Fabrique SPINOZA – Etude et propositions pour de nouveaux indicateurs

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 29 janvier 2014

Il est des vérités, régulièrement répétées, validées par une majorité d’entre nous ; parfois même prises en charge par les politiques dans le principe, mais qui trop rarement trouvent leur déclinaison opérationnelle. Alors, on reparle de ces sujets de manière saisonnière, à fréquence grippale.

La remise en cause -ou au moins pondération- de notre indicateur sacré PIB (je dirais même plus de notre « sacré indicateur ») fait partie de ces serpents de mer dont je désespère personnellement de sa concrétisation. Pas plus tard que la semaine dernière, je me suis plongé dans le bel hors-série du Monde sur l’état du monde en 2013. Chaque pays de notre pas-si-grande planète y est profilé. Et comment évaluer la santé d’un pays ultra-synthétiquement ? Le PIB est là ! Peu importe le contexte (un ouragan l’année d’avant ? une bonne guerre ?), si le PIB dépasse les 3%, le commentaire est positif.

Et pourtant… Si le PIB est nécessaire pour quantifier combien de richesse monétaire est produite chaque année au niveau national et comment cette richesse se répartit, ce n’est en rien un indicateur de développement, de progrès social ou encore de mesure de la satisfaction des populations locales.  Cet indicateur est bourré d’incohérence et il convient d’en connaitre les limites pour ne pas se planter dans nos prises de décisions.

Une faiblesse du PIB, et pas la moindre, est que c’est un indicateur de court termisme. Il est notamment incapable de prendre en compte les externalités négatives des activités « évaluées » comme par exemple le futur coût à gérer associé au réchauffement climatique (évalué à 5.500 milliards par le rapport Stern !). Il ne mesure pas non plus l’évolution des inégalités de richesse, les progrès techniques ou technologiques, la santé, les relations non facturées (associatives, familiales…). Il est loin d’être « global » et à la base, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

Le document, objet de ce post (accessible ici : lien), propose un état des lieux très bien documenté du sujet des nouveaux indicateurs. La fabrique Spinoza est un think-tank qui se qualifie de « think-tank du bien être citoyen » ! Son rapport démontre bien que le lien « croissance du PIB » et « croissance du bien-être » ne sont pas toujours synonymes.

Après avoir parcouru ce document, il semble bien que le nombre impressionnant d’initiatives de mesure d’une « autre performance » (complémentaire du PIB et non en remplacement) empêche leur déploiement rapide. Il faut un consensus rapide sur quelques indicateurs complémentaires, parlants et pertinents et on est encore au stade de la « Recherche et Développement ». Pourtant, ça urge… Quelle que soit la couleur politique des gouvernements qui administrent notre pays, un seul objectif les unis : générer de la croissance de PIB (et non de bien être). La croissance est le Grâle attendu pour résoudre tous nos problèmes dont notre réelle incapacité à produire une société de plein emploi dans nos vieux pays anciennement industrialisés.

Il n’existerait donc pas de prospérité sans croissance du PIB ?

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En complément, le sujet fait échos au travail engagé au niveau de la région Pays de la Loire sur les nouveaux indicateurs de richesse (lien post précédent).

 

 

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