La marche : une école des principes écologiques

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 18 juin 2014

6 jours de randonnées dans les Pyrénées ont fini de me convaincre de la pédagogie permanente (et gratuite) de la pratique de ce sport au regard des enjeux environnementaux et sociétaux, objets de mes préoccupations. Tout en étant l’acte le plus simple que notre condition humaine nous offre (à la plupart d’entre nous en tout cas), la marche intensive m’apparait enthousiasmante et illustrative de quelques notions applicables dans d’autres contextes.

  • Tout d’abord, dans les randonnées en autonomie, le premier enjeu est de gérer le poids de son sac. C’est un détail, mis quand on porte ses petits objets, on fait le tri de l’essentiel ! Sobriété (on n’emmène pas le superflus) et innovation au service de la performance (les duvets sont par exemple aujourd’hui d’une légèreté étonnante !)Capture2
  • Randonner, c’est aussi penser en permanence « efficacité énergétique ». Chaque geste doit être économisé pour préserver le capital énergétique qui doit permettre de passer le prochain col. Pas de dépenses inutiles d’énergie, l’enjeu et de trouver son rythme.
  • Idem avec l’eau. Elle est indispensable. Mal évaluer son besoin en eau est très vite stressant et pénalisant physiquement.
  • Autre point très instructif : dans les refuges, le randonneur repart avec ses déchets dans son sac. C’est un moyen très incitatif de limiter leur production. On voit, on porte ses déchets (on ne les cache pas un grand récipient loin des yeux, ce qui tend à nier leur existence).
  • Dans les refuges encore, il n’y a pas de télé. On parle à nos voisins. On mange à la même table (on dort même dans la même pièce!). Du coup, on a plus d’activité sociale dans cet endroit reculé de la vie urbaine qu’ailleurs. De toute façon l’envie de dormir est souvent plus forte que de regarder un épisode des Experts !
  • Les moments de randonnées sont aussi des grands instants d’ouverture au monde qui nous entoure. Pas de téléphone portable, pas de sollicitation commerciale. Que du temps à marcher et regarder où poser le pied et chercher du regard les isards, marmottes, les points de vue… Accepter le silence comme un bienfait, pas un comme un vide à combler. En dehors de ces moments, nous prenons rarement le temps d’observer la beauté et la fragilité de notre biosphère.
  •  Enfin, notre relation au temps change. 6 heures à marcher. Pas de rendez-vous. Une dégustation des bons moments comme on déguste un bon vin. Être efficace en prenant son temps. Comme le dit Pierre Rabhi : ce n’est pas le temps qui passe, c’est nous. C’est peut-être finalement ça la sobriété heureuse. Peu de choses qui donnent un maximum de plaisir (il faisait beau, c’est vrai que sous la pluie j’aurai peut-être écrit un post sur les bienfaits du gore-tex !).

 Bon allez, je reviens dans le monde des connectés…

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