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Une nouvelle conscience pour un monde en crise : vers une civilisation de l’empathie par J. Rifkin

Posté par Jean-Luc DOTHEE le 16 septembre 2012

Je ne m’étais pas destiné à tomber sous le charme d’un soixantenaire chauve et grisonnant des tempes… Je dois pourtant me faire une raison, Jeremy Rifkin me plait beaucoup… Je ne connais pas d’autre personne qui ait une telle culture et vision globale de l’évolution de l’Humanité. J’avais déjà apprécié la « Troisième révolution industrielle » et me voilà conquis par son précédent ouvrage qui est en fait une introduction à la « Troisième révolution industrielle ».

Mon réel enthousiasme n’est cependant pas une recommandation sans réserve.  En fait, ce livre est très bon sans être très digeste (on parle d’un livre de 600 pages bourré de références bibliographiques)… Un peu comme la deuxième assiette de tartiflette qu’on regrette : c’est bon mais lourd à digérer !  Le fait que j’y consacre un des plus longs posts depuis l’existence de ce blog n’est cependant pas vide de sens, bien entendu. J’y ai trouvé une vision, des références et des explications à des impressions que j’avais du mal à formuler. Captivant.

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En m’attelant à lecture d’« Une nouvelle conscience pour un monde en crise : vers une civilisation de l’empathie », je ne m’attendais certainement pas à découvrir un tel condensé d’informations qui rend parfois la lecture bien difficile. Les deux premiers tiers du livre m’ont laissé l’impression de lire « la Grande Histoire de l’Humanité de la préhistoire à nos jours ». Tout ce qui a compté y est traité sous le double prisme de l’évolution comportemental individuel et de la relation de nos civilisations à l’énergie (qui a conditionné notre « réussite » humaine bien réelle aujourd’hui).

Connaissez-vous des livres qui abordent en un tout l’histoire des civilisations, l’évolution de la  psychologie, de la pédagogie, de la thermodynamique, de l’énergie,  de l’économie, de philosophie, du réchauffement climatique et de ses conséquences (…) et tout ça avec une conclusion prospectiviste ? Moi oui : celui-là ! Voilà à quoi vous devez vous attendre en ouvrant ce bouquin  pas ordinaire : un voyage dans le temps, au cœur des civilisations qui nous ont précédées, les raisons de leurs réussites et de leurs échecs avec pléthore de citations et remises en contexte. Je l’avoue humblement, tout ce que je connais à ce jour de Freud, de Rousseau, de la civilisation byzantine et de la religion protestante vient de ce livre ! 

Au-delà de l’aspect, « étalage de culture » (qui me laisse pantois), il y a un sens. Un message est délivré et les époques traversées ne sont que prétexte pour argumenter deux concepts phares : de tout temps la « facture entropique » de l’homme vis-à-vis de la nature nous a entrainé vers un abîme et tout au long de son évolution l’homme a profité de cette énergie pour évoluer « cérébralement » et  devenir un être empathique (vis-à-vis des siens, mais aussi des « autres » humains, des animaux et de la nature en générale). Une vision catastrophique couplée à une vision idéaliste. Que c’est étrange… et attirant à la fois.

Extrait : « Comme les grandes civilisations hydrauliques à sa périphérie orientale, l’Empire romain est mort lorsqu’une grande poussée empathique s’est heurtée à un déficit entropique plus énorme encore. L’empire avait étendu sa domination à d’immenses territoire. La ville de Rome et d’autres citées satellites ont alors accru leur population et leur opulence en aspirant toujours plus d’énergie du travail servile et de la terre. L’urbanisation de l’empire a créé les conditions d’une poussée d’empathie dont le point culminant a été l’avènement du christianisme. Mais, tandis qu’à la surface la nouvelle conscience prenait forme, au dessous continuait l’escalade de la facture entropique, due à la croissance du flux d’énergie qui passait de l’environnement à Rome. Finalement, même le puissant empire romain n’a pu échappé aux effets concrets des lois de la thermodynamique et de la facture entropique qu’elles suscitent.

J’ai compris que nous étions, nous occidentaux qui entrons pour certains dans une ère post-matérialiste (dans laquelle je crois me reconnaitre), en mesure de passer le cap de la « civilisation empathique ». Nous sommes « équipés » cérébralement, grâce à des centaines d’années de progrès (socio-culturo-cérébraux),  pour atteindre ce Grâle qui pourrait nous permettre de sortir du faux pas dans lequel nous nous trouvons en travaillant ensemble, en étant en mesure de profiter du nouveau réseau de communication Internet pour agir ensemble dans l’intérêt commun de notre Biosphère. Nos destins sont liés et nous avons tous à perdre à agir exclusivement dans notre intérêt individuel. Être capable, ne veut pas dire que nous allons le faire… Bien-sûr…

La dernière partie de l’ouvrage dresse les contours d’un scénario possible pour que nous intégrions réellement la situation liée au réchauffement climatique, à la raréfaction des énergies fossiles, à la montée des inégalités, à la perte d’efficacité du système financier, aux risques de conflits mondiaux (…). Ce qu’il dit ne sera probablement jamais la réalité, mais nous pouvons peut-être nous en inspirer pour construire un avenir qui évite le « pire ».

Je ne dis pas que ce livre est facile d’accès, mais moi, j’ai le sentiment qu’il m’a fait grandir.

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