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Lu : La Nouvelle controverse, pour sortir de l’impasse

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 4 août 2014

Cette année, mon été est rythmé par d’excellentes lectures. Au delà de mes lectures « plaisir » (« Au revoir la haut« , « le gué du tigre« ), dans la famille Roudaut, après  Sandrine, je me suis permis d’inviter dans mon quotidien Yannick pour m’imprégner de sa « Nouvelle controverse ».

Je ne vais pas résumer ce livre mais je vais plutôt tenter d’en sortir quelques bribes et impressions personnelles pour, je l’espère, donner envie à de futurs lecteurs; car cette lecture est vraiment éclairante et propose un point de vue historique passionnant. Pour ceux qui n’ont pas besoin de la lecture pour digérer ce type de réflexions, il est aussi possible de « voir le livre » (très partiellement) sur cette vidéo filmée dans le cadre d’un TEdX Nantes en décembre 2013.

Capture

Yannick Roudaut nous propose donc une analyse s’appuyant notamment sur une comparaison de notre époque avec celle de la Renaissance. L’idée est de nous inspirer des plus éclairés de nos ancêtres qui, s’adressant à l’Elite du moment, bien que perçus comme des illuminés, ont réussi à changer « l’ordre des choses » durablement. Aujourd’hui, les enjeux sont différents; ils touchent à notre relation à la croissance, à l’exploitation de notre substrat qu’est notre unique planète… mais les pratiques contemporaines sont de la même manière présentées comme immuables alors que en place depuis quelques générations seulement. Pour illustration, à l’heure de l’esclavagisme, peu imaginaient possible de s’en passer ! Aujourd’hui nous en sommes heureusement revenus.

J’ai aimé cette vision d’un accès possible à  »une seconde Renaissance », surement plus puissante que celle de « Troisième Révolution Industrielle » chère à Rifkin (lien) car moins technologique et plus philosophique et donc mieux à même de donner du sens au changement. J’ai admiré l’optimisme de l’affichage des possibles de notre époque. 

Ce livre est d’ailleurs présenté comme le « début de l’histoire ». Il faut maintenant organiser une « nouvelle controverse »; solliciter le débat. A la manière des débats nous ayant précédés sur l’esclavagisme par exemple, sollicitons, questionnons, proposons l’échange. En lisant, j’entendais les mots d’une vielle chanson de Goldman : « tout mais pas l’indifférence » … devant la masse des enjeux auxquels nous sommes exposés.

Le vrai (et seul) problème auquel je me suis trouvé confronté en lisant ce livre – très bien écrit par ailleurs – est le fait que je sois totalement convaincu par les constats et les pistes à explorer proposées par l’auteur. Je suis à 100% en phase… et ce type de constat me pose paradoxalement soucis. J’ai en effet peur de m’enfermer de plus en plus dans un courant de pensée, j’ai peur de basculer dans la satisfaction permanente de l’illusion que les choses changent car mes lectures et interlocuteurs (que j’ai choisi) me renvoient l’image de ce que je crois, de ce que je veux.  Les convaincus ne sont pas à convaincre; et mon sentiment n’est pas que la masse de mes contemporains se retrouve dans les justes constats de « la nouvelle controverse ». Pourtant, il faut rester au contact de ceux qui ne sont pas dans ce « petit » (?) cercle de convaincus au risque de s’isoler, de se positionner en donneur de leçon. Comment élargir le cercle ?

La situation devait être la même au moment de la Renaissance et pourtant elle a bien eu lieu. Il doit y avoir un chemin.

Au fil du temps, je me suis convaincu que le problème n’était plus la difficulté d’expliquer techniquement les enjeux mais plutôt de remettre en cause notre relation au long terme. Plus grand monde veut voir disparaître les espèces animales, les forêts primaires ou veut absolument consommer du produit chimique sur ses tomates…. mais la tentation de remettre les sujets à ceux qui nous suivront pour assurer l’immédiateté de notre quotidien me paraît franchement castratrice.  Il faut peut-être s’attacher à convaincre de l’importance du long terme.

Bref, pour revenir au bouquin, je crois qu’il y a besoin d’objections et en ça la proposition du principe de la « controverse » est vraiment intéressant. Je ne sais pas quel retour et quel projet a Yannick Roudaut pour organiser réellement la « Nouvelle Controverse » mais je me dis, qu’un ou plusieurs évènements, à l’échelle du « tube à essai » mériterait d’être testé. Je verrai bien un panel d’une dizaine de personnes dont 2 ou 3 du monde économique, 2 ou 3 du monde représentatif (des « ex »élus), 2 ou 3 du monde associatif et quelques scientifiques (des sachants). Ces personnes devraient être sélectionnées pour leur intelligence relationnelle (pas de dogmatiques), leurs qualités humaines, leur expérience dans leur domaine, ne devraient pas avoir de mandat de représentation en cours… Les débats pourraient être publiques, filmés et bien sur animés par Yannick Roudaut !

J’ai eu envie de concret à la sortie de ce livre, d’action. C’était surement l’objectif.


 

 

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