Lu : « Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 12 avril 2014

Voici un bel ouvrage. Un essai philosophique remettant en cause notre relation au temps, à la consommation, aux générations précédentes, aux générations à venir, à la religion, à l’argent, à la croissance… Ne cachons pas que la « sobriété heureuse » promotionne une forme de décroissance économique conventionnellement rejetée par tous les « sachants » (sur le sujet, je vous recommande le récent édito de Thomas Legrand sur le sujet : lien).

Pierre Rabhi sait nous renvoyer, en effet miroir, des faits trop évidents pour que nous puissions les assimiler, embarqués dans notre quotidien stressant.  Rafraichissant, perturbant, bien écrit, pétri de bon sens, déconnecté de la réalité économique, rassurant, inquiétant, nostalgique, avant-gardiste en un certain sens…

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 Plutôt que de débattre stérilement du sujet croissance ou décroissance, je veux partager ma petite histoire de lecteur de « Vers la sobriété heureuse ». Il y a toujours une histoire personnelle parallèle à une lecture. Parfois les évènements lus se télescopent avec notre réalité. C’est le cas ici.

Donc, il se trouve que pendant la lecture de ce livre, j’étais en déplacement professionnel au Maroc. Je me trouvais non loin de l’Algérie natale de Pierre Rabhi; Algérie où il entendait, enfant, le « chant de l’enclume » (son papa était forgeron et admiré par son fils).

Mon premier déplacement au Maghreb, couplé à la lecture de ce livre traitant notamment de notre relation au temps et au travail, m’a probablement rendu réceptif à des faits anodins qui m’ont fait réfléchir. Je partage.

Au Maroc, dans les restaurants, à l’hôtel (…), j’ai été marqué par le nombre important de personnes disposées à servir le client. Parfois plus de personnel de service que de clients ! Mon premier réflexe d’européen conditionné a été de me dire que cette « débauche » de moyens humains n’était pas efficace. On pouvait surement faire aussi bien avec moins de personnes. C’est du bon sens… Et puis j’ai trouvé mon cheminement intellectuel totalement idiot ! Donner un travail à un maximum de personnes est une finalité en soit plus qu’un moyen. Une personne qui a un travail, a une vie sociale, fait fonctionner l’économie, a plus de chance d’être « heureuse ».

Et en quoi avoir des périodes de non production dans son travail est-il reprochable ?

Depuis longtemps, je milite pour baisser les taxes sociales et augmenter les taxes environnementales. Je me suis toujours dis que cela permettrait de mieux agir sur nos pratiques environnementales et favoriser l’embauche ; mais serait-ce vraiment le cas ?  Nous nous sommes tellement habitué à considérer le travail comme une charge à optimiser que je ne suis plus sûr que nous pourrions changer. La finalité n’est pas de donner du travail mais de faire le travail avec le moins de personnes possibles. Quitte à automatiser à outrance (lien article des Échos), faire que de moins en moins de personnes aient un travail et que ces dernières y passent de plus en plus de temps.

Je terminerai avec une phrase du livre objet de ce post, citation d’une relation nord-africaine de Pierre Rabhi :

« les occidentaux inventent des outils pour gagner du temps et sont obligés de travailler jours et nuits »

 

Pour voir et écouter Pierre Rabhi : vidéo

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Lu : Liberté & Cie – Quand la liberté des salariés fait le bonheur des entreprises

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 décembre 2013

Dans la série des ouvrages sur les modes de management innovants, après le récit de la belle aventure PATAGONIA (lien post précédent), voici un livre promotionnant les entreprises « libérées » ou plutôt des salariés « libérés ».Capture

Les auteurs (Isaac Getz et Brian M. Carney) soutiennent, exemples à l’appui, que le mode de management le plus généralement partagé de nos jours – et caricaturé dans le livre par le couple « commande – contrôle » déshumanisé- est périmé. Les entreprises qui s’en sont démarquées s’en sortiraient mieux (GoreTex, Favi….). Les entreprises du « Comment » (en opposition aux entreprises du « pourquoi ») auraient oubliées que les femmes et les hommes dans l’entreprise sont bien plus qu’une « ressource » mais des individualités à fort potentiel conditionnant le plus souvent la réussite ou l’échec d’un projet industriel. Le problème identifié par les auteurs est que le contexte managérial traditionnel est conçu pour brider l’expression de ce potentiel humain… donc, ça ne marche pas.

La position défendue, et largement illustrée dans ce livre, est très intéressante car elle remet l’Homme au centre du management, casse des idées reçues sur la hiérarchie pyramidale inébranlable et oriente le lecteur à prendre en compte bien-être des salariés, confiance mutuelle et coopération dans le monde de l’entreprise (cf cet autre bouquin sur le sujet de la coopération dans l’entreprise lien). Par défaut, un collaborateur veut le bien de l’entreprise. Il est présumé « innocent » et non « coupable » de paresse, mise en danger…

J’ai bien aimé l’image du « management pour les 3%« . Qui n’a pas constaté la mise en application de procédures de contrôles idiotes, anti-productives, mises en place pour remédier à un problème mineur touchant une grande minorité du personnel ? Exemple : restriction de la mise à disposition des Équipements de Protections Individuels suite à de rares voles et mise en place de procédures chronophages pour équiper le personnel. Non seulement, ces mesures sont le plus souvent inefficaces mais en plus elles démobilisent les 97% des collaborateurs qui se sentent « punis » pour une défaillance qui ne les concernait pas. Qui n’a pas d’exemple de « management pour les 3% » ? Bien vu.

Ce positionnement remet en cause, notamment, la tendance parfois extrême à la définition des « procédures » chères à mes normes chéries. Je suis assez d’accord avec ce constat (j’en causais déjà en février 2012 : lien).

Ce livre est intéressant car il ouvre les yeux sur de nouveaux horizons. Pour autant, il n’est que très partiellement progressiste. Je trouve même les auteurs très conservateurs sur la question du « Pourquoi » (quelle est la finalité de l’entreprise). L’amélioration proposée n’a qu’un seul objectif (en tout cas dans ce que j’en ai perçu) : servir l’amélioration de la performance économique directe et la satisfaction client. Il me semble étrange en 2013, de sortir un livre présentant un mode de management innovant, en ignorant que l’entreprise doit aujourd’hui rendre des comptes à d’autres que ses clients directs. C’est peut-être un autre débat.

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Lu : Un business responsable; les leçons tirées des 40 ans d’expérience de Patagonia

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 14 décembre 2013

C’est sur un conseil de lecteur de mon blog que je me suis fais le cadeau du livre objet de ce post (Merci de m’avoir offert cette opportunité de lecture).

Bien-sur, la « légende » du binôme Chouinard / Patagonia ne m’était pas inconnue puisque dans le cadre d’une conférence organisée par Carbon’at en 2012 (lien), nous avions eu le bonheur de faire intervenir une représentante française de la marque qui nous avait fait découvrir le projet central FootPrint Chronicles (lien post précédent sur le sujet). Cette entreprise est évidemment une référence et ce livre nous offre quelques clefs de compréhension, vu de « l’arrière boutique ».

CaptureDes quelques messages que je retiens, il est notamment celui que Patagonia n’a pas toujours été l’entreprise exemplaire citée aujourd’hui en référence pour sa responsabilité sociale et environnementale. Comprendre le cheminement qui l’a conduit à remettre en cause à plusieurs reprises sont business model est vraiment intéressant. La bonne nouvelle est qu’une entreprise de nait pas « responsable » mais le devient. La moins bonne, c’est que dans le cas de Patagonia, le leadership des dirigeants a été majeur et essentiel pour passer ce cap. La « folie du bon sens » de la prise en compte de la finitude de notre monde appliquée à l’économie d’une entreprise doit être portée, incarnée. Mais combien de chefs d’entreprise peuvent se permettre de crier sur les toits que nous rentrons dans une société post-consumériste et que toute entreprise doit aujourd’hui assumer ses responsabilités sur l’ensemble de sa chaine de valeur ? A ce titre les messages du livre peuvent paraitre très engagés.

Autre élément significatif; la méthode PATAGONIA : « connaissez vos impacts, encouragez l’amélioration et partagez ce que vous avez appris« . La transparence est un leitmotiv pour cette entreprise qui accepte de ne pas être parfaite et qui le dit sans fierté (« la honte nous a fait progresser« ). Les défauts sont affichés et communiqués. On est loin du greenwahing ici, au contraire, les faiblesses sont mis sur le devant de la scène.

Pour « connaitre » ses impacts PATAGONIA est devenu compétent en matière d’Analyse de Cycle de Vie, a travaillé avec ses fournisseurs, ses concurrents, a testé de nouveaux procédés, a innové dans la conception de ses produits (« 90% des impacts environnementaux des produits est engagé au moment de la conception« ) et a pris conscience que son premier devoir (avant même de s’organiser pour réparer ses produits ou de les recycler)  était de faire en sorte que les clients n’achètent les produits que si ils en avaient vraiment besoin !

Ce livre nous donne les « trucs » qui ont conduit PATAGONIA à devenir l’entreprise militante qu’elle est aujourd’hui. Sans basculer dans la culpabilisation ou le cours magistral, les auteurs nous offrent un retour d’expérience que chacun peut choisir de s’interpréter dans son contexte. Une sorte de check-list d’actions à conduire est même proposée en fin d’ouvrage. Intéressant même si ceci n’est pas applicable sans un minimum d’analyse de ses enjeux propres au préalable.

Pour PATAGONIA, la responsabilité d’une entreprise est multiple (ISO 26000 n’aurait pas dit mieux) :

1- Responsabilité vis à vis de la Santé de l’entreprise : pas d’innovation sans justification économique. La conviction, en arrière plan de la réflexion, est que la performance économique de l’entreprise est aujourd’hui partiellement mesurée puisqu’elle n’intègre pas ses externalités. PATAGONIA a créé « 1% pour la planète » (1% du CA versé annuellement à une association environnementale. Une sorte de compensation…) pour combler très partiellement cet état de fait.

2- Responsabilité vis à vis des salariés : la motivation des salariés dépend de leur bonheur au quotidien. L’entreprise doit être à l’écoute, reconnaitre les efforts, offrir un contexte à l’épanouissement. Deux conseils : ne pas dépasser la taille critique de 150 salariés par site pour garder une relation humaine et tansversaliser les la prise en compte des enjeux environnementaux (ne pas les confier qu’à des spécialistes).

3- Responsabilité vis à vis des clients : le courtiser oui, lui mentir sur son histoire ou ses produits, non. « L’atout majeur d’une entreprise est de faire quelque chose qu’elle est la seule à pouvoir faire, ou à pouvoir faire bien« . La conviction de PATAGONIA est que les clients sont (et seront de plus en plus) chers, rares et difficiles à trouver. On ne peut pas se permettre de les perdre suite à une déception sur la qualité de produit / service. A ce niveau, la transparence est une responsabilité forte : « une entreprise a le devoir d’informer son client des choix environnementaux et sociaux qui s’exprime dans ses produits de leur date d’achat« .

4- Responsabilité vis à vis de la collectivité :intégration de l’impact économique, des enjeux mobilités et fret.

5- Responsabilité vis à vis de la Nature. En fait, fallait bien l’écrire ce point 5, mais l’enjeu est bien de le décliner dans les 4 précédents ! Toute les valeurs de cette entreprise tournent autour de la protection des espaces naturels et de la minimisation de la dette environnementale laissée aux générations futures (avec des patrons surfeur et alpiniste !).

Ce livre ne contient pas vraiment de solutions miracles ou même de business models très innovants, mais si je croyais encore au Père Noël, je demanderai bien que tous les chefs d’entreprise trouvent ce petit livre sous le sapin le 25 décembre prochain…

 

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5ème rapport du GIEC : résumé à l’attention des décideurs

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 octobre 2013

Je viens enfin de parcourir le résumé provisoire à l’attention des décideurs du dernier rapport du GIEC. Un concentré d’état de la science en une trentaine de page (accessible sur ce lien ).

Je vous propose ci-dessous quelques passages « forts » qui méritent qu’on s’attarde à ce sujet, pas sexy, mais au combien important. Disons même vital à l’échelle de notre espèce. Ci-dessous mon résumé du résumé en 7 points :

1- Pas de doute sur le réchauffement en lui même :

5ème rapport du GIEC : résumé à l'attention des décideurs dans GES capture9capture10 dans LECTURES

 

 

 

2- C’est l’Océan qui trinque le plus pour le moment :

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 3- Le doigt semble mis sur le risque très prochain d’une augmentation du niveau de la mer, avec un impact humain potentiel effrayant

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4- confirmation des augmentations de concentration atmosphériques de gaz à effet de serre et du rôle « d’éponge » des Océans (qui du coup s’acidifient)

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5- Pour la première fois me semble-t-il, le GIEC prend en compte dans son bilan, les facteurs extérieurs comme l’impact des irradiations solaires (principal argument des climato-sceptiques) pour démontrer la faible influence dans le bilan global (graph ci-dessous) :

 

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 6- si vous n’aviez pas encore compris :

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7- Enfin, je m’excuse de vous casser la soirée, mais « attendre que ça passe » n’est pas forcement une option…

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Lu : Pour une Economie Positive – Jacques Attali

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 octobre 2013

De passage à Montparnasse, je me suis laissé tenté vendredi et ai acheté le document de synthèse « Pour une économie Positive ». Le document numérique était sur le bureau de mon PC depuis 2 semaines et définitivement, je n’arrive pas à lire 200 pages sur informatique (lien vers le document numérique pour les courageux avec en bonus le film du discours de remise du rapport au Président).

Soyons francs, ce livre est un agrégat de bonnes idées largement communiquées précédemment à droite et à gauche (une pincée de « Troisième révolution industrielle« , un échantillon d’Économie circulaire…); pour autant cet inventaire de propositions de bon sens devient tout à fait entendable par les acteurs économiques traditionnels. Ce plaidoyer arrive même peut-être à un moment où les esprits sont plus prêts au changement. Je ne fais, de mon côté, aucun procès « en pillage » à cet ouvrage (et à Mr Attali en particulier) car je considère que les bonnes idées n’existent que pour être partagées.

Qu’est-ce que l’économie positive ? en quelques sorte une économie qui ne se reconnait pas dans la célèbre phrase de Milton Friedman : « la responsabilité sociale de l’entreprise, c’est de faire du profit« . Une économie qui intègre l’altruisme et le long terme dans son système. Une économie « apprenante » qui intègre aussi les enseignements de ses échecs récents. Assez consensuel finalement.

 

Lu : Pour une Economie Positive - Jacques Attali dans LECTURES capture

Plein de bonnes idées donc dans ces 45 propositions. De la mise en place en France du principe de Benefit-Corporation californien (permettant aux entreprises qui le souhaitent d’inscrire dans leur finalité les enjeux sociaux ou environnementaux – comme PATAGONIA), à la création de pôles de coopération territoriales positives ou la mise en place d’une chambre parlementaire du long terme (proposée depuis longtemps par Nicolas Hulot) : pleins d’objet économiques et sociaux sympas.

Le président de la République a reçu ce rapport des mains de Jacques Attali. Et maintenant, que va-t-il se passer ? Je doute… mais j’espère !


Voici deux pages reprenant les mesures « importantes » et les mesures « urgentes » à mettre en œuvre :

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Lu : « Là où croît le péril…croît aussi ce qui sauve ». Hubert Reeves

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 septembre 2013

Bon, ben voilà, j’ai encore pris une claque.

Du genre courte et violente, la claque.Lu :

« Que » 156 pages de lecture d’une fluidité étonnante pour démontrer la violence de notre situation contemporaine. Une démonstration rationnelle, avec de nombreuses illustrations pour bien faire comprendre (même un économiste devrait comprendre en lisant ce livre que le mot « crise » peut prendre un sens nouveau).

Je ne présente pas l’auteur qui est surement le savant francophone le plus reconnu de notre ère. Je veux seulement préciser qu’Hubert Reeves est un scientifique de premier ordre mais aussi un diffuseur de savoir de grande compétence. Être expert, c’est bien. Être expert et pédagogue, c’est vachement mieux.

Le livre, objet de ce post, est découpé en trois temps :

  • Un génial résumé de ce que l’auteur appelle la « Belle histoire » – ou, comment l’improbable a eu lieu : à savoir l’apparition de la vie sur le bout de minéral qui nous sert de substrat.  J’ai sincèrement été pris de vertige devant la puissance du « zoom arrière » proposé par Hubert Reeves. La conscience de ce qui s’est passé et de ce qui aurait pu ne pas se passer fut assez neuve pour moi. Bref, c’était pas gagné…


  • La seconde partie qu’il nomme « La moins belle histoire » aurait pu être titré « le côté obscure de la force ». Tout part du constat partagé avec Platon (dans Le Banquet) que l’Homme souffre de son intelligence. Dans la fable de Platon, l’Homme ayant été oublié au moment de la distribution aux espèces des attribues et qualités, Prométhée « équipa » cet être nu et disgracieux d’Intelligence et de capacité de création. Et depuis : on casse tout ce qu’on approche ! L’inventaire des destructions est douloureux et assez effrayant. L’esprit de ce chapitre est bien résumé par la citation de Lamark reprise en bas de post.


  • Enfin, l’auteur conclut sur un chapitre laborieusement optimiste qu’il nome le « Réveil Vert ». Comme Jeremy Rifkin dans sa « Civilisation de l’Empathie »  (lien post sur cet ouvrage), il mise tout sur l’empathie… sur l’évolution de la conscience de l’Homme de sa puissance de destruction et de la nécessité d’agir.

 

Ce petit traité de « la vie sur Terre » m’a bouleversé et je recommande cette lecture à toute personne sachant lire.

La citation de Lamarck (1930) ci-dessous :

Lire la suite… »

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Lu : La Véritable Richesse, Une économie du temps retrouvé

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 septembre 2013

Enfin…

J’ai enfin terminé la lecture du dernier livre de Juliet B. SCHOR, enseignante en économie. Le titre était alléchant – La Véritable Richesse, Une économie du temps retrouvé – et me laissait espérer des propositions de solutions innovantes.

Ma légère déception de lecteur se justifie tout d’abord par le fait que ce livre est écrit par une américaine pour des américains. Nous, européens, sommes en quelques sortes le modèle de ce que les américains doivent atteindre. C’est peu mobilisateur pour nous… En plus, le livre est déjà périmé puisque l’arrivée des hydrocarbures de schistes est absente de l’ouvrage.

Autre point de déception : la principale proposition de l’auteur est de diminuer le temps de travail pour le libérer à d’autres activités. C’est un vrai enjeu aux USA; cependant l’absence d’analyse des réussites et échecs de l’expérience française, notamment, manque cruellement dans un argumentaire un peu « maison de Candie ». Je reste par ailleurs convaincu, que la mesure du temps de travail n’est pas un indicateur suffisant : le temps d’épanouissement au travail compte aussi.

De plus, la description des enjeux et dangers auxquels nous sommes confrontés ont été démontrés plein de fois avant ce livre et parfois plutôt mieux (par Rifkin, Lester Brown, Nicolas Hulot…). Et pourtant, je suis en phase avec l’essentiel du contenu  : donner plus de place au PME et moins de privilèges aux multinationales – nécessité de traduire dans les faits le coût des externalités environnementales – développer un rapport différent aux choses mais aussi à l’autre – encourager l’émergence des modes de production et consommation alternatifs – atténuer le poids démesuré du PIB dans notre conscient et inconscient – agir localement…

 

Lu : La Véritable Richesse, Une économie du temps retrouvé dans LECTURES capture

Rassurez-vous, j’ai aussi trouvé dans cet ouvrage de quoi faire marcher le truc mou qui est derrière mes yeux : 

  • Beaucoup de pistes à explorer m’ont semblé être plus de l’ordre de la Résilience que de la Transition. Sans que ce soit écrit, j’ai eu le sentiment à la sortie du livre qu’il serait de toute façon impossible de faire entendre raison au monde économique et financier. Serions nous condamner à ne pas changer les choses ?… et donc à nous préparer aux contre-coups des chocs climatiques, énergétiques (…) ? Ce constat déborde largement la lecture de ce livre.
  • Autre réflexion sémantique intéressante. Un certain Raymond Williams aurait dit que « Notre pb, ce n’est pas que nous sommes trop matérialistes, mais que nous ne le sommes pas assez« . Comprendre : nous n’apportons pas assez de valeur aux choses. Nous achetons trop et jetons trop vite. ça se tient !
  • Citation : p52, chpt  « La Fast mode », le cas de l’habillement.

L’information la plus révélatrice sur le marché actuel de l’habillement est qu’on peut acquérir des vêtements au poids plutôt qu’à la pièce, pour seulement un dollar les 500 g. Autrement dit, il est possible de payer des vêtements [...] moins cher que le riz, les haricots ou d’autres denrées de bases.

[...]

En 1991, les Américains achetaient, en moyenne, 34 robes, pulls, chemises, sous-vêtements et autres articles. En 1996, ils en étaient à 41. En 2007 [...] 67 articles.

  • Citation p221, chpt « Plénitude et Bien être« 

Au sein d’un pays, les ménages à faible revenu ont moins de bien-être que ceux qui ont un revenu plus conséquent. Mais une fois qu’un ménage sort de la pauvreté et entre dans la classe moyenne, accroître encore son revenu n’est pas si efficace pour améliorer son bien-être. L’économiste britannique Richard Layard a constaté qu’à échelle de la planète, le niveau moyen de bonheur d’un pays cesse d’augmenter quand son revenu par habitant atteint 26000 dollars. [...]


Je ne regrette pas du tout la lecture de ce livre mais crains seulement qu’il ne soit qu’un de plus sur une pile d’ouvrages lus que par des « déjà convaincus ». Donc peu utile…

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Lu : DEMOCRATIE PARTICIPATIVE – guide des outils pour agir

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 17 juin 2013

Depuis l’année dernière, la Fondation FNH s’est organisée en Think Tank à l’américaine pour influer sur les décisions publiques. Dans ce cadre, elle sollicite des experts pour produire des publications à même d’alimenter le débat public. Je trouve personnellement que les productions de cette nouvelle structure sont de très grande qualité. Le dernier opus est un Guide des outils sur la démocratie participative.

Lu : DEMOCRATIE PARTICIPATIVE – guide des outils pour agir dans INNOVATION capture6

En aparté, j’ai vécu la lecture de ce Guide comme un acte 2 au célèbre livre de Rob Hopkins : Manuel de Transition (lien vers commentaire de ce livre sur ce blog). C’est un compliment de mon point de vue.

La publication, objet de ce post, (lien vers le document complet) est très opérationnelle. Elle se présente sous forme de fiches que pourront utiliser jusqu’à plus soif les associations et autres mouvements politiques ou apolitique qui se sont donnés pour objectif de passer le cap de la transition en consultant les citoyens (et pas seulement en s’appuyant sur un mandat électif dont on se rend compte ces temps-ci des limites).

Passer le cap de la remise en cause de notre système de décisions publiques, il reste à organiser la consultation et ce n’est pas si simple… d’où ce guide.

Le support propose 14 fiches outils illustrées d’exemples d’application. Par exemple, la certification participative est l’idée selon laquelle le citoyen-utilisateur peut être directement sollicité pour évaluer la conformité à un cahier des charges d’une production donnée. Il devient auditeur de son produit. En dehors du fait que c’est la fin de mon boulot (joke…), le principe est intéressant car les acteurs de la chaine (Producteurs => consommateurs) sont ainsi en contact direct… Ils ont plus de chance de se comprendre…capture5 dans LECTURES

Je ne pense pas que ces outils soient directement applicables, mais après une adaptation à chaque problématique, je suis convaincu que ce Guide sera utile et ouvrira des champs de consultation populaire encore inexplorés.

L’innovation, ce n’est pas que le nouvel I-Pad. Ce guide le démontre.

Merci.

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Sensibiliser les populations exposées au risque d’inondation

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 juin 2013

Malheureusement, l’actualité nous rappelle que le risque d’inondation est le premier risque majeur auquel nous sommes collectivement soumis. C’est peut-être l’occasion pour nous de consulter ce Guide « Sensibiliser les populations exposées au risque d’inondation – Comprendre les mécanismes du changement de la perception et du comportement« . fichier pdf guide sensibilisation

Sensibiliser les populations exposées au risque d’inondation dans LECTURES capture2

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Réflexions suite à la lecture du n°14 des cahiers d’Ernst & Young : « ANTICIPER ! »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 mai 2013

Suite à une simple demande par internet (lien), je me suis fait offrir le cahier d’E&Y 14 qui porte pour titre « Anticiper ! ». Le principe de ce petit ouvrage est de donner la parole à quelques personnalités reconnues dans leur domaine pour qu’elles nous « éclairent » sur l’avenir.

L’exercice est intéressant de mon poiRéflexions suite à la lecture du n°14 des cahiers d'Ernst & Young : nt de vue de lecteur atypique (trop focalisé sur des lectures techniques ou « engagées »). C’est bon de se raccrocher à une réalité différente de la mienne : la cible est clairement les top-managers. Quelle vision ces personnalités ont-elles donc de la stratégie à conduire pour se développer dans un contexte que beaucoup jugent critique ? Quelques commentaires sur un échantillonnage de points de vue :

  • J’ai aimé lire Erik Orsenna à propos des « signaux faibles ».  La prise des risques est intrinsèquement liée à notre conditions humaines et nous en perdons la conscience. Selon lui, nous nous fermons trop de portes au nom de la volonté de limiter les risques (gaz de schiste…). Prise de hauteur intéressante.
  • Globalement beaucoup d’intervenants critiquent très directement notre culture française peu enclin à favoriser le changement et l’adaptation. Moi, j’ai compris que nous devrions être plus résilients et moins « prétentieux » dans la lecture du moyen-long terme. Le perspectivisme n’est pas une science recommandable pour certains. Sans que ce soit écrit directement, j’interprète même parfois ceci comme du climato-sceptisime; mais je suis un vicieux. Le philosophe François Hartog reproche au contraire à nos contemporains trop de « présentisme«  : une incapacité à planifier le moyen long terme malgré nos connaissances.

Certaines positions défendues sont très conservatrices et parfois même « défensive ». La position notamment argumentée sur le volet énergétique par Albert Bressend est froidement industrielle et pleine d’incompréhension vis à vis des empêcheurs d’extraire en rond. L’anticipation n’est en l’occurence pas la transition énergétique mais le statu-co au nom du principe de réalité.  Je me suis cependant positivement remis en question sur certains avis personnels.

Enfin, plus en phase avec ma propre interprétation de l’avenir, je me suis retrouvé dans l’article de Philippe Peuch-Lestrade ouvrant de nouvelles perspectives de gouvernance participative, intégrant les bugs de notre histoire récente. Envisager une « économie positive » où l’économie et l’entreprise sont mises au service de l’homme et non l’inverse. J’ai envie de rêver. 

Globalement cette brochette d’intellectuels apporte un éclairage très enrichissant à toute réflexion un peu « globale » sur l’évolution des tendances à venir. Je remarque qu’on est loin d’envisager la 3ème révolution industrielle dans les dessins proposés; mais que cependant, la nécessaire intégration des problématiques « énergie-climat-environnement-moralité de la finance » est réelle pour beaucoup. Je n’ai pas fondamentalement changé, mais je suis content de comprendre le raisonnement de quelques « têtes » influentes.

Pour terminer, je retiens comme vérité absolue la citation de Léonard de Vinci « On n’a pas à prédire l’avenir mais à le permettre« .

 

 

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