on pourra ainsi téléphoner chez soi et taper un code pour déclencher la climatisation, le four ou le magnétoscope. »

  • L’arrivée du téléphone personnel mobile est perçu comme une révolution prochaine. Associer un numéro à un individu et non à un lieu, voici une vraie nouveauté pour 1990. Et là, c’est ce qui s’est passé ! Page 431, un petit bijou d’anticipation sur la possibilité de l’ordinateur-téléphone :

« Avec ce micro portable-ordinateur, il leur suffit de déplier l’antenne, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, et de composer le numéro de téléphone mettant leur portable en contact avec le gros ordinateur de bureau. Cette merveille d’intégration est commercialisée par la compagnie ICT de Dallas au prix de 7600 dollars. Il s’agit d’un vrai ordinateur portable équipé d’un écran électroluminescent et d’un disque dur de 40 Mo. L’inconvénient est son poids : près de 10 kg.« 

  • Le top de l’époque est l’ALPHAPAGE qui envoie des messages textes. Avec nos yeux de 2016, la phrase ci-dessous est quelque peu désuète :

« si vous recevez un télex urgent (ou que vous soyez), votre Alphapage émet un bip, dans votre poche, et annonce sur l’écran « Message urgent, consultez votre Minitel »« 

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Transport

  • Bingo : arrivée imminente des Air-bag, du GPS, de l’avion solaire (que depuis cette année il est vrai !), la voiture hybride…
  • On attend toujours : la voiture solaire Kyocera n’a, à ma connaissance, pas vu le jour. Celle à hydrogène se fait attendre.

Environnement / technique

L’engagement et la conscience environnementale sont déjà présents. Tellement bien vu et tellement décevant 25 ans après :

« Dans ce contexte, la planète n’apparait plus comme un « vaisseau spatial » habité par des terriens qui en exploitent les ressources pour survivre croitre et se développer, mais comme un gigantesque organisme vivant dont les organes, les réseaux de communication, les mémoires, les systèmes de traitement et de recyclage sont en étroite harmonie les uns avec les autres. [...] Cette exigence conduit à passer du statut d’EGO-CITOYEN à celui d’ECO-CITOYEN [...]« 

  • Bien vu : conscience de la nécessité d’agir sur la protection des ressources halieutiques, des abeilles, sur le recyclage des déchets, la pollution visuelle due à l’éclairage. Les dégraissants sans solvant qui ont bien vu le jour.
  • En 1990, 30000 T d’huile de vidange automobile, n’étaient pas collectées et partaient dans les eaux pluviales ! On a progressé.
  • Les effets du réchauffement climatique sont connus et abordés (niveaux des eaux…). Les solutions proposées concernent plutôt l’adaptation que le travail sur les causes… voir la géo-ingénierie avec la libération de SO2 pour faciliter la libération de nuages !
  • Perdu : jamais entendu parlé de la ruche automatique, de l’oxydation humide des déchets, du robot nettoyeur de station de métro, remplisseur de réservoir de voiture…
  • Bof : les biocarburants sont présentés comme un « diesel vert ». On sait aujourd’hui que le bilan environnemental n’est pas si glorieux.

Je n’ai pas lu les pages SANTÉ et MATÉRIAUX mais je le ferai surement pour le plaisir de retourner dans la perception du futur des années 1990.

Ce que je retiens de cette lecture est notamment la conscience des enjeux environnementaux et la croyance en la technologie pour nous faire progresser. L’innovation sociétale, organisationnelle, économique ou l’évolution des modèles économiques n’ont pas été identifiés comme des points de « rendez-vous du futur ». Si je devais écrire ce livre en 2016, c’est pourtant bien sur ces axes que je m’exprimerais le plus.

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Stockage d’énergie sous-marin à air comprimé

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 août 2016

Le site ENERGEEK a mis en ligne (LIEN) un article très intéressant sur l’entreprise canadienne HYDROSTOR qui propose un procédé innovant de stockage de l’énergie d’origine renouvelable « en surplus », sous l’eau, par de bêtes mouvements d’air : l’énergie disponible en période d’abondance sert à faire tourner des compresseurs pour envoyer l’air dans des ballons soumis à la pression des profondeurs et on récupère grâce à cette dernière l’air et l’energie qui va avec en cas de besoin par le chemin inverse.

Le stockage d’énergie renouvelable est un enjeu majeur. Il s’agit peut-être d’une parcelle de solution qui a de l’avenir.

Selon la start-up canadienne, ce dispositif permettrait de durer deux fois plus longtemps que les meilleures batteries de stockage disponibles sur le marché actuellement, et cela pour un coût inférieur.

Vidéo ci-dessous :

Capture

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