La consommation change… peut-être ?

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 7 juillet 2015

Les jours où je suis de bonne humeur (genre à la veille des congés), je me dis que le monde change dans le bon sens. Un petit post optimiste donc.

En introduction de ma bafouille : Lino Ventura dans ce cours extrait vidéo nous explique que « la société de consommation, c’est foutu!« (lien). Ceci tendrait à prouver que si changement il y a, il se met en place sur un temps long, quelques décennies s’étant déjà écoulées entre ce film et 2015. Capture

Nous posséderions aujourd’hui 15 fois plus d’objets que nos grand-parents ! Les impasses environnementales et sociales qui en découlent sont de plus en plus partagées et pour y répondre de nouveaux modes de consommation apparaissent. L’enjeu des différentes économies émergentes (fonctionnalité, partage, circulaire) est notamment de penser USAGE plutôt que PROPRIÉTÉ, comme expliqué simplement dans cette vidéo de l’ADEME (lien).

Plus concrètement, fleurissent sur internet des offres de services inimaginables il y a encore quelques mois : Les Échos.fr présentaient il y a peu l’apparition d’une entreprise proposant un système de location de Smartphone (lien), la société BOULANGER a développé une plateforme de location de matériel Hi-fi vidéo image (Lokeo – lien). Il est maintenant possible de consommer l’usage de sa télévision sans en être propriétaire.

Au delà de la location, des modèles proposant de véritables économies de la fonctionnalité trouvent progressivement leur place (incluant bien d’autres services que l’usage locatif – cf lien). L’exemple de Clarlight est à ce titre intéressant (lien).

La question est maintenant de savoir si tout cela est vraiment bon pour notre système Terre qui a bien besoin d’une perspective positive pour répondre à tous ses maux.

On peut considérer qu’il ne s’agit là que d’une modalité supplémentaire d’attirer le chaland et de faire consommer encore plus des personnes qui n’auraient pas eu les moyens d’acheter ! Ce qui au final ne résout rien aux enjeux quantitatifs (épuisement des matières, augmentation des déchets…), voir, dans le pire des cas, les amplifie.

On peut aussi voir les choses de la manière suivante :

1- en changeant les mentalités des consommateurs que nous sommes et en orientant nos habitudes vers l’ »usage » plutôt que « l’avoir », notre appétence à la possession va diminuer. Notre relation aux choses iraient diminuant et notre « plaisir » se trouverait à terme ailleurs que dans l’acte d’achat. Qu’est ce qu’une bonne affaire au bout du compte ?

2- effet indirect au système, les entreprises doivent sortir du « prix le plus bas » pour augmenter la durée de vie de leurs produits car restant propriétaire de ces derniers, ce sera trop couteux de renouveler / réparer… Les produits doivent ici obligatoirement être qualitatifs. On fait alors de la croissance « positive » car, créer de la valeur n’est alors plus systématiquement associé à l’augmentation quantitative de biens vendus, la marge se fait sur les services. On optimise le ratio valeur économique / dommages environnementaux. C’est bon pour la planète et on rêve de réconcilier « croissants » et « décroissants ».

 

La phrase d’Épictète « Heureux celui qui ne pleure pas sur ce qu’il n’a pas, mais se rejouit de ce qu’il a » peut éventuellement être « updatée » en « Heureux celui qui ne pleure pas sur ce qu’il n’a pas, mais se réjouit de ce dont il a l’usage« 

PS : laissez moi rêver

 

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Retour sur l’après-midi CERA du 29/5 « Réindustrialiser la France »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 juin 2015

Il se passe des choses en Vendée en mesure de rendre moins bête.

CaptureLe CERA (Centre d’Échange et de Réflexion pour l’Avenir :lien) invitait le 29 mai dernier aux Herbiers le chercheur André-Yves Portnoff, pour partager ses visions de la « réindustrialisation de la France ». Capture

André-Yves Portnoff est prospectiviste et dirige l’observatoire de la rénovation de l’intelligence et collabore avec l’excellente revue Futurible (lien). Le métier de « prospectiviste » m’intrigue. Il m’évoque des experts réalisant une lecture de l’avenir sur la base du présent et des possibles à-venir selon des méthodes un peu obscures et impénétrables pour les extérieurs dont je fais parti. Pour Mr Portnoff, la prospective est de « l’anti-fatalisme » et il précise que « l’avenir n’est pas écrit » (qui aurait cru qu’une lagune nauséabonde deviendrait le siège du plus grand port commercial du monde pendant des décennies ? Et pourtant Venise fut).

La prospective, ça m’évoque aussi ça (lien) et Jeremy Rifkin (que l’expert du jour ne semble pas apprécier des masses).

 

Synthèse arbitraire et totalement subjective de ce bon moment passé avec ce savant, pas fou du tout :

  • Le premier message est le constat de la déshumanisation de l’entreprise. L’homme est moins respecté dans l’entreprise, l’actionnaire distant a pris la main, financiarisant ainsi la mission de l’entreprise, la dictature du court terme nous oppresse. Ceci se rapproche des préceptes de l’entreprise libérée (lien). Il y a un truc dans l’air en ce moment sur ces sujets. Je partage bien sur.
  • Le second message est que tout est possible. Il ne faut pas accepter les freins posés sur le chemin des innovateurs, et pourtant ces dernières années, tout semble avoir été fait pour détruire l’industrie en Europe. Le cas d’école est celui d’Alcatel qui s’est « donné 18 mois pour devenir une entreprise sans usine » (dixit le « super » patron du moment – 2001). Le jour où l’entreprise la plus compétente de son secteur a fait disparaitre ses compétences.
  • Le troisième est le message 1 + le message 2 = encourageons la mise en place d’un capitalisme de Long terme, s’appuyant notamment sur le capital immatériel des entreprises. La quête de l’alchimie parfaite a été illustrée sur plusieurs exemples pour démontrer la faisabilité d’atteindre un tel Grale. Je vous livre la formule magique livrée par le grand sage ? La voici :

SAVOIR FAIRE(compétences) + VOULOIR FAIRE(motivation) + INTERACTIONS  HUMAINES = CRÉATION DE VALEURS

 

Bon, si je me permets une approche un peu plus critique de cette conférence, voici ce que j’en dirai.

Les limites physiques de notre Monde n’ont pas été abordées. J’ai ressenti une certaine sérénité du prospectiviste dans la capacité de notre développement humain à poursuivre sa course folle à l’extraction des matières les plus rares et les émissions de polluants de toute sorte. Ce n’est pas un sujet. Les externalités négatives de nos activités n’ont été abordées que sous l’angle de l’Homme Fabricant et celui de l’Homme Consommateur. J’ai trouvé qu’il manquait l’Homme Habitant.

Je regrette aussi un peu que l’innovation non technologique n’ait pas été plus mise en lumière. En quoi l’économie de fonctionnalité par exemple (lien) est-il un avenir possible pour les industries ? en quoi la production de ValeurS peut-elle s’envisager différemment dans un monde contraint par sa taille et la disponibilité de ses ressources ? en quoi la question de la prospérité économique sans croissance est elle envisageable ? l’industrie de demain n’est-elle que celle d’hier avec des idées neuves en plus ?

Bref, voici quelques frustrations résumées, qui ne doivent pas cacher la satisfaction intellectuelle à écouter une personne si riche d’expériences.

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Retour sur la soirée du 15/4/15 avec Blanche Segrestin sur les « nouveaux contrats d’entreprise »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 avril 2015

Certains jours, c’est compliqué pour un vendéen de se mobiliser pour aller assister à une conférence au nord de Nantes. C’est vrai que je suis rarement déçu par les soirées proposées par le Collège des Transitions Sociétales, mais hier, je n’étais pas sur d’avoir envie d’entendre un chercheur me parler de « contrat d’entreprises ».VIDEO EN LIGNE.

Bref, j’ai finalement procrastiné pas mal de dossiers et j’ai brulé mes 5 litres de pétrole pour aller m’ouvrir à de nouvelles notions et franchement, je ne l’ai pas regretté ! Ce que j’ai entendu hier soir est une analyse historique et sociale éclairante enrichie d’une proposition tellement évidente…

Reprenons dans l’ordre :

Blanche Ségrestin est professeur à Mines ParisTech, elle travaille sur la théorie de l’entreprise, les capacités d’innovation collectives et les modes de gouvernance. Elle a notamment publié « refonder l’entreprise » (lien) en 2012. segrestin1-150x150

Le premier constat de Mme Ségrestin est, que parmi la multitude de crises que nous traversons, il en est une qui n’a pas été comprise : celle de l’entreprise. L’ »entreprise » se caractérise depuis assez peu de temps (années 80) par plus de court-termisme, plus d’inégalités sociales, des transferts de risques et de dommages (loin des yeux, ex : Rana Plaza), une pratique excessive de « l’innovation impatiente » (rachat de start-up au prix fort)… Tout ceci est loin d’être une prolongation logique des pratiques antérieures. Il y a eu un changement de doctrine qu’elle s’attache à analyser.

Voici ce que déclarait Blanche Ségrestin au journal La Croix le 2 juin 2012 (lien):

« Née à la fin du XIXe siècle, celle-ci [l'entreprise] incarnait l’inventivité technique, un collectif de travail, un espace de négociations sociales. Cette logique de progrès s’est brisée dans les années 1980 : le profit des actionnaires est alors devenu la raison d’être de l’entreprise. Cette doctrine a déstabilisé la mission des dirigeants, atrophié les règles de gestion, sacrifié l’intérêt des salariés en cédant le contrôle aux actionnaires. »

J’ai ainsi découvert hier soir que la notion d’Entreprise n’a pas toujours été celle que nous vivons aujourd’hui (et qui n’est d’ailleurs pas définie juridiquement). « Entreprise » c’est au départ « entreprendre », « prendre un risque », « faire une création collective ». Les grands patrons d’entreprises en 1850 dominaient leurs actionnaires; leurs objectifs étaient la création de valeur, y compris sociétale au sens d’aujourd’hui : donner du travail et un salaire, améliorer le confort de vie du consommateur… On ne peut pas reprocher que le 19ème siècle ne s’intéresse pas aux enjeux environnementaux, mal connus.

Dans le même article, cité plus haut, on peut lire :

« Les experts ont cherché les causes de la crise financière du côté de la financiarisation, de la dérégulation des marchés et de la mondialisation. Mais on peut aussi s’interroger à un autre niveau, celui de l’entreprise. Et surgit alors cette question : comment se fait-il que ceux qui dirigent soient parfois amenés à prendre des décisions allant à l’encontre même de la pérennité de l’entreprise ? Il y a eu là une lacune dans les champs de recherche qui, si on la comble, devrait expliquer sous un autre angle la crise dans laquelle nous sommes. Aussi, l’enjeu est d’essayer de reconstruire les conditions d’une régulation de l’entreprise. Ce n’est pas l’État qui le fera, mais il peut y aider.« 

Écouter Blanche Ségrestin, c’est entendre (après interprétation personnelle), que le management (au sens équipe dirigeante) est finalement la première victime de l’exacerbation contemporaine de la logique financière actionnariale. Blanche S. propose d’ailleurs de réfléchir à la piste de « l’habilitation » du dirigeant (en opposition au « mandat »). Un dirigeant peut-il être efficace (donc innovant, animateur du travail collectif, à l’écoute de ses multiples parties prenantes…) s’il représente une seule catégorie de parties prenantes (actionnaires). La piste est intéressante.

Mais la proposition phare, exposée récemment au G8 et reprise notamment dans le recueil « Pour une Économie Positive » de Jacques Attali (lien), c’est la création d’un Objet Social Étendu de l’Entreprise. Inclure dans le droit la possibilité d’intégrer dans l’objet social des finalités sociétales qui ne pourront plus être modifiées au gré des marchés ou des changements d’actionnaires. Il s’agit d’une déclinaison de ce que proposent déjà quelques états américains comme la Californie et dont l’illustration la mieux connue est Patagonia (lien). Yvon Chouinard n’a pas voulu que ses valeurs disparaissent avec lui, il a pu profiter du dispositif Profit with Purpose Companies pour inscrire dans le dur que Patagonia aura toujours une vocation environnementale et sociale. De la RSE puissance 1000 !

La question maintenant est de savoir comment proposer l’intégration de cette possibilité au législateur pour offrir la possibilité aux entreprises de pérenniser leurs engagements sociétaux dans le temps. Je veux en parler à mon député !

En attendant, il est toujours possible de tester le dispositif sans l’encadrement juridique, pour voir, en mettant par exemple en place un comité d’évaluation du respect de l’engagement. On peut aussi lire le dernier ouvrage de Blanche Ségrestin :

Capture

 

 

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Référence : Guide sur l’Ecologie Industrielle et Territoriale

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 février 2015

Voici un nouveau document de « RéférenceS » et de qualité produit par le Commissariat Général au Développement Durable (lien). Il cause d’Écologie Industrielle et il est très complet… (trop complet ?).Capture

C’est un investissement temps de parcourir les 212 pages de ce document à une époque où nous sommes assaillis de publications de toute part (je sors juste de la lecture du rapport du député Potier sur l’état de notre agriculture qui est tout aussi long et tout aussi intéressant même si le constat n’est pas glorieux – lien). 

Je pense que ce travail aurait mérité une certaine épuration de contenus. Ceci dit, on ne peut pas se plaindre de la compilation de définitions, de méthodes, de retours d’expériences, d’argumentaires (…), surtout lorsque l’on est confronté à une volonté d’expérimentation sur son territoire.

Attention, ici, pas de dangereuse confusion : EI désigne « Écologie Industrielle » et non « État Islamique ». On est bien d’accord que cette phrase n’aurait alors aucun sens : « L’EI peut pEIT1orter sur une filière, une entreprise, un établissement industriel, une zone industrielle, un territoire, une région, une matière… etc. ”

Blague à part, pour définir le sujet, il est bon de compléter a notion « d’Écologie Industrielle » avec celle de « Territoire » car le fond d’une telle démarche est bien celui-ci :

« Quantification des flux de ressources (matière, eau, énergie) et optimisation de leur utilisation dans le cadre d’actions coopératives territorialisées et innovantes ».

L’intérêt d’une écologie territoriale repose sur le fait que le territoire apparaît aujourd’hui clairement comme la bonne échelle de réflexion écosystémique entre milieux et sociétés humaines. L’objectif d’une telle démarche créer des « synergies et des mutualisations » entre les différentes activités humaines pour augmenter notre efficacité dans la consommation de matières non renouvelables.

Pour ce faire les auteurs recommandent vivement de raccorder les Agendas 21 et les projets EIT pour donner du sens à ce type de projets. La première difficulté étant l’identification d’un animateur / coordinateur / initiateur, les Agendas 21 ou les Plans Climat ont donc l’intérêt de l’existence et de la transversalité.

Une telle démarche s’étale sur 5 à 10 années et débute le plus souvent par un « Diagnostic du métabolisme du Territoire ».

Parmi les écueils identifiés , il convient de ne pas limiter le champ de l’EIT à la question des DÉCHETS. Élargir les thèmes, penser ressources, transversalité.

Un gros intérêt de ce « guide » est de proposer des méthodes de travail, notamment sous la forme de « Fiches actions » opérationnelles. Les retours d’expériences et témoignages sont riches d’enseignements et on dispose même dans ce guide des coordonnées des acteurs pour éventuellement les solliciter (ce que je risque de faire pour Carbon’at…).

Bon doc.

Capture

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Innovation, nouvelle génération (par la BPI France)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 février 2015

Vous connaissez la BPI France ? C’est la Banque Publique d’Investissement (lien vers leur très original site). Elle revendique un investissement de 8 milliards d’€ d’ici 2017 dans le tissu économique français.

Ce Capturen’est pas pour présenter la BPI que je prends la plume numérique mais pour rebondir sur la mise en ligne récente d’une belle publication par cet organisme, qui reprend de manière très pertinente l’évolution de ce qu’est et sera l’innovation dans les années à venir. 66 slides pour expliquer que l’ »innovation » a changé (lien). Elle n’est plus « que » technologique, elle est aussi « sociale », « organisationnelle » et bien d’autres choses…

Il s’est en effet passé plein de trucs ces derniers temps et l’idée que l’on se faisait de l’innovation (la RetD pour faire simple) est devenue obsolète. Aujourd’hui, la numérisation, l’interconnexion, et les nouvelles externalités à prendre en compte (climat, épuisement des ressources…) créés de nouveaux champs d’innovation qui doivent être accompagnés.

Pleins d’exemples, d’illustrations, d’explications. Ce support est vraiment chouette.

Surtout, le fait qu’un organisme accompagnant l’innovation ait une telle approche de l’innovation me rend optimiste. Il y a tant à faire pour aider les entreprises à passer d’un modèle économique « matériel » à un modèle économique « immatériel » (comme le propose notamment l’économie de la fonctionnalité – lien).

Les entreprises qui innovent ne seraient donc pas seules !

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Economie de la fonctionnalité : l’illustration du Marché public de l’éclairage (Lille)

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 24 janvier 2015

CaptureLe 7 janvier, Carbon’at organisait une conférence sur l’Économie de la Fonctionnalité.  En tant qu’animateur et organisateur, je me rappellerai donc toute ma vie ce que je faisais le 7 janvier 2015. Le jour où…

Avec du recul, je ne regrette pas que nous ayons maintenu notre conférence (qui commençait à 17h30) et ce malgré un évènement d’une ampleur majeure. Je suis convaincu qu’il faut continuer à avancer car ce qu’ »ils » veulent, c’est nous arrêter… De plus, le sujet représente vraiment un avenir possible de notre économie; et ce pour le meilleur. Nous étions une centaine pour écouter un expert (Patrice Vuidel) et des entreprises témoin; et je pense que cette soirée était utile. Pour ceux qui le souhaitent, le support est en ligne : lien.

Comme promis dans mon post précédent (lien), je vais profiter de ce blog pour promotionner quelques illustrations d’expériences réussies sur le sujet de l’Économie de fonctionnalité. Aujourd’hui, j’ai choisi de relater l’expérience vécue par la collectivité lilloise dans le cadre de son marché de sous-traitance de l’éclairage publique. Ces quelques mots sont issus du compte-rendu d’une journée technique, qui s’est déroulée le 22 mai 2014 et dont le support complet est disponible en ligne (lien).

Ce cas d’école me parait très intéressant car souvent, le manque de maturité de donneurs d’ordre publiques sur le sujet des « nouveaux modèles économiques », est identifié comme un problème incontournable. Comment contourner un Appel d’Offre publique et proposer « plus » que le « prix minimum » ?

Le portage politique de la démarche développement durable de la ville de Lille semble fort, depuis longtemps, puisque le cas présenté ici date de 2004 ! Un marché novateur et une première approche de l’économie de la fonctionnalité. Le prestataire était, s’agissant des dépenses d’énergie, payé sur la base de son engagement de réduction des consommations électriques. En terme de maintenance, il s’agissait d’un forfait annuel comprenant les interventions suivantes : des campagnes d’entretien préventif et un délai unique de 2 jours pour effectuer les dépannages de lampes isolées, 3 heures si plus de trois lampes consécutives en panne et une heure en cas de danger pour les personnes et les biens.Capture

Ce marché, attribué suite à appel d’offres sur performance, avait permis d’obtenir les résultats suivants :

- Réduction des consommations électriques de 42% (dans le respect de la norme d’éclairage extérieur)

- Réduction de la vétusté (64% de reconstruction. Âge moyen passé de plus de 20 ans fin 2004 à moins de 10 ans fin 2013)

- Entre 2004 et 2013, la mise en œuvre du programme de reconstruction a permis une « non dépense » d’environ 6 millions d’€uros pour un investissement de 17,7 millions d’€uros qui sera « rentabilisé » vers 2024 (durée de vie estimée d’une installation d’éclairage : 30 ans).  

La préparation du nouveau marché, s’est donc  appuyée sur le retour d’expérience du 1er marché de performance (2004-2012) déjà innovant en allant plus loin.  Le principe directeur est le suivant : changer le regard sur la ville par le développement d’un programme de mise en lumière économiquement raisonné et responsable en créant une » identité lumière » de la ville.  

Les points clés et les objectifs de ce marché sont :  

- L’optimisation des coûts de fonctionnement et la prise en compte des préoccupations de développement durable

- La qualité du service rendu

- La mise en place d’objectifs de performance conditionnant la rémunération du titulaire. En plus du périmètre initialement défini (éclairage public/éclairage sécuritaire) par le précédent marché, sont ajoutés l’éclairage sportif extérieur et les illuminations festives.  La moitié du budget alloué à l’investissement est consacrée à l’identité lumière de la ville (le précédent marché était concentré sur la réduction de la vétusté). Un montant global d’investissement est fixé année par année avec un programme d’investissement à réaliser.  

Enseignements :  les appels d’offre « perdants-perdants-perdants » (moins chers et donc peu rémunérateurs pour le contractant, moins performants pour le citoyen, non efficients pour la collectivité) ne sont pas fatals. Certaines collectivités sont à même d’être à l’écoute de modes de rémunération innovants. Voici la preuve qu’il est possible de co-construire les cahiers des charges avant elur émission. C’est une collaboration, c’est long (et risqué sur le mode de rémunération), mais c’est différenciateur au bout du compte.

Voir les choses différemment, dès la caractérisation, du besoin, voici un enjeu majeur.

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Retour sur la journée TRIA du 24 novembre 2014

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 novembre 2014

Hier était une journée à saveur particulière. Une matinée consacrée à l’organisation de la soirée Carbon’at du 7 janvier sur l’Économie de Fonctionnalité (très bientôt nous pourrons communiquer les noms des intervenants mais inscrivez-vous sans attendre car le nombre de places est limité) et une après-midi dédiée à la TRIA en Pays de la Loire.

Des journées comme ça, j’en redemande : ça donne du boulot et du sens au boulot !

CaptureRevenons sur l’après-midi TRIA, qui se déroulait dans le bel environnement de Terra Botanica à Angers. Nous étions 400 à assister à ce colloque.

« TRIA », ça veut dire Troisième Révolution Industrielle et Agricole (lien vers le blog). C’est une démarche inspirée de l’approche de Jeremy Rifkin (lien), adaptée à la configuration de notre région où le « A » de Agricole trouve une place très pertinente (Christiane Lambert trouve en plus que c’est plus joli à dire « TRIA » par rapport à « TRI » !).

La « TRIA », c’est avant tout une initiative des chambres consulaires des Pays de la Loire en faveur d’une prise en compte des nouveaux enjeux auxquels nous sommes confrontés. Le portage initial de l’initiative n’est pas le même que celui du Nord-pas-de-Calais (lien) mais la finalité est la même : fuir la morosité ambiante, ne pas nier les enjeux qui nous contraignent et offrir une perspective positive aux acteurs économiques du territoire. A lire sur le sujet, la lettre API du 24/11 dédiée à la TRIA (lien).

Jeremy Rifkin a beaucoup de défauts, tout ce qu’il dit n’est pas parole d’évangile; mais reconnaissons lui d’avoir réussi à faire intégrer dans les structures économiques traditionnelles des thématiques considérées comme contraire à l’intérêt de l’économie jusqu’à présent. Les militants ne devraient pas trop critiquer cela, mais encourager ce changement de posture.

Je vois dans cette initiative une véritable preuve de courage des 3 structures consulaires (Chambre d’Agriculture, de Métier et d’Industrie). Elles sont en effet, comme nous tous, pressées par l’urgence de l’immédiat dans un contexte économique contraint et n’étaient pas forcement attendues sur des sujets encore identifiés par beaucoup comme des « niches ». Le fait de décider de poser la question de la nécessaire mutation de nos entreprises est un acte fort indispensable. On ne change pas les fonctionnements quand tout va bien (pourquoi le ferait-on ?). C’est donc le bon moment pour encourager les acteurs économiques à innover.

Beaucoup de têtes d’affiche à la conférence : Christophe Clergeau (Région), Bruno Hug de Larauze (CCI), Christiane Lambert (CRA), Bruno Retailleau (CG85), mais aussi des entreprises comme ARMOR, LA POSTE…

Peu d’annonces, une volonté assumée de valoriser ceux qui sont les « éclaireurs » sans afficher clairement le chemin pour les autres, une faible visibilité sur la suite de la TRIA… telle serait ma vision si je voulais voir les choses du côté obscure. Il se trouve que j’ai envie de croire Christiane Lambert quand elle dit que « la TRIA ne doit pas être un projet inter-consulaire de plus« ; j’ai envie de croire que la valorisation des « belles initiatives » vont contribuer à faire bouger les lignes et puis, il s’est passé un truc dans l’euphorie du moment : les présents avaient enviephoto(1) d’y aller !

De plus, c’est pas tous les jours que vous verrez les directeurs consulaires en « TRIA Heroes » (ci-contre) !

Pour finir et vous dire mon principal motif de satisfaction à l’issue de cette grosse journée : il a beaucoup été question d’innovation non technologique. Bien sur la tentation (dans la prolongation de la vision rifkiniène) est de tout miser sur l’innovation technologique; mais je crois avoir entendu une dizaine de fois les entreprises parler « d’usage plutôt que possession« .

Je suis convaincu que l’économie de la fonctionnalité (lien) a une place à prendre dans les nécessaires changements à venir; donc dans la TRIA; évidemment.

Le sujet de conférence du 7 janvier organisée par Carbon’at est donc bien choisi et le partenariat TRIA réalisé pour l’occasion, ultra-pertinent. Rendez-vous à cette occasion à la CCI de Nantes.

Longue vie à la TRIA.

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Invitation à la soirée Carbon’at du 7 janvier 2015 sur l’Economie de Fonctionnalité

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 21 novembre 2014

Le 7 janvier prochain Carbon’at organise – en partenariat avec la CCI des Pays de la Loire – une soirée pour explorer les champs des possibles offerts par l’Économie de la Fonctionnalité (lien pour définition).

L’identité des intervenants sera très bientôt communiquée, mais en attendant bloquez votre date et inscrivez-vous,le nombre de places est limité : lien

 Invitation Carbon'at 7janvier

 

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L’économie de la fonctionnalité ou « comment vendre des solutions plutôt que des produits »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 13 octobre 2014

L’intégration des principes de l’économie de la fonctionnalité est mon actualité brulante, notamment dans le cadre de l’organisation d’un évènement public Carbon’at sur le sujet, prévu en début d’année prochaine. Ce sujet fera l’objet d’autres posts dans les semaines à venir, bien évidemment.

Dans le parcours initiatique qui est le mien depuis l’année dernière au World Forum de Lille – où j’ai eu la chance d’assister à une conférence sur le projet Économie de la Fonctionnalité mené dans le Nord-Pas-de-Calais (lien vers mes commentaires, lien vers la conférence filmée), j’ai tout d’abord lu (lien ouvrage de Mr Sampels) et suis parti me faire « retourner la tête » par les experts d’ATEMIS lors d’une formation de deux jours. C’était la semaine dernière.

Ce post est avant tout une digestion personnelle de ces apports – avec ma propre sensibilité – de la formation et de la lecture de l’ouvrage collectif produit par le « Club de l’Economie de la Fonctionnalité » (lien) : « L’économie de la fonctionnalité : une voie nouvelle vers un développement durable ? » [cet ouvrage est à réserver de mon point de vue à des lecteurs Captureavertis, l’approche de chercheurs étant parfois déroutante pour le novice]. Commentaires de lecture à venir ultérieurement.

Ce court article est aussi destiné à partager avec mes collègues de l’association Carbon’at (lien) une vision du sujet dans la continuité de la courte synthèse sur les modèles émergents (lien); en préparation de notre évènement de janvier.

 

Tentative de définition

Le niveau zéro de l’Économie de Fonctionnalité serait de la définir comme étant le remplacement de l’acte de vente par la location du service associé. Je me suis très vite rendu compte que si l’Économie de Fonctionnalité était un immeuble de 10 étages, cette perception me laisserait au rez-de-chaussée ! C’est à la fois plus complexe et plus ambitieux.

La démarche est avant tout un questionnement sur la valeur produite et sa répartition entre plusieurs acteurs dont font partie les entreprises et les clients. C’est une réflexion non normée et profondément intime à chaque activité, poussant à envisager la recherche de solutions d’usage plutôt que de rester enfermé dans la logique de production de biens destinés à remplacer les précédentes versions. On cherche à vendre de la performance d’usage / effets utiles.

L’économie de Fonctionnalité nous laisse entrevoir la désindexation du volume et de la valeur ; ce qui doit répondre à la prise en compte des enjeux du développement durable dans notre économie. En effet, le système productiviste en place présente l’indéniable défaut d’autoalimenter en permanence un cercle vicieux bien douloureux pour notre planète : amélioration de la productivité (par la production de masse) => baisse de prix unitaire => accès à de nouveaux marchés => augmentation des quantités produites (et épuisement des ressources associées…) => nouvelle recherche d’amélioration de la productivité etc….

Jeremy Rifkin, dans son dernier livre, prédit que nous allons atteindre sous peu un seuil de productivité : il appelle ça le coût marginal zéro…

Le concept de l’Economie de la fonctionnalité, sans être une réponse à tout en soit, nous propose de créer de la valeur autrement, en minimisant le poids des « externalités négatives » (pollutions, épuisement des matières premières…). Rien que pour cette perspective de réconciliation du couple production de valeur / développement durable ; ça vaut le coup de creuser le sujet, non ?

La coopération et la confiance au centre

La réflexion sur la définition de l’offre doit être, dans le contexte de l’Économie de Fonctionnalité, co-construite avec le client. Il faut être conscient que le passage à l’offre de solution (intégrant du service) nécessite d’arbitrer sur le mode de rémunération de l’offre (plutôt de la répartition de la valeur créée entre les différents acteurs) et que le service étant coproduit avec le client, les résultats sont tributaires de ce binôme. Pas de confiance, pas de deal, pas de performance accessible.

Exemple, si comme LYRECO vous proposez de faire gagner de l’argent à vos clients en optimisant les commandes selon vos besoins (et de se rémunérer sur ce rôle de « conseiller à la consommation bureautique » tout en vous faisant baisser votre facture par le jeu de l’adaptation), vous dépendez des dérives d’usages de votre client.

La mesure de « l’effet utile » n’est pas toujours évidente et donc parfois difficilement contractualisables. La confiance rentre en jeu et on sort de la recherche permanente du moins disant économique. Pas facile dans notre contexte morose; mais pas impossible.

La place de l’Homme

J’ai été surpris de constater qu’ATEMIS, place le travail (et l’Homme au travail) au centre de toute réflexion sur les nouveaux modèles économiques. La question de la Santé, de la place donnée à l’Homme dans l’entreprise, m’ont beaucoup évoqué toutes les réflexions en cours sur le « travail libéré » (lien) et le « happy management » (lien). Les ressources immatérielles sont au centre des débats. On oppose la finitude des ressources matérielles à l’infinitude des ressources immatérielles. L’enjeu est bien de développer les compétences, la confiance, la santé, la pertinence de l’offre, l’image tout en diminuant sa dépendance aux ressources matérielles.

Autre point : pas de modèle économique nouveau sans changement de paradigme et sans remise en cause des modèles traditionnels de management en entreprise. C’est là que mes pratiques de consultant « Système de Management » ont été mises à mal. Top tôt pour moi pour disserter sur mes réflexions sur le sujet mais, clairement, mon ambition est dorénavant de proposer de l’interprétation de normes compatible avec ces principes ergonomiques (ergonomie étant à entendre ici au sens le plus large du terme). La conformité est largement insuffisante. Bref, comme tout le monde, je mets à jour mon logiciel.

Ambition ultime

L’ambition ultime de l’Économie de fonctionnalité est de se positionner au niveau de la recherche de solutions au niveau des territoires. L’exemple de GESCALL est surprenant. Cette entreprise de service (prise de rendez-vous téléphonique pour les médecins) s’est auto saisi du sujet de la santé des médecins (risque de burn-out), de la coordination pour ne pas engorger les Urgences…  Elle donne de la valeur ajoutée supplémentaire à son activité, quitte à solliciter les autorités de tutelle et se positionner comme un acteur qui comble des manques.

 

Conclusion

Je proposerai sur ce blog des illustrations dans les mois qui viennent sur le sujet. Il me parait cependant capital d’accepter l’idée qu’aucun cas particulier n’est reproductible et que l’enjeu est bien ici d’ouvrir le champ des possibles et de rendre développement économique compatible avec les principes du développement durable. La difficulté de la mise en œuvre ne gomme pas la pertinence de cette approche.

Attention, je pense aussi qu’il ne faut pas ériger en dogme ce nouveau modèle économique, avec le risque de la perception d’un effet de mode. Ce modèle se cherche et se construit pour le moment. Retenons quand même que les chefs d’entreprises qui sont passés dans les groupes collectifs dans le Nord-Pas-de-Calais ou ailleurs, en ont tous tiré des enseignements pour leur cas particulier. Ils voient tous les choses différemment maintenant.

Pour finir, jetez un coup d’œil à la matrice ci-dessous et positionnez vos activités. Travailler sur les modèles industriels propres est-il pour vous une finalité ou une étape pour aller plus loin ?

 

 Capture

A suivre…

 

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PERLE 2 : « l’énergie en Pays de la Loire : des enjeux territoriaux majeurs »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 19 septembre 2014

Polytech Nantes a eu la gentillesse de m’inviter aujourd’hui à la journée de clôture du programme PERLE 2 (1,2 millions d’€) qui a mobilisé une douzaine de Capturelaboratoires et une quinzaine de doctorants ces 4 dernières années. J’ai donc passé une grosse demi-journée pour comprendre l’état de la science en matière d’énergie.

Je ne cache pas que le programme de la journée pouvait m’apparaitre, en première approche, très universitaire avec un contenu laborieux pour le vulgarisateur que je suis. Le fait que des sujets sociétaux soient abordés m’a finalement décidé à me déplacer sur Nantes. Il me semble que cet effort d’ouverture est la traduction d’une prise de conscience du monde universitaire sur la nécessité de décloisonner les spécialités.

Bon, reconnaissons-le, je n’ai pas tout compris aux apports techniques (maintenant je connais la différence entre supercondensateurs et accumulateurs)…

Au delà de la technicité, je regrette personnellement un peu la forme de ces nombreuses « conférences descendantes » : apports (trop complets) d’experts qui ne sollicitent pas l’échange ou le débat. Le sachant parlent aux apprenants. Je ne suis plus vraiment habitué à cette méthode « traditionnelle » d’exposé scientifique.

Voici quelques morceaux choisis de ce que j’ai choisi de retenir :

Ouverture : Dany Escudié – directrice de recherche CNRS INSA Lyon

L’intervenante a choisi de cibler quelques points très pertinents. Par exemple, la forte « dépendance en eau » associée à la production d’énergie ; l’importance de la géopolitique de l’énergie, l’enjeu de l’efficacité énergétique (on perd en moyenne 30% entre l’énergie primaire et finale).

L’accent est aussi donné à la nécessité d’innover technologiquement (à la fois, c’est pas surprenant, je suis dans un « nid » de chercheurs!).

Cette introduction, intéressante et accessible, m’a permis d’identifier quelques mémos sympas à placer en soirée :

  • Énergie = force en action (Aristote – 320 avant JC)
  • -1100 : premier usage du charbon comme énergie par les Chinois !
  • 1630 : première crise énergétique / pénurie de charbon de bois
  • De 2.5 kWh/j (besoins vitaux)=> aujourd’hui, l’homme a besoin de 140 kwh/j en France pour vivre, se mouvoir (et polluer…)
  • Le cloud computing est la 5ème puissance consommatrice d’énergie (avant l’Inde, l’Allemagne, le Canada, la France…). La dépendance énergétique des Data centers est invisible mais l’enjeu est énorme (illustration innovation sur le sujet)
  • Rappel « jancovicien » : l’électricité dans le monde est avant tout charbonnée. Je me permets pour le coup de rappeler qu’une voiture électrique à Bombay rejette indirectement plus de 250 g de CO2 au km.
  • Investissement public dans le domaine de l’énergie : c’est 1 milliard d’euros dont près de la moitié traitent de sujet nucléaire.

C’est le second expert en deux jours (je suis le MOOC Économie circulaire) qui minimise l’« irresponsabilité » environnementale supposée de la Chine. J’ai même appris qu’une législation sur l’économie circulaire avait été déployéeImage2 il y a plusieurs années déjà. Mme Escudié, elle, relativise la consommation énergétique chinoise (notamment du fait de la fonction d’externalisation de la production des biens aux services de l’occident – voir schéma ci-dessous l’illustration de la « fuite carbone »).

 

Dominique Pécaud (directeur IHT) « l’acceptabilité sociale des énergies nouvelles : critique et pratiques nouvelles »

Comment intégrer les « riverains » dans le déploiement des énergies nouvelles ? Ou plutôt,  comment « Demander l’avis aux parties prenantes et … ne pas en tenir compte ». Voici l’introduction de l’intervenant. L’approche est critique. Aucune démarche de transparence sincère ne semble être possible. Il est possible que je n’aie pas été assez intelligent pour tout comprendre.

Je retiens que le rôle de l’expert scientifique est de plus en plus remis en cause par le savoir profane, favorisé par l’accès à l’information sur internet. Démocratie en trompe l’œil ? Explication ou demande d’avis ?

Selon lui, la rationalisation sur des sujets scientifiques n’est plus vraiment possible.

2 idées intéressantes dans sa conclusion :

-          Travailler plus sur le patrimoine matériel et immatériel

-          Confronter régulièrement les savoirs scientifiques et les savoirs profanes

 

Rodica Loisel (maitre de conférence IEMN IAE) « Transition énergétique et effets de la RetD énergétique industrielle »

Il y a des gens qui bossent sur des études de marché de la production d’H2 et de ses usages à horizon 2030 sur la base du projet éolien offshore. Intéressant. Speed, mais intéressant…

La problématique : 30 % de la production d’électricité de l’éolien offshore est effacé du fait de l’incapacité de transporter le surplus d’énergie transformé. Parmi les différentes hypothèses étudiées : Power to gaz (pas d’investissement donc le plus intéressant), Power to power (investissement d’infrastructure), power to mobility

Bon, le résultat , c’est qu’aucun transfert n’est rentable !

Les installations industrielles n’aiment notamment pas le marche / arrêt imposé par la discontinuité de production d’ENR.

Pas gagné de voir le projet de Rifkin se transformer en réalité sur le court terme !

 

Bruno Auvity (Professeur Chercheur Polytech Nantes) « Piles à combustibles et hydrogène »

Donnée d’entrée ; les humains sont près à consacrer 10 à 20 % de leur budget à la mobilité. A horizon 2050 : la pertinence du choix techno de l’hydrogène devrait être évident. Aujourd’hui le coût est trop fort.

 

Mohamed MACHMOUM (Directeur de l’IREENA / Institut de Recherche en Energie Electrique de Nantes Métropole) « Dimensionnement optimisé, commande et intégration »

Alors là, on rigole plus. C’est de la technique pure et dure. Du coup, j’ai lâché.

Je retiens seulement que le câblage Haute Tension dans le cadre de projet Off-shore peut représenter jusqu’à 75% du budget de l’investissement !

Vive les machines lentes à aimants permanents !

 

Thierry BROUSSE (professeur Polytech Nantes) « Stockage de l’énergie : des solutions et des problèmes »

Une piste pour l’avenir  : le développement des batteries Sodium Ion; ce qui prendrait en compte la pénurie de ressource Lithium. C’est possible ! Les marais salants ont un nouveau débouché.

Et vives les Mésopores interconnectés !

Je n’ai pas pu rester pour les autres présentations, mais il est encourageant de voir l’énergie libérée sur le sujet Énergie en Pays de la Loire. Continuez !

 

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