Chronique Ecolo-Buissonnière n°14 : « On est dans le kaka de Yak… et en même temps… »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 27 juin 2018

Bientôt en ligne (lien), ma dernière chronique Ecolo-Buissonnière sur un sujet traité dans un post précédent : les rencontres internationales francophones – Transition Énergétique et Sociétale. En attendant, voici le texte et ses liens.

Spéciale dédicace à Bernard.

« Aujourd’hui, je viens vous chroniquer sur le thème de la GONALGIE.

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J’ai en effet assisté, il y a quelques jours à un colloque international de rhumato-sociologie passionnant. Le thème de ce symposium était l’amélioration de l’articulation du genou. Devant mon envie irrésistible de briller en société, m’en voilà parti pour vous conter ceci.

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Le constat au niveau mondial n’est pas brillant. L’articulation du genou n’est pas un sujet très vulgarisé et pourtant trouver remèdes aux maux de l’articulation du GENOU répondrait à bien des enjeux de notre temps. En aviez-vous conscience ?

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Notamment, saviez-vous que la mauvaise articulation du JE-NOUS est une des causes principales de notre individualisme ? de notre incapacité à nous approprier les enjeux globaux comme le réchauffement climatique ou l’extinction de la biodiversité ? non ?

Il faut dire que l’articulation JE-NOUS est soumise à bien des contraintes : l’obésité du poids des enjeux mortifères qu’il nous faut porter, la sédentarité d’un système privilégiant l’individu au collectif, les ondes négatives permanentes provenant des chaines d’infos continues qui nous poussent toujours plus à ignorer le NOUS au profit du JE.

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C’est un peu de cela dont il a été question lors des premières journées internationales francophones de la Transition énergétique et sociétale, puisqu’il s’agit bien de cela.

L’articulation du JE et du NOUS résume bien la question affichée en ouverture de session : « En quoi l’innovation sociale et les dynamiques collectives facilitent l’émergence et le développement des projets de transition sur les territoires locaux ? ».

Nos invités du CTS ne seront pas perdus lors de cette chronique, car je vais relater arbitrairement, maladroitement et subjectivement ce que je retiens de l’évènement pendant lequel leur promotion 2017-2018 a présenté son évènement de clôture.

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J’ai donc passé 2 journées et 2 soirées au milieu de chercheurs, de philosophes, de sociologues, d’acteurs associatifs, de gens de collectivités, de référents d’entreprises, de québequois chauves, d’helvétiques barbus… sans oublier les « collégiens de la transition ». Tout ce beau monde pour phosphorer sur le Faire Ensemble.

Le concept du FAIRE ENSEMBLE est vraiment intéressant… pour tout dire, si j’étais Monsanto, expert de l’appropriation du vivant, je brevèterais le principe ! c’est vrai quoi, le potentiel est énorme : si ça marche massiquement, on tient une pierre philosophale ! Y a vraiment du pognon à se faire ! En attendant de privatiser le concept, les présents à ces journées ont fait de la mise en pratique.

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La mise en pratique a commencé par une mise en abime lors de la conférence du philosophe suisse Dominique Bourg que je résume avec mes mots et une métaphore pleine de bon gout. L’Humanité toute entière est plongée dans une sorte de fosse à lisier de yak malade. Nous sommes dans ce truc malodorant. C’est même nous qui avons creuser la fosse et construit le système l’alimentant. Le niveau monte. Nous respirons difficilement avec une paille… mais nous nous sommes finalement bien habitués à la situation. Nous l’acceptons et n’envisageons pas de bouger des quelques mètres qui nous sortirait de la fosse. C’est tellement plus facile d’attendre que de bouger ! Le niveau de kaka de Yak monte encore.188540-004-9F52B89C

Ce kaka de Yak c’est le réchauffement climatique couplé à l’extinction de la biodiversité qui conditionnent pourtant notre vie de bipède dominateur et « en même temps » si fragile.

Le dispositif nous alimentant en excrément est le système marchand qui amplifie en permanence l’ampleur de nos soucis.

Pour nous sauver du Kaka de Yak, Dominique Bourg mise sur un changement de paradigme rendant notre modèle de vie compatible avec la fragilité des éco-systèmes. Comment ?  En devenant des humains plus spirituels, plus proches de la Nature. Trouver notre épanouissement dans un équilibre avec la Nature plutôt que de nous épanouir dans le mirage de la consommation.

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Parenthèse / télescopage d’actu sur notre rapport à la Nature : la philosophe Cynthia Fleury  vient de codiriger un ouvrage, L’Exigence de la réconciliation. Biodiversité et société. Elle dit que notre relation à la Nature ne fait que régresser (yc en termes de fréquence de confrontation). « La biodiversité a besoin d’être incarnée. Plutôt que trop la naturaliser, il faut en faire une affaire véritablement humaine ». Il y a urgence. Car si les sociétés humaines ont besoin que la biodiversité fonctionne bien pour garantir leur survie, leur bien-être et leur cadre de vie, elles ont oublié qu’elles en faisaient partie. Tout ce que dit Cynthia Fleury est du miel (bio…).

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Revenons-en à notre kaka de yak. Franchement, à la sortie de la conférence, je ne voyais pas quelle Arche de Noé pourrait nous sauver du péril du KakadYak. Un kayak peut-être ? Pas une Cadillac en tout cas (j’ai un peu honte là).

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Bien que plongé dans le doute, j’ai quand même brulé dans ma charrette des temps modernes 4 L d’essence E10 parfumée au sang d’orang outan pour donner une chance à l’Humanité de s’en sortir et suis revenu le lendemain pour suivre deux journées de réflexion actives.

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Pour la suite, je suis bien incapable de résumer le déroulement et la production de ces journées, mais ce qui m’en reste comme impressions, au-delà d’une ambiance joyeuse et constructive, tourne autour du verbatim emblématique des années 2017/2018 : « en même temps ». Je vous en propose une petite série, sans connotation politique :

  • EN MÊME TEMPS n°1 : Nous n’avons jamais autant détruit la vie sur Terre EN MÊME TEMPS aux quatre coins de la Terre des acteurs se bougent et proposent des solutions pertinentes. Je vous invite à parcourir le recueil de contributions réalisé l’occasion de ces premières rencontres internationales et qui a été mis en ligne en open-source pour partager 33 projets à l’initiatives de chercheurs, d’associations (…). En quelques lignes vous y trouverez expliqué par exemple le projet « Cowatt co-toiturage solaires en Pays-de-la Loire » ou une analyse de « la culture de la proximité et de la transition à Montréal »…
  • EN MÊME TEMPS n°2 : Nous n’avons pas de solutions immédiates et instantanées pour changer nos modes de vie, EN MÊME TEMPS les solutions passent par cette appropriation collective du « faire ensemble ». Le chemin de la réflexion est un bout de la solution. Accepter cet investissement temps et la frustration de n’avoir fait que parler. « Notre maison brule »… et nous discutons du plan d’intervention entre pompiers aux compétences et langues différentes
  • EN MÊME TEMPS n°3 : Acteurs du privé, des asso, des collectivités, chercheurs (…) en fonction de notre point de vue, nous avons souvent du mal à nous comprendre EN MEME TEMPS il n’y aura pas de changement d’échelle chacun dans notre coin. C’est de mon point de vu l’atout n°1 de ces journées de rencontres. Ce n’est pas si souvent que des militants discutent avec des entreprises et des chercheurs pour résoudre un problème commun !
  • EN MÊME TEMPS n°4 :  à la surprise des participants québecois, belges ou suisses, nous les français, nous demandons au « pouvoir public » plus de liberté et EN MÊME TEMPS plus de moyens et l’énergie du déclenchement. Nous sommes tellement jacobins…
  • EN MÊME TEMPS n°5 : Une partie de la société est prête à contribuer à ce « faire ensemble », EN MÊME TEMPS nous manquons de compétences pour réellement passer à l’action. La pratique de la Démocratie, ça s’apprend et l’éducation populaire a quasiment disparut. En voilà du concret pour agir vite !
  • EN MÊME TEMPS n°6 : Tous ces moments à promouvoir le FAIRE ENSEMBLE et l’intelligence collective et EN MÊME TEMPS se rendre compte lors des captivantes interventions de Damien Carême maire de Grande Synthe et de Jo Spiegel maire de Kingersheim, se rendre compte que le leadership permet l’action. sans leadership ???

Bref, ce n’est pas simple et EN MÊME TEMPS ce n’est pas une raison pour ne pas s’atteler à la tâche. Merci aux organisateurs, merci à Bernard et… pensez à soigner vos JE – NOUS. »

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