5ème rapport du GIEC : résumé à l’attention des décideurs

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 15 octobre 2013

Je viens enfin de parcourir le résumé provisoire à l’attention des décideurs du dernier rapport du GIEC. Un concentré d’état de la science en une trentaine de page (accessible sur ce lien ).

Je vous propose ci-dessous quelques passages « forts » qui méritent qu’on s’attarde à ce sujet, pas sexy, mais au combien important. Disons même vital à l’échelle de notre espèce. Ci-dessous mon résumé du résumé en 7 points :

1- Pas de doute sur le réchauffement en lui même :

5ème rapport du GIEC : résumé à l'attention des décideurs dans GES capture9capture10 dans LECTURES

 

 

 

2- C’est l’Océan qui trinque le plus pour le moment :

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 3- Le doigt semble mis sur le risque très prochain d’une augmentation du niveau de la mer, avec un impact humain potentiel effrayant

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4- confirmation des augmentations de concentration atmosphériques de gaz à effet de serre et du rôle « d’éponge » des Océans (qui du coup s’acidifient)

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5- Pour la première fois me semble-t-il, le GIEC prend en compte dans son bilan, les facteurs extérieurs comme l’impact des irradiations solaires (principal argument des climato-sceptiques) pour démontrer la faible influence dans le bilan global (graph ci-dessous) :

 

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 6- si vous n’aviez pas encore compris :

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7- Enfin, je m’excuse de vous casser la soirée, mais « attendre que ça passe » n’est pas forcement une option…

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Lu : Pour une Economie Positive – Jacques Attali

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 8 octobre 2013

De passage à Montparnasse, je me suis laissé tenté vendredi et ai acheté le document de synthèse « Pour une économie Positive ». Le document numérique était sur le bureau de mon PC depuis 2 semaines et définitivement, je n’arrive pas à lire 200 pages sur informatique (lien vers le document numérique pour les courageux avec en bonus le film du discours de remise du rapport au Président).

Soyons francs, ce livre est un agrégat de bonnes idées largement communiquées précédemment à droite et à gauche (une pincée de « Troisième révolution industrielle« , un échantillon d’Économie circulaire…); pour autant cet inventaire de propositions de bon sens devient tout à fait entendable par les acteurs économiques traditionnels. Ce plaidoyer arrive même peut-être à un moment où les esprits sont plus prêts au changement. Je ne fais, de mon côté, aucun procès « en pillage » à cet ouvrage (et à Mr Attali en particulier) car je considère que les bonnes idées n’existent que pour être partagées.

Qu’est-ce que l’économie positive ? en quelques sorte une économie qui ne se reconnait pas dans la célèbre phrase de Milton Friedman : « la responsabilité sociale de l’entreprise, c’est de faire du profit« . Une économie qui intègre l’altruisme et le long terme dans son système. Une économie « apprenante » qui intègre aussi les enseignements de ses échecs récents. Assez consensuel finalement.

 

Lu : Pour une Economie Positive - Jacques Attali dans LECTURES capture

Plein de bonnes idées donc dans ces 45 propositions. De la mise en place en France du principe de Benefit-Corporation californien (permettant aux entreprises qui le souhaitent d’inscrire dans leur finalité les enjeux sociaux ou environnementaux – comme PATAGONIA), à la création de pôles de coopération territoriales positives ou la mise en place d’une chambre parlementaire du long terme (proposée depuis longtemps par Nicolas Hulot) : pleins d’objet économiques et sociaux sympas.

Le président de la République a reçu ce rapport des mains de Jacques Attali. Et maintenant, que va-t-il se passer ? Je doute… mais j’espère !


Voici deux pages reprenant les mesures « importantes » et les mesures « urgentes » à mettre en œuvre :

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Lu : « Là où croît le péril…croît aussi ce qui sauve ». Hubert Reeves

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 23 septembre 2013

Bon, ben voilà, j’ai encore pris une claque.

Du genre courte et violente, la claque.Lu :

« Que » 156 pages de lecture d’une fluidité étonnante pour démontrer la violence de notre situation contemporaine. Une démonstration rationnelle, avec de nombreuses illustrations pour bien faire comprendre (même un économiste devrait comprendre en lisant ce livre que le mot « crise » peut prendre un sens nouveau).

Je ne présente pas l’auteur qui est surement le savant francophone le plus reconnu de notre ère. Je veux seulement préciser qu’Hubert Reeves est un scientifique de premier ordre mais aussi un diffuseur de savoir de grande compétence. Être expert, c’est bien. Être expert et pédagogue, c’est vachement mieux.

Le livre, objet de ce post, est découpé en trois temps :

  • Un génial résumé de ce que l’auteur appelle la « Belle histoire » – ou, comment l’improbable a eu lieu : à savoir l’apparition de la vie sur le bout de minéral qui nous sert de substrat.  J’ai sincèrement été pris de vertige devant la puissance du « zoom arrière » proposé par Hubert Reeves. La conscience de ce qui s’est passé et de ce qui aurait pu ne pas se passer fut assez neuve pour moi. Bref, c’était pas gagné…


  • La seconde partie qu’il nomme « La moins belle histoire » aurait pu être titré « le côté obscure de la force ». Tout part du constat partagé avec Platon (dans Le Banquet) que l’Homme souffre de son intelligence. Dans la fable de Platon, l’Homme ayant été oublié au moment de la distribution aux espèces des attribues et qualités, Prométhée « équipa » cet être nu et disgracieux d’Intelligence et de capacité de création. Et depuis : on casse tout ce qu’on approche ! L’inventaire des destructions est douloureux et assez effrayant. L’esprit de ce chapitre est bien résumé par la citation de Lamark reprise en bas de post.


  • Enfin, l’auteur conclut sur un chapitre laborieusement optimiste qu’il nome le « Réveil Vert ». Comme Jeremy Rifkin dans sa « Civilisation de l’Empathie »  (lien post sur cet ouvrage), il mise tout sur l’empathie… sur l’évolution de la conscience de l’Homme de sa puissance de destruction et de la nécessité d’agir.

 

Ce petit traité de « la vie sur Terre » m’a bouleversé et je recommande cette lecture à toute personne sachant lire.

La citation de Lamarck (1930) ci-dessous :

Lire la suite… »

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Lu : La Véritable Richesse, Une économie du temps retrouvé

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 septembre 2013

Enfin…

J’ai enfin terminé la lecture du dernier livre de Juliet B. SCHOR, enseignante en économie. Le titre était alléchant – La Véritable Richesse, Une économie du temps retrouvé – et me laissait espérer des propositions de solutions innovantes.

Ma légère déception de lecteur se justifie tout d’abord par le fait que ce livre est écrit par une américaine pour des américains. Nous, européens, sommes en quelques sortes le modèle de ce que les américains doivent atteindre. C’est peu mobilisateur pour nous… En plus, le livre est déjà périmé puisque l’arrivée des hydrocarbures de schistes est absente de l’ouvrage.

Autre point de déception : la principale proposition de l’auteur est de diminuer le temps de travail pour le libérer à d’autres activités. C’est un vrai enjeu aux USA; cependant l’absence d’analyse des réussites et échecs de l’expérience française, notamment, manque cruellement dans un argumentaire un peu « maison de Candie ». Je reste par ailleurs convaincu, que la mesure du temps de travail n’est pas un indicateur suffisant : le temps d’épanouissement au travail compte aussi.

De plus, la description des enjeux et dangers auxquels nous sommes confrontés ont été démontrés plein de fois avant ce livre et parfois plutôt mieux (par Rifkin, Lester Brown, Nicolas Hulot…). Et pourtant, je suis en phase avec l’essentiel du contenu  : donner plus de place au PME et moins de privilèges aux multinationales – nécessité de traduire dans les faits le coût des externalités environnementales – développer un rapport différent aux choses mais aussi à l’autre – encourager l’émergence des modes de production et consommation alternatifs – atténuer le poids démesuré du PIB dans notre conscient et inconscient – agir localement…

 

Lu : La Véritable Richesse, Une économie du temps retrouvé dans LECTURES capture

Rassurez-vous, j’ai aussi trouvé dans cet ouvrage de quoi faire marcher le truc mou qui est derrière mes yeux : 

  • Beaucoup de pistes à explorer m’ont semblé être plus de l’ordre de la Résilience que de la Transition. Sans que ce soit écrit, j’ai eu le sentiment à la sortie du livre qu’il serait de toute façon impossible de faire entendre raison au monde économique et financier. Serions nous condamner à ne pas changer les choses ?… et donc à nous préparer aux contre-coups des chocs climatiques, énergétiques (…) ? Ce constat déborde largement la lecture de ce livre.
  • Autre réflexion sémantique intéressante. Un certain Raymond Williams aurait dit que « Notre pb, ce n’est pas que nous sommes trop matérialistes, mais que nous ne le sommes pas assez« . Comprendre : nous n’apportons pas assez de valeur aux choses. Nous achetons trop et jetons trop vite. ça se tient !
  • Citation : p52, chpt  « La Fast mode », le cas de l’habillement.

L’information la plus révélatrice sur le marché actuel de l’habillement est qu’on peut acquérir des vêtements au poids plutôt qu’à la pièce, pour seulement un dollar les 500 g. Autrement dit, il est possible de payer des vêtements [...] moins cher que le riz, les haricots ou d’autres denrées de bases.

[...]

En 1991, les Américains achetaient, en moyenne, 34 robes, pulls, chemises, sous-vêtements et autres articles. En 1996, ils en étaient à 41. En 2007 [...] 67 articles.

  • Citation p221, chpt « Plénitude et Bien être« 

Au sein d’un pays, les ménages à faible revenu ont moins de bien-être que ceux qui ont un revenu plus conséquent. Mais une fois qu’un ménage sort de la pauvreté et entre dans la classe moyenne, accroître encore son revenu n’est pas si efficace pour améliorer son bien-être. L’économiste britannique Richard Layard a constaté qu’à échelle de la planète, le niveau moyen de bonheur d’un pays cesse d’augmenter quand son revenu par habitant atteint 26000 dollars. [...]


Je ne regrette pas du tout la lecture de ce livre mais crains seulement qu’il ne soit qu’un de plus sur une pile d’ouvrages lus que par des « déjà convaincus ». Donc peu utile…

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Lu : DEMOCRATIE PARTICIPATIVE – guide des outils pour agir

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 17 juin 2013

Depuis l’année dernière, la Fondation FNH s’est organisée en Think Tank à l’américaine pour influer sur les décisions publiques. Dans ce cadre, elle sollicite des experts pour produire des publications à même d’alimenter le débat public. Je trouve personnellement que les productions de cette nouvelle structure sont de très grande qualité. Le dernier opus est un Guide des outils sur la démocratie participative.

Lu : DEMOCRATIE PARTICIPATIVE – guide des outils pour agir dans INNOVATION capture6

En aparté, j’ai vécu la lecture de ce Guide comme un acte 2 au célèbre livre de Rob Hopkins : Manuel de Transition (lien vers commentaire de ce livre sur ce blog). C’est un compliment de mon point de vue.

La publication, objet de ce post, (lien vers le document complet) est très opérationnelle. Elle se présente sous forme de fiches que pourront utiliser jusqu’à plus soif les associations et autres mouvements politiques ou apolitique qui se sont donnés pour objectif de passer le cap de la transition en consultant les citoyens (et pas seulement en s’appuyant sur un mandat électif dont on se rend compte ces temps-ci des limites).

Passer le cap de la remise en cause de notre système de décisions publiques, il reste à organiser la consultation et ce n’est pas si simple… d’où ce guide.

Le support propose 14 fiches outils illustrées d’exemples d’application. Par exemple, la certification participative est l’idée selon laquelle le citoyen-utilisateur peut être directement sollicité pour évaluer la conformité à un cahier des charges d’une production donnée. Il devient auditeur de son produit. En dehors du fait que c’est la fin de mon boulot (joke…), le principe est intéressant car les acteurs de la chaine (Producteurs => consommateurs) sont ainsi en contact direct… Ils ont plus de chance de se comprendre…capture5 dans LECTURES

Je ne pense pas que ces outils soient directement applicables, mais après une adaptation à chaque problématique, je suis convaincu que ce Guide sera utile et ouvrira des champs de consultation populaire encore inexplorés.

L’innovation, ce n’est pas que le nouvel I-Pad. Ce guide le démontre.

Merci.

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Sensibiliser les populations exposées au risque d’inondation

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 3 juin 2013

Malheureusement, l’actualité nous rappelle que le risque d’inondation est le premier risque majeur auquel nous sommes collectivement soumis. C’est peut-être l’occasion pour nous de consulter ce Guide « Sensibiliser les populations exposées au risque d’inondation – Comprendre les mécanismes du changement de la perception et du comportement« . fichier pdf guide sensibilisation

Sensibiliser les populations exposées au risque d’inondation dans LECTURES capture2

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Réflexions suite à la lecture du n°14 des cahiers d’Ernst & Young : « ANTICIPER ! »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 25 mai 2013

Suite à une simple demande par internet (lien), je me suis fait offrir le cahier d’E&Y 14 qui porte pour titre « Anticiper ! ». Le principe de ce petit ouvrage est de donner la parole à quelques personnalités reconnues dans leur domaine pour qu’elles nous « éclairent » sur l’avenir.

L’exercice est intéressant de mon poiRéflexions suite à la lecture du n°14 des cahiers d'Ernst & Young : nt de vue de lecteur atypique (trop focalisé sur des lectures techniques ou « engagées »). C’est bon de se raccrocher à une réalité différente de la mienne : la cible est clairement les top-managers. Quelle vision ces personnalités ont-elles donc de la stratégie à conduire pour se développer dans un contexte que beaucoup jugent critique ? Quelques commentaires sur un échantillonnage de points de vue :

  • J’ai aimé lire Erik Orsenna à propos des « signaux faibles ».  La prise des risques est intrinsèquement liée à notre conditions humaines et nous en perdons la conscience. Selon lui, nous nous fermons trop de portes au nom de la volonté de limiter les risques (gaz de schiste…). Prise de hauteur intéressante.
  • Globalement beaucoup d’intervenants critiquent très directement notre culture française peu enclin à favoriser le changement et l’adaptation. Moi, j’ai compris que nous devrions être plus résilients et moins « prétentieux » dans la lecture du moyen-long terme. Le perspectivisme n’est pas une science recommandable pour certains. Sans que ce soit écrit directement, j’interprète même parfois ceci comme du climato-sceptisime; mais je suis un vicieux. Le philosophe François Hartog reproche au contraire à nos contemporains trop de « présentisme«  : une incapacité à planifier le moyen long terme malgré nos connaissances.

Certaines positions défendues sont très conservatrices et parfois même « défensive ». La position notamment argumentée sur le volet énergétique par Albert Bressend est froidement industrielle et pleine d’incompréhension vis à vis des empêcheurs d’extraire en rond. L’anticipation n’est en l’occurence pas la transition énergétique mais le statu-co au nom du principe de réalité.  Je me suis cependant positivement remis en question sur certains avis personnels.

Enfin, plus en phase avec ma propre interprétation de l’avenir, je me suis retrouvé dans l’article de Philippe Peuch-Lestrade ouvrant de nouvelles perspectives de gouvernance participative, intégrant les bugs de notre histoire récente. Envisager une « économie positive » où l’économie et l’entreprise sont mises au service de l’homme et non l’inverse. J’ai envie de rêver. 

Globalement cette brochette d’intellectuels apporte un éclairage très enrichissant à toute réflexion un peu « globale » sur l’évolution des tendances à venir. Je remarque qu’on est loin d’envisager la 3ème révolution industrielle dans les dessins proposés; mais que cependant, la nécessaire intégration des problématiques « énergie-climat-environnement-moralité de la finance » est réelle pour beaucoup. Je n’ai pas fondamentalement changé, mais je suis content de comprendre le raisonnement de quelques « têtes » influentes.

Pour terminer, je retiens comme vérité absolue la citation de Léonard de Vinci « On n’a pas à prédire l’avenir mais à le permettre« .

 

 

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Lu : « La fiscalité environnementale en France : un état des lieux »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 11 mai 2013

J’écoute ce matin « on n’arrête pas l’Eco » sur France Inter. On y cause de la première année de François Hollande, de fiscalité française, de la difficulté des entreprises devant les évolutions fiscales… On n’y cause pas de fiscalité environnementale.

Pourtant, je suis personnellement convaincu qu’une partie de la solution à nos problèmes est, à assiette fiscale constante,  de baisser la fiscalité du travail et d’augmenter la fiscalité environnementale, peu développée en France (preuve ci-dessous). Comme nous n’avons plus les moyens de financer les « transitions » indispensables des années à venir, utilisons la fiscalité comme levier d’action. C’est peut-être le dernier qu’il  nous reste.

Ma conviction se confronte à la réalité politique. La fiscalité environnementale est un sujet qui a été repoussé à la fin du quinquennat. Autant dire qu’en pleine campagne présidentielle (qui commence plus d’un an avant les élections), ce ne sera plus le moment de révolutionner la fiscalité française.

La dernière publication du « RéférenceS » du Commissariat Général au Développement Durable aborde le sujet de la fiscalité environnementale. Quelques commentaires de lecture ci-dessous sur un document très complet, ayant surtout pour intérêt de donner des ordres de grandeur actualisés (lien pour accéder au document sur l’image).

Lu : Il nous est tout d’abord rappelé que la Constitution autorise la fiscalité environnementale au titre du principe du « pollueur payeur ».

Au total, la fiscalité environnementale a rapporté à l’Etat  40 milliards d’euros en 2011, essentiellement sur la base de la fiscalité applicable à la consommation d’énergie (voir décomposition ci-dessous). On y apprend aussi que notre fiscalité environnementale ne traite quasiment pas de la fiscalité sur les pollutions (les taxes sur les pollutions représentent 20% de la fiscalité environnementale aux Pays-Bas).

Plus grave; au concours « Eurovision de la fiscalité environnementale », la France figurait en 2010 en avant dernière place ! Nos taxes environnementales ne représentent que 1.9% du PIB (moyenne UE : 2.4 %). C’est pas notre truc le principe constitutionnel « pollueur payeur »…

Voyons quelle est la répartition de nos revenus fiscaux environnementaux :

  • Taxes sur la consommation des ressources :  25.5 milliards en 2011 (carburants) + 3 milliards d’euros (CSPE – électricité) + 345 millions d’euros (granulats, prélèvement d’eau) + autres prélèvements sur les ressources (40 millions d’euros)  + cas particuliers des REP (1 milliard d’euro). Aucune taxe n’est en place à ce jour sur les prélèvements touchant à la biodiversité.
  • Changement climatique : 1.1 milliard d’euros / quotas dans le cadre du dispositif européen. Aucune taxe n’est à ce jour en place sur les autres Gaz à effet de serre  (fluides frigo, méthane, protoxyde d’azote). Notre pauvreté sur le sujet s’explique notamment par le fait que l’on peut considérer que les taxes sur les énergies peuvent contribuer à taxer les émissions de CO2 (pas vrai pour les autres GES que le CO2).
  • Pollutions : TGAP pour les industriels, TGAP « déchet »… Non significatif comme précisé plus haut.

 

J’ai un regret à la lecture de ce document. Si cette publication aborde rapidement les « subventions » telles que les crédits d’impôts, réduction de taxes (…); elle passe totalement à côté d’un vrai sujet : les subventions aux énergies fossiles, pourtant réelles dans notre pays (lien post précédent). Elles sont estimées à 2,6  milliards d’euros par an pour la France. Pas ridicule en ordre de grandeur pourtant…

Pour conclure, le résumé du document par ses auteurs :

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Lu : « Donner et prendre : La coopération en entreprise »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 1 mai 2013

En ce 1er mai, il va de soi qu’il faut causer du travail. C’est ce que je fais avec le post sur un ouvrage incontournable et éclairant : « Donner et prendre – La coopération en entreprise« .

Je dois être honnête, je n’ai pas entièrement lu cet ouvrage de Norbert Alter, le temps à consacrer à la lecture étant en concurrence avec plein d’autres activités ces jours-ci. Pour autant, l’ouvrage étant un recueil de données sociologiques pour argumenter une idée, je ne pense pas trahir l’esprit de l’auteur en en parlant ce soir.

Ce n’est donc pas le livre que j’aime, mais l’idée qui y est défendue. En toute modestie, sans être capable de l’exprimer clairement, c’est un concept que j’avais acquis empiriquement (voir le post « limites du management par la Procédure » de février 2012).

Le livre traite de la coopération dans le monde de l’entreprise. Beaucoup oppose la coopération à la compétition. Le livre pose des bases argumentées démontrant que la coopération est un élément social indispensable à la vie de l’entreprise, permettant l’application de « la règle ». Sans coopération, sans « don » et « retour d’ascenseur » aucune entreprise ne fonctionne; c’est sociologique. On fonctionne tous pareil sur ce plan. De ce fait, penser que définir des règles suffit à les voir appliquer, revient à oublier la nature humaine qui permet l’adaptation, l’innovation, l’efficience (et non l’efficacité).

Lu :

 

Citation :

La coopération ne se réduit pas à la coordination technique. La coopération émane d’un milieu qui s’arrange avec les règles de gestion pour parvenir à produire la compétence collective. L’écart entre les règles de coordination technique et les pratiques effectives de coopération est si grand que la seule lecture des procédures donne finalement peu d’information sur « l’art » de travailler. Cet écart est à peu près celui qui sépare un programme politique de sa réalisation ou un contrat de mariage de la vie d’un couple. La coopération n’est aucunement réductible à un dispositif de gestion

 

Après la lecture de cet ouvrage, vous regarderez différemment l’homme qui retient la porte devant vous…

 

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Lu : Manifeste pour le bonheur « Comment passer d’une société de l’avoir à une société du bien-être »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 mars 2013

La maison d’édition LLL (Les Liens qui Libèrent – quel beau nom !) publie un essai d’un professeur d’économie italien, Stefano Bartolini, au titre attractif « Manifeste pour le bonheur « Comment passer d’une société de l’avoir à une société du bien-être« . Ce livre a été un best-seller en Italie si on en croit la dernière page de couverture.

J’ai eu plaisir à lire ce livre, qui en reprenant des constats déjà exprimés dans d’autres ouvrages, se veut force de propositions pour changer radicalement de cap. Ambitieux, révolutionnaire, pas entendable par tous… Bref, je choisis lâchement ici de ne pas me positionner sur les propositions d’actions du livre mais plutôt d’exprimer dans la continuité de sa lecture quelques impressions qui méritent d’être partagées.

Lu : Manifeste pour le bonheur

 

Le constat du base du bouquin est que nos sociétés occidentales se sont considérablement enrichies ces dernières décennies et que malgré tout, toutes les mesures de satisfaction ou de bien-être disponibles, démontrent un décrochage flagrant. Nous ne sommes pas plus heureux parce que plus riche; par contre nous compensons notre baisse de satisfaction par la volonté toujours accrue d’augmenter notre richesse matérielle.

La cause, selon l’auteur, de cette incompatibilité des courbes « richesse » et « bien être » est essentiellement associée au fait que nous avons sur le même temps que l’augmentation de la richesse économique, perdue énormément de richesse relationnelle. Plus seul, moins de confiance, moins de partage de moments… (voir mon post précédent sur le sujet).

Pour palier cette perte de bien-être, l’auteur décrit un phénomène économique compensatoire qui s’est insidieusement mise en place : le NEG (Negative Endogenous Growth). Le modèle de croissance endogène négatif décrit comment des biens gratuits indispensables au bonheur ont été « remplacés » par des services/biens payants dans notre système économique. Une sorte de croissance économique « défensive ». Personne ne vend de l’air pur (qui était et devrait être accessible à tous gratuitement) mais en contrepartie nous avons créé une économie des masques de protection, de surveillance médicale, de filtreur d’air… Je dois bien avouer qu’une partie importante de notre croissance est associée à la vente de biens ou services correctifs de nos défaillances collectives (dépollution, protection des biens et des personnes, rencontre de l’autre, loisir, psy…). Ce n’est pas satisfaisant mais le constat est là : la dégradation favorise une certaine forme de croissance ! 

L’auteur insiste beaucoup sur l’influence négative de la télévision et de la publicité sur notre bien être. Les promesses véhiculées par les publicités sont toujours déçues et l’influence recherchée, notamment auprès des plus jeunes est effrayante. Rien de neuf de ce côté là malheureusement.

Ce livre m’a enfin involontairement, et peut être dans le sens opposé de l’objectif recherché par l’auteur, fait prendre conscience de ce qui me gêne depuis toujours dans le principe du temps de travail réglementé. Nous ne vendons pas des tranches de notre vie à notre employeur. Notre temps de travail fait parti de notre vie et je ne pense pas qu’il soit bon de l’isoler comme un moment où l’on se « vend ». Il me parait plus important de travailler sur le sens et l’intérêt de notre temps consacré au travail (y compris dans la relation aux autres) plutôt que de lutter pour le diminuer en valeur absolue; et l’intensifier alors avec les conséquences que l’on sait sur les conditions de travail.


Pour les propositions de l’auteur, elles n’engagent que lui et vous devrez lire le bouquin.

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