Lu : « Il était minuit moins cinq à Bhopal » de Dominique Lapierre

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 juin 2017

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Quand je suis tombé sur ce livre de Dominique Lapierre dans la bibliothèque d’une amie (coucou Eve), je me suis rendu compte que je ne savais presque rien de cet évènement tragique. J’avais 9 ans en 1984 et l’actualité industrielle indienne ne constituait pas un centre d’intérêt prioritaire pour le petit auvergnat que j’étais.

Bien-sûr, pour l’auditeur de Systèmes de Management de l’Environnement que je suis devenu, Bhopal était la « mère des catastrophes industrielles » qui a notamment « motivé » la rédaction de la première mouture de la norme ISO 14001. Je n’en savais pas beaucoup plus avant de dévorer ce livre.

L’ouvrage de Dominique Lapierre et Javier Moro m’a donc éclairé sur les raisons de cet accident industriel. Mais peut-on parler « d’accident » industriel ici ? A partir de combien de morts faut-il changer de mot ? Même le terme de catastrophe ne parait pas à la hauteur pour qualifier une défaillance industrielle qui a causé la mort de 16.000 à 30.000 personnes (pas que le jour même mais dans les mois et années qui ont suivi) et blessé plus ou moins lourdement 500.000 autres indiens. 530.000 victimes ! à peine moins que la population entière de la Vendée.

En parallèle de la description factuelle des éléments qui expliqueront la fuite de gaz mortels en cette nuit du 3 au 4 décembre 1984, le récit s’attache à suivre la vie « normale » de protagonistes locaux et contemporains à l’Histoire de l’accident. Ces vies que le destin a mené à proximité immédiate de ce « bijou » qu’était le site industriel de la multinationale américaine Union Carbide. On s’attache aux personnalités, on suit leur aventure personnelle, leur survie, leur joie… jusqu’au mariage de Padmini, ce soir du 3 décembre 1984. Cette approche humanise les chiffres froids du nombre de victimes. Ils étaient vivants, comme nous.

Ce que je retiens tout particulièrement de cette lecture, c’est l’analyse fort bien documentée des circonstances qui ont abouti à cet effroyable échec industriel. Tout accident est multi-causal, la chronologie des évènements le démontre ici clairement. Une enquête remarquablement documentée qui devrait être enseignée dans les écoles de management.

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New-India-ad-320Une belle histoire : la science au service de l’Humanité

Le début de cette histoire est remplie du positivisme ambiant d’une période où l’industrie chimique ouvre des nouveaux champs des possibles. Qui peux reprocher à une industrie en plein développement et en pleine réussite, de proposer à un pays en développement comme l’Inde, une sécurisation de sa production agricole ? Dans un pays où la pluviométrie est incertaine et où les insectes mangent massiquement plus de cultures que les hommes qui travaillent les champs, les solutions de l’agro-chimie sont miraculeuses. Alors, quand un des trois géants mondiaux de la Chimie, Union Carbide, choisit la ville de Bhopal pour fabriquer son insecticide phare – le SEVIN – c’est une très bonne nouvelle.

C’est même la fête ! 1.000 emplois directs aux plus belles périodes avec des niveaux de rémunérations inédits en Inde. Les emplois indirects sont aussi légions. L’usine attire les sans ressources qui vont s’installer aux portes de l’usine. C’est une ambition pour toute la population locale que de travailler chez Union Carbide.

Les autorités sont fières de montrer le développement économique de leur territoire et font tout pour bien accueillir l’industriel, les gens se considèrent bénis des Dieux de bénéficier de cette création de richesse et les investisseurs américains envisagent un marché juteux pour débouché de son produit magique (il y avait 400 millions de paysans indiens à ce moment). Les agents commerciaux de la multinationale assuraient aux paysans que pour « chaque roupie que tu dépenseras pour acheter du Sevin t’en fera gagner cinq« .

Magique, magique… Au fait, on y fait quoi dans cette usine surdimensionnée ?

La question ne se posait pas vraiment pour les employés : de la poudre blanche. Une sorte de médicament pour les plantes. Que du bon ? En fait non; pour faire la belle poudre blanche qui protège les rosiers et les tomates (le SEVIN est apparemment toujours en vente aux US !!), le process fait intervenir de l’Isocyanate de méthyle (le MIC) qui a des particularités létales pour le genre humain. Dans les conditions normales, le MIC est un liquide incolore d’odeur âcre. Il est très volatil et il a une température d’ébullition relativement basse (39°C). Il est aussi hautement inflammable. Enfin, il est soluble dans l’eau mais n’est pas stable car il réagit avec cette dernière (c’est ce qui déclenchera la réaction exothermique le 3 décembre 1984). Pour le fabriquer, il faut du Phosgène (célèbre gaz de combat) et de la Méthylamine (dérivé de l’Ammoniac) qui ne sont pas franchement non plus les amis de ce qui est vivant. Bref, ça pu, ça tue quand on le respire et ça doit rester à 0° pour pas rentrer en ébullition.

Probablement que les dirigeants d’Union Carbide étaient sincères quand ils déclamaient leur engagement humanitaire. Leurs innovations devaient permettre de nourrir une population en manque.

Probablement que les engagements de la firme en matière de Sécurité des Hommes étaient sincères (« Safety First » – « Good Safty and good accident prevention praticies are good business« ) et leur expertise technique réelle.

Surement que les investissements engagés au début du projet pour former le personnel indien sur les sites américains étaient un engagement fort pour transférer les compétences.

Pourtant le manque d’humilité et de transparence de cette entreprise toute puissante pue autant que son produit. Savoir que l’entreprise n’a jamais communiqué la composition de ses produits aux services sanitaires locaux alors que des stocks de thiosulfate de sodium auraient sauvé des vies. Un antidote existait…

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« Les histoires d’amour finissent mal… en général »

Le marché n’était pas là. L’usine était trop grosse et non rentable. La multinationale a donc du baissr la voilure dès 1982/83. Les moyens libérés pour l’entretien du matériel ont chuté en conséquences. De petites économies en petites économies, on a coupé la réfrigération du MIC, on a laissé les vannes se détériorer, diviser par deux les effectifs… 

Les hommes compétents qui avaient conçu le site, ont aussi quitté les lieux. La culture de la sécurité a disparu petit à petit… Au point que les audits du groupe n’ont plus été pris en compte. Les signaux faibles ont été nombreux, mais plus personnes n’était en capacité (ou en volonté) de les identifier. bhopal

Trois dispositions de préventions basiques ont, par exemple, été oubliées progressivement : stocker peu de MIC sur site (une des cuves était quasiment pleine de MIC), toujours maintenir le MIC en dessous de 0°C (la réfrigération était coupée le jour de l’accident), toujours maintenir une torchère en fonctionnement pour évacuer les émissions gazeuses en cas de soucis (la torchère était hors service le jour de l’accident).

Moins de prévention industrielle, mais surtout une proximité des habitations impensable ! Les bidons-villes sont à quelques mètres du site et les habitants n’ont jamais été sensibilisés à un quelconque danger ou procédure de réaction en cas d’urgence. Pire : les sirènes d’alarmes étaient orientées vers l’intérieur du site, pas vers l’extérieur. Les salariés seront sauvés (sauf un), les morts seront les habitants des taudis alentours.

Et, je n’aime pas le dire, mais Mr Pasdechance était aussi au rendez-vous de cette nuit mortelle. Mr Pasdechance a fait en sorte que ce triste dimanche soir de nombreux évènements festifs se déroulaient dans les rues populaires de Bhopal (mariages, déclamations publiques de poèmes, pèlerinages, arrivée d’un train complet quelques minutes après l’accident à la gare située devant le site…). Enfin, Mr Pasdechance a orienté le vent vers le bidonville. Le pire des scénarios.

Pour la suite… ce fut une horreur qui se prolonge encore dans le temps (séquelles physiques et psychologiques durables). Aucun jugement n’a été prononcé contre Union Carbide.

Je n’oublierai jamais cette lecture.
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Chronique Ecolo-Buissonière : Histoire de l’Economie – ECONOMIX

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 mars 2017

Cette chronique fait un peu de recyclage avec mon post précédent (lien), mais l’efficacité ne nécessite-t-elle pas un peu de paresse ? (ou l’inverse, je ne sais plus). L’émission du 24/03/2017 en intégrale est ICI avec du Nina Attal dedans (une découverte musicale de ces derniers mois. Je suis fan).C7gtiOGW4AAxCe8

Marie, chers écolo-buissonneurs du jour,

Aujourd’hui je m’en va vous causer de l’Histoire de l’économie. J’aurais causé CoWatt (lien) en l’absence d’Eric Bureau ici présent, mais comme il le fait bien mieux que moi, je suis parti sur autre chose…

Pourquoi donc vous embêter avec l’Histoire de l’Economie et sortir de ma zone de confort ? Pour 2 raisons :

1-      Tout d’abord car les dépravés que nous tentons tous d’être autour de cette table, nous auto-excluons beaucoup trop rapidement du sujet économique. […] Quoi ? ne me regardez pas comme ça, je ne vous ai pas insulté… Je vous ai traité de « dépravés » car Florence Osty (sociologue de son état citant elle-même Norbert Alter, autre sociologue de son état) m’en a récemment donné l’autorisation en m’expliquant que, pour qu’une innovation voit le jour, il faut que des « dépravés » soient dans la place.  Les dépravés sont des personnes en mesure d’être à la fois bien intégrés dans leur contexte ET « progressistes » dans le sens où ils envisagent des évolutions remettant en cause l’existant. Etre DANS son institution et A COTE dans le même temps… Je suis élogieux à votre égard en disant que vous êtes des dépravés !

Donc, bandes de dépravés revenons aux raisons qui me poussent à vous causer Histoire de l’économie dans une émission dédiée à la Transition énergétique. Nous sommes très militants et valorisons les plus engagés, mais nous investissons assez peu la « science » qui régit, qu’on le veuille ou non, notre quotidien depuis que nous sommes devenus des Hommo Economicus.

 2-      La seconde raison de mon choix est que je viens de lire un sympathique ouvrage qui répond à la raison 1 et il me sied de vous en proposer mon retour de lecture. Je vous livre donc dans la même chronique le problème et la solution. C’est pas bon ça patron ?

 

Le livre que je vous recommande donc de lire est une BD de 300 pages qui s’appelle ECONOMIX (LIEN). Cet indispensable ouvrage vulgarise avec humour (et engagement…) la complexité de l’Histoire de l’économie, avec une entrée chronologique qui permet de mieux comprendre comment les pensées économiques se sont construites du XVIIème siècle à aujourd’hui.

Économie Politique Classique, néoclassique, libérale, néolibérale, mixte. Apports d’Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de Friedrich Engels, de Keynes… tout ça c’est clairement simplifié dans mon cerveau embrumé par les postures de tout bord.

 

Impossible de résumer le machin ici, vous avez compris le principe (l’histoire de l’économie pour les nuls avec des bonhommes rigolos et des métaphores qui font « mouche ») alors j’ai ressorti une seule illustration :

  • En 1776, Adam Smith écrit RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES CAUSES DE LA RICHESSE DES NATIONS. Il y introduisit les bienfaits de la concurrence et l’idée que le Marché peut s’auto-gérer. Mon idée était qu’Adam Smith était le gourou du libéralisme, point. On oublie que le bonhomme n’était pas dogmatique. Il pensait que « les marchés ne renforçaient pas la loi, ne protégeaient pas les frontières et ne fournissaient pas de biens publics comme le nettoyage des rues que tout le monde exige mais que personne n’est très enclin à effectuer. Dans son fameux ouvrage, il dit même de prendre garde aux capitalistes. Citation surprenante :

« la proposition de toute nouvelle loi ou règlement de commerce, qui part des [capitalistes], doit toujours être adoptée qu’après avoir été longtemps et sérieusement examinée, non seulement avec le plus grand scrupule, mais avec la plus grande défiance. Elle vient d’un ordre d’hommes dont l’intérêt n’est jamais exactement le même que celui du public, qui généralement est intéressé à tromper et même opprimer le public, et qui, dans bien des occasions, n’a pas manqué de le tromper et de l’opprimer « 

 Mais Adam Smith parle du CETA là !

Ça dans les écrits d’Adam Smith, c’est aussi contre-intuitif qu’un Donald Trump en tractage sur le marché de La Roche sur Yon pour inciter à crowdfunder l’excellente initiative CoWatt.

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Ce livre m’a fait penser à un autre ouvrage que j’ai dévoré l’année dernière et qui, lui aussi, suit une logique « frise chronologique » ! OR NOIR, une grande histoire du pétrole de Mathieu Auzaneau (LIEN). On se situe sur la même période et les ouvrages se nourrissent l’un l’autre. On y retrouve d’ailleurs les mêmes acteurs de notre histoire récente.

 Alors pourquoi se priver de connaissances facilement accessibles ? Si ce livre a su combler quelques trous béants de ma culture économique, il peut peut-être nous aider à ne pas reproduire les erreurs d’un passé récent. En plus, il est drôle. ECONOMIX de Mickel GOODWIN, Edition les ARENES

Pour terminer une info locale (vendéenne) : dimanche 26 mars, c’est le lancement à La Roche sur Yon de la monnaie complémentaire VendéO. A suivre.

 

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Lu : ECONOMIX, la première histoire de l’économie en BD

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 mars 2017

Une fois n’est pas coutume, la petite bibliothèque de mon village a su me proposer une lecture d’exception… dont je n’avais jamais entendu parlé.

Qui n’a pas envie d’avoir une culture basique mais crédible sur la « science » économique (quelque soit vos opinionsEconomix_la_premiere_histoire_de_l_economie_en_BD politiques d’ailleurs), et sans investir un temps monstrueux dans des lectures souvent très techniques ? Économie Politique Classique, néoclassique, libérale, néolibérale, apports d’Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de Friedrich Engels, de Keynes… C’est bien de savoir de quoi on parle non ?

J’ai ce qu’il vous faut : avec ECONOMIX, vous disposez d’une BD vulgarisant la complexité de l’économie, avec une entrée chronologique pour comprendre comment la (les ?) pensée économique s’est construite du XVIIème siècle à aujourd’hui.

Indispensable. Voici ce qu’en a dit Le Monde :

« Economix est un livre hors norme. S’il avait existé à l’époque, certains banquiers n’auraient pas osé vendre autant de crédit à risque« 

Pour ma part, je trouve que l’auteur, Michael Goodwin, parvient, grâce à l’accessibilité permis par les dessins, à vulgariser des concepts complexes sans basculer dans le simplisme. Un exploit.

Aucune pertinence à résumer ici l’ouvrage -de près de 300 pages – mais j’ai choisi quelques morceaux qui vous donneront peut-être envie d’en savoir plus :

  • 1776 : Adam Smith écrit RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES CAUSES DE LA RICHESSE DES NATIONS. Il introduit les bienfaits de la concurrence et l’idée que le Marché peut s’auto-gérer. Mon idée était qu’Adam Smith était le gourou du libéralisme, point. On oublie que le bonhomme n’était pas dogmatique. Il pensait que « les marchés ne renforçaient pas loi, ne protégeaient pas les frontières et ne fournissaient pas de biens publics comme le nettoyage des rues que tout le monde exige mais que personne n’est très enclin à effectuer« . Dans son fameux ouvrage, il dit même de prendre garde aux capitalistes. Citation surprenante :

« la proposition de toute nouvelle loi ou règlement de commerce, qui part des [capitalistes], doit toujours être adoptée qu’après avoir été longtemps et sérieusement examinée, non seulement avec le plus grand scrupule, mais avec la plus grande défiance. Elle vient d’un ordre d’hommes dont l’intérêt n’est jamais exactement le même que celui du public, qui généralement est intéressé à tromper et même opprimer le public, et qui, dans bien des occasions, n’a pas manqué de le tromper et de l’opprimer« 

  •  Ci-dessous une planche pour illustrer l’esprit de la BD. Il est question ici de l’émergence des médias dans l’économie. D’autres planches nous expliquent comment la publicité est passée d’une logique d’information sur une offre de service disponible à une logique de transmission du désir de consommation (John Kenneth Galbraith – 1958).

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  • Bien sur, l’émergence de la prise en compte des externalités de production me touche particulièrement. La prise en compte du « coût global » n’est qu’une notion récente que la RSE tente de prendre en compte dans les organisations du XXIème siècle.

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Seule critique : le livre étant écrit par un américain pour les américains, il est un peu « USA-centré ».

Bien sur ce livre est « engagé » mais il me semble qu’il est suffisamment factuel pour que tout le monde y trouve son compte. A lire donc pour être un peu plus « compétent » sur la branche « économique » de notre Histoire.

PS : je renvoie sur le dernier entretien de Gaël Giraud, économiste décalé et ultra-pertinent qui mérite d’être lu : LIEN

 

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CoWatt : le cotoiturage solaire

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 mars 2017

Je faisais référence, à la fin de ma dernière chronique pour l’Ecolobuissonière (lien), à l’initiative locale CoWatt. 16649377_580072532183516_2273845702526726158_n

Ce post décrit le projet… et mieux, vous propose d’y participer et/ou de contribuer au financement de son lancement ! Pour en savoir un peu plus, cliquez ICI.

CoWatt est une coopérative dont l’objectif est d’accélérer la transition énergétique en multipliant les installations de panneaux solaires sur les toits des particuliers. CoWatt veut  :

  • associer des citoyens qui souhaitent investir et soutenir des projets d’énergie solaire en valorisant des toitures bien exposées dans la région Pays de la Loire.
  • prendre en charge les démarches administratives, techniques et juridiques nécessaires à la mise en place de telles installations.
  • mobiliser les citoyens et animer la dynamique collective autour du développement des énergies renouvelables.

Une démarche groupée est d’autant plus pertinente qu’en mutualisant les projets, les risques sont aussi partagés.

L’idée est que la production d’électricité, sur 20 ans, permette de dégager suffisamment de bénéfices pour financer les emprunts, rémunérer les investisseurs, financer les fonctionnement et investir dans des actions en faveurs de la transition énergétique sur les territoires où les centrales sont installées.

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Depuis un an, une quinzaine de bénévoles, appuyés par les associations Alisée et Elise, œuvrent à la création de CoWatt. Afin de lancer la structure définitive fin mai, il reste à mettre en place les statuts, mais aussi :
– le site internet
– les autres supports et moyens de communication (flyers, affiches, newsletters, photos & vidéos, événements..)

Pour cela 20.000€ sont nécessaires. CoWatt va donc faire un appel aux dons via la plateforme de crowdfounding « ZESTE » dès le 9 mars (LIEN).

Cette campagne fait également suite à la présence de CoWatt au grand débat de la transition énergétique porté par Nantes Métropole.

Le projet est à suivre sur Facebook !

CoWatt : la transition à portée de main

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière : Les paradoxes et enseignements de la transition énergétique allemande – ENERGIEWENDE

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 2 mars 2017

Ma dernière chronique est à peine en ligne (LIEN) que le texte, les sources et graphiques sont déjà disponibles :

« Ma contribution à la coopération franco-allemande, puisque c’est le sujet du jour, s’est limitée dans toute ma vie à 2 voyages scolaires à la fin des années 80 à Wetzlar près de Franckfurt. J’en profite pour adresser d’ailleurs un amical salut à Uwe Keller, mon correspondant allemand. C’est quand même surprenant que je n’arrive pas à me rappeler du nom des gens que je croise au boulot et que je me rappelle d’Uwe Keller ! Hastag #dégénérescence.

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Les souvenirs de mes séjours sont ceux d’un énorme aéroport, d’une piscine publique à vague avec une partie extérieure chauffée en pleine hiver. Bref des souvenirs très peu en lien avec la transition énergétique que j’ai choisi de chroniquer aujourd’hui (en réponse à l’édito de Marie).

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L’actu en France, c’est la publication du scénario NEGAWATT (lien) qui dresse un scénario crédible d’une société française sobre en énergie, efficace, renouvelable et non accessoirement affranchie du nucléaire. Je rappelle que NEGAWATT est un néologisme créé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins. L’idée est qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que la produire.

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Il se trouve que l’Allemagne a des trucs à nous transmettre sur le sujet de l’ENERGIEWENDE. Dès les années 80 l’association allemande Öko-Institut a dressé des scénarios de transition énergétique et a ouvert la voie à la présence du gourou de la troisième révolution industrielle Jeremy Rifkin (lien) qui a su parlé à l’oreille des puissants en Germanie. Dès 2000 un plan de déploiement des énergies renouvelables, couplé à une sortie du nucléaire, s’est traduit en actes. La catastrophe de Fukushima n’a fait qu’accélérer le mouvement de la sortie totale du nucléaire, fixée à 2022.

Le paradoxe est que pour franchir le cap de la transition, l’Allemagne fait tourner des centrales charbon et gaz pour compenser la perte de production électrique due aux arrêts de centrales nucléaires. Le pays se trouve en France accusé de contribuer à la pollution française hivernale en particules fines quand les vents sont mal orientés (tout est relatif bien sûr, les vents d’Est sont surement une bonne nouvelle à Vilnius ou Minsk!).

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L’expert en énergie qu’est Eric Vidalenc a d’ailleurs titré un article dans alternative économique le 9 décembre : Les éoliennes allemandes qui polluent l’air de nos villes… (lien). Une provocation destinée à relativiser notre recherche de bouc-émissaire. Je vous propose de prendre un peu de recul sur la réalité du sujet. La mode est au fact-checking et pour une fois que la mode porte du sens, soyons moderne. Fact-checkons :

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OUI, L’Allemagne et la Pologne, sont responsables de 54% des émissions de GES issues des centrales à charbon en Europe…  et c’est un problème. Ces centrales sont très polluantes et incompatibles avec les engagements de la COP21 (ci-contre : illustration de la situation des centrales charbon en Europe).

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L’ironie : savez-vous qu’avec nos centrales nucléaires en arrêt cet hiver nous avons eu besoin d’acheter de l’électricité charbonnée à Allemagne ? Notre « responsabilité » de clients n’est donc pas absente.

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En 2016, la France a perdu sa place de premier exportateur européen d’électricité. Et qui passe devant nous ? notre cousin germain grâce à ces éoliennes qui produisent de l’électricité par chère.

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NON, les émissions de CO2 allemandes n’ont pas continué d’augmenter après 2011. Ce fut le cas en 2012 et 13, mais la diminution des émissions a repris en 2014 et 15. L’arrêt prématuré du nucléaire a freiné la décroissance des émissions de GES mais ne l’a pas stoppé.C3kKOn3XAAQELA3

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Ça veut dire quoi ?

La transition est un état provisoire. C’est un moment où on passe d’un point A à un point B. Alors OUI cet état provisoire présente des effets négatifs mais il ne doit pas cacher le but qui lui sera durable (plus de charbon maintenant pour moins demain).

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Et il se trouve que la croissance d’installation d’énergie renouvelable est plus rapide que prévue en Allemagne. Selon le site dédié à l’ENERGIEWENDE (animé notamment par Craig Morris) aujourd’hui 32% de la production d’électricité est d’origine renouvelable et le taux de croissance permettrait d’envisager les 50% en 2025. En 2010, l’Allemagne était à 17% (à peu près comme la France aujourd’hui). La tendance est bonne !

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L’Allemagne a ouvert la piste. Les énergies renouvelables peuvent pourvoir significativement et fiablement notre besoin en électricité. La Chine de serait pas aussi ambitieuse sans l’exemple allemand. On a connu des choix stratégiques plus dangereux que la recherche de l’indépendance énergétique !C4JljatXUAAlrA8

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Un autre enseignement de l’expérience allemande a été celui de la place du citoyen dans le déploiement des ENR. L’investissement citoyen représentait avant 2015 « quelques 50% de la puissance renouvelable installée » (petits investisseurs ou particuliers). Si la tendance est aujourd’hui à l’augmentation de la place des industriels, c’est encore une particularité allemande replicables en France.

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J’en profite pour faire la pub pour une initiative locale qui se nomme COWATT et qui a pour objectif de générer des projets citoyens de « co-toiturage » / co-financement photovoltaïque. Cette initiative, qui est en train de naitre, est portée par les associations ALIZEE (44) et ELISE (85). A suivre : LIEN

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Je ne sais pas ce que devient Uwe Keller mais je le vois bien bosser sur l’ENERGIEWENDE.

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Si j’avais une demande à faire à nos invités du jour, c’est d’organiser un petit voyage en Allemagne pour partager le meilleur de l’expérience allemande … et si possible retrouver Uwe Keller.« 

 

En complément de ce court texte, un article récent de Thibaut Laconde sur le même sujet LIEN

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Le négaWatt nouveau est arrivé !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 février 2017

Le scénario négaWatt, ça vous parle ?

A la base, le mot NégaWatt est un néologisme inventé en 1989 par l’écologiste américain Amory Lovins pour exprimer qu’il est moins couteux d’économiser l’énergie que de la produire. En France, l’Association NégaWatt est devenue une référence dans la production de référence ! Régulièrement, ce regroupement d’experts produit des scénarios pour permettre d’envisager un avenir énergétique compatible avec les enjeux de la Transition Énergétique à l’échelle du territoire national (bientôt régional).

Déjà, en 2012, je présentais Négawatt sur ce blog (LIEN) et expliquais le très pédagogique triptyque négawatien : SOBRIÉTÉ – EFFICACITÉ – RENOUVELABLE. Depuis, je l’utilise à toutes les sauces dans de nombreux contextes !
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Pour comprendre le sérieux du boulot réalisé et les se faire expliquer les principales évolutions depuis le précédent scénario, je vous conseille de visionner la vidéo de présentation réalisée l’occasion des dernières Assises de l’Energie de Bordeaux (lien).

Sinon, pour les plus motivés, le rapport complet, sa synthèse et surtout tous les graphiques dynamiques sont disponibles en ligne ICI.

Si la prospective est forcement un exercice complexe où toutes les hypothèses peuvent être critiquées,  le travail proposé est solide et crédible. Il nous propose, comme l’ADEME en 2016, un avenir possible avec 100 % d’énergie renouvelables dès 2050. Mais cette perspective positive n’est accessible qu’au prix de changements et d’investissements lourds dès aujourd’hui.

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Les 12 points clefs du tout nouveau scénario sont repris ci-dessous :

  • La courbe de la consommation s’est inversée. La consommation d’énergie est orientée à la baisse depuis quelques années dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Pour la France la courbe de consommation rejoint de fait celle tracée par le scénario négaWatt dès 2003. Cette baisse affecte également les émissions de gaz à effet de serre, non seulement celles mesurées sur le territoire national mais aussi celles contenues dans nos importations : le phénomène n’est pas lié à la crise de 2008-2009 ni à un mouvement de délocalisation, il est bien structurel et non conjoncturel.

  • La sobriété et l’efficacité sont les clés de l’inflexion de la demande. Grâce aux actions de sobriété et d’efficacité qui se traduisent par la suppression des gaspillages, la consommation d’énergie finale en 2050, au terme du scénario négaWatt 2017, est réduite de moitié et l’énergie primaire de 63 %, tout en maintenant un haut niveau de services. Ce résultat est obtenu grâce à la maîtrise du dimensionnement, du nombre et de l’usage de nos appareils et équipements, au développement d’une mobilité “servicielle”, à un programme ambitieux de rénovation énergétique des bâtiments et à une occupation plus raisonnée de l’espace.

  • Une confirmation : le “100 % renouvelables” est possible dès 2050 Il est possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l’horizon 2050. La biomasse solide reste la première source de production d’énergie renouvelable, suivie de très près par l’éolien puis le photovoltaïque, lui-même suivi de très près par le biogaz. Les énergies fossiles importées ne servent plus qu’à des usages non énergétiques. Le fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires actuels n’étant pas prolongé au-delà de la quatrième visite décennale (environ 40 ans), le dernier d’entre eux est arrêté en 2035. Basée sur l’exploitation partout sur son territoire de ses ressources diversifiées, la France assure pleinement sa sécurité énergétique.

  • Zéro émissions nettes en 2050 : la France devient neutre en carbone. Le couplage des scénarios négaWatt et Afterres2050 montre que les émissions nettes de gaz à effet de serre, toutes sources confondues, deviennent nulles en 2050 : les « puits de carbone » agricoles et forestiers compensent alors les émissions résiduelles, principalement dues à l’agriculture. Par la suite, la quantité de carbone stockée finit par plafonner, et la fonction puits de carbone se réduit progressivement sur la période 2050-2100.

  • Gaz et électricité, une complémentarité incontournable Les vecteurs gaz et électricité voient leur part augmenter de manière concomitante, au détriment notamment des carburants liquides, pour représenter en 2050 plus de 70 % de la consommation d’énergie finale. Capables de couvrir une très grande part de nos usages, ces deux vecteurs sont d’évidence complémentaires et non concurrents. La valorisation et le stockage possible des excédents d’électricité renouvelable sous forme de méthane de synthèse (power-to-gas) est l’une des clés de voûte du système énergétique de 2050.

  • L’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur Couplé au scénario négaWatt, le scénario Afterres2050 montre également que l’agriculture et la forêt jouent un rôle majeur sur le climat, à la croisée des enjeux climatiques et énergétiques, par la fourniture de ressources renouvelables, le stockage de carbone et la réduction des gaz à effet de serre. Le triptyque négaWatt appliqué au système alimentaire démontre ici aussi toute sa pertinence : sobriété dans la consommation, efficacité des modes de production, utilisation et production de ressources renouvelables.

  • L’économie circulaire, moteur du renouveau industriel Pour répondre à l’évolution des besoins, l’industrie doit réorienter ses productions vers des biens et équipements plus durables, loin de la surconsommation actuelle, et veiller au contenu de ses produits en énergie grise et en matériaux. En développant les filières de réparation, de recyclage et de récupération, il est possible de diviser par deux les quantités de matières minières consommées, y compris en prenant en compte le développement des énergies renouvelables qui offrent par ailleurs de nouvelles opportunités pour l’industrie.

  • Des bénéfices multiples pour la santé et l’environnement Le scénario négaWatt améliore très significativement la qualité de l’air, de l’eau et des sols ainsi que la biodiversité avec des conséquences positives majeures sur la santé publique. Il rend notre air bien plus sain par la quasi-suppression des particules émises par les combustibles et carburants (remplacés par du méthane), par l’utilisation d’équipements de combustion performants pour la biomasse et par une forte diminution des émissions d’ammoniac agricole.

  • La transition énergétique, un bienfait pour l’économie et l’emploi Le scénario négaWatt s’avère globalement moins coûteux que le scénario tendanciel, même en considérant un prix des énergies importées stable. Il est aussi nettement plus riche en emplois : la transition énergétique crée pas moins de 400 000 emplois nets d’ici 2030, confirmant les analyses antérieures. La société française devient ainsi plus résiliente face à d’éventuels chocs extérieurs tels que, par exemple, une crise géopolitique entraînant une rupture d’approvisionnement ou une hausse soudaine du prix du baril.

  • Une France plus solidaire et plus responsable. La mise en œuvre de la sobriété, de l’efficacité et du développement des énergies renouvelables apporte à tous les territoires, ruraux comme urbains, de l’activité et des richesses qui permettent de construire à terme un paysage énergétique réparti plus équitablement : elle permet notamment de réduire très fortement le nombre de personnes en situation de précarité énergétique. À l’international, la France envoie un triple message : de responsabilité en prenant toute sa part de l’effort climatique, d’exemplarité en contribuant à l’émergence d’un nouveau modèle de développement et enfin de solidarité vis-à-vis des pays où la croissance de la consommation d’énergie reste une nécessité.

  • Il n’y a plus de temps à perdre Il ne faut ni attendre de grand soir énergétique, ni se contenter de gadgets : la priorité pour les 5 ans à venir est à la mise en œuvre des lois et mesures décidées durant les deux quinquennats précédents, mais dont le rythme d’application est très insuffisant. Une réelle volonté d’agir doit se manifester clairement et à toutes les échelles, entre continuité des engagements et nouveaux trains de mesures. Le combat pour le climat n’est pas perdu, mais chaque année d’atermoiements obère notre avenir énergétique et climatique.

  • Le scénario négaWatt, une boussole et un tempo pour agir Partout dans les territoires, des acteurs de toutes natures, citoyens, entrepreneurs, élus se sont déjà engagés concrètement pour construire un nouveau paysage énergétique. À ceux-là et à tous les autres qui, toujours plus nombreux, leur emboîtent le pas, le scénario négaWatt offre une trajectoire et un rythme pour guider l’action : à tous, nous disons de s’en saisir pour réussir la transition énergétique, notre immense et vital chantier pour la première moitié de ce siècle.

La synthèse de 48 pages est disponible ICI.

 

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Chronique Ecolo-Buissonnière : « Biais de confirmation et autres sussucres »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 janvier 2017

et hop, une chronique de plus, avec les liens et références… L’émission est à écouter ICI

C3AW4v-XEAAoHxX

D’habitude j’essaye de produire une chronique en lien avec le thème traité. D’habitude seulement car ce coup-ci je n’ai pas su écrire une chronique sur les atlantpotes de Marie.

Non que les angles manquaient :

  • parler d’esprit initiative et entrepreneuriat dans le contexte pessimisto-attentiste qui caractérise notre époque n’aurait pas manquait de sel.
  • Chacun des projets en eux même auraient méritait un traitement spécifique.

 … mais comment dire….  l’entité « Inspiration » qui partage très épisodiquement ma vie, a ses règles de fonctionnement propres qu’il convient de respecter. Nous avons donc, tout deux (moi et mon inspiration capricieuse), décidé de vous parler d’un bruit de fond qui nous ont marqué ces dernières semaines. Et non, il ne s’agit pas de parler du leader bipolaire de notre monde multipolaire… (encore que…).

Bref, on va vous causer de notre relation au web qui a changé nos comportements en très peu de temps. Je vous l’explique façon puzzle.

Et c’est sourcé !

  • THE ATLANTIC – décembre 2016 (article capté via Courrier International). Le titre : LA SILICON VALLEY PIRATE NOS ESPRITS a retenu notre attention LIEN. Le peach est le suivant : « Les géants du numérique nous asservissent à nos smartphones comme l’industrie agroalimentaire nous rend accros à la malbouffe, assure Tristan Harris. Cet ancien “philosophe produit” de Google qui souhaite labelliser les applis “éthiques”. Je vous la fait courte : le Tristan en question pense que nous sommes faibles et susceptibles de perdre notre temps sur des applications sans sens. Le produit dicte l’usage et les appli seraient conçues pour rendre les consommateurs addicts (le modèle économique reposant le plus souvent une exposition la plus longue possible aux pubs en tout genre). J’ai adoré l’explication sociologique de l’existence des « like » et autre « j’aime » : c’est de la pure technique addictive. Entendez bien, cérébralement, notre satisfaction à la notification est la même que celle de Médore qui reçoit son sussucre. Je le savais mais le lire me renvois une sale image de ma personne. J’ai donc besoin de la reconnaissance d’un algorithme pour être heureux !!! Ce qui me pousse à vos poser la question suivante : Serons-nous moins faibles en le sachant ? Rien n’est moins sûr. Voilà pour la première pièce.

 

  • La seconde pièce de mon puzzle virtuel me parrait encore plus intéressante. La, on cause de nos pratiques sur les « réseaux sociaux » (le petit oiseau bleu en ce qui me concerne). Connaissez-vous le biais de confirmation ? Je sorts ça d’un article de Nicolas Gauvrit (LIEN) qui m’a ouvert les yeux sur une mauvaise pratique que je soupçonnais ici aussi sans en connaitre le nom. Le biais de confirmation. Nous croyons qu’internet nous offre un accès à la connaissance universelle et à l’expression des points de vue ? On l’utilise comme principale source d’information. Et pourtant… Nous n’utiliserions ce formidable outil que pour confirmer des opinions déjà forgées. Réfléchissez y. Vous suivez, comme moi, des gens qui penses comme vous. Vous orientez vos recherches en fonction de votre position / point de vue. Combien de fois avez-vous changez d’avis sur un sujet en consultant votre « réseau » ?

Nicolas Gauvrit : « Si on n’y prend garde, et si l’on suit notre tendance bien humaine à confirmer nos croyances plutôt qu’à les tester, on s’expose à mal chercher, à ne prendre en compte, notamment sur les réseaux sociaux, que l’opinion d’individus partageant nos convictions – quand bien même elles seraient fausses. »

Cet article explique pour moi, en partie, la monté en puissance des « fausses informations » (hoax – fake news) qui ont largement orientées les décisions populaires récentes : Brexit et autre TrumpIn. Le mensonge, presque assumé par ses auteurs, devient une vérité comme une autre. « je te mens mais j’ai raison ». La conviction et la croyance prennent le pas sur le fait opposable.

Que faire ? Alors j’ai essayé de m’abonner sous twitter au compte du Comité Trump France (si si, ça existe), pour voir…  Bon là je suis allé trop loin, ma mâchoire a heurté violemment le sol à la lecture.  La réponse est probablement plus dans la consultation d’une presse hétérogène, sourcée et accepter de se faire un peu bousculer parfois par des opinons divergentes…  J’aime pour ceci Courrier International ou les décodeurs (@decodeurs).

 

J’en profite pour vous dire que TERRA-ECO tente une renaissance et que ça vaut le coup de les soutenir car il regarde les choses sous un angle original et il me manque. Ça se passe ICI.

 

Pour conclure mon puzzle à 2 pièces : Edgar Morin a dit récemment sur Twitter : « Le progrès n’est pas forcement progressiste ».

Internet n’est ni bon ni mauvais, par contre notre usage peut l’être.

 

A nous de vivre au mieux avec ça.

Bonne journée

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Infographie : impact environnemental de l’industrie textile

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 janvier 2017

original

 

Source : lien

 

 

 

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Bonne année 2038 !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 janvier 2017

trop fier des vœux de ma boite. On a bien bossé Cécile !

V2017

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Lus : « Zéro Pollution, un ultime défi pour l’Humanité » et « Le cantique de l’apocalypse joyeuse »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 novembre 2016

Je viens de m’offrir une jolie aventure lecture, en lisant en parallèle, deux ouvrages que rien ne destinait au rapprochement. Je dispose ici donc d’une exclusivité mondiale pour réaliser cet exercice et ne crains aucune concurrence ! Et en effet, mon cerveau tordu a trouvé matière à alimentation mutuelle dans ces deux livres, sur le sujet non dérisoire de l’avenir de l’Humanité.

CaptureEn ouvrant « Zéro Pollution – un ultime défi pour l’Humanité » de Yannick Roudaut, un vendredi soir de novembre, je ne pensais pas me faire recommander dès le lendemain matin, à la bibliothèque du village, un roman lapon improbable que j’ai eu une énorme envie de dévorer immédiatement : « le cantique de l’apocalypse joyeuse » de Arto Paasilinna.

Il est question de deux livres que je recommande sans réserve. Voici l’occasion de partager mes digressions, plus que de commenter ces lectures.

La Cata. Dans « Zéro Pollution » (0P dans la suite du texte), Yannick dénonce la défaillance de notre modèle de développement humain, destructeur de notre biosphère (notre unique et essentiel substrat) et incapable de penser long terme. Il y propose une perspective ambitieuse à même de nous sortir de l’ornière en développant le concept de « Zéro Pollution ». Dans le « Cantique de l’apocalypse joyeuse » (CAJ dans la suite du texte), l’auteur nous conte, avec un humour délectable, l’histoire d’une vie dans un monde qui s’effondre : crise économique, accident nucléaire, 3ème guerre mondiale, épuisement de la ressource pétrole… Cette vie est celle d’un homme qui passe au travers des gouttes en menant un projet personnel qui devient collectif, au sein d’une communauté écolo qu’il construit, hors du système, au fond d’une forêt finlandaise, à la frontière de la Russie. L’effondrement de notre Monde n’est qu’un arrière-plan lointain dans « CAJ« , quand « 0P » nous encourage à anticiper le pire pour qu’il n’arrive point.

« CAJ » a été écrit en imaginant un futur qui est notre présent, ce qui est forcément troublant pour le lecteur de 2016. Je reviendrai plus loin sur les raisons qui me fond rapprocher ce roman des perspectives proposées par Yannick Roudaut.

Zéro Pollution est composé de deux parties distinctes dans le style : une première sous forme d’essai pour caractériser l’impasse dans laquelle nous sommes engagés et pointer une sortie positive, une seconde partie sous forme de fiction, prospectiviste, imaginant « une » vie possible, en mai 2070, vécue par des personnages fictifs, dans un Paris bien différent de celui de 2016. Cette seconde partie, j’avais souhaité l’écrire il y a quelques années. J’avais même commencer à écrire quelques pages, bien plus sombres et moins bien documentées. Je suis heureux d’avoir laissé Yannick faire le job : question de talent et de courage.

Yannick Roudaut est un conférencier reconnu (lien), qui a appelé de ses vœux une seconde Renaissance dans son livre précédent (lien) pour dépasser le constat stérile des crises environnementales et pour ambitionner une vraie transition. Dans « 0P« , une fois la contextualisation réalisée, il propose une ambition nouvelle : il nous faut viser le « 0 Pollution » pour nous en sortir et arrêter de jouer « petit bras ». Inutile de revenir sur les constats, je les partage. Notre don de prédation, qui nous a permis de survivre ces 200 000 dernières années, pourrait signer notre arrêt de mort. Nous sommes trop doués pour détruire et notre comble ou peut-être ultime trophée, risque d’être notre auto-destruction.

Yannick nous offre ici une perspective positive, richement illustrée d’expériences contemporaines inspirantes. Il explique vouloir contribuer ainsi à l’ »over-view effect » que ressentent les rares humains qui ont pu voir la Terre de l’espace : une envie de protection de notre belle vieille Planète quand on en a perçu ses limites physiques.

Mon interprétation de la posture « Zéro pollution » fait échos aux démarches « Zéro accident » que je peux être amené à fréquenter en entreprise.  « Zéro accident », ça veut dire que l’accident corporel est intolérable et prioritaire sur tout autre impératif. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a jamais d’accident dans l’entreprise. J’envisage le « Zéro pollution » sous le même angle. Il faudrait qu’il ne soit plus acceptable (ce n’est pas le cas aujourd’hui) de contribuer à un dommage à notre éco-système et donc ambitionner de progresser perpétuellement vers la plus grande sobriété en terme de pollution sur toute sa sphère d’influence, par les arbitrages les plus favorables à notre biosphère. Il n’est d’ailleurs, pour moi, pas exclusivement question de pollution au sens rejet (sens commun) mais aussi de l’épuisement des ressources non renouvelables et renouvelables en « danger ». Toutes les externalités négatives en fait. Je pense que le « Zéro Pollution » est une posture et un but mais ne doit pas devenir un Graal déclaratif ouvrant la voie au simplisme. Quand on creuse, l’essentiel des activités humaines identifiées comme « vertueuses » présentent des impacts environnementaux.

Reste de mon point de vue la complexité pour transformer l’objectif lointain en cible et plans d’action : la gestion des paradoxes et des incohérences. Ne pas s’intéresser au détail mais influer significativement sur le global.

Quelques directions à explorer sont dessinées par Yannick et je signe des deux mains : low tech, sobriété, décentralisation des décisions, coopération, biomimétisme, permaculture, coopération, communauté, open-source…

Dans une forêt finlandaise, pendant ce temps là… C’est maintenant que Arto Paasilinna nous rejoint. Dans le « cantique de l’apocalypse heureuse » (mettons le réel plaisir de lecture de côté), l’auteur propose une interprétation de ce que pourrait être la réaction humaine dans un Monde qui s’effondre. Je le traduis ainsi : pour vivre (heureux) dans ce monde qui part en quenouille, qui devient hors de maitrise (et qu’il ne convient même plus d’essayer de changer), il faut créer une petite communauté détachée du système centralisé défaillant (décentralisé donc), y insuffler une solidarité et une coopération entre ses membres (coopération), vivre de peu (low tech, sobriété) avec une proximité retrouvée à la Nature nourricière (biomimétisme, permaculture) avec des compétences et savoir faire manuels ancestraux enrichis des connaissances modernes (open-source)…  une sorte de réponse par le petit bout du questionnement posé dans « 0P« , à une échelle très restreinte, plus proche de la résilience que de l’anticipation d’un nouveau modèle mondialisé compatible avec les limites physiques et biologiques de notre biosphère. Une réponse quand même.

Ni Yannick Roudaut dans son livre, ni moi par ailleurs, ne revendiquons le repli sur « sa » communauté ou tout autre forme d’isolationnisme, mais force est de constater que la dynamique du moment va dans ce sens. La majorité des peuples riches de cette planète se retrouve dans un objectif de défense contre les risques – perçus – comme externes.

Alors quoi ? On avance en grappes de faiseurs, en tribus de convaincus, en ignorant la majorité qui suit le logiciel de développement périmé ? au risque de se retrouver dans le scénario de la « communauté d’écolos dans une forêt finlandaise » (même si cette forêt est aujourd’hui virtuelle dans le monde d’internet). On s’isole pour démontrer ou on se confronte à la masse pour la faire bouger ? Comment changer d’échelle et sortir du petit cercle des convaincus ? Comment faire muer la chrysalide ?

Le triangle du feu (sacré). Je vois les choses à la manière du pédagogique triangle du feu caractérisant les conditions du début d’un incendie : pas d’incendie sans carburant (un truc qui peut bruler), comburant (Oxygène le plus souvent) et source d’inflammation (l’étincelle). Pour que l’incendie -vertueux- du changement vers le « Zéro pollution » se déclenche, il faut de mon point de vue :Capture

1 – que les crises environnementales soient visibles, que les limites impactent sur le système en place. On rentre dedans.

2 – que la conscience des autres voies et savoirs associés soient accessibles et partagés. C’est la vertu du livre de Yannick, du film « Demain », du Plan B

3 – enfin, qu’il se passe quelque chose pour booster le changement à une échelle significative. Initier le mouvement, rendre tout retour en arrière impossible. Et là on est bloqué pour le moment. Un leader ? une catastrophe ? une révolution ? Je ne suis sur de rien de ce que j’ai écrit dans ce post, sauf d’une chose : je ne connais pas la réponse à cette question.

Joyeux Noël.

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