PERLE 2 : « l’énergie en Pays de la Loire : des enjeux territoriaux majeurs »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 septembre 2014

Polytech Nantes a eu la gentillesse de m’inviter aujourd’hui à la journée de clôture du programme PERLE 2 (1,2 millions d’€) qui a mobilisé une douzaine de Capturelaboratoires et une quinzaine de doctorants ces 4 dernières années. J’ai donc passé une grosse demi-journée pour comprendre l’état de la science en matière d’énergie.

Je ne cache pas que le programme de la journée pouvait m’apparaitre, en première approche, très universitaire avec un contenu laborieux pour le vulgarisateur que je suis. Le fait que des sujets sociétaux soient abordés m’a finalement décidé à me déplacer sur Nantes. Il me semble que cet effort d’ouverture est la traduction d’une prise de conscience du monde universitaire sur la nécessité de décloisonner les spécialités.

Bon, reconnaissons-le, je n’ai pas tout compris aux apports techniques (maintenant je connais la différence entre supercondensateurs et accumulateurs)…

Au delà de la technicité, je regrette personnellement un peu la forme de ces nombreuses « conférences descendantes » : apports (trop complets) d’experts qui ne sollicitent pas l’échange ou le débat. Le sachant parlent aux apprenants. Je ne suis plus vraiment habitué à cette méthode « traditionnelle » d’exposé scientifique.

Voici quelques morceaux choisis de ce que j’ai choisi de retenir :

Ouverture : Dany Escudié – directrice de recherche CNRS INSA Lyon

L’intervenante a choisi de cibler quelques points très pertinents. Par exemple, la forte « dépendance en eau » associée à la production d’énergie ; l’importance de la géopolitique de l’énergie, l’enjeu de l’efficacité énergétique (on perd en moyenne 30% entre l’énergie primaire et finale).

L’accent est aussi donné à la nécessité d’innover technologiquement (à la fois, c’est pas surprenant, je suis dans un « nid » de chercheurs!).

Cette introduction, intéressante et accessible, m’a permis d’identifier quelques mémos sympas à placer en soirée :

  • Énergie = force en action (Aristote – 320 avant JC)
  • -1100 : premier usage du charbon comme énergie par les Chinois !
  • 1630 : première crise énergétique / pénurie de charbon de bois
  • De 2.5 kWh/j (besoins vitaux)=> aujourd’hui, l’homme a besoin de 140 kwh/j en France pour vivre, se mouvoir (et polluer…)
  • Le cloud computing est la 5ème puissance consommatrice d’énergie (avant l’Inde, l’Allemagne, le Canada, la France…). La dépendance énergétique des Data centers est invisible mais l’enjeu est énorme (illustration innovation sur le sujet)
  • Rappel « jancovicien » : l’électricité dans le monde est avant tout charbonnée. Je me permets pour le coup de rappeler qu’une voiture électrique à Bombay rejette indirectement plus de 250 g de CO2 au km.
  • Investissement public dans le domaine de l’énergie : c’est 1 milliard d’euros dont près de la moitié traitent de sujet nucléaire.

C’est le second expert en deux jours (je suis le MOOC Économie circulaire) qui minimise l’« irresponsabilité » environnementale supposée de la Chine. J’ai même appris qu’une législation sur l’économie circulaire avait été déployéeImage2 il y a plusieurs années déjà. Mme Escudié, elle, relativise la consommation énergétique chinoise (notamment du fait de la fonction d’externalisation de la production des biens aux services de l’occident – voir schéma ci-dessous l’illustration de la « fuite carbone »).

 

Dominique Pécaud (directeur IHT) « l’acceptabilité sociale des énergies nouvelles : critique et pratiques nouvelles »

Comment intégrer les « riverains » dans le déploiement des énergies nouvelles ? Ou plutôt,  comment « Demander l’avis aux parties prenantes et … ne pas en tenir compte ». Voici l’introduction de l’intervenant. L’approche est critique. Aucune démarche de transparence sincère ne semble être possible. Il est possible que je n’aie pas été assez intelligent pour tout comprendre.

Je retiens que le rôle de l’expert scientifique est de plus en plus remis en cause par le savoir profane, favorisé par l’accès à l’information sur internet. Démocratie en trompe l’œil ? Explication ou demande d’avis ?

Selon lui, la rationalisation sur des sujets scientifiques n’est plus vraiment possible.

2 idées intéressantes dans sa conclusion :

-          Travailler plus sur le patrimoine matériel et immatériel

-          Confronter régulièrement les savoirs scientifiques et les savoirs profanes

 

Rodica Loisel (maitre de conférence IEMN IAE) « Transition énergétique et effets de la RetD énergétique industrielle »

Il y a des gens qui bossent sur des études de marché de la production d’H2 et de ses usages à horizon 2030 sur la base du projet éolien offshore. Intéressant. Speed, mais intéressant…

La problématique : 30 % de la production d’électricité de l’éolien offshore est effacé du fait de l’incapacité de transporter le surplus d’énergie transformé. Parmi les différentes hypothèses étudiées : Power to gaz (pas d’investissement donc le plus intéressant), Power to power (investissement d’infrastructure), power to mobility

Bon, le résultat , c’est qu’aucun transfert n’est rentable !

Les installations industrielles n’aiment notamment pas le marche / arrêt imposé par la discontinuité de production d’ENR.

Pas gagné de voir le projet de Rifkin se transformer en réalité sur le court terme !

 

Bruno Auvity (Professeur Chercheur Polytech Nantes) « Piles à combustibles et hydrogène »

Donnée d’entrée ; les humains sont près à consacrer 10 à 20 % de leur budget à la mobilité. A horizon 2050 : la pertinence du choix techno de l’hydrogène devrait être évident. Aujourd’hui le coût est trop fort.

 

Mohamed MACHMOUM (Directeur de l’IREENA / Institut de Recherche en Energie Electrique de Nantes Métropole) « Dimensionnement optimisé, commande et intégration »

Alors là, on rigole plus. C’est de la technique pure et dure. Du coup, j’ai lâché.

Je retiens seulement que le câblage Haute Tension dans le cadre de projet Off-shore peut représenter jusqu’à 75% du budget de l’investissement !

Vive les machines lentes à aimants permanents !

 

Thierry BROUSSE (professeur Polytech Nantes) « Stockage de l’énergie : des solutions et des problèmes »

Une piste pour l’avenir  : le développement des batteries Sodium Ion; ce qui prendrait en compte la pénurie de ressource Lithium. C’est possible ! Les marais salants ont un nouveau débouché.

Et vives les Mésopores interconnectés !

Je n’ai pas pu rester pour les autres présentations, mais il est encourageant de voir l’énergie libérée sur le sujet Énergie en Pays de la Loire. Continuez !

 

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Le Compte Epargne CO2

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 septembre 2014

En matière d’innovation non technologique permettant de lutter contre les émissions de GES, le Compte Épargne CO2 (lien vers le site pour en savoir plus) – projet lancé par une start-up bretonne- mérite une mise en lumière.

Je profite donc de l’organisation prochaine d’une conférence sur le sujet (invitation ci-dessous et lien inscriptions) pour expliquer succinctement comment ça marche.

 

Capture

 

Il est tout d’abord demandé au citoyen ou à l’entreprise lambda qui souhaite bénéficier du dispositif de réaliser en ligne son bilan d’émissions sur une période de référence. Les preuves en tout genre sont alors exigées et mises sur le site (factures…). C’est du sérieux !

A partir de l’état des lieux, le Compte Épargne CO2offre la possibilité aux citoyens et entreprises françaises de bénéficier du « marché carbone »; c’est à dire de calculer leurs réductions de CO2 et de les valoriser de deux manières :

- en les revendant à des entreprises souhaitant compenser leurs propres émissions en bénéficiant d’une reconnaissance de l’ONU et de l’État Français ;

- en les échangeant contre des bons d’achats et ainsi créer une économie circulaire bas carbone sur nos territoires.

Les économies réalisées (encore faut il les faire en investissant par exemple dans l’isolation), sont alors transformables en « tickets cadeau kg de CO2 non émis » pour consommer auprès de partenaires par exemple (réduction sur une chaudière…).

Ce dispositif met ainsi à la portée de tous un dispositif plutôt limité à ce jour à des institutionnels. Le « kg de CO2 » devient ainsi une nouvelle valeur d’échange, qui, en lui donnant de la valeur :

- en limite les émissions et contribue donc à lutter contre le réchauffement climatique.

- crée un nouvel actif valorisable pour les entreprises et les ménages.

Pour en savoir plus, visualisez le petit film ci-dessous, allez vous promener sur le site dédié (lien ) ou venez à Nantes le 5 novembre.

 Capture

 

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Le bonheur au travail, c’est rentable

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 juillet 2014

J’ai passé ma journée d’hier à l’Université Jules Verne des entrepreneurs de Loire-Atlantique qui organisait des échanges autour de « S’engager pour changer le monde« .

Cette journée a bien mal commencé puisque j’ai loupé l’intervention inaugurale de Yannick Roudaut (je recommande vivement le visionnage de son TedX si ce n’est déjà fait) et suis arrivé au moment du plaidoyer d’Elisabeth Levy pour l’immobilisme et l’arrêt de ces démarches intellectualisantes que sont la RSE, la Transition (…). Je suis sorti de la salle frustré.

Un atelier sur la TRIA plus tard (je reviendrai sur le sujet à l’occasion d’un autre post, en attendant voici le lien vers le site dédié à la Troisième Révolution Industrielle en Pays de la Loire), me voici assis au premier rang d’un atelier qui a pour titre « Le Bonheur au travail, c’est rentable« .

Cette petite heure a éclairé ma journée (ma semaine ?).

L’intervenante, Laurence Vanhée, nous a présenté son expérience de RH au sein du ministère belge de la Sécurité Social. « RH » ne correspond cependant pas vraiment au spectre couvert par le travail accompli. Quand on se donne pour mission de mettre en place une « Happy Organisation », on déborde largement de la gestion des « ressources » humaines (le mot « ressource » fait quand même échos à la base à quelque chose plus qu’à quelqu’un, non ?).

Parler « bonheur au travail » peut faire sourire. Les deux notions ne paraissent pas faites pour aller ensemble. D’ailleurs le mot travail, sémantiquement, a dans toutes les langues une proximité affirmée avec des notions de torture, de douleur. La seule exception serait l’anglais : « in old english, the noun also had the sens of « fornication » !

Et pourtant, comme le dit Mme Vanhée, son point de départ était rationnel : « on travaille avec des adultes responsables et ils ne sont pas moins responsables quand ils passent l’entrée du ministère ». Le projet a donc, notamment consisté à valider leur autonomie en leur donnant plus de liberté, liberté couplée à une responsabilisation collective et non plus hiérarchique. Le groupe définit les modalités d’atteintes des objectifs. Pour le reste, c’est la liberté. Tu veux arriver plus tard (après les bouchons ?) : OK. Tu veux bosser à la maison ? OK. De toute façon, dans la nouvelle organisation mise en place, il n’y a plus d’horaires imposés.

Quand en entreprise on parle de donner un cadre, Laurence Vanhée, elle, insiste sur le contexte, l’environnement de travail. Plus de bureaux individuels (plus aucun, yc pour le big boss), plein d’espaces de travail différenciés adapté à différents besoins, passage au 100% numérique pour permettre le télétravail (…). Des astuces pour adapter l’ergonomie à chacun.  Au global, la surface de bureaux a fondue, les frais d’immobilier et d’entretien diminués en toute logique.

Les clefs du changement de paradigme proposées sont vraiment questionnantes :2014-07-07 14.39.28

  • Arrêter de motiver les équipes (ça sert à rien, nous sommes tous trop différents) et faire le cadeau de la confiance
  • Don’t manage : LOVE. « ne fait jamais à un collaborateur, ce que vous ne feriez pas à vos amis »
  • Don’t think, THINK (penser en « vert », tout placer au filtre de la responsabilité sociétale)
  • Don’t work, have fun
  • Don’t complain : INNOVATE

Et ce qui est dingue, c’est que les résultats en terme de performance ont été au rendez-vous (voir photo ci-contre).

Bravo et merci pour ce beau retour d’expérience Mme Vanhée !

Pour terminer en clin d’oeil, ci-dessous une petite vidéo du référent bonheur de Laurence Vanhée (B Obama) dans un exercice de style déstabilisant pour son hôte…

 

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Vocabulaire des nouveaux modèles économiques

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 6 juillet 2014

Lors de la dernière AG de l’Association Carbon’at (lien vers le CR et les documents joints) qui s’est déroulée le 2 juillet dernier dans les locaux de l’entreprise REMY COINTREAU, il est apparu que la multitude de nouveaux concepts gravitant autour des nouveaux modèles économiques nécessitait une petite mise à niveau. C’est l’objet de ce post. Sachants, passez votre chemin !

  • Économie Circulaire [source : Fiche technique ADEME, Alain Geldron] : selon l’Ademe, elle peut se définir comme un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (bien ou services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement. L’économie circulaire doit viser globalement à diminuer drastiquement le gaspillage des ressources afin de découpler la consommation des ressources de la croissance du PIB tout en assurant la réduction des impacts environnementaux et l’augmentation du bien être. Il s’agit de faire plus et mieux avec moins.

Pour avoir participé le 17 juin dernier aux premières Assises de l’Économie Circulaire (lien) , je constate que cette dernière est encore beaucoup orientée « gestion des déchets » – d’ailleurs quand dans le projet de Loi Transition Énergétique on parle « économie circulaire », les objectifs ne sont relatifs qu’aux déchets. Paradoxalement, l’économie circulaire a aussi été présentée de manière très ambitieuse en y intégrant l’économie de fonctionnalité notamment…

  • Économie de fonctionnalité [source : site du Club de l’économie de la fonctionnalité] L’économie de fonctionnalité consiste à produire une solution intégrée de biens et de services, basée sur la vente d’une performance d’usage, permettant de prendre en charge des externalités environnementales et sociales. Elle s’appuie sur deux leviers : la mobilisation de ressources immatérielles (confiance, compétence, pertinence d’organisation) et les dynamiques de coopération (en interne, avec les clients et les partenaires). La solution proposée s’inscrit dans une sphère fonctionnelle (mobilité, santé, habiter, etc.) regroupant des acteurs issus de différents secteurs d’activité, et contribue à progresser dans une logique de développement durable.
  • Économie collaborative [source : page Wikipedia modifiée par mes soins – entre parenthèses Wikipédia est un excellent exemple d’économie collaborative !] : l’économie collaborative vise à produire de la valeur en commun en reposant sur de nouvelles formes d’organisation du travail. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils (l’usage plutôt que la possession), l’organisation des citoyens en « réseau » ou en communautés et généralement l’intermédiation par des plateformes internet. L’économie collaborative est entendue dans un sens large, qui inclut la consommation collaborative (AMAP, couchsurfing, covoiturage etc.) mais également les modes de vie collaboratifs (coworking, colocation, habitat collectif), la finance collaborative (crowdfunding, prêt d’argent de pair à pair, monnaies alternatives), la production contributive (fabrication numérique, DIY, Fablabs, imprimantes 3D, maker spaces) et la culture libre.

 

Autres tendances du moment :

  • Biomimétisme [source : un bel article de Novethic sur le sujet avec pleins d’exemples : lien]: Cette approche, basée sur une innovation qui s’inspire de la nature et des êtres vivants, propose une nouvelle voie en matière d’innovation. De grands groupes industriels, comme les pouvoirs publics, se sont déjà emparés du concept.
  • Capital immatériel : C’est la richesse de l’entreprise que l’on ne voit pas au bilan. Généralement, elle représente les 2/3 de la valeur globale de l’entreprise. Sans hommes, brevets, marques, système de management (…), pas de valeur créée. Et pourtant ce capital n’est que rarement mesuré. A l’échelle macro, rappelons nous ce que disait Robert Kennedy sur le PIB (lien).

« En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue »

  • Écologie industrielle [source : ministère du DD et particulièrement une note « Le Point sur » du Commissariat Général au Développement Durable sur le sujet]: L’écologie industrielle et territoriale (EIT) recouvre les démarches collectives volontaires menées sur un territoire en vue d’économiser les ressources ou d’en améliorer la productivité. En visant à la fois le développement économique et un meilleur usage des matières ou de l’énergie, l’EIT répond aux enjeux de la transition écologique. Dans un contexte de pression croissante sur les ressources et de hausse de leur coût, l’EIT constitue ainsi un levier important de compétitivité et de réindustrialisation en privilégiant l’ancrage des activités et de l’emploi dans les territoires.

 

Libre à chacun de compléter ce modeste panorama dans les commentaires.

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« Pourquoi pas » utiliser l’Energie Thermique des Mers profondes ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 mai 2014

Au hasard de la lecture du Courrier International n°1222, j’ai découvert que l’ETM (Énergie Thermique des Mers) était une option crédible puisque le géant américain Lockheed Martin (lien) vient d’annoncer avoir signé un contrat pour la construction d’une centrale ETM en Chine. Il s’agit de construire une centrale d’une capacité de 10 megawatts (l’équivalent de deux éoliennes marines de dernière génération) au large de la Chine. Elle doit fournir l’intégralité de la consommation électrique d’une station balnéaire.

Déjà en 1870, Jules Vernes évoque ce potentiel dans « Vingt-mille Lieues sous les Mers« . Sa concrétisation est une nouvelle reconnaissance de la capacité d’anticipation de cet illustre nantais !

Mais de quoi s’agit-il ? Capture

Le principe de la centrale ETM (ou Otec) est de produire de l’électricité à partir de grandes turbines actionnées par un gaz transformé en vapeur lorsqu’il se réchauffe grâce à la chaleur de l’eau de surface, pour ensuite être refroidi grâce à la fraîcheur de l’eau pompée à 1000 mètres de profondeur. Mais attention, cette énergie n’est pas disponible partout : en gros l’eau de surface doit être le plus chaud possible et grossièrement, les zones éligibles sont équatoriales.

Théoriquement, c’est le pied : en une année nous pourrions produire quatre mille fois plus d’énergie que le monde n’en consomme (source New Scientist). Sans production de GES, de manière indépendante des énergies fossiles ! Dans la vraie vie, c’est bien sur plus compliqué, le process est lui même énergivore, la distance production / consommation est problématique, la technologie en eau profonde n’est pas totalement éprouvée, les perturbations du milieu récepteur sont réelles…

On compte cependant déjà une dizaine de projets dans le monde en plus du projet de Lockheed Martin. Le groupe français DCNS est l’un des rares autres industriels dans le monde à miser sur cette technologie dont les principes de base avaient été validés par des physiciens français, dont Georges Claude, créateur d’Air Liquide, au début du XXe siècle.

Des applications potentielles… étonnantes !

Parmi les projets un peu fous associés à cette technologie, l’idée de fermes flottantes (cité dans Courrier International et faisant référence à un article de Modern Farmer). Le projet – Blue Revolution – prévoit de concevoir sur Hawaï des cultures hors-sol associées à de l’aquaculture en milieu ouvert avec l’apport d’une énergie locale et pas chère : la technologie ETM.

Détail intéressant : plus le réchauffement climatique est fort, plus cette technologie devient rentable (eaux de surface sont plus chaudes donc le gradian de température augmente) !

Pour en savoir plus sur la technologie ETM :

- l’énergie thermique des mers (lien)

- dossier dédié du club des Argonautes (lien)

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Management Post Moderne

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 mars 2014

Mon dernier post parlait de la fin prochaine de notre civilisation (dixit la NASA). Je m’en voulais un peu de véhiculer un message aussi sombre et me suis promis de compenser par une perspective plus optimiste.

J’ai choisi de pointer une initiative intellectuellement stimulante : MPM pour Management Post Moderne. Le site (lien) est bourré de réflexions et de concepts novateurs, dérangeants, positifs.

Abonné au compte twitter de MPM, j’y trouve régulièrement une inspiration positive pour mon quotidien. Consultez par exemple les articles suivants :

  • Captureconduire le changement : lien
  • la joie de vivre [« Le plaisir se consomme le bonheur se reçoit et la joie se construit« ] : lien
  • « les 7 clefs de la confiance en management », que je partage totalement : lien
  • « Quelle sera la logique du manager de demain ? » : lien

 

Autant de pistes pour construire un monde nouveau. Bref, je vous recommande MPM comme on peut recommander un bon resto à un ami.

 

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Rdv le 20 mars à Nantes pour visiter un FabLab et le showroom éco-conception d’EVEA

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 mars 2014

La prochaine rencontre Carbon’At aura lieu le jeudi 20 mars après-midi

Le rendez vous est donné à 14h au Hangar 30 du quai des Antilles à Nantes.

L’après-midi sera divisé en 2 pour permettre de découvrir :logo carbonat

  • Le Showroom Eco-Conception d’EVEA

 

lien vers le blog de l’association pour vous inscrire.

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Projet AgriClimateChange

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 janvier 2014

Le Projet AgriClimateChange (lien vers le site dédié) est un programme qui a été décliné dans 4 pays européens (France, Allemagne, Espagne, Italie) de septembre 2010 à décembre 2013 avec pour objectif de déterminer et soutenir les pratiques agricoles  permettant de combattre le changement climatique. 120 fermes ont été évaluées sur 3 ans avec un outil de diagnostic systémique permettant d’aboutir à des mesures et points de références.

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Un rapport de synthèse est en ligne : lien. Les 52 pages du rapport présentent les résultats par type de production (fruits -bananes, fruits, légumes sous serres…- lait –vache, chèvre, brebis-, céréales et riz, légumes, oliviers et vignes, porc volailles et bœuf, cultures spécifiques), ainsi que des cas d’école de projets et une synthèse des actions d’amélioration engagées (exemple ci-dessous avec Agronomie).

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Ce travail est très intéressant car il offre des références aux exploitations engagées par ailleurs dans des démarches d’amélioration environnementale.

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Lu : Liberté & Cie – Quand la liberté des salariés fait le bonheur des entreprises

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 décembre 2013

Dans la série des ouvrages sur les modes de management innovants, après le récit de la belle aventure PATAGONIA (lien post précédent), voici un livre promotionnant les entreprises « libérées » ou plutôt des salariés « libérés ».Capture

Les auteurs (Isaac Getz et Brian M. Carney) soutiennent, exemples à l’appui, que le mode de management le plus généralement partagé de nos jours – et caricaturé dans le livre par le couple « commande – contrôle » déshumanisé- est périmé. Les entreprises qui s’en sont démarquées s’en sortiraient mieux (GoreTex, Favi….). Les entreprises du « Comment » (en opposition aux entreprises du « pourquoi ») auraient oubliées que les femmes et les hommes dans l’entreprise sont bien plus qu’une « ressource » mais des individualités à fort potentiel conditionnant le plus souvent la réussite ou l’échec d’un projet industriel. Le problème identifié par les auteurs est que le contexte managérial traditionnel est conçu pour brider l’expression de ce potentiel humain… donc, ça ne marche pas.

La position défendue, et largement illustrée dans ce livre, est très intéressante car elle remet l’Homme au centre du management, casse des idées reçues sur la hiérarchie pyramidale inébranlable et oriente le lecteur à prendre en compte bien-être des salariés, confiance mutuelle et coopération dans le monde de l’entreprise (cf cet autre bouquin sur le sujet de la coopération dans l’entreprise lien). Par défaut, un collaborateur veut le bien de l’entreprise. Il est présumé « innocent » et non « coupable » de paresse, mise en danger…

J’ai bien aimé l’image du « management pour les 3%« . Qui n’a pas constaté la mise en application de procédures de contrôles idiotes, anti-productives, mises en place pour remédier à un problème mineur touchant une grande minorité du personnel ? Exemple : restriction de la mise à disposition des Équipements de Protections Individuels suite à de rares voles et mise en place de procédures chronophages pour équiper le personnel. Non seulement, ces mesures sont le plus souvent inefficaces mais en plus elles démobilisent les 97% des collaborateurs qui se sentent « punis » pour une défaillance qui ne les concernait pas. Qui n’a pas d’exemple de « management pour les 3% » ? Bien vu.

Ce positionnement remet en cause, notamment, la tendance parfois extrême à la définition des « procédures » chères à mes normes chéries. Je suis assez d’accord avec ce constat (j’en causais déjà en février 2012 : lien).

Ce livre est intéressant car il ouvre les yeux sur de nouveaux horizons. Pour autant, il n’est que très partiellement progressiste. Je trouve même les auteurs très conservateurs sur la question du « Pourquoi » (quelle est la finalité de l’entreprise). L’amélioration proposée n’a qu’un seul objectif (en tout cas dans ce que j’en ai perçu) : servir l’amélioration de la performance économique directe et la satisfaction client. Il me semble étrange en 2013, de sortir un livre présentant un mode de management innovant, en ignorant que l’entreprise doit aujourd’hui rendre des comptes à d’autres que ses clients directs. C’est peut-être un autre débat.

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Retour sur la soirée Smart Grid Vendée du 4/12/13

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 5 décembre 2013

Hier soir j’ai assisté à la soirée « Smart Grid Vendée » (lien) qui se déroulait à la CCI de Vendée. L’occasion de revenir sur un projet démonstrateur de grande envergure mais pas que…

Tout d’abord la seule critique que je me permettrai : le parterre de « Men in Black » de la photo ci-dessous est un peu éblouissant… Visiblement, il n’y a pas de compétences féminines sur ce sujet hyper techno ! J’espère que le CNAM (qui est impliqué dans le projet pour former des ingénieurs SMART GRID) saura mobiliser les filles aussi.

2013-12-04 17.53.16

 

Donc la soirée avait deux objectifs :

1- repositionner le projet SMART GRID Vendée et son ambition

2- apporter aux industriels présents pour l’occasion une information sur l’effacement de consommation, pièce indispensable à la mise en place de ce type de projet

Sur le premier point, quelques chiffres clefs ont été apportés. La Vendée représente 1% de la population française et produit 9% de son énergie à partir d’énergies renouvelables. La perspective -en fonction de la réalisation ou non du programme d’éolien off-shore- est d’atteindre une part d’EnR entre 29% et 54% à horizon 2020. Pour les acteurs que sont ERDF, RTE, SYDEV (…); il s’agit là d’une modification profonde de la gestion des flux d’électricité. En effet, c’est bête à dire mais tout ce qui est produit sur le réseau doit être consommé (et réciproquement) et on sait la fâcheuse tendance des énergies photovoltaïques et éoliennes à apparaitre de manière intermittentes. Il faut donc réguler… localement ; d’où l’intérêt du projet vendéen.

Le sénateur Merceron a repositionné ce projet pour ce qu’il est : une première française à une telle échelle. Le projet concerne 150 communes, 6 parcs éoliens, 100 bâtiments publics, 30 sites photovoltaïques, 8 sites industriels, 10 000 points lumineux, 500 compteurs communicants. 25 Millions d’€ vont être engagés sur 5 ans. Les différents acteurs engagés doivent démontrer que techniquement « l’internet de l’énergie », promotionnée par Jeremy Rifkin, peut devenir une réalité.

Au delà des innovations technologiques, une telle évolution n’est possible que par des modifications de comportements des gros consommateurs d’électricité vendéens. Il n’y a pas que les réseaux qui doivent être intelligents, les usagers aussi. En gros et très théoriquement, il faut faire en sorte que lorsqu’on manque d’électricité sur le réseau, certains acteurs (industriels, collectivités…) acceptent de baisser leur propre consommation (par l’usage d’un groupe électrogène, la baisse de production…). Ils seront payés pour cela. Idem au moment de consommation en période de pic de production (on voit déjà des contrats où on paye l’industriel pour qu’il consomme ces Kwh!). Pour ultra simplifier, du point de vue du consommateur, on est en train de vivre une sorte d’évolution des EJP (qui vont disparaitre totalement), avec une flexibilité encore plus forte.

Il n’a pas vraiment été question de sobriété hier soir (on réfléchit pour le moment à « iso usage énergétique »… ça évoluera, ce n’était pas l’endroit pour parler de transition de modèle), mais c’est quand même bon de voir toute cette énergie libérée sur mon territoire pour un projet qui peut devenir essentiel dans le projet de  troisième révolution industrielle.

Je profite de ce post pour vous informer que RTE a mis à jour son site éCO2mix (lienqui permet de visualiser par région les flux de production (yc EnR) et de consommation d’électricité ainsi que les échanges interrégionaux. Très chouette.

Capture

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