Chronique Ecolo-Buissonnière : Les paradoxes et enseignements de la transition énergétique allemande – ENERGIEWENDE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 mars 2017

Ma dernière chronique est à peine en ligne (LIEN) que le texte, les sources et graphiques sont déjà disponibles :

« Ma contribution à la coopération franco-allemande, puisque c’est le sujet du jour, s’est limitée dans toute ma vie à 2 voyages scolaires à la fin des années 80 à Wetzlar près de Franckfurt. J’en profite pour adresser d’ailleurs un amical salut à Uwe Keller, mon correspondant allemand. C’est quand même surprenant que je n’arrive pas à me rappeler du nom des gens que je croise au boulot et que je me rappelle d’Uwe Keller ! Hastag #dégénérescence.

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Les souvenirs de mes séjours sont ceux d’un énorme aéroport, d’une piscine publique à vague avec une partie extérieure chauffée en pleine hiver. Bref des souvenirs très peu en lien avec la transition énergétique que j’ai choisi de chroniquer aujourd’hui (en réponse à l’édito de Marie).

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L’actu en France, c’est la publication du scénario NEGAWATT (lien) qui dresse un scénario crédible d’une société française sobre en énergie, efficace, renouvelable et non accessoirement affranchie du nucléaire. Je rappelle que NEGAWATT est un néologisme créé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins. L’idée est qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que la produire.

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Il se trouve que l’Allemagne a des trucs à nous transmettre sur le sujet de l’ENERGIEWENDE. Dès les années 80 l’association allemande Öko-Institut a dressé des scénarios de transition énergétique et a ouvert la voie à la présence du gourou de la troisième révolution industrielle Jeremy Rifkin (lien) qui a su parlé à l’oreille des puissants en Germanie. Dès 2000 un plan de déploiement des énergies renouvelables, couplé à une sortie du nucléaire, s’est traduit en actes. La catastrophe de Fukushima n’a fait qu’accélérer le mouvement de la sortie totale du nucléaire, fixée à 2022.

Le paradoxe est que pour franchir le cap de la transition, l’Allemagne fait tourner des centrales charbon et gaz pour compenser la perte de production électrique due aux arrêts de centrales nucléaires. Le pays se trouve en France accusé de contribuer à la pollution française hivernale en particules fines quand les vents sont mal orientés (tout est relatif bien sûr, les vents d’Est sont surement une bonne nouvelle à Vilnius ou Minsk!).

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L’expert en énergie qu’est Eric Vidalenc a d’ailleurs titré un article dans alternative économique le 9 décembre : Les éoliennes allemandes qui polluent l’air de nos villes… (lien). Une provocation destinée à relativiser notre recherche de bouc-émissaire. Je vous propose de prendre un peu de recul sur la réalité du sujet. La mode est au fact-checking et pour une fois que la mode porte du sens, soyons moderne. Fact-checkons :

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OUI, L’Allemagne et la Pologne, sont responsables de 54% des émissions de GES issues des centrales à charbon en Europe…  et c’est un problème. Ces centrales sont très polluantes et incompatibles avec les engagements de la COP21 (ci-contre : illustration de la situation des centrales charbon en Europe).

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L’ironie : savez-vous qu’avec nos centrales nucléaires en arrêt cet hiver nous avons eu besoin d’acheter de l’électricité charbonnée à Allemagne ? Notre « responsabilité » de clients n’est donc pas absente.

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En 2016, la France a perdu sa place de premier exportateur européen d’électricité. Et qui passe devant nous ? notre cousin germain grâce à ces éoliennes qui produisent de l’électricité par chère.

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NON, les émissions de CO2 allemandes n’ont pas continué d’augmenter après 2011. Ce fut le cas en 2012 et 13, mais la diminution des émissions a repris en 2014 et 15. L’arrêt prématuré du nucléaire a freiné la décroissance des émissions de GES mais ne l’a pas stoppé.C3kKOn3XAAQELA3

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Ça veut dire quoi ?

La transition est un état provisoire. C’est un moment où on passe d’un point A à un point B. Alors OUI cet état provisoire présente des effets négatifs mais il ne doit pas cacher le but qui lui sera durable (plus de charbon maintenant pour moins demain).

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Et il se trouve que la croissance d’installation d’énergie renouvelable est plus rapide que prévue en Allemagne. Selon le site dédié à l’ENERGIEWENDE (animé notamment par Craig Morris) aujourd’hui 32% de la production d’électricité est d’origine renouvelable et le taux de croissance permettrait d’envisager les 50% en 2025. En 2010, l’Allemagne était à 17% (à peu près comme la France aujourd’hui). La tendance est bonne !

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L’Allemagne a ouvert la piste. Les énergies renouvelables peuvent pourvoir significativement et fiablement notre besoin en électricité. La Chine de serait pas aussi ambitieuse sans l’exemple allemand. On a connu des choix stratégiques plus dangereux que la recherche de l’indépendance énergétique !C4JljatXUAAlrA8

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Un autre enseignement de l’expérience allemande a été celui de la place du citoyen dans le déploiement des ENR. L’investissement citoyen représentait avant 2015 « quelques 50% de la puissance renouvelable installée » (petits investisseurs ou particuliers). Si la tendance est aujourd’hui à l’augmentation de la place des industriels, c’est encore une particularité allemande replicables en France.

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J’en profite pour faire la pub pour une initiative locale qui se nomme COWATT et qui a pour objectif de générer des projets citoyens de « co-toiturage » / co-financement photovoltaïque. Cette initiative, qui est en train de naitre, est portée par les associations ALIZEE (44) et ELISE (85). A suivre : LIEN

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Je ne sais pas ce que devient Uwe Keller mais je le vois bien bosser sur l’ENERGIEWENDE.

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Si j’avais une demande à faire à nos invités du jour, c’est d’organiser un petit voyage en Allemagne pour partager le meilleur de l’expérience allemande … et si possible retrouver Uwe Keller.« 

 

En complément de ce court texte, un article récent de Thibaut Laconde sur le même sujet LIEN

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Le négaWatt nouveau est arrivé !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 février 2017

Le scénario négaWatt, ça vous parle ?

A la base, le mot NégaWatt est un néologisme inventé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins pour exprimer qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que de la produire. En France, l’Association NégaWatt est devenue une référence dans la production de référence ! Régulièrement, ce regroupement d’experts produit des scénarios pour permettre d’envisager un avenir énergétique compatible avec les enjeux de la Transition Énergétique à l’échelle du territoire national (bientôt régional).

Déjà, en 2012, je présentais Négawatt sur ce blog (LIEN) et expliquais le très pédagogique triptyque négawatien : SOBRIÉTÉ – EFFICACITÉ – RENOUVELABLE. Depuis, je l’utilise à toutes les sauces dans de nombreux contextes !
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Pour comprendre le sérieux du boulot réalisé et les se faire expliquer les principales évolutions depuis le précédent scénario, je vous conseille de visionner la vidéo de présentation réalisée l’occasion des dernières Assises de l’Energie de Bordeaux (lien).

Sinon, pour les plus motivés, le rapport complet, sa synthèse et surtout tous les graphiques dynamiques sont disponibles en ligne ICI.

Si la prospective est forcement un exercice complexe où toutes les hypothèses peuvent être critiquées,  le travail proposé est solide et crédible. Il nous propose, comme l’ADEME en 2016, un avenir possible avec 100 % d’énergie renouvelables dès 2050. Mais cette perspective positive n’est accessible qu’au prix de changements et d’investissements lourds dès aujourd’hui.

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Les 12 points clefs du tout nouveau scénario sont repris ci-dessous :

  • La courbe de la consommation s’est inversée. La consommation d’énergie est orientée à la baisse depuis quelques années dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Pour la France la courbe de consommation rejoint de fait celle tracée par le scénario négaWatt dès 2003. Cette baisse affecte également les émissions de gaz à effet de serre, non seulement celles mesurées sur le territoire national mais aussi celles contenues dans nos importations : le phénomène n’est pas lié à la crise de 2008-2009 ni à un mouvement de délocalisation, il est bien structurel et non conjoncturel.

  • La sobriété et l’efficacité sont les clés de l’inflexion de la demande. Grâce aux actions de sobriété et d’efficacité qui se traduisent par la suppression des gaspillages, la consommation d’énergie finale en 2050, au terme du scénario négaWatt 2017, est réduite de moitié et l’énergie primaire de 63 %, tout en maintenant un haut niveau de services. Ce résultat est obtenu grâce à la maîtrise du dimensionnement, du nombre et de l’usage de nos appareils et équipements, au développement d’une mobilité “servicielle”, à un programme ambitieux de rénovation énergétique des bâtiments et à une occupation plus raisonnée de l’espace.

  • Une confirmation : le “100 % renouvelables” est possible dès 2050 Il est possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l’horizon 2050. La biomasse solide reste la première source de production d’énergie renouvelable, suivie de très près par l’éolien puis le photovoltaïque, lui-même suivi de très près par le biogaz. Les énergies fossiles importées ne servent plus qu’à des usages non énergétiques. Le fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires actuels n’étant pas prolongé au-delà de la quatrième visite décennale (environ 40 ans), le dernier d’entre eux est arrêté en 2035. Basée sur l’exploitation partout sur son territoire de ses ressources diversifiées, la France assure pleinement sa sécurité énergétique.

  • Zéro émissions nettes en 2050 : la France devient neutre en carbone. Le couplage des scénarios négaWatt et Afterres2050 montre que les émissions nettes de gaz à effet de serre, toutes sources confondues, deviennent nulles en 2050 : les « puits de carbone » agricoles et forestiers compensent alors les émissions résiduelles, principalement dues à l’agriculture. Par la suite, la quantité de carbone stockée finit par plafonner, et la fonction puits de carbone se réduit progressivement sur la période 2050-2100.

  • Gaz et électricité, une complémentarité incontournable Les vecteurs gaz et électricité voient leur part augmenter de manière concomitante, au détriment notamment des carburants liquides, pour représenter en 2050 plus de 70 % de la consommation d’énergie finale. Capables de couvrir une très grande part de nos usages, ces deux vecteurs sont d’évidence complémentaires et non concurrents. La valorisation et le stockage possible des excédents d’électricité renouvelable sous forme de méthane de synthèse (power-to-gas) est l’une des clés de voûte du système énergétique de 2050.

  • L’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur Couplé au scénario négaWatt, le scénario Afterres2050 montre également que l’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur sur le climat, à la croisée des enjeux climatiques et énergétiques, par la fourniture de ressources renouvelables, le stockage de carbone et la réduction des gaz à effet de serre. Le triptyque négaWatt appliqué au système alimentaire démontre ici aussi toute sa pertinence : sobriété dans la consommation, efficacité des modes de production, utilisation et production de ressources renouvelables.

  • L’économie circulaire, moteur du renouveau industriel Pour répondre à l’évolution des besoins, l’industrie doit réorienter ses productions vers des biens et équipements plus durables, loin de la surconsommation actuelle, et veiller au contenu de ses produits en énergie grise et en matériaux. En développant les filières de réparation, de recyclage et de récupération, il est possible de diviser par deux les quantités de matières minières consommées, y compris en prenant en compte le développement des énergies renouvelables qui offrent par ailleurs de nouvelles opportunités pour l’industrie.

  • Des bénéfices multiples pour la santé et l’environnement Le scénario négaWatt améliore très significativement la qualité de l’air, de l’eau et des sols ainsi que la biodiversité avec des conséquences positives majeures sur la santé publique. Il rend notre air bien plus sain par la quasi-suppression des particules émises par les combustibles et carburants (remplacés par du méthane), par l’utilisation d’équipements de combustion performants pour la biomasse et par une forte diminution des émissions d’ammoniac agricole.

  • La transition énergétique, un bienfait pour l’économie et l’emploi Le scénario négaWatt s’avère globalement moins coûteux que le scénario tendanciel, même en considérant un prix des énergies importées stable. Il est aussi nettement plus riche en emplois : la transition énergétique crée pas moins de 400 000 emplois nets d’ici 2030, confirmant les analyses antérieures. La société française devient ainsi plus résiliente face à d’éventuels chocs extérieurs tels que, par exemple, une crise géopolitique entraînant une rupture d’approvisionnement ou une hausse soudaine du prix du baril.

  • Une France plus solidaire et plus responsable. La mise en œuvre de la sobriété, de l’efficacité et du développement des énergies renouvelables apporte à tous les territoires, ruraux comme urbains, de l’activité et des richesses qui permettent de construire à terme un paysage énergétique réparti plus équitablement : elle permet notamment de réduire très fortement le nombre de personnes en situation de précarité énergétique. À l’international, la France envoie un triple message : de responsabilité en prenant toute sa part de l’effort climatique, d’exemplarité en contribuant à l’émergence d’un nouveau modèle de développement et enfin de solidarité vis-à-vis des pays où la croissance de la consommation d’énergie reste une nécessité.

  • Il n’y a plus de temps à perdre Il ne faut ni attendre de grand soir énergétique, ni se contenter de gadgets : la priorité pour les 5 ans à venir est à la mise en œuvre des lois et mesures décidées durant les deux quinquennats précédents, mais dont le rythme d’application est très insuffisant. Une réelle volonté d’agir doit se manifester clairement et à toutes les échelles, entre continuité des engagements et nouveaux trains de mesures. Le combat pour le climat n’est pas perdu, mais chaque année d’atermoiements obère notre avenir énergétique et climatique.

  • Le scénario négaWatt, une boussole et un tempo pour agir Partout dans les territoires, des acteurs de toutes natures, citoyens, entrepreneurs, élus se sont déjà engagés concrètement pour construire un nouveau paysage énergétique. À ceux-là et à tous les autres qui, toujours plus nombreux, leur emboîtent le pas, le scénario négaWatt offre une trajectoire et un rythme pour guider l’action : à tous, nous disons de s’en saisir pour réussir la transition énergétique, notre immense et vital chantier pour la première moitié de ce siècle.

La synthèse de 48 pages est disponible ICI.

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière : « Biais de confirmation et autres sussucres »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 janvier 2017

et hop, une chronique de plus, avec les liens et références… L’émission est à écouter ICI

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D’habitude j’essaye de produire une chronique en lien avec le thème traité. D’habitude seulement car ce coup-ci je n’ai pas su écrire une chronique sur les atlantpotes de Marie.

Non que les angles manquaient :

  • parler d’esprit initiative et entrepreneuriat dans le contexte pessimisto-attentiste qui caractérise notre époque n’aurait pas manquait de sel.
  • Chacun des projets en eux même auraient méritait un traitement spécifique.

 … mais comment dire….  l’entité « Inspiration » qui partage très épisodiquement ma vie, a ses règles de fonctionnement propres qu’il convient de respecter. Nous avons donc, tout deux (moi et mon inspiration capricieuse), décidé de vous parler d’un bruit de fond qui nous ont marqué ces dernières semaines. Et non, il ne s’agit pas de parler du leader bipolaire de notre monde multipolaire… (encore que…).

Bref, on va vous causer de notre relation au web qui a changé nos comportements en très peu de temps. Je vous l’explique façon puzzle.

Et c’est sourcé !

  • THE ATLANTIC – décembre 2016 (article capté via Courrier International). Le titre : LA SILICON VALLEY PIRATE NOS ESPRITS a retenu notre attention LIEN. Le peach est le suivant : « Les géants du numérique nous asservissent à nos smartphones comme l’industrie agroalimentaire nous rend accros à la malbouffe, assure Tristan Harris. Cet ancien “philosophe produit” de Google qui souhaite labelliser les applis “éthiques”. Je vous la fait courte : le Tristan en question pense que nous sommes faibles et susceptibles de perdre notre temps sur des applications sans sens. Le produit dicte l’usage et les appli seraient conçues pour rendre les consommateurs addicts (le modèle économique reposant le plus souvent une exposition la plus longue possible aux pubs en tout genre). J’ai adoré l’explication sociologique de l’existence des « like » et autre « j’aime » : c’est de la pure technique addictive. Entendez bien, cérébralement, notre satisfaction à la notification est la même que celle de Médore qui reçoit son sussucre. Je le savais mais le lire me renvois une sale image de ma personne. J’ai donc besoin de la reconnaissance d’un algorithme pour être heureux !!! Ce qui me pousse à vos poser la question suivante : Serons-nous moins faibles en le sachant ? Rien n’est moins sûr. Voilà pour la première pièce.

 

  • La seconde pièce de mon puzzle virtuel me parrait encore plus intéressante. La, on cause de nos pratiques sur les « réseaux sociaux » (le petit oiseau bleu en ce qui me concerne). Connaissez-vous le biais de confirmation ? Je sorts ça d’un article de Nicolas Gauvrit (LIEN) qui m’a ouvert les yeux sur une mauvaise pratique que je soupçonnais ici aussi sans en connaitre le nom. Le biais de confirmation. Nous croyons qu’internet nous offre un accès à la connaissance universelle et à l’expression des points de vue ? On l’utilise comme principale source d’information. Et pourtant… Nous n’utiliserions ce formidable outil que pour confirmer des opinions déjà forgées. Réfléchissez y. Vous suivez, comme moi, des gens qui penses comme vous. Vous orientez vos recherches en fonction de votre position / point de vue. Combien de fois avez-vous changez d’avis sur un sujet en consultant votre « réseau » ?

Nicolas Gauvrit : « Si on n’y prend garde, et si l’on suit notre tendance bien humaine à confirmer nos croyances plutôt qu’à les tester, on s’expose à mal chercher, à ne prendre en compte, notamment sur les réseaux sociaux, que l’opinion d’individus partageant nos convictions – quand bien même elles seraient fausses. »

Cet article explique pour moi, en partie, la monté en puissance des « fausses informations » (hoax – fake news) qui ont largement orientées les décisions populaires récentes : Brexit et autre TrumpIn. Le mensonge, presque assumé par ses auteurs, devient une vérité comme une autre. « je te mens mais j’ai raison ». La conviction et la croyance prennent le pas sur le fait opposable.

Que faire ? Alors j’ai essayé de m’abonner sous twitter au compte du Comité Trump France (si si, ça existe), pour voir…  Bon là je suis allé trop loin, ma mâchoire a heurté violemment le sol à la lecture.  La réponse est probablement plus dans la consultation d’une presse hétérogène, sourcée et accepter de se faire un peu bousculer parfois par des opinons divergentes…  J’aime pour ceci Courrier International ou les décodeurs (@decodeurs).

 

J’en profite pour vous dire que TERRA-ECO tente une renaissance et que ça vaut le coup de les soutenir car il regarde les choses sous un angle original et il me manque. Ça se passe ICI.

 

Pour conclure mon puzzle à 2 pièces : Edgar Morin a dit récemment sur Twitter : « Le progrès n’est pas forcement progressiste ».

Internet n’est ni bon ni mauvais, par contre notre usage peut l’être.

 

A nous de vivre au mieux avec ça.

Bonne journée

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Infographie : impact environnemental de l’industrie textile

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 janvier 2017

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Source : lien

 

 

 

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Bonne année 2038 !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 janvier 2017

trop fier des vœux de ma boite. On a bien bossé Cécile !

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Lus : « Zéro Pollution, un ultime défi pour l’Humanité » et « Le cantique de l’apocalypse joyeuse »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 novembre 2016

Je viens de m’offrir une jolie aventure lecture, en lisant en parallèle, deux ouvrages que rien ne destinait au rapprochement. Je dispose ici donc d’une exclusivité mondiale pour réaliser cet exercice et ne crains aucune concurrence ! Et en effet, mon cerveau tordu a trouvé matière à alimentation mutuelle dans ces deux livres, sur le sujet non dérisoire de l’avenir de l’Humanité.

CaptureEn ouvrant « Zéro Pollution – un ultime défi pour l’Humanité » de Yannick Roudaut, un vendredi soir de novembre, je ne pensais pas me faire recommander dès le lendemain matin, à la bibliothèque du village, un roman lapon improbable que j’ai eu une énorme envie de dévorer immédiatement : « le cantique de l’apocalypse joyeuse » de Arto Paasilinna.

Il est question de deux livres que je recommande sans réserve. Voici l’occasion de partager mes digressions, plus que de commenter ces lectures.

La Cata. Dans « Zéro Pollution » (0P dans la suite du texte), Yannick dénonce la défaillance de notre modèle de développement humain, destructeur de notre biosphère (notre unique et essentiel substrat) et incapable de penser long terme. Il y propose une perspective ambitieuse à même de nous sortir de l’ornière en développant le concept de « Zéro Pollution ». Dans le « Cantique de l’apocalypse joyeuse » (CAJ dans la suite du texte), l’auteur nous conte, avec un humour délectable, l’histoire d’une vie dans un monde qui s’effondre : crise économique, accident nucléaire, 3ème guerre mondiale, épuisement de la ressource pétrole… Cette vie est celle d’un homme qui passe au travers des gouttes en menant un projet personnel qui devient collectif, au sein d’une communauté écolo qu’il construit, hors du système, au fond d’une forêt finlandaise, à la frontière de la Russie. L’effondrement de notre Monde n’est qu’un arrière-plan lointain dans « CAJ« , quand « 0P » nous encourage à anticiper le pire pour qu’il n’arrive point.

« CAJ » a été écrit en imaginant un futur qui est notre présent, ce qui est forcément troublant pour le lecteur de 2016. Je reviendrai plus loin sur les raisons qui me fond rapprocher ce roman des perspectives proposées par Yannick Roudaut.

Zéro Pollution est composé de deux parties distinctes dans le style : une première sous forme d’essai pour caractériser l’impasse dans laquelle nous sommes engagés et pointer une sortie positive, une seconde partie sous forme de fiction, prospectiviste, imaginant « une » vie possible, en mai 2070, vécue par des personnages fictifs, dans un Paris bien différent de celui de 2016. Cette seconde partie, j’avais souhaité l’écrire il y a quelques années. J’avais même commencer à écrire quelques pages, bien plus sombres et moins bien documentées. Je suis heureux d’avoir laissé Yannick faire le job : question de talent et de courage.

Yannick Roudaut est un conférencier reconnu (lien), qui a appelé de ses vœux une seconde Renaissance dans son livre précédent (lien) pour dépasser le constat stérile des crises environnementales et pour ambitionner une vraie transition. Dans « 0P« , une fois la contextualisation réalisée, il propose une ambition nouvelle : il nous faut viser le « 0 Pollution » pour nous en sortir et arrêter de jouer « petit bras ». Inutile de revenir sur les constats, je les partage. Notre don de prédation, qui nous a permis de survivre ces 200 000 dernières années, pourrait signer notre arrêt de mort. Nous sommes trop doués pour détruire et notre comble ou peut-être ultime trophée, risque d’être notre auto-destruction.

Yannick nous offre ici une perspective positive, richement illustrée d’expériences contemporaines inspirantes. Il explique vouloir contribuer ainsi à l’ »over-view effect » que ressentent les rares humains qui ont pu voir la Terre de l’espace : une envie de protection de notre belle vieille Planète quand on en a perçu ses limites physiques.

Mon interprétation de la posture « Zéro pollution » fait échos aux démarches « Zéro accident » que je peux être amené à fréquenter en entreprise.  « Zéro accident », ça veut dire que l’accident corporel est intolérable et prioritaire sur tout autre impératif. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a jamais d’accident dans l’entreprise. J’envisage le « Zéro pollution » sous le même angle. Il faudrait qu’il ne soit plus acceptable (ce n’est pas le cas aujourd’hui) de contribuer à un dommage à notre éco-système et donc ambitionner de progresser perpétuellement vers la plus grande sobriété en terme de pollution sur toute sa sphère d’influence, par les arbitrages les plus favorables à notre biosphère. Il n’est d’ailleurs, pour moi, pas exclusivement question de pollution au sens rejet (sens commun) mais aussi de l’épuisement des ressources non renouvelables et renouvelables en « danger ». Toutes les externalités négatives en fait. Je pense que le « Zéro Pollution » est une posture et un but mais ne doit pas devenir un Graal déclaratif ouvrant la voie au simplisme. Quand on creuse, l’essentiel des activités humaines identifiées comme « vertueuses » présentent des impacts environnementaux.

Reste de mon point de vue la complexité pour transformer l’objectif lointain en cible et plans d’action : la gestion des paradoxes et des incohérences. Ne pas s’intéresser au détail mais influer significativement sur le global.

Quelques directions à explorer sont dessinées par Yannick et je signe des deux mains : low tech, sobriété, décentralisation des décisions, coopération, biomimétisme, permaculture, coopération, communauté, open-source…

Dans une forêt finlandaise, pendant ce temps là… C’est maintenant que Arto Paasilinna nous rejoint. Dans le « cantique de l’apocalypse heureuse » (mettons le réel plaisir de lecture de côté), l’auteur propose une interprétation de ce que pourrait être la réaction humaine dans un Monde qui s’effondre. Je le traduis ainsi : pour vivre (heureux) dans ce monde qui part en quenouille, qui devient hors de maitrise (et qu’il ne convient même plus d’essayer de changer), il faut créer une petite communauté détachée du système centralisé défaillant (décentralisé donc), y insuffler une solidarité et une coopération entre ses membres (coopération), vivre de peu (low tech, sobriété) avec une proximité retrouvée à la Nature nourricière (biomimétisme, permaculture) avec des compétences et savoir faire manuels ancestraux enrichis des connaissances modernes (open-source)…  une sorte de réponse par le petit bout du questionnement posé dans « 0P« , à une échelle très restreinte, plus proche de la résilience que de l’anticipation d’un nouveau modèle mondialisé compatible avec les limites physiques et biologiques de notre biosphère. Une réponse quand même.

Ni Yannick Roudaut dans son livre, ni moi par ailleurs, ne revendiquons le repli sur « sa » communauté ou tout autre forme d’isolationnisme, mais force est de constater que la dynamique du moment va dans ce sens. La majorité des peuples riches de cette planète se retrouve dans un objectif de défense contre les risques – perçus – comme externes.

Alors quoi ? On avance en grappes de faiseurs, en tribus de convaincus, en ignorant la majorité qui suit le logiciel de développement périmé ? au risque de se retrouver dans le scénario de la « communauté d’écolos dans une forêt finlandaise » (même si cette forêt est aujourd’hui virtuelle dans le monde d’internet). On s’isole pour démontrer ou on se confronte à la masse pour la faire bouger ? Comment changer d’échelle et sortir du petit cercle des convaincus ? Comment faire muer la chrysalide ?

Le triangle du feu (sacré). Je vois les choses à la manière du pédagogique triangle du feu caractérisant les conditions du début d’un incendie : pas d’incendie sans carburant (un truc qui peut bruler), comburant (Oxygène le plus souvent) et source d’inflammation (l’étincelle). Pour que l’incendie -vertueux- du changement vers le « Zéro pollution » se déclenche, il faut de mon point de vue :Capture

1 – que les crises environnementales soient visibles, que les limites impactent sur le système en place. On rentre dedans.

2 – que la conscience des autres voies et savoirs associés soient accessibles et partagés. C’est la vertu du livre de Yannick, du film « Demain », du Plan B

3 – enfin, qu’il se passe quelque chose pour booster le changement à une échelle significative. Initier le mouvement, rendre tout retour en arrière impossible. Et là on est bloqué pour le moment. Un leader ? une catastrophe ? une révolution ? Je ne suis sur de rien de ce que j’ai écrit dans ce post, sauf d’une chose : je ne connais pas la réponse à cette question.

Joyeux Noël.

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Invitation à la Conférence Débat Carbon’at – FRET IN TRANSITION – 12/1/17

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 novembre 2016

L’association Carbon’at vous invite à sa plénière le 12/1/2017 sur le site de l’École des Mines de Nantes

Inscription : http://web.emn.fr/x-dre/lsd/index.php?sid=77946&newtest=Y&lang=fr …

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Chronique Ecolo-buissonière : « la secte des mangeurs d’insectes »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 novembre 2016

Une nouvelle chronique, reprise ci-dessous avec des mots à lire.

Les mots à entendre sont là au deux tiers de l’émission après « The Bug » de Dire Straits : LIEN

Après le texte, une belle infographie, source d’inspiration.

Bonjour Marie, bonjour les invités de Marie. Je ne suis pas présent ce matin et … ce n’est pas un hasard…

Vous allez comprendre. Tout a commencé ce mardi 21 nov :  je reçois un message de Marie, un peu coupé, « sshhhht c’est… Arie…..pshht…à la bourre…. Shtttttttt…. Secte …mange… insecte…. Compte sur toi…. Sshttt… chronique… ». Je n’entends pas tout mais je comprends qu’il s’agit d’une histoire de Secte de mangeurs d’insectes.

J’ai trouvé ça bizarre… mais admettons. où trouver de l’inspiration ? c’est que j’y connais rien moi dans le secteur des sectes d’insectes. Par quel bout traiter ce sujet ultra confidentiel ? Une secte de mangeurs d’invertébrés ! bigre, ça chatouille les mandibules.

Bien sûr, je sais, par Bruno Parmentier (dont je recommande son excellent blog Nourrir – Manger - à consulter sans modération), que pour nourrir la planète en 2050 il nous faut augmenter la production agricole de 70%. La même source m’a enseigné que notre régime carné occidental composé sur une vie de 7 bœufs, 33 cochons, 9 chèvres, 1300 volailles est une impasse technico-environnementale à l’échelle planétaire.

Je sais aussi que de ce point de vue les « insectes-aliments ». Comment on dit ? : « aliquinsectes ? », « Food bugs » ? …. Ont plus d’un argument pour nous convaincre de les croquer :

  • massiquement 1 grillon est comestible à 80% alors qu’une vache ne l’est qu’40% : top de l’efficacité !
  • et que dire de la Sobriété en ressources : 1g de proteine insecte consomme 3L d’eau alors que la même quantité de proteine de vache en demande 60 litre. Sans parler que notre malheureux grillon consomme 12 fois moins de proteine végétale pour produire une masse équivalente. Le top de l’efficacité.

…Mais pourquoi donc Marie m’a-t-elle branchée sur cette histoire de secte ?

Il y a 2,5 milliards des humains sur terre qui mange des insectes ! 2.5 milliards d’entomophages. A ce niveau-là on ne parle plus de secte mais de pratique de masse. Ou alors peut-être s’agit-il d’un groupuscule, un essaim d’activistes, de lobbyistes de l’industries d’élevage et de transformation des insectes qui aurait pour ambition de nous cacher les conditions d’abattage infectes des insectes ou un truc comme ça… Y aurait-il une affaire « insectes » cachée au plus au niveau de l’Etat ?

J’ai creusé, j’ai consulté mes sources sures, j’ai visionné des dizaines « d’insectes tape » sur internet (ils ont au moins autant d’imagination que nous), j’ai fini par apprendre un truc EnOrme !. Il se trouve que vous (nous tous) consommons sans le savoir 1kg d’insecte par an cachés dans nos denrées alimentaires. Des mandibules dans les céréales, des pates dans les pattes, thorax dans le riz…

 On nous cacherait donc un élément essentiel : nous sommes déjà tous entomophages à l’insu de notre plein grès. Voilà peut-être l’objet de ce regroupement malfaisant : nous cacher, voir organiser, la progressive accoutumance en cours pour faire de nous des croqueurs de scolopendres ?

Il est 1 heure du mat et j’ai peur devant l’ampleur de ce que je viens de découvrir.

Le marché des bestioles à sang froid est juteux : Il y a 1,4 milliards d’insectes pour 1 habitant et 1900 espèces sont identifiées comestibles. Voilà donc le projet de la secte des mangeurs d’insectes : casser la barrière culturelle qui fait que nous, occidentaux sommes capables de manger Joly Jumper, un animal sur lequel on monte pour se balader en forêt dans une complicité coupable ET que nous n’acceptons pas d’envisager de gober un insecte. Nous, les français sommes même prêts à manger un gastéropode ou une grenouille plutôt que d’envisager de grignoter des sauterelles « sautées » à l’apéro.

Je suis tombé au cœur d’un projet mondial. J’en veux pour preuve le traitement du dossier insecte par Wall Disney. Car tout conditionnement de consommateur occidental commence là. Au plus jeune âge, avec les histoires pour enfants du géant de la propagande qu’est WD. Connaissez-vous un seul héro de WD qui soit destiné à notre frigo ? Une belle vache à viande, un cheval d’abattoir ? ben non, nous ne devons pas être pris d’empathie pour ce qui va devenir notre repas. C’est pareil pour les insectes : j’ai cherché et aucun insecte ne trouve grâce aux yeux des concepteurs des Disney stories. A part le vieux Jimily cricket, aucun insecte n’est rendu sympathique aux yeux des enfants futurs consommateurs… Le complot est mondial.

 Même si c’est peut-être un peu tirer par les antennes, j’en profite pour faire le lien avec les CIGALES. Pas celle qui chante et qui donc se mange mais les club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire. C’est le bon moment pour vous renseigner. Quand un Cigales cherche une fourmi, ce n’est pas pour la manger, pour lui permettre de réussir son projet.

Allez, sans rancune.

 

 

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Infographie : La bio en France

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 novembre 2016

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Chronique Ecolo-Buissonière : « souriez, vous êtes mouillés »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 novembre 2016

A la 16’50, ma petite chronique sur un très intéressant opus consacré à l’eau : LIEN

Quelques liens / référence issues de ce blog par ICI et le texte ci-dessous.

Il est question d’eau aujourd’hui, alors je m’y jette (à l’eau) pour vous proposer une chronique faite de jeux de mots foireux, d’informations très sérieuses et de chiffres écolo-solubles. Je vais essayer de ne pas trop vous souler mais vais quand même profiter de ce temps de parole pour corriger le snobisme ambiant sur notre relation à l’eau.

Le sujet aqueux mérite en effet un peu plus de temps que les 2 minutes météo matinales : « Fait pas beau hein ? », « Ya plus de saison !», « c’est triste ce temps gris…»…

Qui a conscience du luxe qu’est notre accès permanent et immédiat à l’eau potable ? Enfin, je parle de nous, les occidentaux auto-revendiquant en permanence notre propre décadence et déchéance, et non la mère de famille tchadienne qui passe la plus grosse partie de ses journées à marcher pour accéder aux litres d’eau potable nécessaires pour subvenir aux besoins vitaux de sa famille. Elle a du coup moins le temps de s’intéresser à la crise que traverse ITélé, le loisir vide morandinien ne lui étant pas proposé. Blague à part, 768 millions d’humains n’ont pas accès à l’eau potable. 1 personne sur 10 !

Car si nous SAVONS que l’eau est VITALE, nous rechignons à lui donner de la VALEUR.

Par habitude, par excès d’accès.

[petite parenthèse] en écrivant cette chronique je me suis rappelé avec émotion une de mes lectures favorite de mon adolescence. Il s’agit de DUNE de Franck Herbert (Sting avait joué dans les années 80 dans le médiocre film du même nom). DUNE trace une épopée à cheval entre science-fiction et prospectivisme sur une planète désertique et hostile. La civilisation du coin a du s’adapter à la contrainte du manque d’eau. Je me suis rappelé que pour survivre les hommes portaient un dispositif individuel, type scaphandre, récupérant les rejets aqueux corporels (oui oui tous) pour les recycler par ingestion directe. Une petite station d’épuration dans le sac à d’eau. Il faut que je relise, j’avais adoré ce bouquin…

Revenons à notre problème de reconnaissance de la VALEUR EAU et parlons tuyauterie. On en a en France 250 000 km sous nos pieds et c’est la preuve sans ironie d’une maturité importante de notre Société. Nous avons investi pour la collectivité sur un sujet vital qui permet un accès quasi universel à l’eau potable. Une forme de graal dans certains coins du Globe.

Et tout ça pour… pour… Tiens, connaissez-vous le prix de m3 d’eau au robinet ? 1€ 4€ 10€ 100€ ??? Environ 4 € pour 1000 L, c’est le prix de notre fluide vital (1.5 € à Antibes en 2005, 5.17 à Evreux). C’est pas cher (à 4 nous consommons 80m3/an). Du coup, tout le monde se moque bien des 1.3 milliard de m3 de bonne eau consommable perdues annuellement dans les fuites (L’équivalent de 430 000 piscines olympiques). Pas étonnant, aussi, que nous ayons organisé notre système de distribution d’eau POTABLE pour qu’il approvisionne sanitaires, nettoyage des voitures, arrosage des jardins… Et que dire dans ces conditions de l’impossible retour sur investissement de tout investissement de consommation d’eau… Vital mais sans valeur…

Mais la consommation directe d’eau n’est que goutte d’eau. Regardons de plus près le sujet énergie. Rien à voir ? Notre soif d’énergie assèche aussi nos ressources en eau. Il existe une concurrence cruelle et toxique entre les usages vitaux (consommations directes, agriculture, biodiersité) et la production d’énergie. De l’eau pour refroidir les réacteurs nucléaires, de l’eau pour extraire et raffiner le pétrole et extraire le charbon, de l’eau même pour l’hydroélectricité bien-sur !

Selon le dernier rapport « Eau et Energie » de l’ONU, pas moins de 15 % des eaux prélevées sur la planète servent à fournir de l’énergie. 50% en Europe et aux US. Une part qui devrait augmenter de 20 % d’ici à 2035, car les exclus de l’énergie et ceux de l’eau sont souvent les mêmes…« la demande d’énergie va croître de 70 % d’ici à vingt ans ».  J’ai été bouleversé il y a quelques semaines à Climate Chance en écoutant Jean-Louis Borloo et Hindu Oumarou Ibrahim. L’Afrique est LE défi des décennies à venir et les choix qui seront fait pour produire l’électricité des africains conditionneront aussi leur accès à l’eau. Tous les modes de production centralisés sont gourmands en eau.

La palme de l’irresponsabilité écologique est pour moi le dessalement d’eau de mer : on utilise (beaucoup) d’eau pour produire une énergie qui sert à produire (beaucoup moins) d’eau pour la consommation locale. Non mais ALLO quoi ! Cet usage doit se limiter à l’essentiel et non au confort… La bonne nouvelle est que la production d’électricité éolienne est (très) sobre en eau : 190 fois plus sobre que le Gaz Naturel à production d’énergie constante.  520 fois plus que le nucléaire.

Nous aurions aussi pu parler de la dépendance de l’agriculture à l’eau (toutes les productions ne sont pas égales), des nouvelles technologies de dessalement d’eau de mer qui se disent moins énergivores… Je n’ai pas vraiment de chute (d’eau) pour conclure ma chronique. Ne soyez plus triste quand il pleut, ce sont des briques de vie qui vous tombe sur le coin de la figure. Souriez, vous êtes mouillés !

Publié dans CHRONIQUES ECOLO-BUISSONIERE, H20 | Pas de Commentaire »

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