Jouir autrement

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 28 septembre 2013

Avec un titre d’article comme ça, je vais exploser ma fréquentation, c’est sûr ! Au-delà de l’effet provoc’, il résume exactement le message que je veux faire passer dans ce post.

Dans le dernier ouvrage d’Hubert Reeves et plus précisément dans la citation de Lamarck reprise dans le livre (pompée intégralement dans un post précédent – lien), l’Homme est décrit comme un être naturellement épris de jouissance immédiate au dépend de son écosystème et de sa descendance. On peut y mettre les bémols qu’on veut mais je pense que ce constat est assez rationnel… Ce ne sont pas les chercheurs du GIEC qui me diront le contraire (lien).

Donc, si on part du constat arbitraire (?) que dans nos sociétés occidentales la recherche de « jouissance » immédiate est une donnée d’entrée d’un point de vue comportemental et d’autre part que l’engagement rapide vers une « transition » de nos comportements est indispensable, comment faire ?

Mon raisonnement est le suivant : ne serait-il pas plus efficace de changer les références sociales de la « jouissance » de notre passage sur Terre, plutôt que d’en interdire l’accès au nom des générations futures ?  En effet, nous souffrons, de mon point du vue, du fait que les principaux modes d’usage de nos moments et économies disponibles sont le plus souvent incompatibles avec les enjeux environnementaux auxquels nous devons faire face. Un week-end à New-York ? Des vacances à Marrakech ?  Une garde-robe renouvelée toutes les saisons ? La petite dernière de chez BMW ? C’est aujourd’hui le marketing de l’économie du XXème siècle qui donne le « la ».

Les échanges autour de l’Économie Positive, portés par Jacques Attali, qui se sont déroulés au Havre cette semaine, me semblent tout à fait compatibles avec ce point de vue (accès à l’excellent rapport en lien avec vidéo). Selon moi, de la même manière que l’entreprise doit revoir ses fondamentaux dans le sens d’une Économie Positive, l’Humain doit apprendre à trouver bonheur et plaisir dans des activités compatibles avec les enjeux climatiques, sociaux…

Une sorte de « jouissance positive » !

Est-il inenvisageable de se satisfaire de notre vie en randonnant, passant des moments entre amis, exerçant des activités associatives, lisant, parcourant l’Europe en train (…) ? Bien sur en disant cela je vais passer pour un affreux liberticide moralisateur, j’en suis conscient. 

Je ne dis pas que cette nouvelle orientation se décrète ou se défiscalise. Je dis seulement que perdre de vue la nature humaine risque de nous ramener au point de départ systématiquement et que proposer du plaisir d’un nouveau monde – même contraint – a plus d’avenir que promettre du sang et des larmes. De plus, personne n’est dupe sur le fait que les critères de réussite actuels ont été eux même « promotionnés » par la publicité, les émissions télé… Alors, qu’est ce qui empêche de réorienter ces standards à force de pédagogie et de conviction ?

Peut-être utopique et trop long… C’est une réflexion personnelle, voilà tout.

Je terminerai avec le beau texte de Bernard Lemoult qui conclut le travail collectif des débats « transition énergétique » auquel j’ai eu la chance de participer ces derniers mois : Une nouvelle société est en marche, « rejouissons-nous ! »(lien vers l’article complet).

Positiver le changement est incontournable.


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