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Lu : Manifeste pour le bonheur « Comment passer d’une société de l’avoir à une société du bien-être »

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 9 mars 2013

La maison d’édition LLL (Les Liens qui Libèrent – quel beau nom !) publie un essai d’un professeur d’économie italien, Stefano Bartolini, au titre attractif « Manifeste pour le bonheur « Comment passer d’une société de l’avoir à une société du bien-être« . Ce livre a été un best-seller en Italie si on en croit la dernière page de couverture.

J’ai eu plaisir à lire ce livre, qui en reprenant des constats déjà exprimés dans d’autres ouvrages, se veut force de propositions pour changer radicalement de cap. Ambitieux, révolutionnaire, pas entendable par tous… Bref, je choisis lâchement ici de ne pas me positionner sur les propositions d’actions du livre mais plutôt d’exprimer dans la continuité de sa lecture quelques impressions qui méritent d’être partagées.

Lu : Manifeste pour le bonheur

 

Le constat du base du bouquin est que nos sociétés occidentales se sont considérablement enrichies ces dernières décennies et que malgré tout, toutes les mesures de satisfaction ou de bien-être disponibles, démontrent un décrochage flagrant. Nous ne sommes pas plus heureux parce que plus riche; par contre nous compensons notre baisse de satisfaction par la volonté toujours accrue d’augmenter notre richesse matérielle.

La cause, selon l’auteur, de cette incompatibilité des courbes « richesse » et « bien être » est essentiellement associée au fait que nous avons sur le même temps que l’augmentation de la richesse économique, perdue énormément de richesse relationnelle. Plus seul, moins de confiance, moins de partage de moments… (voir mon post précédent sur le sujet).

Pour palier cette perte de bien-être, l’auteur décrit un phénomène économique compensatoire qui s’est insidieusement mise en place : le NEG (Negative Endogenous Growth). Le modèle de croissance endogène négatif décrit comment des biens gratuits indispensables au bonheur ont été « remplacés » par des services/biens payants dans notre système économique. Une sorte de croissance économique « défensive ». Personne ne vend de l’air pur (qui était et devrait être accessible à tous gratuitement) mais en contrepartie nous avons créé une économie des masques de protection, de surveillance médicale, de filtreur d’air… Je dois bien avouer qu’une partie importante de notre croissance est associée à la vente de biens ou services correctifs de nos défaillances collectives (dépollution, protection des biens et des personnes, rencontre de l’autre, loisir, psy…). Ce n’est pas satisfaisant mais le constat est là : la dégradation favorise une certaine forme de croissance ! 

L’auteur insiste beaucoup sur l’influence négative de la télévision et de la publicité sur notre bien être. Les promesses véhiculées par les publicités sont toujours déçues et l’influence recherchée, notamment auprès des plus jeunes est effrayante. Rien de neuf de ce côté là malheureusement.

Ce livre m’a enfin involontairement, et peut être dans le sens opposé de l’objectif recherché par l’auteur, fait prendre conscience de ce qui me gêne depuis toujours dans le principe du temps de travail réglementé. Nous ne vendons pas des tranches de notre vie à notre employeur. Notre temps de travail fait parti de notre vie et je ne pense pas qu’il soit bon de l’isoler comme un moment où l’on se « vend ». Il me parait plus important de travailler sur le sens et l’intérêt de notre temps consacré au travail (y compris dans la relation aux autres) plutôt que de lutter pour le diminuer en valeur absolue; et l’intensifier alors avec les conséquences que l’on sait sur les conditions de travail.


Pour les propositions de l’auteur, elles n’engagent que lui et vous devrez lire le bouquin.

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