Une banque Ethique, ça existe ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 6 novembre 2011

C’est l’heure ou jamais de faire le tour des engagements éthiques des banques, tant leur responsabilité sociétale (au sens propre) est engagée dans les causes de la crise que nous traversons aujourd’hui.

 

Les grandes enseignes ont toutes engagé sur leur activité de détail des initiatives très intéressantes (Bilan Carbone, enquêtes régulières auprès des clients pour orienter les produits…). Ma banque m’a même proposée récemment de me former au secourisme ! Les produits « responsables », dit ISR, sont de plus en plus proposés mais rarement promotionnés  et souvent identifiés comme des placements « à risque » (on marche sur la tête…).

On ne peut donc pas dire que les banques se sont excluent du champ de la responsabilité sociétale. Certaines communiquent d’ailleurs très bien sur le sujet… 

 

 

Mais comme le montre une superbe étude produite il y a deux ans par VIGEO et WWF (lien) les impacts (carbone dans l’étude mais duplicable sur les autres thèmes de la responsabilité sociétale de mon point de vue) ne se situent pas pour l’essentiel derrière le comptoir mais plutôt au niveau des choix d’investissements qui se réalisent bien loin de notre conseiller local… Selon l’étude, 99,9% des enjeux carbone se situent au niveau des placements (et le reste pour le fonctionnement des établissements). Et l’actualité nous démontre quotidiennement que la transparence n’est pas de mise sur ce sujet. L’image d’Epinal du trader « hors du monde » et représentatif de l’anti-responsabilité sociétale, reste un boulet pour les banques qui communiquent toutes sur leurs engagements verdissants…

 

Une petite banque proposant une approche alternative de la finance, ça existe  ?

 Une banque Ethique, ça existe ? dans CAS D'ENTREPRISES

Il semble que oui. Je suis devenu récemment et modestement un des 2600 sociétaires de la NEF (lien), une coopérative de finance solidaire qui présente l’énorme avantage de la transparence sur l’utilisation des fonds. Les projets financés (professionnels ou particuliers) répondent à des critères de Développement Durable et sont « traçables ». La communication sur le site internet présente une mine de projets innovants et chargés de Valeurs.

Bien sur, un si petit établissement n’est pas LA solution aux défauts de fonctionnements des principaux établissements bancaires (La NEF n’a prêtée en 2010  »que » 17 Millions d’€) mais elle présente un modèle de transparence et d’Ethique intéressant… et il faudra bien que les banque redonnent confiance dans leur modèle. Il y a du boulot.

 

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Relecture du rapport Stiglitz

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 22 octobre 2011

Rappelez-vous, le rapport remis au Président de la République en septembre 2009 à sa demande : le fameux rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi.. Une éternité ? deux ans en fait…

Des chercheurs de l’INSEE ont récemment rédigé une note « accessible » présentant des illustrations d’application des préconisations de ce rapport. Lien.

Image illustrative de l'article Joseph Eugene Stiglitz

Le rapport présentait une réflexion sur la mesure de la performance économique et du progrès social et préconisait dans sa conclusion, très grossièrement, la prise en compte des points suivants :

1- Le PIB est largement imparfait. Il ne peut prendre en compte notamment le bien-être de la population. D’autres indicateurs existants permettraient d’ajuster ce « phare » incontournable. Rappelons que le PIB exclut par définition de son périmètre tous les services rendus bénévolement par les personnes ou les associations et toutes les richesses naturelles d’un pays (forêt, eau potable…).

2- Sur le volet « bien-être », des indicateurs subjectifs peuvent compléter les indicateurs quantitatifs. La mesure n’est pas toujours possible.

3- La question de la soutenabilité (prise en compte des générations futures) et du bien être « immédiat » ne peuvent être mesurés avec les mêmes indicateurs.

4- aucun indicateur aggrégé n’est pertinent pour tout mesurer à la fois… Seul un tableau de bord permettra d’avoir une vision globale…

On peut objectivement constater que depuis 2009, rien n’a changé et que seule la « croissance » du PIB a le droit à la une de la presse et à l’intérêt des politiques… Ce rapport est-il un rapport de plus classé dans une étagère ? C’est dommage car, à fortiori quand la croissance n’est plus là, lire les autres indicateurs prend toute sa pertinence.

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Le Développement Durable pour les nuls

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 octobre 2011

Cette journée est un grand jour pour moi puisqu’elle marque mon retour sur les bancs de l’apprentissage ! En commençant le Cycle des Hautes Etudes en Développement Durable, je compte bien élargir mon champs de vision sur le sujet.

Dans ce cadre, j’ai redécouverts un film d’animation de grande qualité en accès libre sur le web : l’Histoire des Choses : lien.

Ce travail d’animation a l’énorme intérêt de sensibiliser au Développement Durable dans une forme ludique, multi-thématique et très imagée. Accessible à tous sans modération, et tant pis pour les approximations ou vérités simplistes. C’est du beau boulot.

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L’obsolescence programmée est elle incontournable ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 octobre 2011

La lecture d’un article  plutôt pertinent sur l’obsolescence programmée (lien) m’a donné envie d’approfondir ce sujet souvent « tabou » en industrie.  Il fait référence à un reportage passé sur Arte en Février dernier (lien).

Lorsque l’on engage une Analyse de Cycle de Vie, on est souvent surpris de l’impact très important que peut prendre la durée de vie du produit considéré. Mon produit contient du plastique ? si sa durée de vie est plus longue que son concurent en matière « naturelle », son impact environnemental se trouve « divisé » par l’unité de temps considérée et donc il peut devenir concurrentiel (du point de vue de l’impact environnemental). Dans un monde idéal, nous devrions donc produire des produits à longue durée de vie et pour atteindre cet objectif, éventuellement, organiser la réparation du produit en question.

« Dans la vraie vie », la tentation est grande pour le concepteur – fabriquant de ne pas « se pénaliser » en mettant sur le marché des produits qui ne seront pas renouvelés rapidement. Je ne pense pas que le plus souvent il s’agisse d’une stratégie assumée (je ne l’ai jamais vu) mais une simple adaptation au marché de référence. Le cas le plus parlant : le premier Ipod disposait d’une batterie de 18 mois non remplaçable imposant au consommateur de racheter un appareil neuf. C’est pas très responsable mais très efficace commercialement.

Qui n’a jamais été surpris du coût excessif de réparation de son imprimante, de son téléviseur, de sa machine à laver ?… et au final a acheté un matériel neuf !

Soyons juste et positionnons nous du côté de l’industriel. Un temps de renouvellement  »raisonnable » permet, outre le chiffre d’affaire généré et les heures travaillées associées pour les salariés (ça compte dans le Développement Durable !), de justifier de lourds investissements en terme d’innovation, qui peuvent eux aussi générer des gains environnementaux notamment…

Certaines entreprises font par ailleur de la durée de vie de leurs produits une valeur intrinsèque de l’objet ou de la marque(Gautier par exemple qui organise et permet donc les démontages – remontages successifs de ses produits), ce qui peut s’avérer gagnant sur des marchés où l’acheteur accepte de valoriser cette caractéristique. La clef est en partie là : l’attente du marché.

Reste à donner une information accessible au consommateur sur la « réparabilité » ou la « durée de vie » du produit qu’il est prêt à acheter. On attend un peu ça de l’affichage environnemental qui est en cours de mise en place.

L’obsolescence programmée est pour moi un sujet à ne pas isoler des réflexions qui touchent à la Responsabilité Globale, même si le sujet est sensible et ne peut se faire à contre-courant des intérêts économiques immédiats des entreprises. Celles qui demain se diffencieront sur la durabilité de leur produit, l’organisation de leur réparation, voir de leur recyclage ont tout à gagner. 

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GRI et ISO 26000 : pour une utilisation conjointe…

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 6 octobre 2011

Le GRI vient de sortir un guide de correspondance entre ISO 26000 et les indicateurs promus par le GRI : lien.

GRI

La grille de correspondance est intéressante techniquement. Le mérite du document est notamment de rapprocher les deux démarches qui sont par nature complémentaires : les principes (ISO 26000) et les modalités de mesure de ces derniers (GRI).

L’introduction insiste sur la nécessité d’élaboration de rapports pour être crédible dans sa démarche de Responsabilité Sociétale, ce qui fait le lien aussi avec le décret RSE (toujours en attente…). Rappelons qu’ISO 26000 n’impose rien. La norme donne un cadre, c’est tout.

Communication externe ou pas, la question du bon indicateur reste pertinente et en ça, le GRI a une grande expérience à partager.

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L’humour et le Développement Durable

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 octobre 2011

L’Ademe met en ligne ces jours-ci un joli exercice de style sur  »le Développement Durable et l’humour dans la publicité« . Bien sur on rentre par la petite porte (la publicité des médias de masse qui simplifie tout), mais je trouve sympathique de trouver d’autres tons que la gravité et l’urgence ultime sur le sujet du Développement Durable.

C’est aussi assez rigolo de voir combien on peut se « prendre la tête » sur ce type d’analyse de cas… C’est très sérieux comme analyse !

C’est moins rigolo de voir à quel point les destinataires de ces publicité n’ont de disponibilité que pour le « verni » des enjeux associés au Développement Durable : la réceptivité est bonne s’il y a valorisation d’un bénéfice immédiat et individuel (plage propre plutôt que mer non polluée) et surtout des messages non contraignants (faible modification des comportements induits par la présentation de cas extrèmes de mauvaises pratiques).

Après, l’objectif premier de la publicité est de vendre un produit, il est donc surement « contre-nature » de lui demander en plus de contribuer à la montée en compétence des « cibles » sur le sujet Développement Durable. C’est déjà bien que le monde de la publicité développe des compétences sur ce sujet et tente progressivement de limiter le green-washing.

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ARMOR agit pour l’intégration du Handicap au sein de l’Entreprise

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 26 septembre 2011

En organisant une soirée sur le thème « Ensemble, partageons nos différences« , le 4 octobre prochain, l’entreprise ARMOR traduit très concrètement un des 10 axes de sa politique de Responsabilité Globale.

En association avec une troupe de théatre, ARMOR propose donc à ses salariés et parties intéressées, une approche innovante sur un thème souvent considéré comme difficile d’accès (ça veut dire comme souvent que c’est plus facile de ne rien faire…). L’enjeu est notamment de contribuer à l’intégration des salariés handicapés au sein de l’entreprise.

Je suis bien triste de ne pas pouvoir être présent à cette soirée. Peut-être qu’un retour d’expérience pourra faire l’objet d’un post ces prochaines semaines si un participant accepte de rédiger quelques lignes (?).

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Lignes directrices pour l’Analyse Sociale du Cycle de vie

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 septembre 2011

Je recommande régulièrement la lecture d’un rapport publié par le PNUE en 2009 pour illustrer un chemin que pourrait prendre une organisation « apprenante » en matière de Responsabilité Globale (bien d’autres chemins sont possibles, ce ne sont que des outils) : 

- On commence doucement par développer sa culture environnementale « industrielle » (ICPE, ISO 14001…)

- On s’intéresse ensuite à ce qui se passe en dehors de son périmètre juridique strict mais sur un seul critère pour ne pas « brusquer les choses » et on réalise un petit Bilan Carbone. On s’habitue ainsi à regarder plus loin que la clôture !

- Puis vient l’heure de réaliser un Bilan Environnemental Multicritère (ou « ACV site ») : on élargit le spectre des impacts et des paramètres à prendre en compte. Une Analyse du Cycle de Vie d’un produit traduit aussi une nette montée en compétence bien entendu !

- enfin, on atteint la pléinitude en se posant des questions dans une logique « Analyse Sociale et socio-économique du Cycle de vie« . Le rapport en question fournit un cadre technique adéquat à partir duquel un groupe plus large de parties prenantes peut dialoguer pour promouvoir un comportement socialement responsable en évaluant le cycle de vie des biens et services. Ceci est très expérimental mais ouvre de nouvelles perspectives en chiffrant des impacts nouveaux.

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La Responsabilité Globale est par définition… Globale !

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 septembre 2011

et fort logiquement, on me reproche de m’intéresser essentiellement à la dimension environnementale de la chose. Je reconnais que s’intéresser à des rejets carbone, à des flux physiques ou des pollutions (…) est beaucoup plus « simple » que d’envisager la dimension Humaine de la Responsabilité Globale des entreprises. Souvent, cette approche « Globale » n’est pas sans poser des questions de cohérence.

Lorsque l’on parle d’éco-conception, il est une règle qui souligne la nécessité de ne pas « déplacer les pollutions ». Par exemple, produire le même produit avec moins d’énergie en générant plus de déchets ou limitant la durée de vie du produit, n’est pas forcement intéressant. C’est déjà complexe…

Lorsque les dimensions humaines s’ajoutent à la prise de décision, le nombre de variables augmente significativement et les « vérités » binaires, comme les médias les aiment, perdent encore plus de leur pertinence. Choisir par exemple d’automatiser une ligne très accidentogène est intéressant d’un point de vue économique et « prévention des risques »; pas forcement d’un point de vue social (et relation à la collectivité) si cela implique une diminution des effectifs (ni environnemental si on rajoute de la dépendance énergétique à notre process). C’est plus pertinent, si on accompagne le changement par des formations qui permettent aux agents d’exercer de nouveaux talents.

Il ne s’agit pas encore d’une science exacte. La Responsabilité Globale nécessite une appropriation de ses multiples dimensions par les organisations et surtout une intégration à tous les niveaux de décision pour choisir « avec toutes les données sous les yeux »… sans pour autant résoudre tous les problèmes d’un coup de baguette magique !

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Qu’est ce que l’Effet rebond ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 septembre 2011

Je continue de partager des notions, parfois peu connues qui déterminent pourtant notre capacité à construire un modèle de société « durable ».

L’effet rebond est intéressant à aborder à ce titre car il est la démonstration que de bonnes réponses à un problème peuvent générer des effets opposés à ceux attendus. Dans l’esprit : « Comment faire deux pas en avant et un en arrière ! ».

Illustrons.

Le carburant est cher (tout est relatif) et vous décidez d’investir dans une voiture qui consomme peu. Parfait ! A distance parcourue équivalente, vous consommerez moins, ferez des économies, serez moins « carbone émetteur » et donc vous dormirez mieux. Là où le bas risque de baisser ;  c’est quand vous vous direz qu’avec une telle voiture qui consomme si peu, il serait dommage de ne pas en profiter… et donc de rouler plus qu’avant !  Et patatra, l’économie potentielle se transforme en « retour au point de départ » (voir pire).

Cet « effet rebond » a été constaté dans bien d’autres domaines comme par exemple celui des maisons mieux isolées : on monte la température d’ambiance à « coût équivalent » et on vit en sous vêtement toute l’année. Au final, on consomme plus que nos parents qui avaient moins d’exigences de confort.

Les études commencent sortir car en ces heures de crise, la justification des aides fiscales notamment doit être démontrée !

La lecture de ce post peut se prolonger par la lecture d’un article parru sur le blog du Monde et faisant lui même référence à une étude américaine récente.

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