Lu : Wangari Maathai, celle qui plante les arbres

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 août 2015

Les vacances sont un bon moment pour lire. Cette année, en plus du plaisir de la lecture des livres de CaptureFred Vargas (j’adore) et de celui de l’excellent Check-Point de Ruffin, je suis très heureux d’avoir découvert dans les archives littéraires familiales « Celle qui plante les arbres« , auto-biographie de Wangari Maathai.

Comment est-il possible que je sois passé à côté de ce destin extraordinaire jusqu’à cette année ?

Ce n’est pas le style littéraire qui est ici intéressant, mais le parcours extraordinaire de cette femme, née en 1940, « nobélisée » en 2004, décédée en 2011.

Wangari Maathai a eu l’enfance africaine de millions de petits africains : aux champs au contact quotidien de la Terre nourricière, dans un Kenya gérant tant bien que mal sa transition post-coloniale, au sein d’une famille traditionnelle. Plus tard, elle a eu plusieurs chances : la première, des parents qui envoient une de leurs filles à l’école, la seconde, l’opportunité de faire ses études aux USA dans le cadre d’un programme international. De retour au Kenya, elle aurait pu capitaliser sur ce double coup de pouce du destin, devenir fonctionnaire, cadre féminin dans l’élite d’un pays en reconstruction; ce qui aurait déjà été remarquable.

Mais voilà, elle a choisi de se battre sur plusieurs fronts tout au long de sa vie : féminisme, corruption, pauvreté, écologie. Car pour elle tous les sujets étaient liés. Pas de bonne gouvernance sans prise en compte de l’éco-système… et réciproquement. Une pensée révolutionnaire qui lui valu de nombreux passages en prisons.

Son œuvre : le Mouvement de la Ceinture Verte, qui a permis de planter plus de 40 millions d’arbres en faisant participer les paysans (paysannes surtout) au sein d’un réseau qu’elle a mis des années à construire. Le mouvement continue : greenbeltmovement.org 

Ce livre est profondément humain et je crois avoir aimé par dessus tout la description d’une Afrique rurale proche et consciente de sa dépendance à son biotope (même si elle ne le dit et ne le vit pas avec ces mots techniques). Au delà des constats de défaillances bien connus de l’Afrique contemporaine (corruption, destruction massive de l’éco-système pour répondre à un besoin urgent de croissance…), une voie (verte) s’est ouverte.

J’aime les arbres et j’aime les belles histoires. Une telle réussite est rare et doit être porteuse d’espoir. Respect Mme Wangari Maathai.

Pour en savoir plus, voir le film hommage : lien 

et le discours de cette grande dame au World Forum de Lille, invitée en 2008  : lien

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