Le Développement Durable pour les nuls

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 octobre 2011

Cette journée est un grand jour pour moi puisqu’elle marque mon retour sur les bancs de l’apprentissage ! En commençant le Cycle des Hautes Etudes en Développement Durable, je compte bien élargir mon champs de vision sur le sujet.

Dans ce cadre, j’ai redécouverts un film d’animation de grande qualité en accès libre sur le web : l’Histoire des Choses : lien.

Ce travail d’animation a l’énorme intérêt de sensibiliser au Développement Durable dans une forme ludique, multi-thématique et très imagée. Accessible à tous sans modération, et tant pis pour les approximations ou vérités simplistes. C’est du beau boulot.

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L’obsolescence programmée est elle incontournable ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 octobre 2011

La lecture d’un article  plutôt pertinent sur l’obsolescence programmée (lien) m’a donné envie d’approfondir ce sujet souvent « tabou » en industrie.  Il fait référence à un reportage passé sur Arte en Février dernier (lien).

Lorsque l’on engage une Analyse de Cycle de Vie, on est souvent surpris de l’impact très important que peut prendre la durée de vie du produit considéré. Mon produit contient du plastique ? si sa durée de vie est plus longue que son concurent en matière « naturelle », son impact environnemental se trouve « divisé » par l’unité de temps considérée et donc il peut devenir concurrentiel (du point de vue de l’impact environnemental). Dans un monde idéal, nous devrions donc produire des produits à longue durée de vie et pour atteindre cet objectif, éventuellement, organiser la réparation du produit en question.

« Dans la vraie vie », la tentation est grande pour le concepteur – fabriquant de ne pas « se pénaliser » en mettant sur le marché des produits qui ne seront pas renouvelés rapidement. Je ne pense pas que le plus souvent il s’agisse d’une stratégie assumée (je ne l’ai jamais vu) mais une simple adaptation au marché de référence. Le cas le plus parlant : le premier Ipod disposait d’une batterie de 18 mois non remplaçable imposant au consommateur de racheter un appareil neuf. C’est pas très responsable mais très efficace commercialement.

Qui n’a jamais été surpris du coût excessif de réparation de son imprimante, de son téléviseur, de sa machine à laver ?… et au final a acheté un matériel neuf !

Soyons juste et positionnons nous du côté de l’industriel. Un temps de renouvellement  »raisonnable » permet, outre le chiffre d’affaire généré et les heures travaillées associées pour les salariés (ça compte dans le Développement Durable !), de justifier de lourds investissements en terme d’innovation, qui peuvent eux aussi générer des gains environnementaux notamment…

Certaines entreprises font par ailleur de la durée de vie de leurs produits une valeur intrinsèque de l’objet ou de la marque(Gautier par exemple qui organise et permet donc les démontages – remontages successifs de ses produits), ce qui peut s’avérer gagnant sur des marchés où l’acheteur accepte de valoriser cette caractéristique. La clef est en partie là : l’attente du marché.

Reste à donner une information accessible au consommateur sur la « réparabilité » ou la « durée de vie » du produit qu’il est prêt à acheter. On attend un peu ça de l’affichage environnemental qui est en cours de mise en place.

L’obsolescence programmée est pour moi un sujet à ne pas isoler des réflexions qui touchent à la Responsabilité Globale, même si le sujet est sensible et ne peut se faire à contre-courant des intérêts économiques immédiats des entreprises. Celles qui demain se diffencieront sur la durabilité de leur produit, l’organisation de leur réparation, voir de leur recyclage ont tout à gagner. 

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GRI et ISO 26000 : pour une utilisation conjointe…

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 6 octobre 2011

Le GRI vient de sortir un guide de correspondance entre ISO 26000 et les indicateurs promus par le GRI : lien.

GRI

La grille de correspondance est intéressante techniquement. Le mérite du document est notamment de rapprocher les deux démarches qui sont par nature complémentaires : les principes (ISO 26000) et les modalités de mesure de ces derniers (GRI).

L’introduction insiste sur la nécessité d’élaboration de rapports pour être crédible dans sa démarche de Responsabilité Sociétale, ce qui fait le lien aussi avec le décret RSE (toujours en attente…). Rappelons qu’ISO 26000 n’impose rien. La norme donne un cadre, c’est tout.

Communication externe ou pas, la question du bon indicateur reste pertinente et en ça, le GRI a une grande expérience à partager.

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L’humour et le Développement Durable

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 octobre 2011

L’Ademe met en ligne ces jours-ci un joli exercice de style sur  »le Développement Durable et l’humour dans la publicité« . Bien sur on rentre par la petite porte (la publicité des médias de masse qui simplifie tout), mais je trouve sympathique de trouver d’autres tons que la gravité et l’urgence ultime sur le sujet du Développement Durable.

C’est aussi assez rigolo de voir combien on peut se « prendre la tête » sur ce type d’analyse de cas… C’est très sérieux comme analyse !

C’est moins rigolo de voir à quel point les destinataires de ces publicité n’ont de disponibilité que pour le « verni » des enjeux associés au Développement Durable : la réceptivité est bonne s’il y a valorisation d’un bénéfice immédiat et individuel (plage propre plutôt que mer non polluée) et surtout des messages non contraignants (faible modification des comportements induits par la présentation de cas extrèmes de mauvaises pratiques).

Après, l’objectif premier de la publicité est de vendre un produit, il est donc surement « contre-nature » de lui demander en plus de contribuer à la montée en compétence des « cibles » sur le sujet Développement Durable. C’est déjà bien que le monde de la publicité développe des compétences sur ce sujet et tente progressivement de limiter le green-washing.

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ARMOR agit pour l’intégration du Handicap au sein de l’Entreprise

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 26 septembre 2011

En organisant une soirée sur le thème « Ensemble, partageons nos différences« , le 4 octobre prochain, l’entreprise ARMOR traduit très concrètement un des 10 axes de sa politique de Responsabilité Globale.

En association avec une troupe de théatre, ARMOR propose donc à ses salariés et parties intéressées, une approche innovante sur un thème souvent considéré comme difficile d’accès (ça veut dire comme souvent que c’est plus facile de ne rien faire…). L’enjeu est notamment de contribuer à l’intégration des salariés handicapés au sein de l’entreprise.

Je suis bien triste de ne pas pouvoir être présent à cette soirée. Peut-être qu’un retour d’expérience pourra faire l’objet d’un post ces prochaines semaines si un participant accepte de rédiger quelques lignes (?).

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Lignes directrices pour l’Analyse Sociale du Cycle de vie

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 septembre 2011

Je recommande régulièrement la lecture d’un rapport publié par le PNUE en 2009 pour illustrer un chemin que pourrait prendre une organisation « apprenante » en matière de Responsabilité Globale (bien d’autres chemins sont possibles, ce ne sont que des outils) : 

- On commence doucement par développer sa culture environnementale « industrielle » (ICPE, ISO 14001…)

- On s’intéresse ensuite à ce qui se passe en dehors de son périmètre juridique strict mais sur un seul critère pour ne pas « brusquer les choses » et on réalise un petit Bilan Carbone. On s’habitue ainsi à regarder plus loin que la clôture !

- Puis vient l’heure de réaliser un Bilan Environnemental Multicritère (ou « ACV site ») : on élargit le spectre des impacts et des paramètres à prendre en compte. Une Analyse du Cycle de Vie d’un produit traduit aussi une nette montée en compétence bien entendu !

- enfin, on atteint la pléinitude en se posant des questions dans une logique « Analyse Sociale et socio-économique du Cycle de vie« . Le rapport en question fournit un cadre technique adéquat à partir duquel un groupe plus large de parties prenantes peut dialoguer pour promouvoir un comportement socialement responsable en évaluant le cycle de vie des biens et services. Ceci est très expérimental mais ouvre de nouvelles perspectives en chiffrant des impacts nouveaux.

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La Responsabilité Globale est par définition… Globale !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 septembre 2011

et fort logiquement, on me reproche de m’intéresser essentiellement à la dimension environnementale de la chose. Je reconnais que s’intéresser à des rejets carbone, à des flux physiques ou des pollutions (…) est beaucoup plus « simple » que d’envisager la dimension Humaine de la Responsabilité Globale des entreprises. Souvent, cette approche « Globale » n’est pas sans poser des questions de cohérence.

Lorsque l’on parle d’éco-conception, il est une règle qui souligne la nécessité de ne pas « déplacer les pollutions ». Par exemple, produire le même produit avec moins d’énergie en générant plus de déchets ou limitant la durée de vie du produit, n’est pas forcement intéressant. C’est déjà complexe…

Lorsque les dimensions humaines s’ajoutent à la prise de décision, le nombre de variables augmente significativement et les « vérités » binaires, comme les médias les aiment, perdent encore plus de leur pertinence. Choisir par exemple d’automatiser une ligne très accidentogène est intéressant d’un point de vue économique et « prévention des risques »; pas forcement d’un point de vue social (et relation à la collectivité) si cela implique une diminution des effectifs (ni environnemental si on rajoute de la dépendance énergétique à notre process). C’est plus pertinent, si on accompagne le changement par des formations qui permettent aux agents d’exercer de nouveaux talents.

Il ne s’agit pas encore d’une science exacte. La Responsabilité Globale nécessite une appropriation de ses multiples dimensions par les organisations et surtout une intégration à tous les niveaux de décision pour choisir « avec toutes les données sous les yeux »… sans pour autant résoudre tous les problèmes d’un coup de baguette magique !

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Qu’est ce que l’Effet rebond ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 septembre 2011

Je continue de partager des notions, parfois peu connues qui déterminent pourtant notre capacité à construire un modèle de société « durable ».

L’effet rebond est intéressant à aborder à ce titre car il est la démonstration que de bonnes réponses à un problème peuvent générer des effets opposés à ceux attendus. Dans l’esprit : « Comment faire deux pas en avant et un en arrière ! ».

Illustrons.

Le carburant est cher (tout est relatif) et vous décidez d’investir dans une voiture qui consomme peu. Parfait ! A distance parcourue équivalente, vous consommerez moins, ferez des économies, serez moins « carbone émetteur » et donc vous dormirez mieux. Là où le bas risque de baisser ;  c’est quand vous vous direz qu’avec une telle voiture qui consomme si peu, il serait dommage de ne pas en profiter… et donc de rouler plus qu’avant !  Et patatra, l’économie potentielle se transforme en « retour au point de départ » (voir pire).

Cet « effet rebond » a été constaté dans bien d’autres domaines comme par exemple celui des maisons mieux isolées : on monte la température d’ambiance à « coût équivalent » et on vit en sous vêtement toute l’année. Au final, on consomme plus que nos parents qui avaient moins d’exigences de confort.

Les études commencent sortir car en ces heures de crise, la justification des aides fiscales notamment doit être démontrée !

La lecture de ce post peut se prolonger par la lecture d’un article parru sur le blog du Monde et faisant lui même référence à une étude américaine récente.

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L’économie de fonctionnalité

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 septembre 2011

L’économie de fonctionnalité est un concept fondateur contributeur de ce que pourrait être une économie « Responsable ». Je ne crois pas qu’il soit suffisamment partagé, donc j’y reviens, suite à la consultation hasardeuse d’un site dédié.

On peut vulgariser le concept par la question suivante : « peut-on remplacer la valeur ajoutée associée à la vente d’un bien par la même valeur ajoutée en vendant le service correspondant » ? Tout ceci, à service rendu équivalent pour le consommateur bien sur.

L’intérêt environnemental est mathématique. Prenons l’exemple d’une entreprise A qui change son activité de vente de peinture destinée à colorée un objet industriel quelconque pour l’entreprise B, en vente du service de peinture du dit objet. La finalité économique de l’entreprise A était de vendre le maximum de pots de peinture et est devenu en consommer le moins possible pour un résultat équivalent. C’est gagnant – gagnant ! Séduisant dans la théorie, mais dans la pratique, ça marche aussi.

Prenons deux exemples, le premier industriel avec Michelin qui a vaincu une résistance au prix en remplaçant la vente du bien par la vente de l’usage du bien (km parcouru au lieu du pneu). Elle l’a fait en ajoutant un service : gestion du cycle de vie, conseil et maintenance. 300 000 véhicules sont aujourd’hui en gestion selon le site cité en début de post.

Le second exemple peut aussi concerner le particulier (je suis consommateur de ce service) et concerne une nouvelle fois la voiture. Pourquoi payer l’entretien (l’assurance, les pneus, la sur-consommation de carburant…) d’une grosse voiture au quotidien alors que la véritable fonction « routière » n’est utilisée que 4 à 5 fois par an pour les vacances et la visites des amis auvergnats ? La solution est donc de s’appuyer sur un service de location de voiture (exemple de mon partenaire) qui propose des tarifs dégressifs en fonction de l’engagement du nombre de jour de location. Le coût kilométrique baisse, le confort augmente, l’ajustement du véhicule au besoin devient possible (mamie est là ce week-end ? prenons 2 places de plus !). Que du bonheur dans la mesure où on accepte la contrainte de la planification et l’utilisation d’une petite voiture le reste du temps (qui présente l’avantage de consommer 4L/100).


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Lean Management Ressources

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 juillet 2011

Vous ne connaissez pas le concept du « Lean Management Ressources » ? Rassurez-vous puisque ce concept est né dans un recoin de mon cerveau à la lecture du dernier ouvrage de Jean-Marc Jancovici (voir post précédent).

Aujourd’hui  - Le management « maigre » (Lean Management) est d’actualité au sein de nombreuses entreprises. Cette méthode (mode de fonctionnement profond, philosophie diront certains) a pour noble objectif de rendre la production (bien ou services) plus efficace en optimisant la structure organisationnelle et opérationnelle. Par efficace, il faut ici entendre, économiquement optimisée avec des données d’entrée actuelles qui sont ce qu’elles sont  (main d’œuvre chère, énergie pas chère, exigences de délais fortes, exigence du flux tendus…).

Demain – L’entreprise performante, dans une économie contrainte en terme de disponibilité en ressources (énergie et matières premières), devra répondre à un certain nombres d’objectifs qui peuvent sembler « originaux » vus de juillet 2011. En effet, on peut s’amuser à imaginer que dans ce monde là :

- le remplacement de l’homme (énergie musculaire) par la machine (énergie fossile pour l’essentiel) deviendra moins « rentable » et donc moins incontournable,

- les flux de matières entrant et sortant seront plus chers et donc que « naturellement » les distances vont se raccourcir dans le triangle « fournisseurs de matières premières – transformateurs – consommateur » (l’essentiel du pétrole est utilisé sur terre pour déplacer des gens ou de la marchandise),

- la rareté impliquant une augmentation « naturelle » (au sens du marché) des prix de vente des biens, leur qualité et durée de vie devront être optimisées pour répondre à de nouvelles attentes des clients (peut-être devrons nous prévoir la réparation des biens ? qui sait ?),

- tous les investissements seront envisagés sous un jour nouveau (des milliers d’euros dans un convoyeur ? A voir : plus d’énergie consommée, plus de dépendance à des experts qui viennent de loin régulièrement, plus de matériaux….)

Bien sur, sans la conviction que le monde de la rareté risque vraiment d’arriver (je veux dire ailleurs que dans les livres de Jean-Marc Jancovici), ces orientations sont hors de propos et en contradiction avec les signaux immédiats du marché. A chacun de se projeter. 

Ce qui est positif, selon moi, c’est qu’en conjuguant nos savoir-faire méthodologiques (LEAN, Bilan Carbone, Eco-conception…) et surtout en associant les compétences déjà existantes en entreprises sur ces sujets, nous ne sommes pas « nus » pour relever les défis à venir. Vive le Lean Management Ressources ! 

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